RELATION
ENTRE
LA FRANC-MACONNERIE ET LES TEMPLIERS |
![]() ![]() FEVRIER
2012
Sociétés
Secrètes / Templiers
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Si le grand public se désintéresse totalement de savoir s’il existe une relation, voire une descendance, entre l’ordre du Temple et la franc-maçonnerie, il n’en est pas de même au sein des Loges où certains sont convaincus de la filiation et d’autres non. Qui a raison ? Qui a tort ? Si nous connaissons bien ce qu’étaient les structures, la règle et les objectifs des Templiers nous sommes loin de pouvoir en dire autant de la franc-maçonnerie ou plutôt des franc-maçonneries, tant il est vrai que d’une obédience à l’autre, les fondements et les objectifs peuvent plus ou moins varier. |
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Si nous devons rechercher une filiation, il faut nécessairement remonter dans le temps. Pour ce qui concerne la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative, remonter vers ce début du 18ème siècle qui voit naître cette société pas encore divisée par les différents schismes qu’elle rencontrera plus tard, en particulier l’abandon par certains de l’obligation de croyance en Dieu exigée du postulant. Quant à la franc-maçonnerie opérative, ses origines sont lointaines et font parfois l’objet d’élucubrations plus ou moins justifiées par quelques références aux textes sacrés. Pour certains Adam est le premier maçon, pour d’autres c’est Noé, bâtisseur de l’arche puis, naturellement, les Egyptiens avec leurs pyramides, les grecs et autres civilisations de bâtisseurs d’ouvrages plus ou moins consacrés aux dieux. Pour rester dans le concret et l’historiquement connu, nous trouvons au Vème siècle à Rome des collèges de constructeurs qui se déplaçaient avec les légions dans tout l’empire. Ils sont à l’origine des belles constructions romaines qui ont défié le temps. Les confréries de tailleurs de pierre apparaissent à Come puis en Angleterre, ils vont transmettre aux bâtisseurs de cathédrale tout un symbolisme que seuls les initiés peuvent comprendre. Ces bâtisseurs vont s’assembler en guildes ou corporations artisanales avec tout un rituel et un enseignement transmis oralement au sein de loges dont les secrets sont jalousement gardés. Entre le 11ème et le 13ème siècle ces associations comportent deux degrés : apprenti et compagnon. Le Maître n’est qu’un compagnon plus ancien ou plus évolué que les autres et qui peut s’installer ( nous dirions aujourd’hui : à son compte ) Le degré de Maître apparaitra plus tard. Qui bâtissait en ces temps ? L’Eglise et plus particulièrement les Ordres religieux ainsi que les riches seigneurs. Que construisait-on ? Des Eglises, des cathédrales, des couvents, des monastères, des hôpitaux, des châteaux, des places fortes. L’exploit de l’Eglise c’est d’avoir, conformément à la règle de Saint Benoit, sacralisé le travail. Il n’est plus une obligation, une simple nécessité, il devient une élévation de l’esprit. Spiritualité et travail seront les bases du compagnonnage comme l’illustre si bien l’histoire des trois tailleurs de pierre si souvent racontée : -
Sur un chantier de cathédrale, trois ouvriers taillent chacun
une
pierre. Un passant demande au premier : -
Que faites-vous mon bon monsieur ? -
Je gagne ma vie. Puis
s’adressant au second : -
Et vous, que faites-vous ? -
Je taille une pierre. Enfin
il reçoit du troisième la réponse suivante : -
Je construis une cathédrale. Cette dernière réponse résume à elle seule l’enseignement que les Maîtres artisans voulaient inculquer à leurs apprentis et compagnons. |
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Pourquoi ces bâtisseurs sont-ils considérés comme des francs-maçons ? Il y a à cela deux raisons : Certaines confréries étaient directement liées aux maîtres d’ouvrages et ne pouvaient travailler que pour eux ( moines dans les monastères, frères servants dans les Ordres militaires etc ..) alors que d’autres étaient libres de travailler pour qui bon leur semblait. Ils étaient libres-maçons, en anglais : free-maçons. Pour la réalisation de certains chantiers les artisans ont été exonérés de tous impôts. Ils étaient en franchise d’impôt d’où francs-maçons. Il est indéniable que les Templiers, tout comme les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, les Chevaliers Teutoniques qui participèrent aux croisades ont eu un rôle de bâtisseurs, notamment en matière de places fortes, de commanderies avec leurs chapelles et qu’ils ont été initiés au secret de l’art au même titre que les compagnons. Il est non moins vrai que lesdits compagnons ont souvent travaillé sous la protection des ordres militaires. Il est probable que les Templiers réfugiés en Ecosse ont pu trouver protection chez les bâtisseurs. Cela fait-il des francs-maçons modernes les successeurs des Templiers ? Quel était la raison d’être des Templiers ? - La protection des pèlerins et l’assistance aux Croisés partis officiellement pour délivrer le tombeau du Christ et par la suite le garder. Quels sont les buts de la franc-maçonnerie ? - L’amélioration spirituelle et morale de l’humanité. (formule officielle de la GLNF) Les engagements des uns et des autres : - Les templiers faisaient vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Ils dépendaient du Pape et menaient une vie monastique et militaire. - Autant que nous le sachions les maçons ne prononcent pas de vœux, tout au plus font-il serment de s’aider fraternellement. Ils ne dépendent que d’eux-mêmes, vivent normalement dans le siècle, se veulent non dogmatiques mais sont libres de pratiquer leur religion. Il n’en demeure pas moins vrai que certains rituels maçonniques font référence au Temple mais plus généralement encore aux Ordres chevaleresques pour la bonne raison que la Franc-maçonnerie régulière se veut être un Ordre chevaleresque. L’expression régulière ne doit pas être prise au sens de reconnue par la Grande Loge d’Angleterre mais dans son acception première qui signifie : qui respecte la règle. Cette règle n’étant rien d’autre que les Constitutions d’Anderson de 1723 modifiés en 1815. Que fait le franc-maçon ? Il travaille essentiellement sur lui-même, symboliquement tailleur de pierre il est tout à la fois l’ouvrier et la pierre. Une pierre qu’il doit travailler jusqu’à ce que débarrassée de toute aspérité elle puisse s’incorporer dans l’édifice. Comme dans le compagnonnage les grades d’apprenti, compagnon et Maître sont pratiqués dans les loges dites symboliques. Pour autant les compagnons d’aujourd’hui rejettent toute paternité sur la franc-maçonnerie. Ils n’ont pas raison, la F.M. leur a bien emprunté une partie de leur rituel et notamment la référence aux outils qui constituent la plupart des symboles maçonniques. Il faut considérer la franc-maçonnerie comme un creuset, un athanor, réceptacle d’idées puisées aux sources les plus variées parmi lesquelles : Les Anciens mystères d’Egypte et de Grèce, l’Alchimie, les cosmogonies, les textes sacrés comme la Bible, le Coran, la Thora, les Védas, la philosophie, les grands initiés, le compagnonnage, les Ordres chevaleresques dont les Templiers mais pour une part infime. |