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Conte de Noël
Thomas Trainon est journaliste à L’Éclair
Lyonnais depuis 30 ans. Il en a vu et entendu depuis l’année de ses 25 ans,
âge où il occupa le bureau vacant de journaliste de l’insolite. Il était 18 heures. Cette heure, ce vendredi 19
décembre 2070, était synonyme de vacances de Noël. Lundi, son épouse Jenny et
lui, recevraient pour une bonne semaine leur fils Marc. Le journaliste enfila
son Bogart Trench – le temps était à la pluie – et il se coiffa de son Stetson
Trilby en feutre. L’homme avait fier allure. Les passants qui le croisaient
reconnaissaient en lui un Italien, voire un Américain. Mains non, Thomas était
juste un Français né à Lyon la Brumeuse, une cité qu’il n'aurait quitté pour
rien au monde. Madame Jenny Trainon, brune aux yeux bleus
glacés, accueillit son époux, heureuse à l’idée de recevoir lundi le petit
Marc. « Comment vas-tu Chéri ? » Et Thomas de répondre comme
très souvent : « On ne peut mieux ma Lady The Look ! »
Une référence bien sûr à l’alter ego de Bogey, la belle Lauren… Jenny,
coutumière du fait, n’y faisait plus cas ou pour le moins, ne le laissait pas
paraître. « Au fait, Chéri, tu as reçu un courrier, je
l’ai posé sur ton bureau. L’enveloppe m'a été remise en main propre par un
jeune homme style garde du corps. Il s’agit d’une enveloppe kraft à l’ancienne.
Curieux non ? » Thomas pénétra dans son bureau. Il sortit d’un
tiroir un coupe-papier et s’apprêta à ouvrir l’enveloppe. De cette enveloppe
Kraft, il sortit une lettre, puis une petite enveloppe sur laquelle étaient
rédigées sur deux lignes la recommandation que voici : À N’OUVRIR QU’APRÈS AVOIR PRIS
CONNAISSANCE DE LA LETTRE DANS SA TOTALITÉ Au fond de la grande enveloppe se trouvaient
également trois porte-badges, à la décoration qui interrogeait : Les trois porte-badges Le courrier daté du vendredi 19 novembre 2070,
était étrangement adressé à « Monsieur Thomas
Trainon, fils de Julius Trainon, » ?
Oui, Thomas était bien le fis de Julius décédé cinq ans plus tôt mais pourquoi
l’auteur de ce courrier s’était-il cru obligé d’associer à son blase, celui de
son regretté père ? « Bof, après tout, pourquoi pas, je suis
bien le fils de mon père ! » se dit Thomas tout en commençant la
lecture : Ce courrier et plus encore le second
feuillet, vous paraîtront quelque peu obscurs, bien que vos connaissances vous
permettront de le lire avec l’ouverture d’esprit qu’il convient. Les trois
portes-badges arborant la devise MON PILA MON SEUL DESIR, et plus précisément
le badge qu’ils contiennent, pourraient vous ouvrir certaines portes dont
celles d’un lieu où vous êtes expressément invité le jeudi 25 décembre de cette
année 2070. Les recherches menées conjointement avec votre fils, voire votre
épouse, vous permettront de découvrir le lieu et l’événement exceptionnels de
ce Noël unique à bien des égards. Votre carrière nous démontre que vous
détenez tous les atouts requis pour découvrir l’incroyable – je devrai dire la
sidérale – énigme de ce Noël 2070. Mais vous ne pourrez et ne devrez –
j’insiste sur le sujet – révéler cette sidérale énigme avant le 25 décembre au
soir dans un article pour L’Éclair Lyonnais. L’Invitation du 25 décembre comporte
une clause. Nous connaissons votre réputation non usurpée, The Lyon Fox, Le
Renard de Lyon, aussi faisons-nous à ce titre, appel à vos compétences. Durant
toutes ces années, vous avez réussi à pousser des portes interdites au commun
des mortels, dans le Lyon secret. Vous n’êtes pas sans avoir eu connaissance de
la très controversée mais recherchée Prophétie de Lyon dont l’auteur ne serait
autre que Pierre de Saint-Priest, l’ultime Primat des Gaules du XVIe siècle. Votre père Julius Trainon dont
j’ai pu apprécier la compagnie, affirmait son existence, et il avait raison car
il ne s’agit aucunement d’une légende urbaine ainsi que certains érudits
Lyonnais ont pu rapidement l’affirmer quelquefois d’ailleurs pour calmer
l’ardeur de chercheurs indésirables. Le Cardinal Pierre de Château-Blanc,
actuel successeur de Pierre de Saint-Priest, recherche activement, à bon droit,
mais en vain, la prophétie. Il lui faut absolument la retrouver avant même le
jour de Noël. Nous sommes quelques-uns à penser que vous êtes l’un des rares
Lyonnais en mesure de retrouver cette insigne relique jadis cachée au Trésor de
la cathédrale Saint-Jean de Lyon mais dérobée le 2 novembre dernier, jour de la
Fête des Morts, par un groupe ayant signé son acte sous le nom de Moines
Lyonnais de l’Apocalypse. Cette sainte mission, car il s’agit bien d’une sainte
mission, vous permettra si vous l’acceptez, de mener à bien l’œuvre inachevée
de votre père Julius Trainon. Agissez comme vous l’avez toujours
fait… avec prudence et discernement. L’avenir du monde au sein même de
l’univers, est entre des mains telles que les vôtres… Découvrez à présent le second
feuillet. Bonne chance pour votre recherche et à
jamais au Bercail. Mon Pila Mon Seul Désir. Le Maître de la Boul’Angerie Thomas Trainon ne suivit pas dans l’heure
l’invitation du Maître de la Boul’Angerie. Non, il ne découvrit pas
présentement le second feuillet. Le premier était déjà bien corsé et il se dit
– en parlant de corsé – que l’heure était assurément celle où il
pourrait se boire un verre de cet excellent Irish Whiskey, boisson très prisée
de sa star cinématographique préférée le mythique Humphrey dont les très vieux
films en noir et blanc se visionnaient encore religieusement dans de rares
ciné-clubs très privés que comptaient la brumeuse cité. Lyon en 2070, des nefs astrales
survolent la brumeuse cité Bientôt, Madame Trainon s’invita dans le bureau
de son époux : « Chéri il est l’heure de passer à table. »
Thomas ne se le fit pas dire deux fois. Notre Renard avait faim ! Une faim
que son corps réclamait mais cette faim ne faisait qu’une avec cette soif
d’aventure qui une fois encore s’emparait de lui, car oui, le courrier du Sieur
de la Boul’Angerie avait ouvert l’appétit du Renard de Lyon. Les
affaires reprenaient ! Bien entendu les discussions du couple pendant le
repas ne tournèrent qu’autour du contenu de cette intrigante enveloppe.
« Il me tarde, dit Thomas, que Marc arrive, sa vision sera assurément très
intéressante. Je sens déjà cet appétit léonin qui le caractérise s’éveiller en
lui. » Jenny Trainon ne s’y trompait pas, elle assistait à la
transformation du paisible journaliste en ce Renard de Lyon qui avait su
la séduire mais dont elle craignait toujours le débordements difficilement
contrôlables. Après le dîner, Thomas retourna dans son bureau
afin de prendre connaissance du contenu du second feuillet que voici : Photeinos, à l’instar de
Pierre de Saint-Priest, de l’Auberge perdue, exhumera le Sage Trophée.
Artéfact antérieur aux Adam oubliés, la soule solaire fut ici connue
comme la Pila du Mont Pila. Cette Terra, globe terrestre caché dans la Caverne depuis d’infinis éons,
retrouva en l’an de Grâce 1577 et Retrouvera une fois encore durant l’Épiscopat du second Homme de
Lumière, son intense clarté. Incantation murmurée dans la nuit étoilée : le chirat révéla à
Pierre, l’entrée secrète sise entre la Capricieuse
montagne et son frère des Autels. Énigme enfouie dans la tourbe des
Philosophes, la Kymia
ou Terre Noire des Alchimistes, aux heures premières de notre Terre… la
lumineuse et zoharique Thebel,
Porte des Six. Aux lumières du stade, l’initié
de Photeinos, nouveau Lacombe, au jeu inspiré, Homme du calchio, tutoiera l’Olympe. Un
tournoi aux enjeux cosmiques fera de lui l’Élu. Le calcianti Iouera, suivant la Prophétie de Lyon,
avec Sagesse, l’immémorial Tournoi des Estoiles
Roiales… Pain
de Vie, Pain des Rois, offrande de Thebel aux Six Sorors Roiales,
car elles sont, telle Thebel,
suivant les mots de Pierre de
Saint-Priest, Couronnes de Dieu Réunies. Les
jouteurs cosmiques salueront la tribune primatiale sous les Regards précieux d’
Ycle, la Pierre du Pouvoir, joyau du duc de Berry,
le détenteur des Très Riches Heures. Son Rayonnement du ciel natif, sonnera le triomphal retour aux
brisées des jouteurs sur les Brisées de branchages menant vers la céleste Lumière. Béni soit Photeinos l’Homme de Lumière.
Lorsque Thomas eut terminé la lecture,
il ne put s’empêcher de lâcher : « Et ben mazette ! Oui,
effectivement, c’est du corsé ! Mais Marc et moi, nous te
décrypterons ! Dommage que tu n’arrives que lundi matin. » Lundi matin le couple fut fin prêt
pour recevoir l’héritier qui se présenta dans la maison paternelle à 10 heures
tapantes. Ils se retrouvèrent comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Le petit
Marc âgé de 25 ans et toujours célibataire, avait quitté le giron familial
cinq ans plus tôt pour la ville de Saint-Étienne où il exerçait le métier
d’éducateur spécialisé dans l’aide aux adolescents instables. Ses temps libres
lui permettaient de rejoindre ses collègues et amis de la mythique Association
des GUIDES ANIMATEURS DU PILAT, une vieille dame plus active que jamais et qui
venait de fêter ses 87 ans, dont la légende était le fameux Patrick Berlier
jadis connu comme le Loup Blanc dans le Massif du Pilat où il retrouvait son
ami Thierry Rollat la Légende des mythiques Regards du Pilat. Maman Trainon, ressassa au petit
Marc, comme de coutume, les mêmes paroles pleines d’affection :
« Bonjour Marc, comment vas-tu ? Les joues un peu creuses, tu ne te
nourris pas assez ! » Thomas d’un regard complice, sourit à son fils.
Et Marc de répondre avec son humour habituel : « Je vais très bien…
Et vous les parents de la patrie, comment allez-vous ? » Puis vint le moment où Thomas
entraîna son fils dans le bureau. Non l’heure n’était assurément pas au verre
de whisky, bien que ce n’était pas l’envie qui manquait pour Thomas mais il
savait, eu égard à son épouse, ne pas trop abuser des bonnes choses et puis il
convenait de garder la santé et de ne pas partir trop tôt. Pendant que Marc prenait connaissance
du courrier, Thomas levait les yeux vers la poster photo tiré du film
CASABLANCA, représentant le couple mythique Humphrey Bogart – Lauren Bacall.
Le couple mythique du cinéma
américain « C’est bon Marc ? Tu as
pris connaissance du courrier, plonge toi à présent dans le second feuillet.
Prends bien ton souffle ! Le courrier ce n’est rien à côté ! Après lecture, Mathieu reposa le
courrier avec un sourire proche du rictus : « Effectivement, c’est du
costaud. Nous avons du pain sur la planche et ce, en un temps tout de même
réduit… » Thomas reprit la parole :
« Photeinos, tu le sais, c’est saint Potin, le premier évêque de Lyon venu
dit-on de Grèce. Arrêté avec Blandine et les autres chrétiens en 177 sous le
règne de Marc Aurèle, il subit le martyre. Son nom grec signifie ‘’lumineux’’,
‘’éclairé’’, raison pour laquelle il apparaît de tradition comme l’Homme de
Lumière, de l’antique Lugdunum, la Ville de Lumière et donc du dieu celte Lug.
Par jeu de mots, son nom fut aussi associé au grec Pothos, ‘’Désiré’’. Ce que
l’on a expliqué comme le fait qu'il a été
attendu par la communauté chrétienne de Lyon. » Marc prit à son tour la parole : « Si
j’en crois le second feuillet, Photeinos évoquerait aussi un autre évêque de
Lyon. » Et Thomas de répondre par l’affirmative :
« Effectivement. Ainsi que tu as pu le lire, l’auteur inconnu de la
lettre, m’invite à retrouver la Prophétie de Lyon attribuée à Pierre de
Saint-Priest. Ton grand-père, Julius Trainon, a travaillé sur l’existence de
cette prophétie qu’il affirmait bien réelle. Il affirmait d’ailleurs qu’elle
portait aussi le nom – bien que rédigée par Pierre de Saint-Priest – de Prophétie de Photeinos ! » Marc qui avait une capacité de réflexion assez
vive émit une hypothèse qui séduisit son père : « Je m’emballe
peut-être mais cette Prophétie de Photeinos me fait penser, même si son contenu
n’est assurément pas de même nature, à la Prophétie des Papes que tu connais
mieux que moi. Il y eut Pierre le Saint Pêcheur, apôtre de Jésus, considéré
comme le premier pape, et il aura (ou il y a eu…) Pierre Romain le dernier
pape… Nous aurions dans le même ordre d’idée, pour la Prophétie de Photeinos,
un premier Photeinos puis un second Photeinos. » Thomas poursuivit « Effectivement, d’autant
plus que l’auteur de la prophétie se prénomme Pierre et que… Il me vient une
idée… l’actuel cardinal de Lyon s’appelle aussi Pierre ! Je n’affirme pas
qu’après lui, l’évêché de Lyon pourrait disparaître mais… » « … Mais tu as tout à fait raison papa.
Pierre de Château-Blanc, actuel Primat des Gaules recherche la prophétie. Se
pourrait-il que, place Saint-Irénée, dans le secret de l’Archevêché, on
penserait que l’actuel Primat des Gaules serait le Photeinos de la
prophétie ? » « Fiston, tu dois avoir raison ! Je
n’ai pas été sans rien faire hier. J’ai commencé à prendre quelques rendez-vous
et à m’ouvrir quelques portes au cas où. Nous avons rendez-vous cet après-midi
au Consistoire Israélite Sépharade avec mon vieil ami le Grand-Rabbin de Lyon
et de la région Rhône-Alpes, Matthias Atlan. Il
n’était pas mécontent de m’entendre, m’affirmant même qu’il attendait mon coup
de fil… J’ai pu noter dans le second feuillet quelques références à la Kabbale
hébraïque et Matthias saura m’éclairer sur le sujet. Je lui ai transmis en mode
sécurisé ces références qu’il semblait bien connaître. Il nous laissera
quelques photocopies qui nous permettront de bien comprendre le sujet. » À 15 heures précises sur le Quai
Tilsitt, le Grand-Rabbin reçut dans son bureau du Consistoire, Messieurs
Trainon père et fils. Après les habituelles échanges de politesse, ce fut
Mathias Atlan qui entama la discussion :
« Depuis quelques jours les
pontifes du Lyon religieux sont en émoi sans pouvoir non plus en expliquer les
raisons. Le Recteur de la Grande mosquée de Lyon Sliman
Borak m’a contacté hier au sujet de bruits inquiétants parvenus à ses
oreilles. Pour ce qui est de ta demande, mon Cher Thom j’ai effectué la
recherche que voici dans ces quelques feuilles. » « … aux heures premières de notre
Terre… la lumineuse et zoharique Thebel, Porte des Six… » Le mot clef est zoharique.
Il est ici fait référence au Sepher ha-Zohar, le Livre de la Splendeur, œuvre
majeure de la Kabbale rédigée en araméen, le Grand Livre de la tradition juive
compilé par Moïse de Léon entre 1270 et 1280. Dans le tome I Zohar T.I, 257a-b,
nous découvrons Thebel et les Six... : « ‘’De même qu'il y a sept
firmaments l'un au-dessus de l'autre, de même il y a sept terres l'une
au-dessus de l'autre. Les noms des sept terres sont : Eretz , Adamah , Ghé,
Neschia , Tziah , Arqa et Thebel. La terre la plus élevée est celle du nom de
Thebel ainsi qu'il est écrit : Et il jugera le monde (Thebel) avec justice.
(Psaume 9-9)’’ Cette étrange extrait comporte aussi l’indication
suivante : ‘’Ainsi, sur toutes les sept terres on ne mange le pain,
excepté sur la nôtre appelée Thebel et supérieure aux autres’’ Les
expressions Pain de Vie et Pain de Rois, présents dans l’écrit que tu as reçu,
font, c’est certain, référence au Pain de Thebel que l’on offre aux six autre
terres. « Si Thebel est la première
terre en importance, Arqa semble également très importante. Des livres
kabbalistes autres que le Zohar, ainsi que des légendes, évoquent ces
différentes terres. Le Coran de nos frères Musulmans dans la Sourate 65, verset
12 évoque également les sept cieux et le même nombre de terres que l’on
retrouve dans des Hadiths et chez certains auteurs Arabes. « Bien que Thebel soit présenté
par le Zohar comme l’une des sept planètes habitées, certains Rabbins
n’acceptent pas et préfèrent entendre ce nom propre comme le nom d’un
continent, l’un des sept continents terrestres. Le Klein Dictionnary
indiquait que le mot Thebel dérive de l’akkadien tabalu, ‘’continent’’. Mais
gardons à l’esprit l’idée de planète. « Le feuillet que tu as reçu,
Thom, évoque la découverte dans un lieu souterrain des Monts du Pilat, d’une
Thebel. Nous pénétrons ici dans une lecture plutôt secrète des versets 30 et 31
du chapitre 8 du Livre des Proverbes, car cette lecture apparaît – à
première vue – guère logique. Ces versets et les précédents indiquent que la
Sagesse était auprès de Dieu lorsqu’il fixa les fondement de la terre.
Ces versets peuvent se traduire ainsi : ‘’Alors j’étais à ses côtés, comme
un architecte (Amon), et je faisais au jour le jour (yom yom) ses délices,
jouant sur son globe (Thebel) terrestre et faisant mes délices des fils de l’homme
(Benei Adam).’’ « L’expression ‘’bé-Thebel’’ se
traduit mot-à-mot : ‘’sur Thebel’’ ou… ‘’avec Thebel’’, d’où l’idée que
Thebel, pris ici dans le sens de globe terrestre, serait aussi, une balle avec
laquelle joue l’Amon (l’architecte ou la
pupille). « Le folkloriste Claude
Gaignebet en 2009, spécialiste de l’œuvre de François Rabelais et du légendaire
juif, évoquait dans un commentaire des versets 22 à 31 du chapitre 30 du Livre
des Proverbes, un jeu de balle divin. Ce texte nous parle, disait-il :
‘’du jeu de balle pour créer le monde (Bible Proverbe 8, 22/31) Évocation de la
sagesse primordiale lorsqu’elle était, avant toute création auprès de Dieu.
(Hukma = sagesse primordiale en hébreux) Bien avant le commencement, Dieu était
là. […] La sagesse primordiale, avant même qu’il y ait quoi que ce soit dans le
monde, jouait… avec le globe de la terre.’’ « Claude Gaignebet évoquait
ensuite le Franciscain Nicolas de Lyra, grand connaisseur des textes de Rashi
de Troyes : ‘’Nicolas de Lyra, au XVe siècle, place une glose
en marge du texte des Proverbes : pila (pelote) Premier jeu fondamental, avant
même qu’on ait de balle.’’ Puis après, il ajoute en se référant à Rabelais que
ce jeu divin ‘’indique que Dieu a fait qu’il y a eu de l’échange.’’ « Le Rabbi Rashi de Troyes dans
ses Commentaires du Livre des Proverbes, s’attardait sur
l’étrange expression biblique du verset 30 : ‘’Yom Yom’’, soit mot-à-mot
‘’jour jour’’. Il expliquait en partant du principe que le redoublement
d’un mot évoque dans certain cas, le nombre 2 : « un jour par jour,
deux mille ans ». Il prolongeait ce commentaire dans l’explication du
verset 31 : ‘’jouant dans le monde habitable de sa terre Toutes les
générations de méchants qui étaient d’Adam à Noé et de Noé à Abraham, je me
moquais d’eux. […] et [ayant] mes délices,
j'ai attendu que la génération du désert vienne et m'accepte.’’ « De tradition la Sagesse qui
est le Maître d’œuvre, l’Architecte, se jouait durant deux jours des
générations de méchants ‘’qui étaient d’Adam à Noé et de Noé à Abraham’’.
Durant le jour suivant, la Sagesse ne se joue plus de ces générations à présent
ignorées, mais par contre, elle va faire jeu – comprenez la différence - avec
les 12 tribus d’Israël sorties d’Égypte… la partie de pila interrompue entre
Adam et Abraham peut ainsi reprendre. « Au temps d’Abraham, le mal sur
Terre, dans la tradition hébraïque a pour nom Nemrod, le roi bâtisseur de la
tour de Babel. Le texte du Zohar que je vous citais il y a quelques minutes,
mentionne : « ‘’L'enfer se trouve sur Ghé.
Les révoltés qui bâtissaient une tour pour monter au ciel, ainsi que tous ceux
qui irritaient le Roi suprême, ont été relégués sur les terres Ghé, Neschiah et
Tziah. Ces coupables se sont multipliés sur ces terres et ont donné naissance
aux hommes qui y habitent. « J’en viens à présent aux
Regards précieux d’Ycle, présentée comme la Pierre du Pouvoir, joyau du duc de
Berry. Nous apprenons dans les Inventaires (1416) de ce prince :
Extrait des Inventaires « La pierre précieuse Ycle, nom
masculin, n’a pas été déterminée. Certains de nos étymologistes ont reconnu
dans le nom de cette pierre, l’hébreu Yekel signifiant ‘’pouvoir’’, ‘’avoir le
pouvoir’’, ‘’prévaloir’’ . Le Livre de Daniel (2-47) évoque ce verbe dans le
sens de ‘’pouvoir découvrir un secret’’, secret révélé par Dieu. La pierre
appelée Ycle fut acquise par le duc de Berry – c’est important dans l’optique
du second feuillet que vous avez reçu – pour la feste et pour les joustes.
Nous sommes bien dans le contexte du feuillet. Et cette pierre apparaît bien
comme la Pierre du Pouvoir. » Après avoir pris congé du
Grand-Rabbin, Thomas passa quelques coups de fils cryptés. Le Cavalier Blanc
qu’il avait contacté, le rappela en fin d’après-midi. Suivant cet ésotériste
Lyonnais, celui que l’on nommait le Druide de Lyon détiendrait quelques
informations sur le lieu où se trouverait la Prophétie de Lyon. Le prêtre celte
acceptait de recevoir Thomas et son fils le soir même à 20 heures dans sa
demeure troglodyte de la colline de la Croix-Rousse. Le Cavalier Blanc avait su
se montrer persuasif. Il faut dire que le Renard de Lyon était un homme avec
lequel il fallait composer. Précis comme une horloge suisse, il
se présentèrent à l’heure dite dans une demeure qui intriguait toujours les
rares visiteurs. Si le celto-druidisme habitait toute la demeure, elle ne
ressemblait en rien à la grotte d’un vieil ermite celte. Des grottes dans cette
demeure, il y en avait d’ailleurs quelques-unes où l’on pouvait découvrir un
modernisme dernier cri. Le Druide de Lyon affirma à
Thomas : « Tu as frappé à la bonne porte mais sache que si je parle,
j’ai des craintes à avoir pour ma vie et pour celle des miens. » Et Thomas de répondre :
« Eh Druide, ne me prends pas pour le perdreau de l’année. Je sais que tu
attendais ma venue, sinon je ne serais pas là. J’ai pu apercevoir, assurément à
volonté, par l’interstice à peine visible d’une tenture, quelques penderies où
attendent non pas les blanches saies de cérémonie des Druides, mais bien des
saies rouges pare-balles que revêtiront les Druide Rouges, les druides
guerriers… Tu prépares assurément une attaque avec tes guerriers. Mets-moi au
parfum Druide je sens que ça va m’intéresser. – Tu me plais le Renard. Tes yeux ont
vu ce que tu devais effectivement voir. Mais oui, je puis te le dire, il se
prépare pour cette nuit-même une opération. Sache que oui, je sais où se trouve
la Prophétie de Photeinos. Sais-tu que Photeinos bien que Grec, possédait
l’initiation druidique du dieu Lug. Il affirmait que le dieu Lug le porteur de
la lance, n’était autre que l’archange saint Michel, le Mikhaël biblique. Il
avait raison, les haut-lieux consacrés à Lug/Belenos ont très souvent été
christianisés sous la bannière de l’archange le porteur de la lance divine. « Quant à toi, fils du Renard,
je sais que tu te prénommes Marc. Tu es le Lion que je devine en en toi, un
guerrier comme ton père. Si le cœur vous en dit, vous serez de la fête cette
nuit. Pour l’heure nous allons nous restaurer. Viandes rouges ou légumes pour
les végétaliens ou pour les végans – nous nous sommes adaptés – nous attendent
sur la table de la salle à manger. Les Druides Rouges nous rejoindront peu
avant minuit pour le combat. Prenons des forces. « Votre rôle cette nuit, puisque
vous souhaitez être des nôtres, sera de vous emparer de la Prophétie de
Photeinos. Vos aurez des armes mais plus que celui du guerrier, votre rôle
cette nuit sera celui que vous a imparti le Maître de la Boul’Angerie. Oui je
suis au courant… Demain lorsque tout sera terminé – et tout doit être terminé –
vous et moi rapporterons la prophétie à l’actuel Primat des Gaules. Thomas contacta Jenny afin qu’elle ne
s’inquiète pas, il se pourrait qu’ils ne rentrent qu’à l’aube. Les guerriers firent leur entrée vers
23 heures 30. La saie pare-balles des Druides Rouges fut rapidement enfilée et
chargée d’armes blanches et automatiques. Les Trainon père et fils n’étaient
pas manchots dans le domaine, aussi choisirent-t-ils les armes qui leur
convenaient. Minuit sonna. Le Druide de Lyon
rappela à ses hommes leur mission et psalmodia cette incantation :
« Que le Fils de Celle qui a enfanté, soit avec vous et que son
Père, le Grand et Inexprimable IOW vous protège ! Sus au Druides Noirs qui
se cachent sous le nom de Moines Lyonnais de l’Apocalypse et dont le but est de
réduire la cité de Lyon sous le joug du Dragon de l’Apocalypse. Si Lyon tombe,
la France tombe, puis l’Europe, la Femme entourée de 12 étoiles, celle qui
maîtrise le Dragon. Elle donne vie à l’Enfant blond que le Dragon veut occire
mais IOW est là pour le mettre hors d’état de nuire. Telle est l’un des secrets
révélé par la Prophétie de Photeinos. Nous devons au prix même de notre vie, la
récupérer pour la rendre à son propriétaire, le Primat des Gaules. L’Ost Rouge pénétra dans les
souterrains de la Croix-Rouge. Les Druides Noirs avaient établi leur Q.G. dans
un quartier bien reculé des mystérieuses Arêtes de Poisson. Le combat que les
Druides Rouges allaient mener contre les Druides Noirs apparaissait pour eux
comme le Combat de l’YCTHUS, le poisson christique des premiers Chrétiens. Nul
doute que ces ultimes arêtes avaient été jalonnées de détecteurs en tous genres
permettant aux Druides Noirs de connaître l’avancée de tout intrus. Superposition des plans des Arêtes
de poisson et du quartier de la Croix-Rousse Le Druide de Lyon ordonna soudain à
ses hommes de faire halte. Un bruit, bien que sourd, résonna dans l’arête où ils
se trouvaient. D’une arrête de droite, surgirent deux hommes à la tenue bien
différente. Ils étaient suivis par des guerriers pareillement vêtus. L’un se
présenta comme le Alouf, le général en chef des guerriers Nazir, les
Consacrés, Volontaires de Yahvé. « Nous avons répondu à l’appel du
Grand-Rabbin Matthias Atlan du Consistoire de Lyon. » L’autre guerrier se
présenta comme l’amīr al-'umarā', l’émir des émirs, commandant
des armées du Vieux de la Montagne, le Chaykh des Ḥašašyīn, les Gardiens.
« Nous avons répondu à l’appel du Recteur de la Grande mosquée de Lyon
Sliman Borak. » « Le Druide de Lyon les
remercia : « Soyez les bienvenus et que Dieu soit avec
nous ! » Bientôt une vive lumière sembla
émerger des proches arêtes. Les parois des murs très sombres firent place à des
parois illuminées par des fresques rappelant les temps héroïques de la Celtide.
L’accueil fut conforme à ce qu’ils pensaient. Les Druides Noirs les attendaient
de pied ferme. Un combat épique s’engagea. Les lecteurs connaisseurs des
aventures écrites par Robert Erwin Howard ou par Michael Moorcock toujours très
en vogue en cette seconde partie du XXIe siècle comprendront
aisément. Trainon père et fils, protégés par de
puissants guerriers, s’avancèrent vers le Saint des Saints des Druides Noirs où
ils savaient trouver la Prophétie de Photeinos. L’aide d’informaticiens,
doublés d’artificiers spécialistes en pièges en tous genres, ne fut pas inutile
pour mener à bien l’opération. Au fond d’une arête, se trouvait une salle
‘’coagulée’’, assurément œuvre d’un puissant alchimiste. De longues minutes
furent nécessaires pour pénétrer dans la pièce hermétique. Thomas eut l’honneur
de retirer d’un coffre l’énigmatique prophétie. Quelle ne fut pas son émotion,
dans le coffre se trouvait aussi le carnet disparu de son père consacré à la
prophétie… Sûr que Julius Trainon, s’il pouvait le voir depuis son Paradis
blanc, devait être fier de son fiston ! Lorsque tout fut terminé, tous, comme
un seul homme, s’en retournèrent. Les murs encore sombres ou éclairés par les
fresques, affichaient à présent une couleur rouge… Dehors le soleil se levait.
La Lumière avait vaincu la Ténèbre... Déjà, une équipe de nettoyage s’affairait dans les Arêtes… Thomas Trainon, son fils et le Druide
de Lyon, escortés par le Alouf et l’émir des émirs, pénétrèrent dans le
bureau du Primat des Gaules Pierre de Château-Blanc. Le nouveau Photeinos
les attendait en compagnie du Grand-Rabbin de Lyon et du Recteur de la Grande
mosquée de Lyon. Lyon, l’Europe, le Monde et plus
encore, étaient sauvés. Le cardinal rappela que l’un de ses devanciers,
l’illustre Pierre de Saint-Priest avait redécouvert en 1577 la Thebel ou Pila
du Mont Pila dans la crypte d’une auberge celte antique disparue. La
soule solaire antérieure au premier homme, se présentait comme la reproduction
de la primitive Pangée. Le Grand-Rabbin rappela que certains de ses confrères
n’avaient pas hésité à affirmer que la division de Péleg mentionnée dans le Livre
de la Genèse 10-25, faisait référence tout à la fois, à la division
survenue lors de la construction de la tour de Babel, ainsi qu’au chapitre 1-9
du même livre, évoquant le rassemblement des eaux en un seul endroit,
ainsi que de la terre, assurément en un seul endroit... la Pangée ! Le Primat des Gaules
poursuivit : « Dans le courrier envoyé par le
Maître de la Boul’Angerie, alias Roger Tornil, Grand Maître de la Société
Angélique, le lieu souterrain de l’Auberge où se trouvait la Thebel ou
Pila, se situait entre la Capricieuse montagne et son frère des Autels.
La première montagne évoque le Crêt de la Chèvre. Nous connaissons l’expression
‘’la chèvre est capricieuse’’. Il apparaît que les mots ‘’caprice’’ et
‘’capricieux’’ viennent, précisément, du latin capra, la ‘’chèvre’’. L’autre montagne, son frère des Autels,
évoque le Crêt de l’Aralez qui aurait été un ancien Mont des Autels. « Vous êtes bien sûr tous invités pour la
Finale en ce jour de Noël au Tournoi des Estoiles Roiales qui se déroulera dans
les Monts du Pilat, précisément au lieu-dit la Grange du Pilat, la célèbre
Jasserie. Une navette aérienne vous amènera sur les lieux. Une telle finale
n’avait plus eu lieu depuis l’année 1577...
Match de Calchio à Florence, ancêtre
du football « Certains affirment que les églises se
vident au profil des stades. Je vous démontrerai que ces stades peuvent aussi
être un lieu de prière, de recueillement et de fraternité. « À midi vous serez invités pour un repas de
Noël puis ce sera l’heure du rendez-vous tant attendu depuis l’épiscopat de mon
illustre prédécesseur Pierre de Saint-Priest. Encore un grand merci et à jeudi.
« J’allais oublier, Messieurs
Trainon. Lorsque vous serez reposés… reprenez le second feuillet qui vous a été
envoyé par le Maître de la Boul’Angerie. Étudiez doublement les premiers mots
de chaque ligne, vous y découvrirez notamment l’identité des deux auteurs de ce feuillet. Thomas et Marc Trainon rentrèrent à
la maison. Après un bon repos, ils racontèrent à Jenny la nuit épique qu’ils avaient vécue. Trainon père et fils se restaurèrent
puis se penchèrent une fois encore sur le second feuillet. Et bien sûr, ils
trouvèrent : « Photeinos,
Artéfact Terra Retrouvera. Incantation Capricieuse : Kymia Thébel. Homme
Iouera Estoiles Roiales Réunies – Ycle : Rayonnement et
Brisées… » Le Primat des Gaules leur avait bien
dit d’étudier doublement les premiers mots de chaque ligne. Et voici qu’ils
trouvèrent dans les initiales de ces mots : « P.A.T.R.I.C.K. T.H.I.E.R.R.Y.R.B. » Le doute n’était pas permis, les
auteurs de cet acrostiche n’étaient autre que les légendaires Patrick B. et
Thierry R. ! Les mots de moyen français démontrent que les deux amis
eurent accès à la prophétie. Jeudi 25 décembre : la Grange du
Pilat Thomas Trainon, Jenny son épouse et leur fils Marc posèrent le pied à la
Grange du Pilat ce jeudi 25 décembre 2070 jour de Noël, peu avant 10 heures.
Ils eurent bien du mal à reconnaître les lieux. Tout s’était passé dans le plus
grand secret. Les Monts du Pilat étaient heureusement très peu survolés. La Jasserie ou Grange du Pilat À 10 heures précises, le Cardinal
Pierre de Château-Blanc, Primat des Gaules, s’apprêtait à célébrer la messe de
Noël. Jamais messe n’avait été plus œcuménique. On y retrouvait, outre le
Grand-Rabbin de Lyon et le Grand Recteur de la Grande mosquée de Lyon, les
représentants de grandes religions mondiales et surtout interplanétaires !
Les participants reconnurent qu’une
telle messe relevait du miracle. On parla par la suite de la Grande Messe de la
Grange du Pilat. Le cardinal reconnut que Dieu devait-être avec eux. Il faisait
si beau et le temps était doux. Peut-être ne fallait-il voir dans ce beau
présage, que le triste résultat du réchauffement de la planète… Mais
reconnaissons que ce jour, le beau présage était le bienvenu. Le Primat des
Gaules souhaita avant toute chose un joyeux Noël à tous ! Puis après la
messe, il réunit autour des grandes tables de la Jasserie, tous les invités, autour
d’un repas galactique. Puis le soleil de 15 heures éclaira
le stade planétaire. Les sept équipes s’étaient affrontées sur trois stades
situés en trois lieux différents. Rien n’avait filtré… 21 matchs de poule pour
une finale cosmique. L’équipe de la Thebel, notre Terre, par sa force, son
talent et son courage, accédait à la finale. L’autre équipe aux qualités toutes
aussi évidentes, se présenta crânement pour la finale du Tournoi des Estoiles
Roiales. Le 11 de Thebel recevait le 11 de Neschiah, la terre de l’Oubli.
L’équipe se composait de descendants des bâtisseurs de la tour de Babel exilés
sur Neschiah. Le staff de l’équipe était formé de Neschiahîtes pur souche, des
nains accomplis dans les arts. Les joueurs arboraient un maillot noir et blanc
qui aurait pu paraître provocateur. On y reconnaissait la tour de Babel qu’ils
avaient édifiée dans le royaume de Nemrod avant d’être exilés principalement
sur Neschiah, la planète de l’Oubli, mais non l’oubli n’était pas pour
eux ! Cette tour était éclairée par les rayons rouges du soleil rouge qui
éclaire Neschiah. Le Grand-Rabbin de Lyon Matthias Atlan rappela qu’en 1999 le
philologue Alain-Abraham Abehsera dans son livre BABEL La Langue Promise
avait déjà compris bien des choses lorsqu’il écrivait : « Bible Du grec byblos, le livre. Torah en
hébreu. Tour et Torah, Babel et Bible forment une unité
carrée. » Les joueurs de Thebel, quant à eux, arboraient le maillot
arc-en-ciel sur lequel était représenté un soleil jaune (notre soleil) dardant
ses rayons sur une gerbe de blé. Les lecteurs de L’Éclair Lyonnais
purent lire dans l’édition du soir du 25 décembre, un commentaire du match
universel joué par les deux équipes planétaires. « À 15 heures au son des
trompettes, les deux équipes firent leur entrée sur le terrain. Le cardinal,
fidèle à l’ancienne coutume, brandit le Ycle, la Pierre du Pouvoir dont le
rayon vert vint nimber les jouteurs effectuant après quelques 500 ans, le retour
aux brisées, ou retour aux affaires… affaires sportives
nécessaires à la survie de l’Univers. L’entrée des joueurs s’effectua sur des brisées
de branchages de laurier. MARCHER SUR LES
GRANDES ÉTOILES POUR CUEILLIR LA LUMIÈRE, tel était le titre d’un bel
ouvrage de la psychologue et psychanalyse du XXIe siècle, Véronique
Lisboa. Une jeune fille grimpée sur la branche d’un arbre, cueille une étoile…
Découvrez ce livre et vous comprendrez...
« L’arbitre de terrain, venu
d’Arqa, Aphrira Lavan-véSha’hor, élu meilleur arbitre du Tournoi des Estoiles Roiales, siffla le coup d’envoi de ce match qui restera dans les
annales footballistiques comme LE match de légende parmi les légendes. La
délégation venue de Neschiah présenta à demi-mots ce match comme un Clasico
Interplanétaire. Des banderoles aux étoffes finement brodées flottaient dans
les tribunes. Elles semblaient se fondre dans les banderoles
holographiques. « Le coup d’envoi fut donné par
le capitaine de l’équipe des Neschiahîtes, l’avant-centre connu sous le nom de
l’Ange Blanc.. D’après les quelques renseignements glanés auprès des
siens, il jouait sur Neschiah dans un club mythique, le Maccabi Neschiahïm…
Face à lui Luc Gordon, un Lyonnais, capitaine de l’Olympique et du 11 de
France. Cinq fois Ballon d’or ! Ça parle ! Son jeu inspiré, lui a
valu le surnom de nouveau Lacombe… Il sera élu meilleur joueur du match
et du tournoi. « Dramaturgie, rebondissements
incroyables, tous les éléments étaient réunis pour un match fou. Le jeu aérien
des Neschiahîtes, proche de l’angélisme, obligeait les Thebelïtes de Luc Gordon
à se surpasser. Les duels homériques opposant le nouveau Lacombe et l’Ange
Blanc, n’arrivèrent pas à transpercer la défense de l’une et l’autre
équipe. Le dernier rempart, Thebelîte, Jean Charbonnier, maître chez lui,
en imposait dans sa cage mais l’ultime rempart de la cage Nechiahîte, le bien
nommé Goal volant, lui tenait la dragée haute. Les arrêts inspirés et
les plongeons limite dangereux de l’un et de l’autre, pas plus que les trois
changements de joueurs autorisés pour chaque équipe, ne changèrent jusqu’à la
89e minute de jeu, le score de 0 à 0 toujours visible au tableau
d’affichage. Et puis soudain, alors que les spectateurs évoquaient déjà les
prolongations, un corner fut sifflé par l’impeccable arbitre Arqaîte. Le
Brésilien Pelé descendant de la star du XXe siècle offrit un tir
caviar à Luc Gordon qui d’une tête à la Zidane, vint transpercer la
défense Neschiashîte pour finir sa course dans les filets du Goal volant..
Je vous invite à regarder ce soir le film de cette journée inoubliable sur
votre télé. « Il se murmure déjà que
certains joueurs de Thebel auraient été contactés par des agents des six autres
planètes pour intégrer les rangs de clubs huppés… Affaire à suive… » Les gouvernements étaient en émoi.
Très vite il leur fallait agir, mais au grand jour. Ce qui aurait pu paraître
comme une bombe à retardement fut au contraire présenté comme l’espoir d’un
nouveau jour. Mon Pila Mon Seul Désir. Joyeux Noël sur la Thebel et sur les
six sœurs. Michel Barbot, Décembre 2022
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