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SAINT-GRAAL Janvier 2017
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Par
Michel Barbot
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...ET L'ABBÉ GILLARD AU
COEUR DU GRAAL RALLUMA LA
FLAMME... À Patrick
Lelièvre, l’élément déclencheur qui me
permit En
cette année 1940, l’abbé Henri
Antoine Marie Gillard se trouve près de Rodez où il vient
de se faire
démobiliser. Sa « drôle de guerre »,
ainsi qu’il la nomme, se termine
avec cette fin peu glorieuse qui avait suivi la débâcle de
l’armée française
devant les troupes allemandes. Comme tout bon citoyen de la
République, en âge
de porter les armes, il avait revêtu l’uniforme ainsi que le
rapportent ses
amis. Ce
Breton, avide de connaissance,
décide, avant de regagner la Bretagne où son
ministère ecclésiastique l’attend,
de visiter cette région qu’il ne connaît pas. C’est ainsi
que de l’Aveyron il
passe en Ariège et monte à Montségur. Cet homme
à la curiosité débordante ne
pouvait que faire de belles rencontres et c’est ainsi qu’il se retrouva
dans le
département de l’Aude et fit l’ascension
de Rennes-le-Château, la colline inspirée. Le
nom même de cette commune
ne pouvait que lui rappeler le nom de la Rennes bretonne… Voici
ce que Jean Markale écrit
sur le sujet dans son livre Rennes-le-Château et
l’énigme de l’or maudit (Éditions
Pygmalion) : « Il
est allé à Montségur, où
le thème du Saint-Graal, lié à la forteresse
cathare, n’a pas été sans
influence sur l’intérêt qu’il manifesta ensuite pour les
romans dits arthuriens
et pour ce mythe majeur de l’Occident. Et il m’avait parlé d’un
village de
l’Aude où, autrefois, un modeste curé avait
complètement restauré son église
paroissiale en ruine, voulant faire de ce village une sorte de lieu de
pèlerinage satisfaisant à la fois ses
préoccupations religieuses et les
intérêts des habitants du pays. En somme, l’abbé
Gillard avait découvert là-bas
la vocation du tourisme religieux et culturel qu’il allait, dans les
années qui
suivirent, mettre en pratique à Tréhorenteuc, haut lieu
de la Brocéliande
légendaire. Et ce là-bas, je ne l’avais pas
compris à l’époque, c’était
tout simplement Rennes-le-Château. » Nous
pouvons imaginer l’abbé
Gillard s’arrêter longuement dans la petite église
rennaise, devant le diable
supportant le bénitier. Bien entendu, ce diable lui rappelle un
autre diable
dans sa Bretagne natale. À l’orée de la légendaire
forêt de Brocéliande dans
l’église de Campénéac un diable soutient la chaire
du prédicateur… Le diable de l’église de
Campénéac (Photos Christian Lelièvre 2003) Le
diable de Campénéac condamné à
supporter l’Évangile, pourrait dater de l’année 1850,
année de la
reconstruction de l’église, alors en ruine. Certains chercheurs
le disent plus
ancien et avancent qu’il se trouvait dans le précédent
édifice. D’autres
supposent qu’il s’agirait de la copie d’une précédente
statue placée dans
l’édifice primitif. Sophia Raymond dans son magnifique roman Le
Cercle de
Dinas Bran (Éditions Les Presses de la Cité – 2015),
émet l’hypothèse
suivant laquelle la statue aurait été commanditée
par le dernier seigneur de
Trécesson... La fresque (le CYCLE DE LA TABLE RONDE)
réalisée par
Monsieur Hervé QUIDU en 1995. Le peintre y plaça sous le
nom de Campénéac, le
diable de Campénéac Quelques
chercheurs pensent que
ce diable serait une représentation du druide Merlin
présenté dans la tradition
bretonne comme le fils d’une vierge chrétienne et d’un Duz,
démon de la
mythologie celto-bretonne. Dans le conte MERLIN AU BERCEAU
(BARZAZ BREIZ
du Vicomte Hersart de la Villemarqué – 1867), le petit Merlin
veut consoler sa
mère : « Taisez-vous,
ma mère, ne
pleurez pas, je ne vous causerai aucun chagrin – Dors donc, etc. –Mais
c’est
pour moi un grand crève-cœur d’entendre appeler mon père
un Esprit noir. – Dors
donc, etc. – Mon père, entre le ciel et la terre, est aussi
brillant que la
lune. » Le
diable que l’abbé Gillard
observa à Rennes-le-Château n’était pas Merlin ou
son Duz de père, il
s’agissait dit-on d’Asmodée, le gardien des trésors… Jean
Markale ne relate aucunement
la visite de celui qui deviendra son Maître spirituel sur la
colline inspirée.
L’abbé ne fut apparemment guère loquace sur le sujet.
N’est-il pas curieux
qu’il nomme ce lieu Là-bas ? Comment peut-il avoir
oublié le nom
même de cette colline : Rennes ? Un nom qu’il
connaît
particulièrement bien ! Il est certain que son passage
à Rennes-le-Château
a joué un rôle d’importance dans la mission qu’il s’est
assignée à
Tréhorenteuc. Jean
Markale ajoute :
« Bien sûr, il ne s’agit pas dans mon esprit
d’assimiler l’abbé Saunière
et l’abbé Gillard. Ils n’étaient ni de la même
époque, ni de la même trempe, et
leurs motivations profondes semblent avoir été
fondamentalement différentes. Le
seul lien, est au premier degré, d’avoir voulu faire d’une
modeste église
paroissiale un lieu de '' tourisme religieux et culturel '', et d’avoir
laissé,
dans les édifices concernés, une empreinte
indélébile. » En
1990, l’abbé Emmanuel Rouxel,
qui fut un proche de l’abbé Henri Gillard, organise la
rédaction d’un opuscule
titré L’Abbé Henri GILLARD RECTEUR DE
TRÉHORENCTEUC de 1942 à 1962. Pour
cet ouvrage, il sollicite l’abbé Édouard Nizan en
retraite à Guégon et Jean
Markale fidèle compagnon depuis l’année 1945. L’abbé
Rouxel, prêtre de
Néant-Sur-Yvel, puis de Tréhorenteuc, sitôt son
prologue rédigé, attaque fort,
en titrant le premier chapitre : TREHORENTEUC ET
RENNES-LE-CHATEAU.
L’abbé rappelle que Bérenger Saunière fut
curé « de cette paroisse de
1885 à 1917 ». Puis il poursuit : « La
première personne de
cette paroisse que nous avons rencontrée à
Tréhorenteuc voyait une certaine
analogie entre l’œuvre de l’abbé Saunière et celle,
réalisée par l’abbé Gillard
à Tréhorenteuc. La deuxième personne nous dit sa
conviction sur l’existence
d’un trésor réel appartenant aux Cathares, en somme une
sorte de Graal, enfoui
quelque part à Rennes-le-Château ou dans la
région ». L'église de Tréhorenteuc
(carte postale années 50) Contrairement
à ce que laissait
présager le titre du chapitre, l’abbé Rouxel ne s’emballe
pas. Il n’établit,
quant à lui, aucun parallèle avec
Rennes-le-Château, se contentant de
noter : « En parlant ainsi, nous ne voulons pas porter
un jugement de
valeur sur cette énigme, restée en suspens depuis
près d’un siècle. » Il
n’en reste pas moins que
l’abbé Rouxel par ce titre, reconnaît, comme le
reconnaît Jean Markale, un
rapprochement possible entre Rennes-le-Château et
Tréhorenteuc mais sans
pouvoir ou vouloir en déterminer le lien. Une
certaine relation peut
assurément être relevée entre l’œuvre de
l’abbé Saunière et celle de l’abbé
Gillard. Jean Markale ne l’infirme pas, il la reconnaîtrait
même sans toutefois
s’y appuyer pour expliquer l’œuvre de celui qui fut – il le
reconnaîtra – son
Maître. Faut-il par ailleurs, écouter avec attention ce
qu’a pu dire à l’abbé
Rouxel, la seconde personne de la paroisse de Tréhorenteuc qu’il
rencontra ? Un
trésor réel appartenant aux Cathares, une sorte de
Graal, serait enfoui
quelque part à Rennes-le-Château ou (et ?... c’est
moi qui ajoute ce
petit « et ») à
Tréhorenteuc ? Il est certain qu’à
Tréhorenteuc, une certaine forme de Catharisme a pu s’imposer un
temps – et
au-delà même de ce temps… Il convient de lire tout
particulièrement sur le
sujet dans le dernier ouvrage de Christian Doumergue Voyage dans la
France
magique (Les Éditions de l’Opportun), la partie
consacrée à la mystérieuse
forêt de Brocéliande. Au cœur de cette forêt
druidique, est né l’Étoilisme ou
l’Éonisme, la secte fondée par le mystérieux moine
Éon de l’Étoile, abbé au XIIe
siècle de l’abbaye de Moinet près de la Fontaine de
Barenton. Évoquer dans
cette étude, la vie de ce moine gnostique, Mage pour les uns, Druide pour les autres, doublé d’un
Robin des
Bois lié à la Folle Pensée, nous
mènerait trop loin… aussi loin que
l’Éonisme qui pénétra jusqu’en Gascogne. En
1947 E. Coarer-Kalondan dans
son livre NANTES PITTORESQUE ET DISPARU (La Renaissance du
Livre
Éditions Marcel Daubin – Paris) nous parle de ce
mystérieux personnage qui
s’entretenait, parait-il, avec l’esprit de Merlin, le Druide des
Druides : « […]
la doctrine d’Éon prit
rapidement un très bel essor. Elle se propagea sans
difficulté dans tout le
duché et s’établit, entre autres, solidement à
Nantes. « Émue
de cette rapide
croissance, la Papauté résolut de frapper fort et droit
sur l’hérésie
étoiliste. Elle délégua donc le légat
Albéric d’Ostie, pour venir, à l’occasion
de la fête chrétienne organisée en l’honneur des
Reliques des saints Rogatien
et Donatien, prêcher sur les bords de la Loire contre les
doctrines du maître
de Loudéac. « Après
avoir obtenu de
l’évêque de Tours une proclamation fulminante contre
Éon et sa secte, Albéric
d’Ostie se mit en campagne, et du haut des chaires nantaises fit
pleuvoir sur
la tête des hérétiques des torrents de
malédictions et de courroux de l’Église. « Les
étoilistes furent
traqués et livrés au bûcher. Le Mage
arrêté, fut conduit devant le concile de
Reims présidé par le pape Eugène ». L’abbé
Gillard s’intéressa –
l’iconographie de son église le démontre – au Mage de
Loudéac. Dans le tableau
du Saint-Graal, il représente l’hérétique sous
l’habit d’un Mage. Le moine
tient dans sa main une étoile… comment ne pas penser ici
à la mystérieuse Étoile
de Nantes dont les Templiers furent les dépositaires… Le tableau du
Saint-Graal (carte postale) Éon de l'Étoile est
représenté à gauche Cette
étoile fait écho dans le
tableau à un chandelier à quatre branches, version
réduite du chandelier à sept
branches ? Quatre branches mais trois seulement sont
véritablement
visibles : 4+3… Près du chandelier figure un pot d’or,
peut-être allusif
au vase de la manne. Et près de ce pot ou vase apparaît
une volaille rôtie,
allusive aux repas bien étranges du Mage entouré de ses
disciples. Ces banquets
rappellent les banquets celtiques. Mais cette volaille pourrait
rappeler les
cailles mangées par le peuple Hébreu à la sortie
d’Égypte. Détail du tableau :
l'étoile, le chandelier, le pot
d'or Photos Christian Lelièvre
- 2016 Il
est certain que la Nantes
ducale en ce XIIe siècle était la Cité
RayonNantes, jeu de mot que
l’on associa à cet autre jeu de mots : Croix RayonNantes.
L’abbé Gillard
présente sur la table des banquets, près du chandelier,
une croix d’or couchée…
Il
aurait été intéressant de
connaître la position des Templiers de Sainte-Catherine de Nantes
face à
l’hérésie d’Éon de l’Étoile. Ces moines
chevaliers primitivement installés dans
la grande île ligérienne de la Hanne, occuperont
rapidement la commanderie
Sainte-Catherine dans la Prée d’Anian. Les deux sites sont
à l’époque médiévale
des lieux marécageux. L’hérésie
millénariste
progressait dangereusement dans la cité de Bordeaux,
débordant même
jusque dans le Pays de Gascogne ! Yan Sukellos dans le N° 114
d’AR GWYR Le
TEMOIN de la VIE consacre une intéressante étude au Mage
de Loudéac
intitulée : Éon de l’Étoile sorcier
révolutionnaire ou mystique ?
(juillet 1993). Au sujet de ce débordement il
écrit : « La
doctrine '' éonienne
'', si doctrine, il y eut, était parvenue à la
connaissance de l’Église. Le
légat du pape, Albéric, évêque d’Ostie de
passage à Nantes en 1145, proposa à
Éon une rencontre pour débattre de sa théologie,
mais sûr de sa mission, Éon
refusa cette entrevue. « Hélas,
certains de ses
partisans ne voulant se contenter de '' ses enseignements sur la
justice '',
passèrent à l’action, et se constituant en bandes, se
livrèrent au pillage de
fermes, cures et abbayes, la '' faim faisant sortir les loups du bois
'', Ces
actions des années 1145 à 1148, qui
dépassèrent de loin la région et gagnèrent
jusqu’en Gascogne, dit-on, provoquèrent une véritable ''
Jacquerie '' ». Contrairement
à ses disciples qui
subirent la mort, Éon de l’Étoile « fut
confié à la garde de Suger, régent
de France et abbé de Saint-Denys, qui l’enferma dans son abbaye
où il mourut
peu après, sans avoir
révélé la cachette
de ses fabuleuses richesses ». « …
ses fabuleuses
richesses. » Les mots sont lâchés
par le célèbre chercheur de
trésors Albert Mata dans son article Le trésor perdu
des Éoniens (Revue
TRESORS de L’HISTOIRE – PROSPECTION N° 26). Une fois encore, comme
pour les
Cathares de Montségur, l’hérésie n’est pas le seul
moteur justifiant la
dissolution de la secte. Pour Albert Mata qui s’appuie sur les
récits des érudits
locaux, celui qu’il nomme le Chevalier d’Éon (clin d’œil
à un autre personnage
historique…) aurait dressé son quartier général
dans la commune de Mohon
au village de
Bodieu en forêt de Lanouée. Là se trouve
le Camp des Rouets que l’auteur présente comme le
« Versailles
breton » des Rois de Bretagne établis en ce lieu
à partir de 600 et
jusqu’en 872. Le lieu aurait été aux temps gaulois, le
centre de la forêt de
Brocéliande, le « Gorsedd des Druides ».
« Les érudits du crû pensent
qu’il s’agirait du Gorsedd de Bodégat ! » Albert
Mata ajoute au sujet
du Camp des Rouets : « En
effet, en dehors du
fait que celui-ci, une fois restauré par les anges
bûcherons, redevenait une
forteresse inattaquable, renforcent notre conviction. Avant la date
fatidique
du 1145, on cite le nom de ‘’ camp des Rouets ‘’ mais le nom de Bodieu
est
inconnu. On ne le trouve cité, sous différentes
formes : Bodieu, Bodéac,
Bodioc, qu’après cette date. Or, Bodieu peut signifier, selon
les
étymologies : Victoire de Dieu. Broussaille de Dieu, ou
Maison de
Dieu ». Les
contemporains d’Éon de
l’Étoile présentent ce moine comme un fou, doublé
d’un illettré. Il semblerait
que le Mage ne fut pas si fou que l’on ait voulu l’affirmer.
Illettré ? Il
ne le fut assurément pas ! Pour s’en convaincre, il
convient de lire
Christian Doumergue. Le Chevalier d’Éon aurait
écrit quelques ouvrages
et l’abbé Gillard semblait en connaître un rayon sur le
sujet. Faut-il
penser que le Mage de
Loudéac ait possédé un trésor, ainsi que le
tableau du Saint-Graal de l’église
de Tréhorenteuc, pourrait nous le laisser entendre ?
L’affirmer serait une
erreur certaine. N’oublions pas que le Mage est mort peu après
l’année 1145. À
cette époque les Chevaliers de l’Ordre du Temple – puisqu’ils
semblent avoir
une certaine importance dans l’affaire – n’étaient
implantés que depuis peu
dans le duché de Bretagne (tout comme dans le royaume de
France). Il se peut
malgré tout que les quelques disciples du Mage passés
dans la clandestinité,
aient pu approcher quelques mystères liés
à ce trésor. Parmi
le ou les trésor(s) ayant
appartenu(s) aux Éoniens, Yann Sukellos nous apprend : « Otto
de Freisingen,
d’après les minutes du procès, affirme que '' le mauvais
esprit mit à la
disposition d’Eon, les trésors de Merlin ''. » Revenons
à présent à l’abbé
Gillard qui, fort de ses découvertes dans le Midi, s’en est
retourné en
Bretagne vers sa hiérarchie. Mais il ne fut pas le bienvenu. Il
reprit sa place
de vicaire à Crédin, fonction qu’il occupait
déjà avant guerre. Dans l’opuscule
de l’abbé Rouxel, Jean Markale évoque son ami dans un
texte qu’il titre : QUI
ETAIT HENRI GILLARD ?. De son retour il écrit : « Il
revient prendre sa
place à Crédin, affirmant ses idées modernistes et
humanistes et n’hésitant pas
à prendre des responsabilités en tous genres. Et pour qui
se souvient de la
mentalité qui régnait à cette époque sur le
Morbihan, on conviendra aisément
que son zèle moderniste avait peu de chance d’être compris. « Bref,
il déplut. Et comme
il sied en pareil cas, on lui donna de l’avancement et il fut
nommé recteur.
Mais à Tréhorenteuc, où il s’installa en 1942 et
où il allait demeurer jusqu’en
1962. Je peux témoigner de ce que la rumeur publique, à
l’époque, répandait au
sujet de Tréhorenteuc, '' le pot de chambre du diocèse ''
comme disaient les
membres du clergé ». L’église
de Tréhorenteuc était en
ruine. L’abbé Gillard entreprit de restaurer l’édifice.
Il fit mieux que la
restaurer il en fit un Temple placé sous le sceau du
Saint-Graal ! Le
Grand Vitrail de l’Arbre de
Vie L’abbé
Gillard, dans un premier
temps avec ses propres deniers,
enchaînera les réalisations dans son église. En
1951, grâce au legs de sa
marraine, Madame Thétiot, et du fils de celle-ci mort
tragiquement en 1944, il
fait exécuter le grand vitrail du chœur. Ce vitrail n’est que
Vie, une vie nourrie par l’Arbre du jardin
d’Éden. Cet
arbre n’est pas le traditionnel pommier mais un chêne, l’arbre
druidique par
excellence. Pour lire le vitrail il convient de partir du bas vers le
haut. Le grand vitrail de Tréhorenteuc
– photo Ch. L. 1)
Le Voyage entre les blasons Au
bas du vitrail, de chaque côté
apparaît un blason. À droite les armoiries figurées
sont présentées comme étant
celle des de l’Aage ou de l’Age tandis qu’à gauche figurent les
armoiries de la
Maison de Bretagne. Le
premier des de l’Aage sieur de
la Rue Neuve installé à Tréhorenteuc fut Benjamin
de l'Aage, branche de Volude,
issu d'une famille originaire du Poitou. Il naquit après 1590,
et décéda entre
1659 et 1668. Il avait épousé le 25 novembre 1620,
Jacquette Gibon (née après
1595, décédée le 29 octobre 1649, et
inhumée dans le chœur de l'église de
Tréhorenteuc). Il achète d'Henri de la Trémoille,
duc de Thouars, comte de
Montfort, vers 1605, les ruines du château de Gurwant,
ses bois, son fief, et les bois de Rauco. On lui doit les Rues Neuves
dans son
aspect actuel. Les
renseignements relatifs à ce
noble personnage, ainsi que ses armes représentées
ci-dessous, figurent dans le
très intéressant site http://cc-mauron-broceliande.com/wiki/index.php5?title=Benjamin_de_l%27Aage
Ses
armoiries se lisent :
« D'or à une aigle éployée
(bicéphale) de sable, becquée et membrée
d'azur. » Blasons des de l'Aage À gauche : de l’Aage de
Tréhorenteuc, d'or à une
aigle éployée (bicéphale) de sable, becquée
et membrée d'azur À droite : De l’Aage du
Poitou, D’or à une aigle
éployée (bicéphale) de gueules, becquée et
membrée d'azur Il
est certain que l’abbé Gillard
a quelque peu modifié les armoiries des de l’Aage, en s’appuyant
sur le blason
primitif des de l’Aage du Poitou. Le
nouveau blason ainsi créé, conserve les gueules
poitevines de l’oiseau souverain,
ainsi que l’azur du bec et des serres (becquée et
membrée) commun aux deux
branches. Il ne retient pas la nature éployée (bicéphale,
à deux têtes)
de l’aigle, pas plus que les ailes pareillement éployées
(déployées)
vers le haut. Ce terme « éployées »
appliquées aux ailes n’est pas
retenu dans la lecture du blason, puisque par défaut,
car il évoque une
qualité propre de l’aigle héraldique. Il apparaît
en fait, que l’abbé Gillard a
transformé, voir transmuté, l’aigle des de l’Aage en un
phénix. Le phénix du grand vitrail – Ch.
L. Cet
oiseau fabuleux est
représenté de profil, le vol étendu, contrairement
à l’aigle, de face, ailes
éployées. Le phénix héraldique
apparaît dans l’écu au-dessus d'un bûcher que
l'on nomme immortalité, mais qui ne se blasonne que
lorsque son émail
est autre que celui de l'oiseau. L’abbé Gillard
représente le phénix au-dessus
d’une immortalité orangée. Le champ de
l’écu ne retient pas l’or initial
mais présente une variation de l’orangée, flammes de la
renaissance. Bien
que l’abbé Gillard s’éloigne
des armoiries des de l’Aage, il n’en a pas moins créé une
nouveau blason en
s’inspirant du blason poitevin des de l’Aage. En vieux-français
Aage ou Age
signifie « enclos fortifié » mais aussi
« majorité » :
« être en aage », être majeur
ou « avoir l’aage », avoir
la majorité. « Le temps d’aage »
désignait l’ancien temps.
Le phénix évoque tout à la fois ce
« temps d’aage » et un
« temps de majorité » appelé
à renaître. Ainsi
que le rappelaient les
anciens héraldistes, le Phénix
est le symbole de
l'immortalité, parce que, selon la fable, cet oiseau se
renouvelle de cinq
siècles en cinq siècles ; alors il se dresse un
bûcher, bat des ailes pour
l'allumer, et s'y consume : il naît dans l'instant un vers
de sa cendre,
d'où il se forme un autre Phénix. Benjamin
de l'Aage, premier du
nom à Tréhorenteuc naquit après 1590. À
supposer que l’abbé Gillard ait pensé
ce cycle de cinq siècles, le « temps
d’aage » annoncé s’ouvrirait
approximativement dans les années d’après 2090,
une date pour le moins
tardive… Mais peut-être ne convient-il pas de compter un
cinquième siècle
révolu… Détail
intéressant dans la
symbolique brocéliandaise, symbolique débordant du cadre
spécifique de ladite
forêt de Brocéliande, Benjamin de l’Aage, premier de la
Rue Neuve à
Tréhorenteuc, avait épousé le 25 novembre 1620,
Jacquette Gibon. Or, le 25
novembre est le jour de sainte Catherine d’Alexandrie, clef
d’importance pour
pénétrer les mystères évoqués par
l’abbé Gillard et ses collaborateurs… L’union
de Benjamin de l’Aage et
de Jacquette Gibon permettra à certains auteurs bretons de
présenter la famille
Gibon comme l’une des nobles familles ayant possédé la
Rue Neuve en
Tréhorenteuc. Nous avons ici un raccourci plus symbolique
qu’historique et
c’est bien, semble-t-il dans ce raccourci que l’abbé Gillard
nous entraîne. Les
Comtes de Gibon ou
Gibon-Porhoet sont issus selon les historiens de Guervand, successeur
de
Salomon III, roi de Bretagne. Ils arborent dans leurs armes les trois
gerbes
d’or que portaient les anciens princes de Bretagne. Blason des Gibon-Porhoet : De
Gueules à trois gerbes
d’or, posées deux et un. Devise : Semen ab alto. (La semence
vient d’En Haut) Les
armes des Gibon-Porhoet,
héritées des anciens princes de Bretagne étaient
surmontées, est-il dit, d'un
portrait d'ange tenant la gerbe suzeraine ; ainsi
était-elle nommée
dans les plus anciens titres. Quelquefois, l’ange tenait
l’écusson aux trois
gerbes, toujours aussi dites les gerbes suzeraines. Ces gerbes
suzeraines
étaient celles de la Maison de Bretagne. La duchesse Alix
abandonnera le sceau
aux trois gerbes d’or pour prendre celui de son mari le capétien
Pierre de
Dreux qu’elle épouse en 1214. La famille de Dreux a pour
armoiries un échiquier
d’or et d’azur. Pour se différencier des autres membres de sa
famille, le
prince consort et régent de la Bretagne porte une brisure
qui est un
franc-quartier d’hermine qui deviendra rapidement les armes de la
Maison de
Bretagne, bien que les Ducs garderont pour leur scel secret les
trois
gerbes suzeraines « avant que le symbole ne soit repris
par le duc
François 1er qui instituera vers 1445 l’Ordre de
l’Épi. Le collier
de cet ordre accompagnait les grandes armoiries de
Bretagne. » (Devi
Kervella : Emblèmes et Symboles des Bretons et des
Celtes coop
breizh éditions) Pour
l’abbé Gillard la Bretagne
au sein de la France se compose des cinq départements
historiques et non
quatre ! Sujet toujours d’actualité. Un
mécontentement c’était élevé parmi
les élus locaux en 1941 lorsque le gouvernement de Vichy retira
la Loire-Atlantique
de la Bretagne. Le blason herminé de la Maison de Bretagne
présenté par l’abbé
Gillard au bas du grand vitrail, est fragmenté en cinq parties.
La partie
sombre, image du deuil, représente la Loire-Atlantique, ou
diocèse de Nantes.
Ce cinquième territoire correspond au Cinquième Royaume
de la tradition
celtique où règne le Haut-Roi. Le blason du phénix
dans la pensée de l’abbé,
peut symboliser le retour du Pays Nantais au sein de la Bretagne. Blason de la maison de Bretagne - Photo
Ch. L. Devi
Kervella dans le livre cité
plus haut, n’a pas oublié cet oiseau mystérieux :
« phénix Oiseau
mythique qui renaît de ses cendres. Symbole utilisé par
les Républicains
irlandais pour montrer les persistances de leur combat. À
Dublin, Phoenix
Park est le lieu de résidence du président
de la République irlandaise et le plus grand jardin
public
d’Europe. » L’abbé
aimait, c’est certain, sa
Bretagne, l’Épouse symbolique des anciens souverains. Cette
Bretagne était
celle du roi Judicael et de sainte Onenne représentés au
bas du grand vitrail
sous les traits de Louis Thétiot et de sa mère, cousin et
marraine de l’abbé.
Les deux personnages, nouvel Adam et nouvelle
Ève, sont recueillis autour d’un arbre arborant un
unique fruit, la
mystérieuse POMME BLEUE. Le fruit de la Connaissance du bien et
du mal ne sera
pas mangé… Saint Judicael et sainte Onenne
recueillis autour de
l’arbre à la pomme bleue - Photo Ch. L. Les
deux personnages affichent
une nouvelle identité. La sainte femme devient sainte Catherine
vénérée le 25
novembre, jour auquel est associé ce vieil adage :
« Sainte-Catherine, jour de sort pour les oies de Noël
là où on en
engraisse ». Pauvres oies… mais la symbolique n’en est pas
moins présente.
L’oie de la Sainte-Catherine conduit le pèlerin sur le Chemin
où figure le bon
saint Nicolas lié lui-même au cycle de Noël. Ne
parle-t-on pas de la
Saint-Nicolas des lièvres (6 décembre). Les vieux
chasseurs n’affirment-t-ils
pas : "A la Saint Nicolas les femelles de lièvres sont
pleines" ?
Les deux lapins/lièvres sont bien présents tout à
côté de saint Judicael /
saint Nicolas. Mystères
du calendrier, sainte
Catherine est fêtée le 25 novembre, saint Nicolas le 6
décembre, soit 11 jours
après et saint Judicael, le 17 décembre, soit une fois
encore 11 jours après…
Le nombre 11 apparaît d’importance dans l’énigme
Brocéliande, nous le
retrouverons plus tard. Sainte Onenne n’apparaît pas dans notre
calendrier.
Sœur supposée de roi Judicael, son existence n’est pas
certifiée. L’abbé
Gillard, lui-même ne l’affirmait pas. Les
deux lapins du grand
vitrail Toujours
entre les blasons
de la Maison de Bretagne et du Phénix, apparaissent deux lapins.
Certains
commentateurs évoquent des lièvres, la symbolique est la
même. Les deux lapins – Photo Ch. L. Nous
retrouvons ici les célèbres
lapins de la suite de Fibonacci. Le nombre d’or préside au grand
vitrail.
Léonardo Fibonacci (v. 1175 – v. 1250), grand
mathématicien italien médiéval,
étudia l’algèbre au cours de ses voyages d’affaires en
Égypte ou en Syrie. Il
rapporta à Pise les chiffres arabes et la notation
algébrique que Gerbert
d’Aurillac (Sylvestre II le pape de l’An Mil) son illustre devancier,
utilisait
déjà. Les
deux lapins étudient un
parchemin de couleur bleue. Le lapin couleur jaune (or) impose par un
geste explicite,
le silence. L’expression lever un lièvre prend ici toute
son importance.
Mais le lapin rouge doit garder le silence. Au dessus des
lapins/lièvres,
animaux lunaires, la colombe, bec ouvert, révèle le
secret. Un secret lié
semble-t-il à la Bretagne et plus précisément au
Pays Nantais. La partie
supérieure droite du cartouche ou cartel héraldique, par
son enroulement,
affecte la forme d’un rouleau. Ce rouleau serait placé
de telle façon
que la colombe parait le tenir sous son aile. Les deux lapins par
l’étude du
parchemin prennent connaissance du chemin. Ils pourront
à présent
vaquer par chemin et par vau ! Ou par veau
et parchemin
ce qui est tout un ! Mais
qui sont
ces deux lapins ? Je découvrais pour la première
fois l’église de
Tréohorenteuc au début des années 90,
accompagné de mes deux amis Patrick et
Christian Lelièvre, liés à cette
énigmatique forêt de Brocéliande. Lorsque le
visiteur pénétrait à l’époque dans
l’Église du Saint-Graal, il était accueilli
par une femme de l’Office du Tourisme de Mauron. Elle connaissait les
moindres
détails figurant sur les vitraux et tableaux conçus par
l’abbé Gillard. Elle
nous apprit que les deux lapins, les Passeurs, figuraient deux
Templiers. C’est
vrai que l’Ordre du Temple apparaît bien présent sur le
grand vitrail au
travers, dit-on, du blason du Royaume de Jérusalem placé
au-dessus de Joseph
d’Arimathie, le porteur du Graal et de la croix de gueules du nimbe de
Jésus.
Le bouquet de chardons, à gauche du phénix
évoquerait également la survivance
de l’Ordre du Temple en Écosse. Joseph d’Arimathie en extase sous le
Saint-Graal – Photo
Ch. L. Il
convient de noter qu’en
vieux-français le lapin se disait con(n)in ou con(n)il, mot
latin d’origine
ibérique d’après Pline, avec diminutif en con-. Cette
racine CON a donné le
moyen-breton conniffl ou connicl. Les Celtes ne connaissaient pas le
lapin, ce
sont les Romains qui l’introduisirent. Les Bretons ont nommé le
lièvre Gad, un
nom dont l’origine étymologique est inconnue, mais de
signification importante
si on le rapproche du GAD hébraïque. Le con-
« lapin », n’est pas
sans rappeler dans la Bretagne de l’abbé Gillard, le
vieux-breton Con
signifiant « chien », « chien de
guerre »,
« guerrier ». Les
deux lapins du grand vitrail
sont à la fois Con-, « lapin » et Con-
« guerrier ». Le
terme breton apparait dans le nom de nombreux saints moines de
l’Église
Celtique et de souverains Bretons ou Irlandais : Conan. Dans
l’ancien Duché de Bretagne,
les Chevaliers de l’Ordre du Temple ainsi que les Chevaliers de l’Ordre
de Malte
sont appelés les Moines Rouges. Ces Moines Rouges reformulent
ainsi les vieux
ordres celtiques, tel le Rameau Rouge. Il existait également une
classe de
Druides guerriers appelés Druides Rouges. Les
lapins guerriers, dits aussi
lapins tueurs apparaissent dans les enluminures des manuscrits
médiévaux. Lapins
guerriers British
Library
Yates Thompson 8 f. 294r http://www.brain-magazine.fr/article/brainorama/30255-Le-lapin-tueur-des-Monty-Python-existe Cette enluminure est intéressante, elle
associe
les deux types médiévaux de Con-. Notre lapin tueur est
juché sur un escargot
anthropomorphique, peut-être allusif au nombre d’or dont nous
parlent les
lapins de Fibonacci. Intéressante également cette autre
enluminure où le lapin
combat l’escargot… la maîtrise du nombre d’or ? Lapin
combattant un escargot Knight v Snail
IX: Just for Fun: A Rabbit, Monkeys, and a Snail Jousting
(from the
Harley Froissart, Netherlands (Bruges), c. 1470-1472, Harley MS 4379, f. 23v) Further Reading http://britishlibrary.typepad.co.uk/digitisedmanuscripts/2013/09/knight-v-snail.html Les
deux Lapins Jean du grand
vitrail deviennent les passeurs d’un grand secret, un secret lié
à la cité de
Nantes dont le nom breton – NAONED – traduit le Blé de la
Faim : Naon,
« faim » et Ed, « Ed » qui
est aussi la gerbe ou triple
gerbe des souverains Bretons. L’écureuil
ou fouquet Le
grand vitrail, avons-nous
dit, doit se lire de bas en haut. Ce vitrail apparaît d’une telle
richesse
qu’il devient bien difficile de le lire dans sa totalité. Il
apparaît
intéressant de noter au passage ce bel écureuil
placé au sommet de la table
carrée du Graal : L’écureuil ou fouquet – Photos
Ch. L. 2)
La Barque de Pierre ou
le Voyage au Pays du Vin Au
bas du grand vitrail le
visiteur de l’église découvre dans un premier temps Le
Voyage entre
les blasons, puis ensuite la table carrée de Joseph
d’Arimathie où
rayonne le Saint-Graal : La table
carrée de Joseph d’Arimathie –
Photo Ch. L. Enfin,
le visiteur au sommet
du grand vitrail découvre la fin du voyage : Le Voyage
de la Barque de
Pierre dont voici la première phase : La Barque de Pierre
– Photo Ch. L. Dans
son livre LES TOURS
INACHEVÉES (Éditions Jean-Michel
Garnier), Raoul Vergez qui fut Compagnon Charpentier du Devoir de
Liberté
(les Indiens…), déroule la magnifique épopée des
Compagnons
« estrangers » du Saint-Devoir
entraînés par les Templiers dans les
déserts de Syrie. Les Compagnons de cette corporation
oubliée furent « les
maçon du Temple à construire des forteresses :
à Acre, le château Pèlerin,
le crac des chevaliers, le couvent forteresse d’Antioche, celui de
Tripoli […]
la corporation des tailleurs de pierres pouvait orner de mille
cathédrales la
terre d’Europe, et envoyer en même temps des milliers d’ ’’estrangers’’ dans les déserts
brûlants,
sur les pas des chevaliers. » Raoul
Vergez évoque un rite
secret dès plus « estrange »,
pratiqué lors de la nuit des Quatre
Couronnés : « Saint Louis avait assisté
en personne à l’une des
réceptions, sous les lambris de sa chapelle ; les
estrangers lui avaient
remis, en signe de déférence, un petit compas d’or avec
lequel le '' magister
'' perça la veine du poignet royal afin que le sang bleu de
France se mélangeât
au sang rouge des '' pauvres passagers' ', que tout ce sang soit
versé dans une
coupe à demi pleine de vin de Samos, dont chacun se
désaltéra selon le
rite. » La
coupe appelée GRAAL était
bénie par un moine, puis chacun des
« goujats » et des
« estrangers » buvait à la coupe. Le
patriarche commençait à chanter
l’Alleluia des tailleurs de pierres :
Dans
la barque de
Saint Pierre Buvons
le vin de
Noé. Dans
le navire de
pierre Dont
la quille est
retournée, Dont
la voile est
décarquée, Dont
les mâts sont
pétrifiés. Le
vin des
tailleurs de pierre Du
Saint-Devoir
estranger. Si
le vent fouette
la pierre, Sur
la flèche trop
dardée, De
la barque de
Saint-Pierre, Dans
la nuit des
couronnés, Buvons
le vin de
Noé. Quand
Dieu
entraîne aux nuées L’âme
des
tailleurs de pierre Du
Saint-Devoir
estranger. L’abbé
Gillard connaissait-il le
Cantique de l’Alleluia des tailleurs de pierres ? La
partie
supérieure du grand vitrail pourrait le donner à
penser : Les trois phases du grand vitrail Dans
la première phase nous
découvrons la Barque de Pierre ou Barque de Noé. La
barque est placée entre
deux grappes de raisins. Il convient de suivre la Route des Vins. Nous
avons
ici un trompe-l’œil. Le visiteur placé devant le grand vitrail
en découvrant la
Barque, a l’impression de découvrir le Nautonier
représenté semble-t-il de
couleur orangée. Un agrandissement de la partie bâbord de
la Barque nous montre
qu’il s’agit peut-être d’une feuille de vigne aux couleurs
automnales, mais une
feuille travaillée de telle façon qu’elle évoque
la queue d’un poisson : Détail de la barque de Pierre Le
poisson fut le symbole des
premiers chrétiens. Le Christianisme est la religion de
l’Ère des Poissons.
Nous pourrions y reconnaître le Signe de Jonas
évoqué par Jésus dans les
évangiles et dont l’aspect prophétique a
été développé par certains auteurs.
Les prophéties évoquent la Barque de Pierre et son
Nautonier menant la Barque
ecclésiale dans l’Ère du Verseau ou Verse-Eau… L’abbé
Henri Gillard et l’abbé
Auguste Coudray L’abbé
Henri Gillard, du fond de
l’antique forêt de Brocéliande entreprit avec ses moyens,
de ranimer la flamme
qui brûle au cœur du Graal. Mais fut-il le seul à souffler
ce feu
graalien ? Nous ne savons que peu chose quant à la
présence à ses côtés
durant cette période d’après guerre des compagnons de la
première heure. Si la
silhouette de Jacques Bertrand dit Jean Markale, émerge au grand
jour il n’en
va pas de même pour les autres collaborateurs mais nous pouvons
penser qu’il y
en eut. L’abbé Gillard bénéficia, ainsi que le
rapporte Jean Markale dans le
texte QUI ETAIT HENRI GILLARD ? (in L’Abbé
Henri Gillard –
livre présenté par l’Abbé Rouxel), du grand
réconfort de l’abbé
Jarnigon, vicaire de Néant-sur-Yvel puis recteur de Caro mais
nous ne savons
jusqu’où alla ce soutien. L’abbé
Emmanuel Rouxel qui fut
abbé de Néant-sur-Yvel puis de Tréhorenteuc, de
1968 à 1981, n’apparaît aux
côtés de l’abbé Gillard qu’en 1965 alors qu’il
était recteur de Hélléan. Le 22
février 1972, par Testament, l’abbé Gillard lui
lègue ses droits d’auteur. Ce
22e jour de février peut revêtir une symbolique
importante surtout
si l’on se tourne vers cet autre collaborateur de l’ombre que fut
l’abbé
Auguste Coudray. Le saint le plus ancien fêté ce jour est
l’évêque Abile
d’Alexandrie, successeur d’Anien, disciple de
l’évangéliste Marc. Abile aurait
occupé le siège d’Alexandrie dix années durant, de
l’an 86 à l’an 96. Il était
dit Meli ou Melien. Notons au passage ce jeu possible entre les noms
Abile /
Meli… soit de l’abeille au miel. L’abeille de par sa proximité
phonétique avec
l’abbaye symbolisera au Moyen-Âge le moine œuvrant dans l’abbaye
ou ruche. Nous
savons que l’abbé Gillard,
dans les premières années de son ministère
à Tréhorenteuc eut des contacts avec
le néo-druidisme breton. La tenue le dimanche 29 juillet 1951
à Tréhorenteuc au
Val sans Retour de la cérémonie druidique dite Gorsedd
Digor (cérémonie
publique en breton) aurait été organisée par
l’abbé de Tréhorenteuc. Une messe
en breton est célébrée devant l’église de
Tréhorenteuc par le père Alexis
Presse. Voir sur le sujet http://broceliande.brecilien.org/Ceremonies-neo-druidiques-en-foret-de-Broceliande, où figurent
textes et photos
associés à cet événement, ainsi que le
texte de Michel CABARET, Le Val sans
retour : Étude et propositions de gestion des ressources
humaines,
Mémoire de Maîtrise MST AMVR, Université de Rennes
1, 1982. [pages
49-50] : « *Celui-ci
accompagne
ensuite l’Archidruide de Galles, le Grand Druide de la Gorsedd de
Bretagne et
le Grand Barde de Cornouailles en procession dans le '' Val sans Retour
''. Ils
sont suivis d’une cinquantaine de membres de la Confrérie
des Druides,
Bardes et Ovates de Bretagne qui pénètrent dans la
vallée dans des
charrettes tirées par des bœufs. La cérémonie
druidique a lieu dans un cercle
de pierres dressé à l’entrée de la ''
vallée du Gros-Chêne '' dans le '' Val
sans Retour '', cérémonie à laquelle assiste la
poétesse bretonne Angèle
Vannier. » * Il
s’agit de Dom Alexis
Presse. Cet abbé cistercien-trappiste a relevé l’abbaye
de Boquen de ses
ruines. L’abbé
Gillard, très perspicace,
pensait tirer à juste titre, de cet événement, des
retombées positives quant à
la mission qu’il s’était investie. Bientôt son
église s’avéra trop petite pour
recevoir tous les visiteurs désireux de visiter mais aussi
d’assister à la
messe de l’abbé breton. La
date du 22 février que nous
venons d’entrevoir pour la signature du Testament de l’abbé
GIllard, peut
apparaître comme une passerelle reliant Brocéliande
à Alexandrie, la cité de
sainte Catherine chère au père Coudray qui deviendra un
grand ami de l’abbé
Gillard. Dans
les années 60 le père
Auguste Coudray, aumônier de Kercado à Vannes tombe
amoureux du village le Val
Richard, à Lizio près de Ploërmel. Le village n’est
plus qu’un roncier mais le
natif de Sainte-Catherine à Lizio en fait l’acquisition.
« Il organise
d’abord des pique-niques avec ses ''ados '' de Vannes, puis des
chantiers de
débroussaillements. […] Dans les années quatre-vingt, le
père Auguste est nommé
par l’évêque de l’époque pour se consacrer au
village. » http://broceliande.levalrichard.fr/public/Presse/presse-02.jpg
(article d’Anne Bocandé - Ouest-France - vendredi 18 juillet 2008.
La
chapelle Sainte-Catherine
de Lizio L’abbé
Auguste Coudray connu pour
ses rapports conflictuels avec sa hiérarchie, se montra
très intéressé par les
travaux de l’abbé Gillard. Bercé dès son enfance,
au sein de sa famille, dans
l’univers du Compagnonnage il s’intéresse très tôt
aux mystères entourant cette
corporation. Il observe les Compagnons œuvrant dans la chapelle
Sainte-Catherine érigée par celui qu’il nomme
« l’inspiré », un
Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, Charles Laurencin. Ce
prêtre
hospitalier fut nommé en 1645 Commandeur de Carentoir. Il
restaura les ruines
de l’ancienne chapelle des Templiers de Lizio, accumulées
pendant la guerre de
Cent ans. Chapelle Sainte-Catherine de Lizio Dans
son livre Langages oubliés
des compagnons et maîtres d’œuvre (novembre 1996 *
« Mille chemins
ouverts » n°4), Auguste Coudray évoque pour la
chapelle Sainte-Catherine,
« la dédicace de
l’inspirée » : « Lucet in
tenebris »,
trois mots extraits du prologue de l’évangéliste Jean (Jean
1-5). « Rarement
inscrite au
fronton de l’édifice, la dédicace se dit ordinairement
dans le secret à qui
veut bien l’entendre. Cependant Charles Laurencin voulut l’inscrire au
bas de
blason où l’on pouvait voir sur fond d’azur, trois
étoiles et un chevron
dorés. » L’abbé Coudray ajoute :
« Ma grand’mère ignorait que
l’inspirateur de la chapelle de Sainte Catherine avait pour devise ''
Lucet in
tenebris – Lumière qui luit dans les ténèbres '',
mais elle tenait probablement
de mon père, compagnon tailleur de pierre, que la lumière
jouait un grand rôle
en cette chapelle puisque, au temps de mon enfance, elle m’a souvent
répété que
le soleil et les ombres me révéleraient peut-être
un jour des secrets quelque
part en ce lieu. » L’aïeule
d’Auguste Coudray tenaient
des propos prophétiques, car effectivement son petit-fils
connaîtra les secrets
annoncés par le soleil et les ombres de la chapelle. Il serait
trop long de
s’attarder sur ces secrets tant, la chapelle comporte de secrets. Le
lecteur
désireux de connaître les secrets du soleil (et
apparemment de Sirius, autre
Soleil) et de l’ombre, pourra se reporter au livre de l’abbé
Coudray Langages
oubliés de compagnons et maîtres d’œuvre et
découvrir le livre de Thierry
Van de Leur Les phénomènes solaires artificiels
éditions www.lulu.com. Il
pourra aussi découvrir sur
Dailymotion, les vidéos consacrées à la chapelle. À
l’extérieur de la chapelle Sainte-Catherine de Lizio, le
pèlerin découvrira la
fontaine cryptée ainsi que le calvaire aux inscriptions
codées. Cette fontaine
et ce calvaire mériteraient à eux seuls, une étude
que nous souhaiterions
pouvoir associer à la fontaine de Barenton et à la Font
Ria de
Saint-Genest-Malifaux… 1)
Le chemin du ciel et de
1763 Le
pèlerin avant de pénétrer
l’enclos de la chapelle, devra initialement
découvrir l’énigmatique borne de granit sise
à deux cents mètres de la
chapelle sur le Chemin de Saint-Jacques : La borne du Chemin de Saint-Jacques –
Photo Ch. L. D’un
côté nous lisons MELETROIT –
LEROCH – JOSSELIN et de l’autre VILLEGVEHARD – TROMEUR – SERENT.
Jusque-là,
rien de surprenant le pèlerin est passé ou est
appelé à passer dans ces lieux.
L’inscription centrale apparaît autrement
énigmatique : CHEMIN DU CIEL ET DE 1763 – photo Ch. L. Si
l’expression CHEMIN DU CIEL
s’appliquant au Chemin de Saint-Jacques ou bien encore au Chemin du
Tro-Breiz,
le grand pèlerinage de la Bretagne, peut surprendre,
l’énigme apparaît
principalement avec les quatre chiffres clôturant
l’inscription : 1763.
Une lecture rapide oriente le chercheur vers un millésime mais
ce serait faire
fausse route ou en l’occurrence faux chemin. Cette
étrange suite de
chiffres n’est peut-être pas sans rapport avec cette autre suite
de chiffres – 1630
– apparaissant sur l’inscription de Mauron
évoquée dans notre triptyque. Ce CHEMIN
DU CIEL de
Sainte-Catherine de Lizio n’est pas sans rappeler l’inscription
apparaissant
sur les portes de la tour de l’église Saint-Pierre de
Mauron : LE TEMPLE DE DIEU – LA PORTE DU CIEL
« Ce
'' et de 1763 '' laisse
aujourd’hui perplexe 99 % des passants. C’est que nous avons
été habitués dès
notre jeune âge à considérer le nombre uniquement
comme un rapport de quantité
alors qu’il peut vouloir dire autre chose. A nous de savoir
déchiffrer… « Par
l’expression codée ''
chemin du ciel et de 1763 '', le maître d’œuvre annonce au
pèlerin qu’en
arrivant à la chapelle, il va être invité à
suivre à un jeu de piste… » Dans
son livre Langages
oubliés… l’abbé Coudray écrit au sujet de
1763 : « …on
ne peut guère penser
que c’est une date car les historiens nous apprennent qu’en 1763 le
chemin de
Compostelle n’était plus fréquenté pour raison
d’insécurité. Que veut donc dire
ce nombre ? » L’auteur
utilise ce qu’il appelle
« La mystique des nombres » de l’abbé
Gillard. Les deux abbés se
connaissaient bien. Deux esprits aussi impliqués dans le
Mystérieux Inconnu
inhérent au Christianisme ésotérique, ne pouvaient
que devenir amis.
Jean-Claude Cappelli, Druide de Brocéliande, romancier et auteur
d’essais
traitant à la tradition celto-druidique, est l’auteur d’un
intéressant roman
titré La Bête de Brocéliande paru aux
éditions www.lulu.com. Dans
ce roman l’un des
personnages, claironne au sujet de l’abbé Gillard de
Tréhorenteuc :
« Et puis… i faudrait p’têt pas oublier
qu’l’abbé Gillard, il était copain
comme cochon avec l’abbé Coudray ! » Puis
d’ajouter : « I
mangeait la soupe avec lui tous les mardis
soir paraît-il ! Vous n’avez pas lu
l’bouquin qu’il a écrit
sur la chapelle sainte Catherine de Lizio, construite au XVIIe
siècle au sud de l’orée de la forêt de
Brocéliande ? » L’expression
copain comme cochon
ne peut que faire sourire, mais il est certain que les deux
abbés de
Brocéliande, l’un et l’autre mis à l’écart par
leur hiérarchie, se
rencontraient et œuvraient assurément
dans une direction, un chemin commun. Dans
cette mystique des nombres
d’origine compagnonnique utilisée par l’abbé Coudray, le
nombre 17 (71 lu
droite à gauche) désigne la Porte, le Passage, la Mort,
et le nombre 63 (36 ou
18 – 2x18…) désigne le Ciel. Nous retrouvons avec 1763, LA
PORTE DU
CIEL de
Saint-Pierre de Mauron. 2)
La colonne d’Isis Cette
mystérieuse inscription apparaît gravée à
l’extérieur de l’église sur la
colonne d’Isis. Associée à un mystérieux
soleil, elle est rédigée, suivant
l’abbé Courdray, en lettres grecques-coptes : ISIS – Photo Ch. L.
Ce
tableau œuvre du peintre
Parfait Pobéguin et daté de 1874 fut étudié
par l’abbé Coudray dans ses
ouvrages. Au-dessus figure un autre tableau récent car
conçu par l’abbé Coudray
lui-même. 3)
Le tableau des Moines
Rouges Le
tableau, ainsi qu’indiqué dans
le bas à droite, fut peint à Vannes par un artiste dont
le nom serait Ch.
Raserili…ri. Les points de suspension remplacent des lettres de nos
jours
invisibles suivies par deux lettres finales présentées
avec réserve. Le nom
apparaît, quoiqu’il en soit, plutôt curieux ! Ce
tableau, curieux plus encore,
présente des Moines Rouges ou Templiers. Il rappelle un autre
tableau disparu
représentant un Moine Rouge et dont Ogée dans son Dictionnaire
historique et
géographique de la province de Bretagne (1845) affirmait la
présence en ce
XIXe siècle dans la chapelle. Ogée rappelait
que seule, la croix des
Templiers est rouge. Curieusement l’abbé Coudray qui ne pouvait
ignorer les
propos d’Ogée, fera lui aussi représenter les Templiers
en rouge. Les
connaisseurs s’interrogent sur cette anomalie loin d’être unique
dans le
tableau : Les Moines Rouges – Photo Ch. L. L’abbé
Coudray, grand lecteur,
aime à citer Louis Charpentier, connu pour ses ouvrages
évoquant notamment les
Templiers et à l’Arche d’Alliance que les Chevaliers à la
croix rouge auraient,
pensait-il ramenée à Chartres. Le
tableau représente une
rencontre amicale entre les Chevaliers de l’Ordre du Temple et des
Chevaliers
Arabes. Il est bien connu que les Templiers au Blanc Manteau aient eu
des
contacts avec les ordres locaux. Observons
tout d’abord le Temple.
La commanderie apparaît peu conforme à la
réalité : Le Temple aux deux colonnes – Photo Ch.
L. Nous
pouvons nous interroger sur
la présence de ces femmes dans le Temple vêtues de blanc
et de bleu !
L’idée de Vestales n’est pas recevable, pas plus que celles de
Templières bien
que les femmes peu nombreuses furent bien présentes dans les
commanderies. Il
aurait été dans la logique plus justifié de
trouver ces femmes dans un harem et
donc de l’autre côté du tableau… Autre
anomalie, le Triangle
maçonnique placé de tradition à l’intérieur
du Temple, apparait ici à
l’extérieur ! Nous
découvrons à l’entrée du
Temple un signe placé – effet de perspective – près de la
colonne de
droite et ressemblant à s’y
méprendre à
une lettre de l’alphabet templier inspiré par la croix
templière mais, si
lettre il s’agit, elle appartient à un autre alphabet. Le Triangle du Temple (1) et le signe
inspiré de la croix
des Templiers (2) – Photo Ch. L. Plus
insolite encore, apparaît
l’autre côté du tableau : Les Chevaliers Arabes – Photo Ch. L. Les
Chevaliers Arabes ont pour
symbole le mythique phénix d’aspect serpentiforme visible sur
l’étoffe posée
sur les chameaux. Le Phénix à la tête
bleue La
bannière des
Chevaliers Arabes présente une nouvelle anomalie, plutôt
de taille ! Nous
y découvrons les armes du Vatican : la clef d’or et la clef
d’argent
croisées en sautoir ainsi que la tiare papale !!! Non, les
Chevaliers
Arabes visibles sur le tableau ne sont pas des chevaliers
inféodés au pape
comme pouvaient l’être les Chevaliers de l’Ordre du Temple. Une telle méprise apparaît
totalement
incompréhensible ! Comment ou pourquoi… l’abbé
Coudray a-t-il pu commettre
une telle erreur ? Aurions-nous ici une volonté
délibérée de la part de l’abbé,
d’affirmer, mais de façon quelque peu détournée,
que les Moines Rouges du
tableau s’apprêtent à rencontrer d’autres chevaliers non
pas musulmans mais…
chrétiens ? La bannière des chevaliers
arabes (photo volontairement
contrastée) De
la cité
d’Alexandrie à la cité d’Iram-aux-Piliers L’abbé
Auguste Coudray a placé ce
tableau au-dessus du tableau représentant sainte Catherine
d’Alexandrie. La
clef de nature géographique serait ici… Alexandrie ! Dans
cette cité
égyptienne résidait au Moyen-Âge le Pape… Non il ne
s’agit pas du Chef de
l’Église Romaine mais du Primat de l’Église Copte
Orthodoxe portant lui aussi
le titre de Pape mais dont les insignes n’étaient
assurément pas les clefs de
saint Pierre et la tiare à trois couronnes ! L’abbé
Coudray en commettant
volontairement cette erreur, n’aurait-il pas voulu inciter
le pèlerin découvrant le tableau, à
s’interroger sur la véritable nature de ces Chevaliers Arabes.
Il ne s’agirait
assurément pas de chrétiens Catholiques Romains, mais de
chrétiens Coptes
d’Égypte ? Certains chercheurs avancent que les Templiers
auraient eu des
contacts initiatiques avec l’Église Copte d’Égypte, ce
que l’abbé Coudray
aurait voulu, mais de façon plus que détournée,
affirmer sur la toile. Au
bas du tableau, côté des
Chevaliers Arabes, apparaît une tête cornue,
évoquant peut-être quelque
ancienne divinité locale vénérée dans les
temps reculés. Des
auteurs anciens ont affirmé
qu’Alexandre le Grand, aurait fondé Alexandrie sur les ruines de
la mystérieuse
cité d’Yrem ou Iram-aux-Piliers évoquée dans le
Coran et dans les récits des
Milles et Une Nuits. Ces auteurs Arabes divergent quant à la
localisation de
l’antique cité, évoquant notamment le site primitif de
Damas. Autre hypothèse,
la cité d’Alexandrie aurait prolongée le souvenir de la
mythique cité d’Iram
localisée ailleurs et cachée à jamais au regard
des Fils d’Adam. La
cité d’Alexandrie fut connue
pour son célèbre Phare. François de Polignac dans
l’article L’imaginaire
arabe et le mythe de la fondation légitime (Revue de
l’Occident Musulman et
de la Méditerranée – 1987 – volume 46 N° 1 –
numéro thématique :
Alexandrie entre deux mondes) (http://www.persee.fr/doc/remmm_0035-1474_1987_num_46_1_2188)
s’appuyant sur quatre ouvrages dont principalement Les prairies d’or
de
Mas’ûdî (première moitié du Xe
siècle), indique que parmi les
critères qui ont prévalu à l’édification
d’Alexandrie, la présence de colonnes
et d’édifices en ruine, fut déterminant ainsi que le vol
d’un oiseau…
« Les ruines en question sont celles d’une ville
édifiée par le célèbre
Shaddâd, roi des Adites maudits et bâtisseurs de la
mystérieuse '' Irâm au
Colonnes '' (Coran, LXXXIX, 6) dont cette ville se voulait la
réplique et à
laquelle elle n’a apparemment pas survécu quand la colère
de Dieu s’est abattue
sur ce peuple. » Pour
François de Polignac il
apparaît qu’il n’y a pas de véritable fondateur de la
cité :
« Shaddâd, premier bâtisseur, se
réfère à un modèle antérieur,
Irâm. Tous
mêlent sans les scinder ni les confondre vraiment la fondation
d’un ensemble
urbain périodiquement reconstruit à l’érection de
monuments symboliques qui,
transcendent chaque ville particulière, suffisent à
évoquer l’idée de la
Métropole absolue. Quelle qualification désignera
donc le fondateur ?
Doit-on même poser la question ainsi puisque la fondation parait
chaque fois se
dérober derrière l’image contraignante d’une cité
antérieure toujours plus
ancienne. » Ce
qui est valable pour la cité,
l’est aussi pour le Phare qui fut également édifié
par les prédécesseurs
d’Alexandre, dont le fameux Shaddad. Le Phare primitif, repaire pour
les
navires en perdition mais aussi protection pour la cité :
Alexandrie ou
Iram : « Une
ville est d’abord
édifiée à l’emplacement d’Alexandrie par
Misraîm, premier roi d’Égypte après le
Déluge, qui dresse également des talismans repoussant les
monstres marins et
une coupole de cuivre surmontée d’un miroir détecteur et
destructeur des
armadas ennemies, modèle supposé du Phare (Merveilles p.
205-206). » La
coupole de la primitive cité
évoquée par F. de Polignac, pourrait peut-être
correspondre à celle représentée
sur le tableau au-dessus de la cité : La blanche coupole au croissant lunaire Surmontée
d’un croissant lunaire,
cette blanche coupole peut symboliquement renvoyer à la blanche
Pierre de Bath,
le pilier central de la cité d’Iram-aux-Piliers. Cette
pierre aurait eu
la couleur de la marcassite blanche et était dite aetite ou
pierre d’aigle car
on la trouve dans le nid des aigles. (IRAM-AUX-COLONNES LA VILLE DE
CUIVRE – in
Le Secret des Milles et Unes Nuits de Michel Gall -
Éditions Robert
Laffont.) Cette
cité de cuivre ou d’airain
aurait eu également comme illustre fondateur, le roi Salomon.
S’appuyant sur la
présente importante de cuivre dans le Temple de
Jérusalem, métal fondu qui plus
est, par le grand Hiram, certains auteurs ont affirmé, un peu
rapidement, que la
cité d’Iram n’était autre que Jérusalem. Les
tablettes des archives d’Ebla qui
ont confirmé l’existence d’une cité d’Iram, infirment
cette hypothèse. La
cité d’Iram correspondrait à
la cité d’Ubar découverte l’année 1984 en
analysant des photos prises depuis la
navette spatiale Colombia, au-dessus du grand désert de Rub' al Khali
précisément dans la partie sud de la péninsule
arabe en territoire d’Oman. Les
monstres marins hybrides qui
montaient régulièrement vers la cité suivant les
historiens Arabes, pourraient
avoir inspirés le romancier Lovecraft qui évoqua le
passé pré-humain
d’Yrem-aux-Piliers. Des statues à l’effigie de ces
créatures se dressaient dans
l’antique cité. Pour Lovecraft il s’agissait d’idoles et pour
les auteurs
Arabes, de talismans permettant de détruire ces monstres. Nous
retrouvons
peut-être l’une de ces représentations au bas du tableau. Cette
mystérieuse cité, Atlantide
des sables, inspira d’autres romanciers. Nous pouvons citer James
Rollins et
son très intéressant Tonnerre de Sable mais c’est
assurément Daniel
Easterman, auteur du roman LE SEPTIEME SANCTUAIRE qui nous
permet,
peut-être, d’entrevoir le mystère enveloppant
l’énigmatique tableau de l’abbé
Auguste Coudray. Daniel
Easterman relate dans son
roman la découverte de la cité d’Iram et de son Temple
par les Nazis. Cette
cité, hypothèse du roman, avait été
édifiée par un prince d’Israël, descendant
du roi Salomon. Le roi Jehoahaz, descendant de ce prince, fit apporter
à Iram,
un trésor : « Au
onzième jour du mois de
Tishri de cette année, après le jour du Grand Pardon, et
quand le grand prêtre
fut sorti du Temple, le roi Jehoahaz, roi d’Iram et Maître des
Sables de
l’intérieur, fit apporter le *****. Il appela en sa
présence le grand prêtre
Amariah bar Malluch et Shamaiah bar Rahum, prêtre du Temple et
descendant d’Aaron […]. » Étaient
également présents, trois
lévites ainsi qu’Elihoreph le scribe qui inscrivit les paroles
du roi. Le
souverain rappela que la faim s’était abattue sur la
région : « En
prévision de ce jour
funeste, le père du roi, le roi Abishalom, avait fait creuser un
endroit
profond, sombre et secret, sous la cité, une pièce prise
dans le roc. » Ce
fut « cet endroit
profond » encore vide de vivres, qui fut utilisé par
le roi
Jehoahaz : « Le
même jour, alors que de
nombreux habitants de la ville dormaient encore en raison du
jeûne qu’ils
avaient observé la veille, les prêtres et les
lévites (j’étais parmi eux)
apportèrent le ***** du Temple et l’enveloppèrent d’une
couverture de soie.
Nous l’emportâmes du Temple et traversâmes la Grande Porte
pour nous enfoncer
dans les souterrains où reposent les morts. Au passage qui se
trouve être le
troisième du côté gauche du tunnel, nous
tournâmes, portant toujours le *****,
Amariah bar Malluch était, un vieillard très digne, il
marchait devant nous
emportant la lampe […]. « Alors
nous apportâmes le
*****, le déposâmes dans la petite chambre et
scellâmes l’entrée, puis nous y
inscrivîmes le nom d’Amariah et le nom de Jehoahaz. » L’Arche
de l’Alliance – hypothèse
du roman – fut cachée dans la cité d’Iram. Bien que les
Nazis avaient découvert
et investi la cité, ce fut un archéologue, David Rosen
qui, découvrit le saint
coffre dont le nom avait été retiré du rouleau.
Différentes hypothèses ou
traditions concernant la disparition de l’Arche d’Alliance ont
été avancées.
Nous retiendrons celle évoquant son exil dans un premier temps
en Égypte, puis
dans un second temps, en Éthiopie dans le royaume de
Ménélik, né des amours de
la reine de Saba et du roi Salomon. L’hypothèse du roman de
Daniel Easterman
édité en 1987, diffère quant à
l’étape finale, l’auteur privilégie la cité
d’Iram. Cette hypothèse fut-elle déjà
formulée avant que le romancier ne la
développe dans son roman ? L’abbé Auguste Coudray
chercha à comprendre les
mystères liés à sainte Catherine d’Alexandrie. Il
se rendit dans l’Horeb au
couvent Sainte-Catherine et découvrit la cité
d’Alexandrie. Les rencontres
qu’il effectua l’ont peut-être amené à penser que
l’Arche d’Alliance aurait pu
transiter par la cité d’Alexandrie puis terminer – pour un temps
– sa Route
dans l’antique cité d’Iram. Les
prêtes Auguste Coudray et
Henri Gillard furent tous deux initiés aux
mystères auréolant la lumineuse
sainte Catherine et son parèdre l’énigmatique saint
Nicolas. Cette initiation
fut secrètement codée dans la chapelle Sainte-Catherine
de Lizio par un
Chevalier Hospitalier de l’Ordre de
Malte, le Commandeur du Temple de Carentoir, Charles Laurencin que
l’abbé
Coudray nommait « l’inspiré ».
Nommé
en 1645 commandeur du
Temple de Carentoir, l’inspiré fut chargé par sa
hiérarchie de restaurer
les ruines de l’ancienne chapelle Sainte-Catherine des Templiers de
Lizio.
Charles Laurencin portait pour armes :
« D'azur au chevron d'or, accompagné de trois
étoiles de même ». Il
plaça au fronton du nouvel édifice son blason, ainsi que
sa devise :
« Lucet in tenebris » : « La
Lumière qui luit dans les
ténèbres ». Il imposa sa devise en tant que
dédicace du nouvel édifice.
L’abbé Coudray note à ce sujet : « la
dédicace se dit ordinairement
dans le secret à qui veut l’entendre. » Prêtre
religieux de Saint-Jean de
Jérusalem, Charles Laurencin fut pourvu le 14 novembre 1649 et
prêta serment au
roi par procureur à Nantes, le 16 décembre 1651 ; il prit
possession de sa
commanderie le 1er novembre
1652, devenant alors « grand vicaire au spirituel
pour son Ordre de Mgr
le grand prieur d'Aquitaine ». Il rendit aveu au roi en 1652 et
1673 et mourut
en 1675 (Archives de la Vienne, 3 H, 300 et 301). Notons
que le prêtre de
Saint-Jean de Jérusalem prêta serment à Nantes, le
16 décembre, jour de la
saint Adon de Vienne et des saints Ananias, Azarias et Misaël… L’étrange
chapelle hospitalière
(ancienne chapelle templière) de Carentoir où officia
Charles Laurencin
apparait elle aussi très étrange. Quelques chercheurs
locaux aiment à penser
que certains édifices religieux de Carentoir et de La Gacilly,
commune voisine,
révèlent l’emplacement d’un mystérieux
trésor dont Charles Laurencin et ses
successeurs avaient connaissance. L’un de ces chercheurs va
jusqu’à avancer
l’hypothèse que le dit trésor se trouve à La
Gascilly en un lieu proche de la
Forêt Noire… : « Où
est-il ce fameux trésor
? Et si je vous dis qu’il est peut-être à la Glouzie ?
Vous n’allez pas me
croire et pourtant certaines suppositions peuvent le laisser penser. « Près
de Dreux, se trouvent
les ruines du château de la Robertière construit par
Robert I° et que Pierre de
Dreux dit Mauclerc, un templier, celui qui devait devenir prince de
Bretagne,
avait prévu comme retraite du fameux trésor. Mais ce
soi-disant secret était
connu de tout le monde et cette retraite-cachette avait
été changée mais où ?
Ce Pierre de Dreux venait régulièrement à la
Coeffrie en Messac, la grange qui
allait remplacer, plus tard, la commanderie du Temple de Carentoir.
D’autre
part, dans un document longtemps tenu secret, il est dit : ‘’ Le
trésor devait
être déposé par des convoyeurs qui feront auberge
près du lieu négrisilve ‘’.
Curieusement cette phrase fut reprise par un descendant illustre des
Templiers,
Nostradamus qui veut dire, en passant, Notre-Dame, dans ses
prophéties appelées
les Centuries. Essayons de traduire cette phrase : le trésor
devait être
déposé, c’est à dire déchargé et
laissé, par des convoyeurs, donc des hommes
chargés de son transport, qui feront auberge, c’est à
dire qui s’arrêteront
pour manger et sans doute pour dormir, dans un lieu négrisilve,
c’est sûrement
le mot le plus difficile à comprendre ; or, certains
érudits l’ont traduit par
forêt noire. http://lagacilly.net.pagesperso-orange.fr/st%20jugon/templiers.htm
Ce
chercheur de La Gacilly évoque
également cet intéressant tableau de
l’église Saint-Nicolas de la Gascilly où apparaissent
saint Nicolas et sainte
Catherine. http://lagacilly.net.pagesperso-orange.fr/st%20jugon/st_nicolas.htm
L’auteur
rappelle l’importance de
ces deux bienheureux au sein de l’Ordre du Temple. Il convient
assurément de se
souvenir de la chapelle Sainte-Catherine des Templiers de Nantes et de
sa
voisine la chapelle puis église Saint-Nicolas. Dans
le grand vitrail de
Tréhorenteuc, l’abbé Gillard évoque la cité
de Nantes et ce mariage
hermétique saint Nicolas / sainte Catherine… Oui,
nous pouvons le penser,
l’abbé Gillard, au cœur du Graal ralluma la flamme ! Puisse
ce FEU,
entretenu par les Vestales et annoncé par le grand
Fulcanelli, ne plus
s'éteindre… |