![]() |
RUBRIQUE
Sociétés Secrètes Novembre 2021
|
![]() |
Par
Michel Barbot
|
De
l’abbé Montfaucon de Villard
au Zodiaque de Toulouse Dans la
première
partie de ce dossier, nous avons suivi les pas du jeune abbé Henri Montfaucon de Villars dans
la France du XVIIe
siècle. Enseigné, pouvons-nous le penser, par
l’emblématique Nicolas Pavillon,
évêque d’Alet, puis par l’archevêque de Toulouse
Pierre de Marca, un homme de
l’ombre du roi Louis XIV, il pénètre, ainsi que le fit
deux siècles plus tôt
l’alchimiste Nicolas Flamel, les arcanes du Zodiaque de Toulouse
donnant accès
aux trésors des Fils d’Israël. L’un de ces arcanes,
caché dans un ouvrage
kabbalistique, l’Ésh
métšaréf, orienterait le
chercheur vers l’énigmatique cité de Montreuil-sur-Mer, LA VILLE SECRÈTE DES
TEMPLIERS
qui hébergea des alchimistes et des Juifs Kabbalistes.
Pénétrons à présent ce
mystérieux arcane… Deuxième
partie : De la cité de Montreuil aux mystères de la
panthère Dans son
roman
ésotérique La troublante et très
étrange aventure de Maître Pasquier-Allard
(Éditions Ramuel) l’auteur Philippe Valcq, spécialiste de
Montreuil-sur-Mer,
n’hésite pas à avancer l’hypothèse suivant
laquelle certains livres anciens
auraient pu être cachés à Montreuil. Dans cette
piste
montreuilloise, la figure énigmatique du poète Gerbert de
Montreuil, auteur du Roman
de la Violette, se présente assurément comme
d’importance. Dans l’un de nos
échanges par mails, Philippe Valcq évoquait ainsi le
personnage médiéval : « Quant à Gerbert, il a écrit
un ouvrage ésotérique,
attribué à tort à Nicolas de Margival : ‘’Le
dit de la panthère d’amour’’.
Son œuvre principale : ‘’Le roman de la Violette’’ est à
clefs. On sait,
bien entendu, qu’il est l’un de continuateurs de Chrétien de
Troyes. » Philippe
Valcq est
l’auteur d’un roman ésotérique consacré à
Gerbert de Montreuil : LE
MÉNESTREL de MARIE (Éditions Ramuel). Montreuil-sur-Mer
– les fortifications (carte
postale ancienne) Chrétien
de Troyes
fut peut-être, suivant certains exégètes
(l’hypothèse est infirmée par
d’autres), un Juif converti au Christianisme et serait resté en
contact avec
les Rabbins de Troyes. Clément Weill Raynal (ancien journaliste
à France 3)
dans son roman Le Tombeau de Rachi (Éditions du Cerf
1997) se fait
l’écho de quelques hypothèses concernant
Chrétien : « Des
rabbins de Troyes ont certainement dû rester en contact avec ce
juif de cour
qui peut s’avérer utile en cas de flambée de violence.
Peut-être dans
l’urgence, ces vieux sages décident-ils de lui confier un des
secrets qu’ils
détiennent eux-mêmes de Rachi et qui ne doit pas
disparaître. » Bien entendu,
face
à une telle hypothèse, une question se pose :
« Rachi aurait eu
connaissance du mystère du Graal ? » Pour
l’auteur du roman, il
s’agirait d’un mystère équivalent, mystère dont
Godefroi de Bouillon aurait été
informé avant son départ pour Jérusalem lorsqu’il
rencontra suivant la
tradition, le Rabbi Champenois. Le clerc de la cour des comtes de
Champagne, « un brin
facétieux […] va écrire son secret en hébreu
en le codant en vieux français. Caché, quelque part, dans
le texte. Personne,
sauf quelques initiés, ne pourra s’y retrouver. Rachi, de son
vivant, avait
fait exactement l’inverse. Il écrivait des mots de vieux
français en caractère
hébraïque. Les fameux laazim, le Talmud en est
truffé. C’est d’ailleurs
la seule trace que l’on conserve de ces vocables. Grâce à
Rachi, les
médiévistes peuvent retrouver aujourd’hui la
prononciation exacte du français
du onzième siècle. » Bien que
l’hypothèse soit loin de faire l’unanimité, il se
pourrait que Gerbert, son
continuateur, ait pu œuvrer pareillement. Philippe
Valcq dans
son livre L’ÉNIGME DE LA VILLE SECRÈTE DES TEMPLIERS
Montreuil-sur-Mer
(Éditions Ramuel) présente ainsi Gerbert de
Montreuil : « Gerbert ou
Gilbert de Montreuil fut le trouvère de
Marie de Ponthieu. Il y a de nombreux points entre cette
dernière et Marie de
Champagne, protectrice de Chrétien de Troyes. […] Sur
Gerbert nous
possédons très peu de renseignements. Trouvère
attitré de Marie, il la suivit
sa vie durant tout en restant rattaché à l’Abbaye de
Valloire ce qui laisse
supposer qu’il devait être Cistercien (il devait être bien
plus âgé
qu’elle. » Trois œuvres
lui
sont connues : Le Roman de la Panthère, la moins
connue et la plus
énigmatique, Le Roman de la Violette ou Gérard
de Nevers, la plus
célèbre, et La Continuation de Perceval. Concernant
cette Continuation,
qu’il présente comme « un ouvrage à
clefs », il écrit : « Comme l’œuvre de Chrétien qui
n’est pas dédiée à
Marie de Champagne, celle de Gerbert ne l’est pas non plus à
Marie de Ponthieu,
peut-être même l’écrivit-il avant sa rencontre avec
la jeune femme. Ces poèmes
ont été ‘’commandés’’, ‘’commandités’’, en
ce qui concerne Gerbert par les
Templiers de Montreuil-sur-Mer avec qui il devait être en
relations étroites,
d’autant qu’il était Cistercien. Il dut mourir vers
1225. » Philippe
Valcq présente Le Roman de la Panthère de Gerbert
de Montreuil,
comme « sa plus
énigmatique création ». Le décès
de Gerbert de Montreuil vers cette année
1225, ne lui permettra pas de terminer ce roman : « Il
fut laissé ‘’en dépôt’’ chez les Chevaliers du
Temple. […] Quelques années
après la disparition de Gerbert, le manuscrit partit pour
Soissons où l’on
chargea un autre poète de le terminer. » Philippe
Valcq
poursuit : « L’ouvrage est
ésotérique, nous
l’avons dit, ne serait-ce que par le thème de la Panthère
dont les prêtres
Égyptiens avaient revêtu la peau pour officier lors des
cérémonies funéraires.
Elle avait rapport avec le paon dont nous avons parlé dans le
prologue. » L’historien
de
Montreuil cite ensuite Gérard de Sède (Les Templiers
sont parmi nous – J’ai
Lu Éditions) : « Éléonore
d’Aquitaine avait choisi pour emblème l’oiseau des
alchimistes : le paon.
Sur son sceau, conservé à l’abbaye de la Sauve, on la
voit tenant une rose dans
la main droite et ayant à sa gauche un paon perché sur
une croix… Le léopard
s’appelait jadis ‘’panthée’’ – qui plus tard, a donné
‘’panthère’’ parce qu’il
symbolisait le Dieu Pan, le Grand Tout, le Cosmos… les taches de sa
robe sont
d’ailleurs figurées par les étoiles. » Dans le Jeu
de
cartes des fables d’Ésope, nous découvrons la carte
suivante : LE
GEAI
PARE
DES PLUMES DU PAON La
panthère, le
léopard ou le guépard, apparaissent en cette
période médiévale, associés de par
leur nom, au Pardès, mot hébreu désignant le jardin,
le verger, d’où
notre Paradis. Dans la Kabbale, le Pardès est le lieu
où l’étudiant de
la Torah peut atteindre un état de béatitude. En
hébreu, les quatre lettres du
mot Pardès (Pé, Resh, Daleth, Samekh) sont les initiales
d’un terme indiquant
les quatre niveaux d’études de la Torah. PESHA,
désigne le
sens littéral. REMEZ, évoque l’allusion. DERASH,
l’interprétation. SOD, le
Secret. Sur le site http://www.yashanet.com/studies/revstudy/pardes.htm nous
découvrons que l’Évangile de Matthieu comporterait trois
de ces
sens. Le Sod ou Secret est atteint au chapitre 26, verset 27 et 28,
où Jésus
lève la coupe (le Saint Graal…) remplie de vin et la
béni. Le Roman de
la
Violette, titre du
second livre de Gerbert de Montreuil,
comporte assurément son lot de mystère. Cette Viollette,
apparaît ainsi
que nous l’apprend Philippe Valcq dans La Continuation de
Perceval : « Enfin,
il signale sa préférence pour un prénom qui lui
servira de titre pour son plus
célèbre roman (vers 13490), « Et
sa compaigne Violette. » N’aurions-nous
pas
avec le mot compaigne, quelque jeu de mots ? En ancien
français
existait un mot comme ou come, forme réduite du
mot
commentaire. La seconde partie du mot, paigne, pourrait
apparaître
comme une variante du wallon pagene ou du français de
Rabelais
(Gargantua) pagene (latin pagine, le feuillet,
la Page),
évoquant une page… page
qui pouvait désigner au Moyen Âge, un volume, un livre,
voir un récit. Les mots sa
compaigne
Violette pourraient cacher son Commentaire du Livre
Violet (ou) de la Violette ? Le nom et l’origine d’un tel
livre
s’enracine dans la
langue hébraïque. Le prénom Violette trouve sa
correspondance hébraïque dans la
forme Séguel. Écoutons Marc-Alain Ouaknin et Dory
Rotnemer évoquer ce prénom
dans Le Livre des prénoms bibliques et hébraïques
(Éditons Albin
Michel) : « -
Séguel, Sigal : Violette ; nommée ainsi, comme
en français, à cause
de sa couleur violette, qui se dit Sagol en
hébreu ; le mot Seguel a de nombreuses autres
résonnances en hébreu,
comme Corps (diplomatique,
par exemple), Cadre, ou Adaptation ou Remède, ou encore
Trésor ou Qualité.
Vertu (c’est dans ce sens que l’on traduit Am Segoula par
Peuple de
Prédilection, Peuple Choisi ou ‘’Peuple Élu’’), ou enfin
il désigne une voyelle
composée de trois points disposés en triangle
inversé (sommet en bas), qui,
placés sous une consonne hébraïque, se vocalisent
d’un é bref. » Robert
Graffin quant à lui, dans son livre Les Secrets de Salomon (autoédition
Meaux Cedex), reprenait les mêmes significations, tout en y
ajoutant les mots
« ovale », « elliptique »
et n’hésitait pas à rapprocher
l’expression « peuple de prédilection »,
« hommes
exceptionnels », du thème ésotérique de
la « race
violette » : « Cette
‘’race violette’’, qui sert de ‘’corps’’ ou de ‘’cadre’’ à tout
un champ de
pensée, qui a su s'adapter pour ‘’traverser’’ (Yvri) les temps,
dont l'art est
‘’ovale’’ et l'expression est elle aussi tellement elliptique qu'elle a
donné
naissance à la formule ‘’raisonnement qabalistique’’ ; dont
l'alphabet et la
langue sans aucun idiotisme sont tellement ‘’spécifiques et
caractéristiques’’
qu'ils sont devenus ‘’trésor et bien précieux’’ pour
l'humanité terrienne...
cette ‘’race violette’’, donc, n'est-elle pas précisément
celle dont nous
parlons depuis le début ? » La Violette
de
Gerbert de Montreuil parfume assurément plusieurs tiroirs au
contenu varié.
Georges Lahy dans son Dictionnaire encyclopédique de la
Kabbale, aborde
le mot Ségol par l’hébreu Ségoulah : « SÉGOULAH
[…] - Remède. Une ségoulah est une
méthode, généralement des prières ou
invocations, permettant de retrouver la santé. » L’auteur
donne pour
exemple une célèbre ségoulah, celle
répétée par les hassidim, disciples
de Nahman de Braslav : « Na-Nah-Nahma-Nahman
Mé Ouman »,
soit « la signature du Rabbi Nahman de Braslav, suivie du
nom Ouman,
ville où se trouve sa tombe. On remarque que les
premières lettres du nom
Nahman sont par trois fois répétées avant
l’énonciation complète. Cette
signature contient une formule-ségoulah, qu’il faut lire,
chanter en tout temps
et en toute circonstance. Par son énonciation et sa
répétition, cette phrase a
le pouvoir de guérir, de secourir, de métamorphoser,
d’enrichir, d’élever,
d’éclairer la personne qui la prononcera. » L’auteur
poursuit : « Toutefois, la Kabbale établie un
lien entre ségoulah et
le point-voyelle ségol. Le mot ségol
vient de ségoulah,
qui signifie trésor, et représente le trésor des
Rois, représentés par les séfiroth
de hesséd à Yessod. Ainsi par son
mouvement, le point-voyelle ségol
représente les rois déposant leur trésor vers le
bas, tandis que zarka
(un des signes de cantillation), qui signifie jeter vers le haut,
représente
les rois puisant dans leur trésor. » Zarka
- ségol L’hébreu
ségol
a pour origine l’araméen sigla qui désigne la douce
violette. Le Klein Dictionnary fait
dériver le nom
hébreu de la violette, de segola : grappe de
raisin en araméen, synonyme de
l’hébreu eshkol. Les
trois points du point-voyelle ségol, reprendraient la
forme d’une grappe
de raisin réduite à trois raisins ⸪ La formule-ségoulah
qui se présente au fil du temps comme une prière-violette,
véritable
thérapie orale, c’est substituée tout au long des
siècles, à un livre mythique
évoqué par de grands commentateurs, tel Rashi de Troyes.
Serait-il hasardeux
d’émettre l’hypothèse suivant laquelle Gerbert de
Montreuil au travers de la Violette
et de son possible Commentaire, se réfèrerait
à ce livre disparu ? Certains
rabbins
adeptes de la spagyrie ou alchimie végétale, croyaient
aux vertus des plantes.
L’un d’eux, natif d’Allemagne, le célèbre Yaakov Emden,
dit le Ya’avetz
(1697-1776), évoquait ce mystérieux livre des
remèdes attribué au roi Salomon.
Ce livre suivant ce Rabbi, contenait des secrets d’alchimie. http://jewishnews.com/2015/09/27/old-jewish-book-outlines-how-to-turn-copper-into-gold/#return-note-15456-6 En
1693, Honoré-Richard Simon,
ancien curé de Sainte-Uze en Dauphiné, installé
à Lyon pour raison de santé,
fit paraître dans cette cité, Le Grand Dictionnaire de
la Bible. Le livre
de cet ecclésiastique confondu à tort avec son
contemporain le théologien
oratorien Richard Simon, servit de source d’inspiration à dom
Calmet pour son Dictionnaire
historique et critique de la Bible. Nous
trouvons dans cet ouvrage une
référence au livre de remèdes rédigé
par Salomon : Extrait
de l’édition 1703 Ce livre
évoqué
dans le Talmud a fait depuis le Moyen-Âge, l’objet de nombreuses
études
rabbiniques. Bien que les midrashim ou contes juifs, n’évoquent
pas cette
« force de chasser les Demons », ils
présentent les connaissances
médicales développées dans ce livre comme
étant originaires du Gan Éden ou
Jardin d’Éden. Bien qu’Adam, puis l’un des fils de Noé ou
Noé lui-même
l’auraient reçu des mains de l’ange Rafaël (Raphaël)
le médecin divin, dont le
nom signifie précisément « Dieu a
guéri », il est plus généralement
admis que ce livre fut écrit par le roi Salomon. Cet ouvrage est
connu sous le
nom Sefer HaRefouot ou Livre des Remèdes.
Refouot
« Remèdes », bien qu’écrit au
pluriel est souvent traduit au
singulier par « Médecine ». Le livre
contenait les Ségouloth (pluriel
de Ségoulah… Violet), mais dont le sens prend ici celui de Vertus
(Trésors),
soit précisément les vertus des plantes… De tradition,
le Livre
des Remèdes Violets ou plus justement des Vertus, se
trouvait dans
le Temple de Jérusalem. Ce fut le roi ‘Hezkia ou
Ézéchias, qui retira le livre
du Temple et qui l’enterra. http://rwattenberg.free.fr/Medecine.html Les Rabbins
à la lumière de la tradition,
s’interrogèrent sur les raisons qui firent que ce roi cacha
ainsi le livre. Une
première raison avancée fut que le live comportait des
dessins (ou gravures) de
Avora Zara, soit propres au « culte
étranger », dans le sens d’idolâtrie.
Une seconde raison avancée par Maïmonide, fut que pour
obtenir la guérison,
le Violet ou plus justement la Vertu des
plantes
appropriée à une maladie bien précise, aurait
été utilisée conjointement au
livre avec un Telsam (mot arabe à l’origine du mot Talisman) ou
amulette que
l’hébreu nomme Qamiah, mot également donné aux
Carrés dits magiques. Dessin,
écriture ou sculpture, l’amulette était
associée à l’astronomie et à l’astrologie. Les
malades qui montaient au Temple
de Jérusalem pour être guéris, montaient pour le
livre, oubliant que la montée
au Temple marquait principalement la rencontre vers Dieu. C’est ainsi
que le
roi Ézéchiel retira du Temple le Livre des Remèdes
de Salomon et l’enterra,
après l’avoir dit-on archivé. C’est ainsi que plusieurs
Rabbins, à l’instar de
Maïmonide, rédigèrent un Pirosh LéSefer
HaRefouot ShéGanaz ‘Hezkia : Commentaire sur le
Livre des Remèdes
qu’Ézéchias a archivé. Ce
commentaire assez varié, s’appuie sur les mots
du Talmud (Berakoth 10b) : « Ganaz
Sefer Refouot » :
« Il (Ézéchiel) a archivé le Livre des
Remèdes ». En tant que
verbe Ganaz ou Génez, signifie
« archiver », « mis en
rayon », « classer », mais
aussi « ranger »,
« cacher » ou « annuler ».
En
tant que nom commun, il peut désigner un coffre dans lequel on
place quelque
trésor. L’annulation du livre dans le Temple, n’affirme
en rien sa
destruction. Il a été enterré sous le
Temple, comme pourrait l’être un
trésor (Ganza) que l’on cacherait au plus profond d’un Ginzak,
« chambre
du trésor » dans le Temple… ou sous le Temple !? Ce livre, et
les amulettes associées, quitta
pourrions-nous le penser, un moment donné, sa cachette
secrète, son
Ginzak. La
cité de Montreuil-sur-Mer dans le Zodiaque du
Toulouse La
cité de Montreuil-sur-Mer se localise in
zodiaci, tout comme Boulogne-sur-Mer et Paris, dans l’axe du
Sagittaire. Carte
du Zodiaque de Toulouse : l'axe du Sagittaire (Patrick
Berlier) Chez les
Juifs, le signe du Sagittaire prend le
nom de « Qéshet », l’Arc.
Quéshet correspond au mois de
Kislev, mois associé à la lettre Samekh dont la forme
ronde évoque l’idée de
rempart et de protection. Le mois de Kislev est marqué par la
fête de ‘Hanouka
qui commémore la réinauguration du Temple de
Jérusalem avec l’illumination huit
jours durant de la Ménorah ou Chandelier à sept branches,
dans le Temple par
les Macchabées vainqueurs des Grecques. Le Rav
Matitiahou Glazerson dans son livre Les
Secrets de l’Astrologie Hébraïque (EDISTAR
Éditeur), écrit : « Le
Sagittaire évoque la
victoire d’Israël sur la Grèce, conformément
à la prophétie de Zacharie
(9,13) : ‘’Oui, je me fais de Juda comme un arc bandé,
d’Ephraïm un
carquois bien garni. Je vais lancer tes fils, ô Sion contre les
tiens, ô
Yavan’’. Sion
(Jérusalem), en hébreu
Tsion : « le mot ‘’tsion’’, qui peut être
décomposé en :
-‘’ts-ion’’, allusion, anagrammatique à ‘’tasdik-yavan’’ ;
le Tsadik, le
Juste, a triomphé de ‘’Yavan’’, la Grèce, l’arc de Sion,
de l’arc de la
Grèce. » Cette lecture
de Tsion faite par le Rav, scinde
le mot en deux parties : la lettre Tsadik ou Tsédek
initiale, suivie du
mot Ion (lettres Iod – Vav – Noun) que l’on peut lire Iavan ou Yavan,
nom
hébreu de la Grèce. La lettre Vav (V) de Yavan, donne
aussi à l’intérieur d’un
mot, le son « O » ou
« Ou ». Et Ion-, c’est aussi l’Ionie… Cette lecture
se retrouve dans les travaux de
Paul Le Cour, fondateur de la l’association ATLANTIS. Dans son livre L’Évangile
Ésotérique de Saint Jean (Dervy-Livres
Éditions), cet auteur s’intéressait
à la forme grecque du nom de l’apôtre Jean, soit
Ioan : « N’est-il
pas logique que Ioan,
qui représente la pensée la plus profonde de l’initiation
chrétienne, soit
rattaché à l’Ionie, qui fut le foyer le plus rayonnant de
la Grèce ? « En
Ionie les douze villes
principales avaient un grand sanctuaire commun, situé au cap
Mycale. Ce
sanctuaire était dédié à Poséidon
Héliconien ; or Poséidon est dans
la mythologie grecque le prédécesseur de Ioan dans
l’ésotérisme chrétien. « D’autre
part, les noms de
l’Ionie et d’Éphèse sont intéressant à
examiner. « En
effet, en grec, le mot ion
signifie violet ; la mer ‘’violette’’ des
poètes est en
réalité la mer ionienne. Le violet est la couleur de la
spiritualité. Ainsi se
justifie l’association de l’Ionie à la vie spirituelle du
christianisme et à
Ioan. Quant au mot Éphèse, il se rattache au grec éphésis,
qui signifie
‘’désir’’. « Selon
Claude de Saint-Martin, *l’Homme
de désir est celui qui aspire à la
spiritualité la plus haute. D’autre
part, les prêtres du grand temple d’Éphèse
portaient le nom d’essènes, d’où
pourraient bien provenir celui des Esséniens chez qui le
christianisme prit
naissance. *Titre
d’un ouvrage important du
‘’Philosophe Inconnu’’. » Le
signe du
Sagittaire Revenons
à présent aux commentaires du Rabbi
relatifs au signe du Sagittaire : « Yavan,
la Grèce, symbolise la
force qui s’oppose à l’arc d’Israël. L’arc grec, c’est
l’hellénisme et la
Matière, fondement de l’Hellénisme, qui a tenté de
détruire les fondements de
la foi et de la Torah d’Israël. Les
Grecs allèrent jusqu’à souiller toutes les valeurs
sacrées d’Israël, ce qui a
provoqué la révolte des Hasmonéens, l’arc de la
sainteté triomphant de l’arc de
l’impureté. Nos anciens notaient déjà que la
déroute de l’Hellénisme, fondée
sur l’Esprit, a conduit à l’éclosion de la Torah Orale
à cette même
époque ; l’arc de Juda a neutralisé la sagesse
grecque et la
sanctifiée. » C’est en l’an
333 avant J.-C. que le royaume
d’Israël est passé sous la domination des Grecs. Alexandre
après son
affrontement victorieux contre les Perses cette année-là,
s’empare de la région
palestinienne. À sa mort, en 323, ses généraux se
partagent son empire. Le
livre prophétique de Daniel au travers de la statue de
Nabuchodonosor, va
évoquer les Quatre Royaumes qui précéderont
l’Ère Messianique. La période de
domination grecque d’Israël correspond dans la mystique juive au 3e
Royaume. En 1655, le
plus célèbre rabbin du XVIIe
siècle, Menasseh ben Israël, l’ami de Rembrandt
présente son livre La Pierre
Glorieuse de Nabuchodonosor (réédité en 2007
par les Éditions Vrin). La
prophétie de Daniel était ans cesse scrutée durant
ce « siècle de
fer », par les grands de ce monde. Sur la quatrième
de couverture de
l’édition 2007, nous lisons : « Cependant
la guerre civile
ravageait l’Angleterre. Des extrémistes s’emparaient du livre de
Daniel pour
menacer Cromwell. Menasseh ben Israël se
rendit à
Londres et présenta son ouvrage au Lord Protecteur. Il y trouva
non seulement
de quoi faire taire ses adversaires, mais encore la possibilité
de donner à
l’Angleterre un rôle messianique. La Pierre glorieuse devint
alors comme un
passeport pour le retour des juifs chassés depuis le XIIIe
siècle.
Ce retour fut perçu par de nombreux chrétiens comme le
premier pas vers
l’installation des juifs dans leur terre ancestrale. » Dans ce livre
illustré par son ami Rembrandt, le
rabbin commente le chapitre 7 du Livre de Daniel dans lequel le
prophète
raconte sa vision des quatre animaux ailés différents
l’un de l’autre qui
sortirent de la mer. Le premier était semblable à un
lion, le second à un ours,
le troisième à un tigre et le quatrième
différent de tous et qui avait dix
cornes. Le verset 6
où apparaît le tigre est ainsi
commenté par le rabbin : « Verset
6 : Et voici, un
autre était semblable à un tigre… « Daniel
compare la Monarchie
grecque au tigre. « I.
C’est à cause d’Alexandre,
son fondateur : il était orgueilleux comme le tigre, il
affrontait tous
les périls d’une âme intrépide. Et ainsi, bien
qu’inférieur en force à Darius,
il lui fit face, le poursuivit et le vainquit. « II
Le tigre est à la fois
féroce et léger, comme Alexandre qui conquit le monde au
cours d’une vie fort
brève. Jérôme admiratif, disait : On aurait
dit qu’Alexandre courait, car
dans sa courte existence, il soumit une partie de l’Europe et l’Asie
tout
entière. « III
Le tigre est couvert de
taches et a plusieurs couleurs. Or, l’esprit des Grecs est
dissimulateur et
trompeur, comme l’ont montré Homère avec Ulysse et
Virgile avec Simon. « IV
Le tigre a une odeur
excellente […]. » Ainsi
qu’indiqué par Menasseh ben Israël,
l’animal qu’il nomme tigre, traduit le mot NMR
(Namér : léopard ou
panthère). Et, élément d’importance, ce verset du Livre
de Daniel ici
étudié de façon
prophétique à la lumière des cycles du temps, est
précisément celui que
l’auteur du Ésh
métšaréf (livre
possédé par Nicolas Flamel) étudie
à la lumière de l’alchimie. Nicolas
Flamel Pour
Menasseh, si le tigre (Namér) évoque Alexandre le
Grand,
les quatre ailes et quatre têtes évoquent quant à
elles, les quatre capitaines
d’Alexandre qui se partagèrent à sa mort son
empire : Philippe reçut la
Mécédoine ; Antigoine, l’Asie Mineure ;
Seleucus, la Syrie ;
Ptolémée, l’Égypte. Menasseh
ajoute : « Par les ailes
du tigre, on fait référence à la
brièveté de la vie d’Alexandre, car il n’y a
pas d’animal plus véloce que le tigre, selon Pline. D’ailleurs,
le mot tigre
est un mot arménien qui signifie flèche. » Dans une
note, nous lisons : « En
fait, tigris (féminin) est un mot grec bien
attesté. Le prénom Tigrane,
fréquent en Arménie, signifie lui aussi
flèche. » La
flèche nous rappelle dans cette étude, l’espece
de bouclier du livre de l’abbé
Montfaucon de Villars sur lequel le petit Gnome appuie sa main
gauche.
Le Gamad, Pygmée ou Gnome des traditions juives, semble avoir
décoché ses
flèches. Le
gnome du livre de Montfaucon de Villars Le
Shelet, nom hébreu de de ce bouclier ou carquois tenu par le
Gnome signifie
aussi une enseigne. L’objet se veut porteur d’un signe,
il enseigne…
En hébreu, un jeu de mot se forme, lorsque Shelet est
précédé du mot Shaleh’
ou Shelah’, mettant ainsi en relief le mot Shalshelet. Le mot Shaleh’
en tant
que verbe signifie « envoyer ». Le Klein
Dictionary, présente
le mot Shaleh’ comme probablement lié à l’Ugar. shlh (javelot,
fléchette) et à l’Akk. shalū (tirer des
flèches), shiltaḫu (flèche), peut-être
aussi shēlu
(= javelot, fléchette). L’hébreu biblique le retient dans
le sens d’arme,
d’épée (Livre de Job 36-12) ou de
flèches (Livre de Joël
2-8) mais aussi de plant, de rejeton (Cantiques des
Cantiques
4-13). Cette épée,
cette flèche ou ce plant (Shaleh’)
associé au carquois
(Shelet – lettre finale Teth) forme par jeu de mots, en hébreu,
le Shalshelet
(lettre final Tav) qui désigne une
marque de
cantillation n’apparaissant que quatre fois dans tout le Pentateuque
(quatre
exemples bien connus), bien qu’Israël Itzak Besançon,
à l’instar de d’autres
rabbin) dans son livre Yossef (Éditions du Chant
Nouveau Tel-Aviv), en
évoque sept. Ce rabbin évoque dans cet ouvrage, la figure
emblématique de
Joseph fils de Jacob, qui suivant le Livre de la Genèse
devint le
vice-roi ou grand-vizir du Pharaon. Mais auparavant, il fut au service
de
Potiphar, officier de Pharaon. L’épouse de Potiphar voulut
coucher avec Joseph.
Le texte nous dit au sujet de Joseph :
« VaYémaène » : « Et il
s’y refusa ». (Livre de la Genèse 39-8) VaYémaène
: Et il s’y refusa La
lettre Aleph de ce verbe (avant-dernière lettre du mot à
gauche), se voit
couronnée d’un Shalshelet. Ce ta’am ou ordonnance
cantillée, apparaît
schématiquement composé d’une pile de trois pointes de
flèches pointant vers la
gauche, le tout placé sur la première lettre de la
syllabe accentuée. Ce mot
ainsi couronné est immédiatement suivi d’une barre
verticale dite paseq, soit en français séparateur.
Ce
séparateur, suivant l’hébraïste
anglais James Kennedy, serait une marque ancienne identique au
« sic » dans les textes non latins. En
quoi
Joseph, dans ce verset biblique peut-il avoir quelque lien avec cette
présente
énigme du Shelet, le carquois du Gnome ? Dans le livre du Rav M. Glazerson, cité ci-dessus, nous
découvrons que
le signe du Sagittaire est associé à Joseph : « Joseph
est aussi lié au Sagittaire, selon la formule du verset
(Genèse 49-24) :
‘’Son arc est resté plein de vigueur’’. » Le verset
complet est ainsi
traduit dans la Bible du Grand Rabbinat de France :
« mais son arc est
resté plein de vigueur et les muscles de ses bras sont
demeurés fermes grâce au
Protecteur de Jacob, qui par-là préparait la vie au
rocher d'Israël ; » Si
Joseph n’est pas étranger au signe du Sagittaire, il n’en est
pas véritablement
le représentant, en ce sens qu’il ne résida pas en
Israël, contrairement à ses
deux fils qui formèrent 2 des 12 tribus, parmi lesquelles ne
figurent pas Lévi
(autre fils de Jacob), dont les fils et leurs descendants
exerçaient dans le
Temple, la fonction de Lévites ou Prêtes. Mais Joseph n’en
reste pas moins
intimement lié de par sa symbolique au signe du Sagittaire. Dans
le
commentaire très ésotérique du Rabbi Rashi de
Troyes, nous comprenons que ce
verset est lié à cet autre verset du Livre de la
Genèse, dans lequel est
évoqué le refus de Joseph : « Rocher
d’Israël Le mot èven (‘’rocher’’) est
composé, selon le Targoum, de av (‘’père’’) et de ben
(‘’fils’’), c’est-à-dire
Ya‘aqov et ses fils. Et nos maîtres ont expliqué
l’expression ‘’son arc est
resté plein de vigueur’’ comme voulant dire qu’il a su, en
présence de la femme
de son maître, maîtriser son instinct. Le mot
qacheto (‘’son arc’’)
s’applique ici à la semence, laquelle est lancée comme
une flèche. Quant aux
‘’muscles de ses bras demeurés fermes’’, ils désignent la
semence qui s’est
écoulée par ses doigts. ‘’Par les mains du protecteur de
Ya’aqov’’ :
l’image de son père lui est alors apparue (Sota
36b). » Le
Protecteur céleste de Jacob (Israël) n’est autre
que
Dieu. La semence, sève,
puissance vitale, se retrouve symboliquement dans le mot hébreu
Quèshet, qui
signifie, ainsi que l’indique Rashi, arc, mais aussi puissance.
Pour les rabbins, Joseph aurait quelque peu hésité face
au désir de la femme de
Potiphar. Joseph eut l’impression de distinguer l’image de son
père Jacob sur
la fenêtre et c’est ainsi qu’il refusa les avances. Cet ultime
sursaut faisant
suite à son hésitation apparaît symbolisé
par le Shashelet. En refusant les
avances de l’épouse de Potiphar, Joseph préserve suivant
les anciens Sages,
« la sexualité divine » qui faisait de lui
le Juste (le Tsédek ou
Tsadik de son époque). Le mot Shalshelet signifie trois,
mais aussi chaîne.
Cette chaîne, qui couronne le refus de Joseph, apparaît
pour les rabbins, comme
le Shalshelet-ha-dorot : la Chaîne des
Générations, créée par la
« sexualité divine ». Le Cohen ou Prêtre,
tout comme le Tsédek
ou Juste, se doivent d’être irréprochables dans
leur sexualité. Cette
irréprochabilité, va jusqu’à l’obligation
d’épouser une femme de la descendance
d’Abraham. Curieusement, Joseph va apparaître comme l’exception
qui confirme la
règle, s’il ne chute pas face aux avances de l’épouse de
Potiphar, il épousera
néanmoins une Égyptienne qui va symboliser ce que la
Bible nomme la Sagesse
des Égyptiens, sagesse dans laquelle fut instruit
Moïse. Selon
la tradition juive, le carquois du Sagittaire ou carquois de Joseph
contient
trois flèches. Ces trois flèches ont symboliquement
neutralisé les trois
flèches grecques mettant fin au Troisième Royaume… Le
Rav M.
Glazerson, dans le livre précité,
indique :
« D’après
les astrologues, l’astre prédominant au moment du Sagittaire est
Tsédek
(Jupiter), c’est un fait qui a été confirmé avec
éclat à l’époque de
Hanouca : le Tsédek, la moralité d’Israël et sa
pureté ont été reconnues
publiquement. » Pour le Rav, ce Troisième Royaume, période
d’oppression,
« a réveillé le point névralgique de
leur être, l’étincelle du Tsadik, le
juste. La source vitale du Tsadik, a pourfendu, comme une
flèche, l’impureté et
la matérialité grecques. » L’espece
de bouclier
proche
de la Bource de Toulouse, donc au centre même du Zodiaque
de Toulouse, dans sa symbolique astrologique juive, a dû
contenir
trois flèches… les
trois flèches qui neutralisèrent les trois flèches
de Yavan ou Ion (Violet) en
les purifiant. La flèche prend, nous l’avons vu, les traits du
léopard ou
panthère. Dans les fondements du carquois,
« ont avoit trouvé un
coffre ferré qui contenoit la valeur de plus de cent mille
écus tant en argent
monoyé qu’en précieux bijou ». Le
carquois présenté par l’abbé Montfaucon de Villard
à une époque où il prêchait
encore à l’église Saint-Sernin de Toulouse, affecte une
forme bien
étrange : Détail
de l'espèce de bouclier Le
genou gauche du Gnome, nous paraît subitement bien semblable
à ce qui nous
apparaît soudain comme un œil esquissé visible
à présent en parallèle
sur l’espece de boulier… Soudain un compagnon de la
panthère dans
les bestiaires ou fables du Moyen Âge et de la Renaissance se
présente en
partie à nos yeux… Voir notamment https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00655131/document:
ou http://islamicart.museumwnf.org/database_item.php?id=object;EPM;ir;Mus21;42;en&cp
Un
carquois… trois flèches nous
dit la tradition astrologique juive. Trois flèches
hébraïques, ayant pénétrées victorieusement
l’hellénique tradition ionienne (violette).
Absentes du carquois,
elles semblent par la suite (tout au moins dans l’idée d’un
zodiaque
toulousain), avoir été décochées par le
Gnome dans trois directions différentes
mais voisines d’un point de vu zodiacal. Le compagnon de la
panthère,
visible en trompe-l’œil, surgit de son bestiaire
médiéval, pourrait nous
conduire dans l’axe Scorpion que nous pénètrerons dans un
prochain article,
tout comme nous pénètrerons dans un autre article dans
l’axe Capricorne. Entre
ces deux axes se matérialisent sur la carte créée
par Patrick Berlier, l’axe du
Sagittaire étudié dans ce présent article. Cette
flèche centrale décochée par
le Gnome que nous pourrions nommer la Flèche Montreuilloise,
se plante
symboliquement dans l’œil de bœuf, nom que porte l’œil central
de
la cible visée par l’archer. Cet œil nous apparaît
pareillement comme l’œil
de tigre ou œil de la panthère, voire même l’œil
du Monstre à
l’œil, LE MONSTRE ŒIL ou Montreuil du Ponthieu dont
Philippe
Valcq nous entretient à la lumière des vieux auteurs de
la cité. Ce Polyphème
chassé par César suivant la tradition, représente
le Druidisme, Monstre
pour les Romains, pérennisé sur cette colline
inspirée, par les
Druidesses qui entretenaient le feu sacré (L’ÉNIGME DE
LA VILLE SECRÈTE DES
TEMPLIERS). Le
Monstre œil (Montreuil) Vignette
du Cueilloir de l’Hôtel-Dieu
(photo Christian Georgin) Merci
à M. Philippe VALCQ Philippe
Valcq, face à l’équation
toute personnelle que je formulais sur la double rencontre de Nicolas
Flamel avec un Marchand
de Boulogne puis avec un Médecin
Juif de nation, & lors Chrétien, appelé
Maître Canches »… Marchand
de Boulogne – Maître de
Canche …
me répondait ainsi : « Reste
à placer la ‘’Canche’’. Le fait de
nommer cette rivière (bien plus importante à
l’époque puisqu’elle formait un
estuaire à partir de Montreuil) est-ce un repère
géographique ou religieux
(druidesses) ? » Il serait bien entendu tentant de
répondre dans
l’affirmative. » Les propos de
Philippe Valcq, qu’il prolonge ensuite par la rencontre
hypothétique mais probable, entre Flamel, ses confrères
alchimistes et les rabbins
de la cité de Montreuil-sur-Mer, pourraient donner quelque poids
à cette
hypothèse. Ainsi que
nous avons pu le voir, Joseph le fils de Jacob, apparaît
intimement lié dans la symbolique, au signe du Sagittaire (en
hébreu
Késhet : l’Archer). La tradition juive le présente
comme
Joseph-ha-Tsadik : Joseph le Juste. Il fut d’après la
tradition l’unique
Juste de sa génération et ne le devint qu’après
avoir refusé aux avances de la
femme de Potiphar. La
planète associée au Sagittaire est Tsédek : Jupiter
dont
le nom hébreu signifie Juste. Ce nom
apparaît dans celui d’un Juste parmi les Justes, le roi
Melkitsédek (Mon Roi est Juste ou Mon Roi est Jupiter). Ce roi de
Salem (Jérusalem) apparaît dans l’ésotérisme
juif, comme la
figure du Protecteur. René Guénon a écrit sur le
Protecteur (Le Roi du Monde),
tout comme Jacques Bergier (Visa pour une autre terre), ouvrage
dans
lequel il cite sur le sujet, des auteurs versés dans les
domaines ésotériques,
tel Gustav Meyrink. Jacques Bergier écrivait : « Le
Protecteur, par contre, est dans le temps, dans
l’Histoire, et il interviendrait pour empêcher les catastrophes
et pour
défendre l’humanité. C’est ce mythe qui est à la
base de la chevalerie et que
Cervantès parodiait. C’est ce mythe qui constitue le secret des
Templiers, qui
se considéraient comme représentants directs du
Protecteur. » Nous avons vu
que Joseph en tant que Juste, apparaît étroitement
lié à
la figure céleste du Protecteur : Dieu. Cette notion de
Protecteur dans la
vie de Joseph, est liée au Shalsheleth, la Chaîne, dans
son aspect pérenne. La
Tsédaka (Justice, Droiture) de Joseph que l’on pourrait penser
héréditaire, bien que rien ne permette de l’affirmer,
intimement liée au statut
de Protecteur, se retrouve dans l’Histoire secrète de
Montreuil-sur-Mer au
travers d’un très emblématique Guillaume de
Montreuil-sur-Mer. Voici ce que
m’écrivit Philippe Valcq à son sujet : « Quand
je travaillais à ma thèse, j’avais trouvé une
correspondance entre un
personnage hébraïque venant de l’abbaye St Riquier et
Montreuil, mais cela
remonte loin. J’avais fait à une époque, une curieuse
découverte dans la geste
de Guillaume d’Orange, poème épique se passant
théoriquement en pays d’oc. Or,
le Héros est dit seigneur de Montreuil-sur-la-mer. Tous les
spécialistes qui
ont étudié ce texte se perdent en conjectures : que
vient faire cette cité
du nord dans ce roman méridional ? Je pense en avoir
trouvé
l’explication. J’en avais fait un article dans une revue locale. Je
dois vous
avouer honnêtement que j’ai laissé ce genre de recherches
en jachères depuis
quelques années, me concentrant plus sur la littérature
(classique) et le
théâtre. » Nous trouvons
sur le Net, une très intéressante étude du
médiéviste et
philologue Gaston Paris titrée : Sur un vers du Coronement
Loois https://www.persee.fr/docAsPDF/roma_0035-8029_1872_num_1_2_6577.pdf Extrait
du poème Dans ce
poème, ainsi que l’analyse le médiéviste, cet
énigmatique
personnage, est représenté ni plus ni moins, comme
« le protecteur de la
royauté », ce qui, reconnaissons-le, n’est pas
rien ! L’historien
Ferdinand Lot n’avait pas sur ce personnage les mêmes certitudes
que son
devancier Gaston Paris, ainsi qu’il l’indique dans son étude Guillaume
de
Montreuil (Romania, tome 19 n°74, 1890). Pour lui, ce comte
Guillaume de
Montreuil n’a pas de réalité historique. Il voit en lui,
avec raison, « le
résultat de la fusion en un seul personnage de plusieurs
Guillaumes historiques
des IXe et Xe
siècles. »
Mais il semble logique de penser que le prénom apparaît
prépondérant dans cette
énigme, plus encore assurément que la fusion en un seul
personnage de plusieurs
Guillaumes. Guillaume de Montreuil-sur-Mer apparaît comme le
GUILLAUME, celui
qui prime au-dessus des autres : le Wil-Helm : le Heaume de
la
Volonté ou le Protecteur
volontaire. Cette chanson
de geste datée du XIIe siècle, fut
composé
suivant les spécialistes entre 1131 et 1150. Il convient de
rappeler que les
Templiers, après neuf années mystérieuses
passés en Terre-Sainte, rentrent pour
certains en Occident à la demande du roi de Jérusalem. La
règle augustinienne
donnée par Théoclétès, évêque
d’Éphèse en 1118 aux Neuf Chevaliers en partance
pour Jérusalem, n’était que provisoire. C’est ainsi
qu’avec l’accord du pape
Honorius II, le concile de Troyes ouvert le 13 janvier 1128,
édicte la règle
définitive du nouvel ordre. Vers 1130, Bernard de Clairvaux fait
l’éloge de la
nouvelle chevalerie dans son ‘’De Laude Novæ
Militæ’’, ouvrage dans lequel il appose la chevalerie
séculière et la
chevalerie céleste des Templiers. Rapidement, moults
récits chevaleresques vont
être rédigés ; récits dans lesquels
peuvent apparaître les chevaliers de
l’Ordre du Temple. C’est ainsi qu’en 1131 commence la rédaction
du Coronement
Loois, C’est
d’ailleurs un Templier, Wolfram von Eschenbach (auteur du Parzival)
qui vers, 1215 composera une adaptation de la geste française
des Aliscans,
sous le titre Willehalm, narrant les amours de Guillaume
d’Orange et ses
combats contre les Sarrazins. Jouda Sellami
maître-assistante à la Faculté des lettres de la
Manouba (Tunis), spécialiste
de la littérature épique médiévale, nous
livre une pertinente étude titrée Lectures
du Couronnement de Louis, étude permettant de localiser dans
le temps, la
figure du Protecteur Guillaume : « L’auteur
du Couronnement, farouche partisan de la royauté
héréditaire, offre à son œuvre
une solide unité thématique – malgré son apparence
composite – qui place au
centre de ses préoccupations la légitimité de
Louis le Pieux et la nécessité
d’écarter tous les rebelles. » S’appuyant
sur
devancier Denis Collomp (Le Couronnement de Louis et les
tiroirs de
l’Histoire), l’auteur poursuit : « Le
roi Louis, couronné dans la chanson, rappelle plus Louis VII
le Jeune, âgé de onze ou douze ans, couronné en
1131 et menacé par la régence,
que Louis Le Pieux, fils de Charlemagne, pas si jeune à
l’époque, et dont le
couronnement s’est passé sans incident. En filant la
métaphore de Frappier,
dans la deuxième partie qu’il intitule ‘’d’un tiroir à
l’autre’’, D. Collomp
montre d’une manière très précise que les
différents personnages et événements
de la chanson correspondent également plus à
l’actualité de l’auteur qu’à
l’histoire carolingienne. »
https://doi.org/10.4000/peme.8313 Sans rejeter
pour autant les IXe et Xe
siècles, voici que cet énigmatique Guillaumes a
Mosterel sor mer, prendrait
vie au XIIe siècle en cette année 1131
où l’auteur anonyme
commence son récit. Illustration
du manuscrit 24369, au
recto du feuillet 75, au
début
Coronement Loois - Wikipedia Guillaumes a
Mosterel
sor mer, le Protecteur, contemporain de l’Ordre du Temple, prend
soudain un
relief des plus étranges. Possible descendant de ce Guillaume
des IXe ou Xe
siècles, son nom était peut-être tout autre mais il
appartient à cette dynastie
des Guillaume… Descendance Joséphine, mise à part, il
pourrait s’agir d’un
Ponthieu Bellême-Montgomery. Nous avons ainsi un Guillaume Ier
ou II
de de Ponthieu (III Talvas d’Alençon) ~ 1095 + 29/6/1171 comte
de Ponthieu. Il
transféra le Ponthieu à son fils Gui en 1126. http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Ponthieu.pdf Le Guillaume
Proctecteur, du Coronement Loois, est dit de MosTerEl.
L’écriture médiévale du nom des cités, pas
encore figée, présente des variantes
non dénuées d’intérêt. Ces cités se
prêtaient très souvent à une lecture
hébraïque, qui inspira les Juifs du Moyen Âge, puis
les érudits de la
Renaissance qui privilégiaient cette langue, ignorant totalement
celle des
Gaulois. Cette lecture s’avérait néanmoins souvent
parlante. Pour Mosterel,
l’accent serait mis sur la syllabe centrale, le TER. Ce mot
hébreu inspira les
hermétistes. Antoine Plussihem dans son étude
titrée QUELQUES MOTS AUTOUR DE
MARIE-MADELEINE APPERÇU SUR LA CABALE HERMÉTIQUE
(ouvrage collectif Marie-Madeleine
et le Grand-Œuvre – Éditions Le Miel de la Pierre – 2001)
aborde l’extension
ternaire dans l’hermétisme, soit le Mercure des
alchimistes, que
l’on retrouve dans la Triple Brigitte des Celtes (mère, amante
et fille du
Dagda, le ‘’Bon Dieu’’) et dans les Trois Maries qui accompagnent le
Seigneur : « sa mère, Marie femme de Clopas
(étymolog. : ‘’en
gloire’’) sœur de cette dernière et Marie de
Magdala. » Pour
l’auteur : « Marie de Magdala peut être
amenée à représenter cette
triple nature à elle seule. » Par ailleurs,
ajoute
l’auteur, « le mot hébreu [*…] (ter) qui se
traduit par ‘’trois’’ en
latin, signifie ‘’pur’’, ce qui, en grec, oriente vers le mot [*…]
(pyr),
‘’feu’’ » *Écritures
hébraïque pour le premier mot et grecque pour le second. Mes
pérégrinations
au cœur de l’Auvergne, ou du Velay, m’ont amené à
émettre l’idée qu’une société
discrète nommée TER ait pu exister dans les
siècles passés. Suite
à nos
échanges épistolaires orientés sur ce
thème, mon ami Patrick Berlier, rédigea
une étude sur LE MYSTÉRIEUX TER qu’il
inséra dans son livre LA
SOCIÉTÉ ANGÉLIQUE T.1 (ARQA Éditions). Cette
étude
apparaît assurément comme une première approche du
Ter. Bien que nous ne
puissions développer le sujet dans ce présent article,
nous en trouvons la
trace, semble-t-il dans la belle église romane de Saint-Front au
sud-est du
Puy-en-Velay avec Saint François d’Assise. L’Alter Christus,
de
l’ésotérisme chrétien, met en lumière les
syllabes TER et OR, apparaissant sur
les deux derniers mots latins de la REGLULA TERTI… ORD…
(Règle du
Tiers-Ordre). L’hébreu
TER
OR : le TER de la LUMIÈRE
ou la PURE LUMIÈRE,
apparaît aussi en ancien français comme le TERTRE
(ou la MONTAGNE) de l’OR. Curieusement, ainsi
que le démontre
Patrick Berlier, ces
lectures peuvent orienter vers l’ancien Prieur de la Chartreuse de
Sainte-Croix-en-Jarez et ainsi vers la Société
Angélique dont il était membre. C’est ainsi
que
pour Patrick, le Ter pouvait être un avatar ou un prête-nom
de la Société
Angélique. Il me prête d’ailleurs cette hypothèse
angélique, ce qui n’est pas
tout à fait exact, dans le sens, où, ainsi que je
l’évoquais dans nos échanges
épistolaires, le mot TER apparaît dans un vieux
parchemin
templier du Verdon, ce qui me donnait à penser que le TER
existait déjà à
l’époque de cet ordre chevaleresque. Partie
supérieure droite du parchemin templier Évoquer
les
documents templiers du Verdon, apparaît périlleux, surtout
depuis l’édition du
livre collectif L’Île des Veilleurs contre-enquête sur
le mystère du Verdon
et le trésor de l’Ordre du Temple (Arqa Éditions).
Michel Moutet,
interviewé par Arcadia révéla la création
de faux parchemins dans l’énigme
templière du Verdon. Le document qui accompagne cette interview,
est la partie
gauche du parchemin où apparaît le mot TER. Michel Moutet
évoque l’année 1312,
bien que l’année 1323 (MCCCXXIII) soit visible sur le
document !? http://thot.arcadia.free.fr/arcadia/webzine/webzine_no43.html La
création de faux
documents au cours des siècles est chose courante. Elle le fut
dans la fameuse
affaire de Rennes-le-Château. Certains de ces faux, affirmeraient
néanmoins
certaines vérités. Le faussaire espère ainsi
orienter quelque recherche dans ce
qu’il pense être une vérité. Les faux documents du
Verdon furent-ils réalisés
dans cette optique ? Le parchemin très (trop) chargé
met néanmoins en
relief ce TER. Lorsque le journaliste toulonnais Jean Albertini
conçoit dans
les années 70, les faux parchemins, le TER dont je
soupçonnerai l’existence
plus de vingt ans plus tard, ne devaient guère être connu.
Tout au plus
quelques hermétistes devaient en utiliser le mot avec le sens
qu’ils lui
donnent. L’Ordre du
Temple
disparaît officiellement en 1312, le parchemin est daté
de 1323, soit
onze années après son abolition. L’idée d’un TER,
section ou service spécial
(?) à l’intérieur de
l’ordre, pouvait-être envisagé. C’est ainsi
que j’en présentais l’hypothèse à Jean Le Gall dit
Jeangast ou Jangast. Nous
courriers nous
permettaient d’évoquer le Nantes que nous avions connu durant
notre enfance.
Pour Jean, c’était le Nantes des années 50, pour moi
c’était celui des années
60 / 70. La lecture que je lui proposais du parchemin (en fait une
partie) ne
le laissa pas indifférent. C’est ainsi que je découvris
après la lecture d’un
premier livre, puis d’un second, qu’il me citait largement. Je dis
« citait », car à la vérité,
Jean n’était guère fidèle à ma lecture.
De trois phrases, il en faisait une, reprenant, il est vrai les mots
que
j’avais pu employer, mais oubliant de donner les explications que
j’apportais.
Dans LE TEMPLE DU SAINT GRAAL, pour ne citer que cet ouvrage,
il
rapportait la date inscrite en chiffre latins du parchemin en y
associant les
mots REGULA. TERGI. ORDO., qu’il faisait suivre d’une surprenante
« Règle
rectifiée de l’ordre en 1323 ». Les mots latins
apparaissaient à tire d’exemple
(exemple que je j’évoque ci-dessus). Jean privilégiait le
poids des mots, plus
que le commentaire qui les accompagnaient et qui pour ma part
était essentiel… Le TER semble
se
retrouver dans le Pilat en la commune de Marlhes, dans une inscription
gravée
sur le socle de la croix du hameau du Piron, qui ne semble pas
étrangère à la
Société Angélique, inscription qui par sa lecture
ésotérique reprise par
Patrick dans son livre, pourrait pareillement nous ramener au travers
du mot
SUR (voir l’étude de Patrick), à la commanderie de
Templiers de Marlhes parfois
nommée La Murette... Cette inscription est disposée de
telle façon que le mot
TERRE gravé sur deux lignes, semble nous crier la
réalité d’un TER : VOYAGEURS SUR LA●TER RE●AYONS TOUJOURS DIEU●EN●NO TRE●PRESENCE Cette
disposition
du mot TERRE permet de voir – d’entrevoir – au travers de la
troisième ligne –
le mot RAYONS… qui nous ramène notamment (Patrick
présente un rayon plus terrien
mais complémentaire) à la Lumière du
TER : l’hébreu OR signifiant Lumière,
et de façon poétique, soleil, matin. Un Matin
du Ter
aurait pu ainsi poindre dans le Moyen Âge… bien que dans le faux
ou vrai-faux
parchemin du Verdon, le III romain de la date en son centre, ainsi que
la
colonne centrale des trois colonnes du Temple, sises entre la
croix et
la nef, apparaissent couronnés d’un cercle, signe
hermétique désignant la nuit. Une autre
inscription pouvant se rapporter au TER, semble apparaitre sur une
croix de
l’Arx de Chapteuil (Saint-Julien-Chapteuil dans la Haute-Loire). Cette
montagne
pleine de mystères, pérennise la
« lignée des Ours », dite aussi
« lignée des Chapteuil ». Pour Éric
Charpentier, la Royauté du
Pilat avec son emblématique prince, le Silvani Comitis ou
Comte Silvain, 26e
signataire de la loi Gombette en l’an 501, appartiendrait à
cette illustre
lignée. Pour les historiens régionaux, les Chapteuil du
Moyen Âge, Chevaliers
de l’Arx, sont intimement liés à l’Ordre du Temple. Cette croix
de
Mission de 1837 de l’Arx de Chapteuil présente sur une face,
l’inscription ROϩe
III. Inscription
de la croix de l’Arx de Chapteuil – photo
Christian Lelièvre Cette
inscription ROϩe III, rappelle par jeu de mots, la Rose+Croix
dont
Grasset d’Orcet
rappelle dans ses écrits, le lien étroit avec la
Société Angélique. Ces diverses
inscriptions pourraient effectivement donner à penser que le
TER, en tant que
société secrète, voir discrète, pourrait
être effectivement un avatar de la
Société Angélique, bien que son nom n’en soit pas
moins antérieur. La forme
hébraïque
primitive du mot TER apparaît dans le Psaume 89 verset 45. Nous
découvrons dans
le Dictionnaire hébreu-français de N. Ph. Sander
et L. Trenel (Éditions
Slatkine Reprints, Genève) un commentaire bien instructif sur ce
TER : Extrait
du dictionnaire hébreu-français Le TER
biblique, de
prononciation légèrement différente (Tehar),
désigne le lieu le plus pur… le
Temple. André Chouraqui (Traduction et Commentaires – Les
Psaumes
Édition du Rocher) présente ce mot comme un hapax qu’il
interprète comme
« désignant l’acte de purification ou d’illumination
qui assure la
pérennité des relations entre IHVH et
l’homme. » Dans le nom
la cité
de Guillaumes, TER est précédé de MOS et suivi de
EL. Ce dernier mot signifie
en hébreu « Dieu ». Quant à MOSh ou
MOUSh, le Sander et Trenel,
présente ce mot comme pareil à Yamash, tous deux formes
secondaires de
la racine Mashash dont la signification est
« toucher, palper,
tâtonner, fouiller » : « Genèse
31. 37, tu as palpé, fouillé,
tous mes meubles ». Les meubles ainsi évoqués
par Laban, accusant à tort
son gendre Jacob, d’y avoir fouillé, fureté, et ainsi
volé ses dieux,
traduisent le mot Kli ou Kely. Le Kely, meuble, récipient,
vaisseau
et encore outil, de par sa structure lettrique, désigne
ce qui est
capable, ce qui est apte, ce qui est calibré et ainsi le
pouvoir. Irit
Slomka-Saguy, professeur d’hébreu aborde de belle façon
dans son livre L’Hébreu,
miroir de l’être (Éditions Grancher) l’aspect Kely
de l’homme, le Kol-y,
le « tout-dieu » : « C’est
lorsqu’il devient un véritable ‘’kely, outil ajusté et
récipient réceptif (les
deux à la fois), que le pouvoir de l’homme prend tout son sens.
Car ses
capacités sont alors littéralement
‘’divines’’. » Dans le Klein
Dictionary, nous découvrons la racine Mashash suffixée
par une
lettre Noun. Le verbe devient ainsi un nom commun : Masheshan,
signifiant
« palpeur ». Mosh, forme secondaire
du Mashash
biblique, n’étant pas, contrairement à sa racine, connue
pour présenter une
forme suffixée d’un Noun, pourrait ainsi se traduire comme un
verbe mais aussi
comme un nom commun. Sosh, « palper », serait
aussi le
« palpeur », le
« fouilleur ». Mais un fouilleur qu’il
faudrait peut-être reconnaitre comme celui qui cherche dans des
meubles,
coffres, etc…, quelques artéfacts anciens… ce que l’on nomma
jadis un
antiquaire et aujourd’hui un archéologue ? La
cité de
MosTerEl, cité du Protecteur, pourrait apparaître comme la
cité où réside le Fouilleur
ou l’Archéologue du Temple de Dieu ? Roger Facon
cité
plus haut, n’hésite pas à relier l’énigme du
Zodiaque de Toulouse, d’une part à
Montfaucon de Villard et d’autre part au légendaire Christian
Rosenkreutz ou
Christian Rose+Croix. Dans Les
Noces
Chymiques, texte allégorique de la vie de C. R.+C., Roger
Facon évoque
« l’implantation du Frère A., successeur de D., en
Gaule Narbonnaise… […]
le frère A., envoyé par le Père Rosenkreutz en
Gaule Narbonnaise, y mourut et
fut inhumé dans sa terre d’accueil si l’on en croit la Fama
Fraternitas :
ce qui sous-entend que le Frère A., avait coopté des
disciples (ne fût-ce que pour
pouvoir bénéficier d’une sépulture
décente !). Les disciples ou les
maîtres de A., d’après les Noces Chymiques,
connaissaient l’existence de
‘’douze dépouilles’’ prêtes à être
embarquées, à tout moment vers la haute mer,
ou à être placées dans de nouveaux tombeaux. Ils
étaient à la fois alchimistes
et gardiens de trésor… » Ces
successeurs ou
prédécesseurs de A., sont présentés par
certains exégètes comme les Frères
Narbonnais. Ce nom nous évoque la cité de Narbonne mais
aussi le château
Narbonnais de Toulouse présent dans les armoiries de Toulouse. Bien que
remontant à
l’Antiquité, le nom de Narbonne fut entendu par les
Juifs médiévaux
comme Nér Binah, soit en hébreu le « Flambeau
de l’Intellect », en
lien avec la Sefirah Binah. Nous venons
d’étudier par le
biais de l’hébreu le nom de Mosterel, la cité du
Protecteur, une pareille
lecture semble s’imposer dans le nom médiéval, plus
traditionnel de la
cité : Monstroël. Nous retrouvons dans son final en
« El », son
lien avec la divinité. Bien entendu, Monstroël tire son nom
du primitif
monastère breton, aucun doute n’est permis sur ce point, mais
les Juifs de la
cité, connaissant assurément quelques mystères
montreuillois, ont pu
interpréter Monstroël à la lumière de leur
langue ancestrale. Il convient
semble-t-il de
scinder le nom Monstroël de la façon suivante :
Mon – Stro – Ël. L’hébreu
MON- désigne un
« décompte », une
« part », voir un nombre de
« fois » (pluriel MOMIM). On le trouve
également sous la forme MAN-. Une
première lecture semble se
dégager : MON-EL : la Part de Dieu. Mais MON-
apparaît aussi comme
une invitation à nombrer le nom de la cité… Seconde
syllabe : STRO.
L’hébreu biblique, dans son écriture, ne comporte pas de
voyelles. La langue
hébraïque comporte deux lettres S : le Samekh (que
nous retrouverons plus
avant) et le Shin ou Sin. Le mot à découvrir, avec une
initiale Shin, se
prononce au singulier Shoter, avec le sens de
« commissaire » voir de
« prévôt ». La
permutation de STRO en
ShoTeR – qui nous paraît devoir être retenue –
apparaît semblable à la
permutation avancée de SATOR en SAUTRAN ou SAUTRA N du
carré SATOR de Pompéi
que nous retrouverons ci-après. La fonction
de Shoter fut
donnée au temps de Moïse, suivant la Bible, aux officiers
de police Israélites,
chargés par les Égyptiens, de surveiller les travaux de
leurs frères. Le Rabbi
médiéval, Rashi de Troyes, les présente comme les
policiers des Fils
d’Israël. L’hébreu moderne a d’ailleurs repris le mot
pour désigner un
« policier », ou un
« gendarme ». Dans
l’hypothèse
d’une lecture hébraïque de STRo en S(h)oTeR, il semble
qu’il faille privilégier
le pluriel biblique Shotré
apparaissant dans Exode
5-14. Nous aurions ainsi au travers de Monstroël, une
évocation de la Part des
Shotré de Dieu. Dans la
France médiévale, les
gendarmes ou plus justement les gens d’armes de Dieu, pouvaient
correspondre aux Templiers, voir aux Hospitaliers de Saint-Jean. Ces
Gens
d’armes de Dieu, n’avaient assurément rien de commun avec les
gens d’armes de
Nogaret... La
permutation possible du Shin
en Samekh, indiquée dans les dictionnaires et plus anciennement
dans le Talmud,
nous permet d’entrevoir dans STR, par permutation du Shin en Samekh, le
mot
SATAR : « caché »,
« secret ». Écrit avec une lettre
supplémentaire, un Vav prononcé
« O », voir « Ou »
(placé
entre le Teth et le Resh), le mot se lit à présent SATOR,
SATOUR ou SÉTOUR.
L’unique occurrence biblique de ce mot apparaît dans le chapitre
13, verset 13
du Livre des Nombres : « *Sator, Ben
Mickaël » :
« Sator, Fils de Mickaël » Des
Kabbalistes versés dans
l’étude des carrés magiques, ont isolé ces trois
mots du verset 13, pour une
lecture spécifique. Trouver le mot SATOR associé à
celui de Mickaël (on pense à
l’archange) apparaît assurément énigmatique. L’intérêt
des Juifs
pour le Carré SATOR, remonte peut-être à
Pompéi. Voir sur le sujet, la très
intéressante étude de Nicolas Vinel du Centre
Philosophies et Rationalités
Université de Clermont-Ferrand) … Titre de l’étude : Le judaïsme caché du
carré Sator de Pompéi. https://journals.openedition.org/rhr/5136 Le
carré Sator de Pompeï Photographie
de Matteo Della Corte, « Il
crittogramma del “Pater noster” rinvenuto a Pompei », Atti
della Pontificia Academia Romana
di Archeologia,
12, 1936. De SATOR, via
SATAR, à
SARTATRAS il n’y a qu’un pas à franchir allègrement ainsi
que cela se fait en
hébreu au détriment des lettres (même si SARTATRAS
peut et doit se lire, aussi,
en vieux français). Ainsi qu’aiment à le rappeler les
différents auteurs ayant
évoqué la lecture hébraïque, le mot SATOR a
une guématrie de 666, soit dans ce
cas précis, les 666 kg d’or que recevait le roi Salomon… Pour en
terminer avec le mot
SHoTeR, il apparaît que la racine de ce mot, se rapporte à
l’écrit. Dans le Klein
Dictionary nous découvrons que ce mot est emprunté
à l’akkadien shāṭiru , de shaṭāru
(= écrire). L'origine, le
sens était probablement ‘’scribe’’ ; d’où l’arabe. kātib
(= écrivain). Dans ce
même dictionnaire, nous
apprenons que l’akkadien shaṭāru (= écrire) et son
dérivé shaṭāru
(= document), ainsi que
l’arabe saṭara (= il a écrit),
dénommé de saṭr, saṭar (= ligne), mot
emprunté à l’araméen*, sont
proches de
notre Carré SARTATRAS... Ces sauts de lettres nous
orientent assurément
vers un mystère d’importance. *Nous
découvrons dans le Dictionnaire
Araméen Hébreu Français English, de Baruck
Krupnik et du Dr. A. M.
Silbermann (Editions Barazani) les significations pour le mot SATAR ou
SHATAR,
de « document », « acte
judicaire », « contrat »,
« billet à ordre » (on pense aux
Templiers…) et « orbite »,
« loi du ciel », ici prononcé et
écrit SHITARA (Aleph final). Philippe
Valcq, évoque ce
Carré magique dans son intriguant roman La Troublante et
très Etrange Aventure de Maître Pasquier-Alard, notaire
royal à Montreuil
(Éditions Ramuel). En 2016
l’historien de Montreuil-sur-Mer évoquait sur sa Page Facebook,
ce mystérieux
carré : « Le
plus troublant est celui de 9 lettres qui est un
carré lunaire que certains considèrent comme un
carré ‘’maudit’’ ou des ‘’Connaissances
cachées’’. La couleur des lettres est jaune sur un fond
violet. » https://www.facebook.com/philippe.valcq62/posts/446497878881413/ Carré
SARTATRAS – Merci à M. Philippe
VALCQ MAN –
MON Le
Dictionnaire Hébreu-Français, de N. Ph.
Sander et I. Trenel
présente un mot MAN (homonyme de MAN, « Qu’est-ce que
cela ? »,
« Manne »), avec le sens de
« Part », de « Don ».
Il renvoie ce dernier sens à la racine MANAH :
« Nombre »,
« Part », « Portion »,
« Don ». Le site BIBLE
HUB nous présente
un nombre important de translittérations du nom MANAH, parmi
lesquelles nous
reconnaissons les formes MANAH, MONEH ou MŌWNE. Si nous
retenons pour le nom de
la cité, une translitération en MONEH, nous gardons en
mémoire pour la
guématrie, la forme première du mot, soit MANAH (ou MAN).
En fait, la forme
MONEH apparaît en hébreu moderne pour désigner
notamment, le
« Numérateur » en mathématique,
mais avec une lettre supplémentaire,
un Vav qui confirme une fois encore, la prononciation en
« O ». Il convient
dans un premier
temps d’associer le mot MANAH (ou MONEH) au mot EL,
« Dieu » qui
ferme le nom de la cité. L’expression
Manah-El :
« Part de Dieu », se présente comme une
expression synonymique de l’expression
biblique « Héléq
IHVH » que l’on découvre dans le Livre du
Deutéronome 32-9 :
« Car ce peuple est la part du Seigneur ; Jacob est le
lot de son
héritage. » Traduction du Rabbinat
Français. Le peuple
d’Israël est présenté
comme la Part de IHVH (Yahvé), et Jacob (Israël) le
pays, apparaît comme
le Lot de son héritage. Le mot ‘Hèvel
traduit par
« Lot » signifie aussi
« Corde », il s’agit ici de la corde
pour mesurer. Le pays de Jacob est un Lot compté, mesuré. La
« Part de Dieu »
apparaît comme le lieu de la mesure, le lieu mesuré… Cette Part mesurée,
nous
inscite à en découvrir la mesure par le nombre.
La guématrie hébraïque
de MONSTRËL peut nous apporter de belles surprises. Il peut
paraître
aujourd’hui curieux d’étudier ainsi une énigme, mais il
est connu qu’au Moyen
Âge, les Juifs Kabbalistes œuvraient ainsi. Ne pas le faire
serait peut-être
passer à côté de quelque chose d’important. Il est
aujourd’hui un ouvrage
référenciel dans le domaine, il s’agit du Dictionnaire
de la Guimatria
de Goerges Lahy (Édtitions Lahy). Les occurrences
guématriques présentées par
l’auteur offrent d’intéressantes perspectives. En partant du
fait qu’en hébreu
la lettre est aussi un chiffre, il devient intéressant de
nombrer un nom afin
d’en connaître ses mystères. C’est tout au moins
ce que pensaient et
pensent encore, les Kabbalistes. Si l’on
nombre MONEH-El (la
Part de Dieu) en utilisant la guématrie hébraïque,
nous obtenons : Guématrie
de Moneh-el Dans les
occurrences
guématriques présentées par Georges Lahy,
égales à 126, nous trouvons
entre-autres mots, Évén-Hokhmah, la
« Pierre philosophale », Kamouss,
« Secret – Caché - Latent »,
Almanah,
« Veuve » (Franc-Maçonnerie ?) ou
bien encore Malon,
« Gîte – Etape - Auberge ». SHoTRé
(STRO) : « Gendarmes
- Policiers ». Guématrie
de Shotré el 519,
apparaît,
ainsi que nous le découvrons dans le livre Georges Lahy, comme
la guématrie de
mots ou expressions tels que : Or hadash,
« Lumière
nouvelle », Midath Laïlah,
« Attribut de la nuit », Maqom
hahoshék, « Lieu d’obscurité »,
ou de Neviéi haémeth,
« Prophétie de vérité ». Guématrie
de Moneh shotré el Georges Virya
présente pour
cette guématrie trois occurrences : Hashomér
Ahy Anoki ?,
« Suis-je le gardien de
mon frère ? » Meshoushéh,
« Hexagone » Nér
neshamah, Veilleuse
du souvenir – Lampe
de l’âme Cette
dernière occurrence est
intéressante. Nér neshamah, qui apparaît
donc ainsi comme un miroir
de Monstroël, après utilisation de la
Guématrie, ferait pareillement
échos à Nér Binah, soit en hébreu
le « Flambeau de
l’Intellect » ou la « Lampe de
l’Intellect », nom que les Juifs
médiévaux donnèrent à Narbonne. Et voici
que réapparaît l’ombre des
Frères Narbonnais… La piste
serait bonne… Quant à
Meshoushéh,
« Hexagone », là, ça devient
plutôt intéressant : la France,
l’Hexagonne… Nous pouvons
noter dans cette
lecture kabbalistique de Monstroël, l’importance de la
Lumière. La Menorah
n’est peut-être pas bien loin… Montreuil-sur-Mer,
cité
templière ? Assurément ! Mais plus encore,
cité de la
Pérennité ! Ses origines sacrées remontent
aux Celtes assurément, mais
très certainement par héritage (sa Part) à
cet Orient mystérieux
véhiculé au fil des siècles par les
Hébreux… |