2019 |
![]() |
Par notre Ami
Pierre-Bernard Teyssier |
Le jaspe
et la calcédoine - Séquence
n° 3 Au cours des
séquences précédentes, à couvert du Bois
Faro, les
fées de la Font-Ria, moins élégantes mais plus
enjôleuses sans doute que les
nymphes de Botticelli, n’avaient de
cesse de nous entraîner dans leur lancinante farandole. Rappelez-vous aussi l’un des pics de notre délire chamanique : par un
interstice de
l’espace-temps, une entité masculine se glissait furtivement
dans l’hologramme
d’un malheureux Farou,
chasseur-cueilleur de son état et par trop chétif de
nature … Cette fois-ci, par-dessus
les feux de la dernière
Saint-Jean-d’été, nouvel éclairage ! Dieu
sait où Farou se sera esquivé en douce.
Certainement très offusqué, le pauvre
garçon, de s’être fait extirper, sans ménagement, de l’antique expression nemus de
Faro, littéralement « bois sacré de
Faro »
- Faro,
Farost, etc ! Sans tambour ni épinette, en ces
mêmes lieux, voilà
qu’apparait maintenant une nouvelle silhouette… Le personnage s’avance
très
digne, mais ratiocine allègrement à voix haute. Depuis le
trou de scène d’un
fanum en ruines, le souffleur s’agite et chuchote : «
Voici,
regardez, l’illustrissime Ferdinand
LOT ! » Oh, la veine, alors !
Cet historien (1866-1952) qui fut
membre de l’Institut, en effet, a administré à son
ouvrage, La Gaule (Arthème Fayard - Paris,
1947), une dose considérable de
toponymie, celtique
en particulier. Vite, allons voir, par exemple, quel terme s’y est
hissé en
tête de la rubrique « forêt » (p.242). Eh
bien, voilà « vabra ou vavra !
Les vabre, vavre, vevre, woëvre, dans les pays jadis
celtiques, wabern, wavern […] Waverley (Angleterre)… ». Qu’à partir de là, par la suite, la parlure
occitane du Haut-Pilat ait, de vabra,
chantourné un faro, rien
de très étonnant ; si ce n’est que le thème
mythique de la Vouivre, très souvent détecté dans
le pourtour d’un lac ou le
sillage d’un cours d’eau, trouve là, à la Font-Ria, au
cœur même du Bois-Faro,
une apothéose des plus remarquables. Le moment n’étant
pas forcément propice pour aller
s’aventurer davantage dans le domaine mythique de la Vouivre, ne
manquons pas
cependant de renvoyer le lecteur intéressé – et
hardi ! – à la lecture,
bien sûr, de l’ouvrage d’Henri VINCENOT, Le
pape des escargots, mais, tout aussi utilement, à un livre
co-écrit par
Kintra APPAVON et Régor MOUGEOT, La
maîtrise de la Vouivre – Ed. La
Table d’émeraude 1993/1994, sinon, à sa recension dans Le Monde Inconnu n° 156. Est-ce que quelqu’un en
réclame un
avant-goût ? Tenez : « On appelle du
nom de Vouivre les courants d’Energie tellurique qui innervent la
Terre-Mère,
qui lui donne son souffle, sa chaleur, afin de nourrir tous les
êtres vivants
qu’elle recèle en son sein. Elle est cette énergie
fantastique à laquelle on
imputait la crue des fleuves, les tremblements de terre, les
éruptions
volcaniques, les forces terrifiantes de l’érosion qui sculptent
les paysages,
énergie personnalisée par Gargantua et tous les
géants mythiques de nos
provinces. Elle est cette Energie qui colore les sources que l’on dit
guérisseuses. Les hommes, de tout temps, l’ont
représentée sous la forme du
Serpent—Dragon souterrain ». Au passage, malgré
tout, mise en garde formelle : « L’homme
qui ne maîtrise pas le
Dragon-vouivre est dévoré par lui » !
A bon entendeur … Mais, nous n’avons
déjà que trop longtemps délaissé l’enclos
du chantier archéologique, si soigneusement piqueté par
l’abbé GRANGER, Denise
PEILLON, Alain ROBIN et consorts. L’excuse nous vient, par image, au
bout de la
langue : quelle mémoire vive les barrières à
neige (et leurs pieux) - que
l’on remise avec soin, lorsque s’annonce la bonne saison sur les hauts
plateaux
du Pilat – ont- elles des myriades de
cristaux qui, durant l’hiver, s’étaient
blottis entre leurs écoins.
Pareillement, sur la table de chevet de quelle belle-au-bois-dormant la documentation de nos chercheurs (et les
silex, avec !) de la Font-Ria se prélasse ou se
délasse- t- elle ? L’arrière-saison de
l’an dernier, il faut avouer, aura cependant beaucoup chamboulé
l’auteur, à qui
elle a permis de faire une surprenante découverte. Depuis lors,
il brulait, il
l’avoue, de la partager avec les
lecteurs de Regards du Pilat. Cela
touche à la clé même de l’énigme du
poème attribué, par le Père Jean GRANGER, à
Louis JACQUEMIN (XVIIème s.) En effet, depuis les
premières fouilles opérées dans les
années 1970, il se répétait à l’envi que
les silex avaient été extraits, pour
la plupart, d’un sol situé à proximité
immédiate de la source actuelle du
Cotatay, en rive droite du ruisseau. D’où, l’hypothèse,
admise par la plupart, que
la source jumelle présupposée par l’abbé Granger, source livrant la clé de
l’énigme posée par
le poème Je glace de peur en perdant ma
sœur […], serait engorgée,
par-là,
dans quelque recoin plus ou moins bien
recouvert de mousse ou de
végétation.
Or, comme certains le
savent par expérience, en archéologie
comme ailleurs, il est prudent que
l’opiniâtreté s’abstienne
d’entrer en conflit avec
la
perspicacité. Voici, dans le cas présent, comment me
vint, en quelque sorte, ma
récompense. Familier, depuis mes
jeunes années, du Bois-Faro, j’affirme
n’avoir pratiquement jamais laissé passer un cycle annuel sans
un
« pèlerinage » à la Font-Ria. Pour
m’y délasser et méditer. En outre,
en un quasi demi-siècle, c’est quelque bonnes douzaines d’amis
ou de curieux
que j’ai eu plaisir à guider en ces lieux dotés d’un
charme si particulier. Cependant, quelle que soit
la saison, tous, nous eûmes beau
tournicoter et écarquiller les yeux, JAMAIS la moindre
« source-jumelle » ne daigna réagir
à nos appels du pied.
Désespérant, tout de même ! Tout au plus, le
terrain, à la fonte des
neiges, laissait-il parfois entrevoir quelque léger filet d’une
eau peu
reluisante… Etait-ce donc cela – si peu ! - qui aurait pu jadis inspirer au poète du Violet,
JACQUEMIN, son ode magnifique aux nymphes des eaux ? Le
prétexte du poème,
dans ces conditions, s’envolait à tir d’ailes et, avec lui, la
«clé » de
l’énigme que semblait pourtant avoir déverrouillée
l’abbé Granger. Sauf à
imaginer que désormais, réchauffement climatique oblige,
l’étiage maximum de la
source-jumelle soit devenu irréversible. Cauchemar auquel, bien
sûr, personne n’avait encore voulu
céder. A rire vrai, en
diverses occasions, j’avais pu observer, en bordure de la route
départementale n°33,
un écoulement d’eau important, phénomène qui
m’avait mis l’esprit en alerte.
Mais, avant l’heure ce n’est pas l’heure, mon
inconscient n’avait pas encore décillé de
l’hypothèse, trop bien assise, de deux sources quasi siamoises
en contrebas. De
surcroît, les fossés d’écoulement de la
chaussée semblant alimenter, pour
partie, ledit écoulement, je ne
m’étais
pas plus creusé la cervelle. Fort heureusement, survint
à temps l’occasion qui allait
faire le larron. Au printemps 2018, je
m’étais engagé, et de grand cœur, à organiser
prochainement, dans le Pilat, la
visite d’un groupe de randonneurs, tous fervents amateurs du patrimoine
ligérien. Quelques mois avant la date de cette visite, un matin,
je me réveillai
avec une idée bien précise. Affluèrent
aussitôt certaines idées-images
autrement plus injonctives que nébuleuses : l’orbe de la Croix
du Treyve, l’antique
carrefour de voies du Bois-Faro … de façon certaine,
c’était là que je me devais d’aller dégoter la
source jumelle de la Font-Ria ! Je
tentais de me sortir une telle idée de la tête, en me
martelant l’argument que
le chemin départemental, près duquel j’avais
relevé des écoulements, était
probablement plus récent que les gravures rupestres de la
Font-Ria (réalisées aux
environs de 1620) ; d’où, sans doute, il serait illusoire
d’extrapoler
quoi que ce soit à ce sujet, bla-bla, bla-bla… Bref, par un beau jour
d’été, le 18 août 2018, je
finis par
retourner sur le terrain. Le mental ne cessant de
brasser alternativement espoir et perplexité. Mon véhicule
sagement garé au Treyve, en quelques
enjambées le long de la départementale, je
redécouvre très facilement le point d’eau
déjà repéré. Cette-fois ci, je
localise, très concrètement, ce point est en amont de
tout déversement des eaux
de la chaussée, elle-même desséchée en la
circonstance. Surplombée par un sapin
au bas branchage, la source peut, de la sorte, passer inaperçue
à tout promeneur
non averti. Il me parait malaisé d’évaluer le
débit du ruisseau qui s’en
écoule, car celui-ci, tantôt
joue à
cache-cache avec la mousse, tantôt s’étale en larges
flaques aux reflets
couleur du ciel. Dès cet instant, il
me
vint clairement à l’esprit, sans plus aucune hésitation
possible, que c’était
bel et bien là que surgissait la « sœur » de la Font-Ria, celle, du moins qu’avait
connue aussi bien le poète, Jacquemin, que tous ses voisins
ruraux (détenteurs
de droits d’eau sur le Cotatay, au Bachat du Plan, à la
Gerbodière ou à Pléney).
Dans la foulée, une nouvelle découverte vint consolider
ma première impression.
A quelques mètres seulement du point d’eau, la rive gauche du
ruisseau laisse
encore apparaître les ruines d’une construction semi-circulaire
(30 m2 environ),
qui ne peut avoir été, à l’ origine, qu’une
retenue propre à une fonction
aujourd’hui oubliée. Retenue ou
« boutasse » (mare), telle que
d’identiques connues de tous sur la plupart des domaines de la
région ?
Cela, en tout cas, constituait un indice probant que l’eau du ruisseau
avait
une fonction très précise depuis des temps anciens.
Convaincu, après
cela, qu’une telle approche apporterait
manifestement un éclairage nouveau et inattendu sur les
antériorités du poème
de Louis JACQUEMIN, je me contraignis néanmoins à
vérifier plusieurs
choses : -
1/
la variation du débit en fonction, le cas échéant,
d’un rythme saisonnier.
Autrement dit, la source « jumelle », selon le
profil d’étiage,
allait-elle se réduisant au point, année après
année, de passer le relais à sa
« sœur », pérenne elle, ou
n’était-ce, par ailleurs, qu’une sorte d’artifice
poétique ? -
2/
le ruisseau né de la source jumelle rejoignait-il toujours celui
de l’autre
source et à quel endroit ? -
3/quelle
était plus précisément la distance entre les deux
sources et était-il
raisonnable pour que reste crédible la thématique de
l’énigme contenue dans le
poème de la Font-Ria ? -
4/
serait-il possible, incidemment, de déceler, à l’œil nu,
entre les deux
« fontaines » quelques vestiges lithiques
correspondant à ceux décrits
par Denise PEILLON en 1972 ? Tout ceci fut fait, le
plus
scrupuleusement du monde, entre la date précitée et
l’hiver qui suivit. Voici
ce qu’il en ressortit : -
1/ le débit du
ruisseau ne fit que
décroître au rythme d’un étiage normal, pour ne
plus laisser apparaître qu’un
mince filet d’eau, ainsi que le donnent à constater les
différents clichés pris
au fur et à mesure des visites ; -
2/ la jonction des deux
ruisseaux
s’effectue à environ 72 m en amont de la source principale de la
Font-Ria ; il forme un petit marécage recouvert d’ajoncs,
dont ressort un
unique ruisseau, sur le cours duquel se devinent, en contrebas, les ruines de scieries ou de moulins tels que
décrits dans l’ouvrage, précité, du Père
GRANGER ; -
3/ la distance entre la
Font-Ria et
le ruisseau en question, au plus près, est d’environ 50 m,
mesurés à bon
pas ; de source à source, cette distance atteint une
centaine de mètres
(125 m précisément, si l’on se reporte à la carte
IGN au 1/25 000ème n°2 933
- O) ; ceci,
on le voit bien, ne vient nullement
battre en brèche le motif du poème de Louis JACQUEMIN,
mais, bien au contraire,
lui fournit, enfin, un solide décor bucolique ! -
4/ concernant la
présence ou
l’absence de silex dans les parages, on ne peut, sous
bénéfice d’inventaire, que
soupçonner plusieurs « rognons » ou
« lames » de silex - en
affleurement par-ci par- là - d’être
de
nature analogue à ceux toujours en dépôt – sait-on
jamais ?! - au musée de Roanne.
En tout état de cause, la circonspection, ainsi que la loi font
obligation de
ne toucher strictement à rien. La forêt environnante
étant une propriété privée,
les promeneurs, en effet, n’ont qu’à se féliciter de
pouvoir y accéder en toute
liberté. Seul vœu à formuler : puisse ce
lieu « magique »
continuer d’imposer toujours le même respect ! La
grande question qui
subsiste alors est la suivante : une telle relecture du site
est-elle
compatible avec le constat effectué par les découvreurs
des silex délicatement
répertoriés par Denise PEILLON ? L’auteur de cette
rubrique le pense
sincèrement. Mais, sans vouloir aucunement trahir le
« film »
produit et réalisé par le Père GRANGER, il estime
toutefois nécessaire d’en infléchir
le scénario, de manière à tenir compte des
observations qui précèdent et des
ajustements d’analyse qui semblent en résulter. Si besoin, soyons plus
clair encore. Dès la première page de son opuscule, au
cinquième paragraphe,
Denise PEILLON expliquait que l’érosion « s’exerce
particulièrement sur le
plan incliné du dénivellement précédent la
Font-Ria, en ouvrant le sol par le
gel, en le lavant par la pluie. Par ce phénomène
libératoire, apparaissent les
silex, acheminés, drainés ensuite, selon la plus forte
pente vers les eaux
mêmes de la source, en son réceptacle naturel formant une
conque large d’une
dizaine de mètres. C’est là, en effet, que le plus grand
nombre d’entre eux fut
trouvé. A la faveur de la remise en valeur de
l’énigmatique source de la
Font-Ria, par le père GRANGER (Deux sources qui parlent –
l’Enigme de la
FONT-RIA), outils et déchets ont été
extirpés par nos soins communs, et ceux
d’Alain ROBIN, du bourbier de la fontaine, aussi bien que du sable
clair de son
lit. Mais la plus forte densité s’est
révélée être sur le lieu de jaillissement
de la vigoureuse source intermittente, bouillonnant au printemps
à 5 m. à
l’Ouest de la source habituellement connue. Lors de son captage
à 90 cm de
profondeur, grâce à l’œil perspicace et vigilant d’Alain
Robin, ont été
exhumées les plus belles pièces de cet
ensemble ». On relèvera, ainsi,
dans ce texte d’une concision qui n’a d’égale que sa
limpidité, que RIEN ne
prouve que la source qui a surgi pendant le chantier de
dégagement de la
Font-Ria (source principale), en 1972, soit véritablement la
source, dite « sœur », du
poème de JACQUEMIN. Parlons
sans détour : selon toute vraisemblance, la
générosité du ruissellement
d’eau, provoqué par le creusement assez brutal du chantier de
rénovation de la
Font-Ria, aura instantanément focalisé l’attention des
chercheurs, au point, en
définitive, que l’idée de désigner une autre
source, celle du Treyve en
l’occurrence, comme le nœud du phénomène hydrologique
sous-jacent au poème de Louis
JACQUEMIN ne les ait même pas effleurés. Diable, c’est que
d’inclure trois
sources, au lieu de deux, dans l’énoncé de
l’équation l’aurait, en tout cas momentanément,
rendue difficile à résoudre ! Autrement dit, pour
parler comme les
mathématiciens, l’introduction d’une telle inconnue dans
l’équation en aurait
radicalement fait éclater le système de valeur !
Outre le fait,
déjà
souligné, qu’en quatre décennies, aucune source- sœur
n’ait daigné surgir dans
l’orbe immédiat de la source principale, il y a lieu
également de signaler, à
l’appui du nouveau scénario avancé ici, un
phénomène connu de tous les
sourciers ou des techniciens impliqués dans le captage de
sources d’eau
potable. Il s’agit de
l’élargissement
naturel, couramment constaté, de ce
que
l’on pourrait appeler un « front de captage »,
à partir d’un seul ou
de plusieurs forages.
Il en fut ainsi, j’en fus personnellement témoin par concours de
circonstances,
lors de captages effectués (c.a. 1975) à Chaucître,
puis au Grand-Bois, par la
commune de Saint-Genest-Malifaux. Un tel processus, d’après mes maigres rudiments de connaissance en
hydrogéologie, est conditionné, semble-t-il, par le
« plan de
faille » du sous-sol *(1). Dans le
cas précis, une fois achevé le chantier de la Font-Ria,
les remblais auront mis
fin, pour très longtemps, au ruissellement ayant
résulté des travaux de déblai
… tandis que la source du Treyve, fidèle mais évanescente
« sœur » de
la Font-Ria, aura perduré, variant de débit au rythme des
saisons, sans avoir à
se soucier davantage des promeneurs du dimanche que, jadis, des
chasseurs-cueilleurs du Mésolithique. Tout bien
considéré, tel est est, donc, le scénario auquel
il
vous est suggérer d’adhérer dorénavant, pour le
décryptage du site de la
Font-Ria. Ceci, est-il besoin de le souligner, sans le moins du monde
dénier
aux découvreurs des silex - et, idem, de la clé de
« l’énigme » - ni
leur bravoure, ni leur patience, ni leur remarquable
perspicacité. Afin que tout lecteur qui
n’a pas eu le loisir d’accéder à la
totalité du document de Denise PEILLON puisse tout de même
s’émerveiller de la
parfaite dextérité avec laquelle elle sut
« chantourner » 31
des silex de la Font-Ria, une des « planches » en
a été reproduite
ci-contre. Dans le public qui s’y
intéresse, le terme silex, employé
pour décrire ces objets-témoins
de la préhistoire, évoque des outils plus ou moins
tranchants, mais l’on croit
souvent que leur spectre de couleurs n’oscillerait qu’entre le noir et
le
gris-blanc. Or, c’est fort loin d’être le cas parmi les
matériaux lithiques utilisés
à la Font-Ria. On est même - osons le terme - ébahi
d’une si vaste diversité,
dont voici un aperçu (nuclei et
déchets de silex confondus) : chaille rousse ; jaspe
rouge-brun,
carminé, rouge ocellé ; amphibolite (grise ou
rouge-brun) ;
calcédoine blonde, « caramel »,
brun-sombre, brun-bleuté ou à cortex
blanc ; sardoine écaille ; etc. Dans la mesure où
le sujet envisagé, lors de l’amorce de
cette chronique, impliquait, il faut le rappeler, un regard
tourné vers les
premiers passages ou séjours d’humains dans le Pilat, il serait
fort dommage et
injuste d’avoir laissé la seule Font-Ria
« inonder » presque tout
notre champ de réflexion. En toute logique, une nouvelle
séquence est donc en
vue, pour un prochain numéro de ce site… Auparavant, en lieu et
place de conclusion … plutôt que de
jeter un pavé dans la mare, qu’on nous permette de
déposer délicatement en bas
de page un « rognon », pièce n° 25 de
l’opuscule de Denise PEILLON. A
son propos, cette dernière déclare qu’il a
été « ramassé sur le raccourci
du chemin antique de GUSEYS à ANNONAY par le TREYVE et les TOURS
[…] à 200 m de
la Croix du Treyve, à 400 m. environ, à vol d’oiseau, de
la FONT-RIA, à une
profondeur de 30 cm environ. Ce rognon […] est de même structure
que ceux
employés à la fabrication de certains outils […]
récoltés près de la source. A-
t-il été perdu sur cette très ancienne voie de
passage vieille alors de
4 000 ans ? » Sans
doute,
vaut- il mieux laisser à tout lecteur qui serait un tantinet
scrupuleux le soin
de dégainer sa propre calculette. Histoire qu’il puisse ajouter
lui-même ces
4 000 ans à quelques milliers d’autres pris au choix (
7 000,
12 000, 15 000 ?) dans la «vastitude » de
l’ère mésolithique. *(1) v. Henri RASSMUSSEN, Alain ROULEAU,
Sylvie CHEVALIER
and Co. Editeurs scientifiques. « Outils de
détermination d’aires
d’alimentation et de production de captages d’eau
souterraine » - Centre
d’étude sur les recherches minérales » ;
Université de Québec à
Chicoutimi –mars 2006. Site net :
www.mddep.gouv.qc.ca/eau/souterraine/alim-protec/outils.pdf ![]() |