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RENNES LE CHÂTEAU

Janvier 2018















Par
Christian Doumergue


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Voyage dans la France Magique ; un entretien avec Christian Doumergue




Voyage dans la France Magique a été présenté comme une suite de votre livre Le Secret dévoilé : enquête sur les mystères de Rennes-le-Château. Pourtant le livre parle très peu de Rennes-le-Château…

C’est effectivement une suite. Et ce même si je ne parle que très peu de Rennes-le-Château en apparence. J’insiste sur cela : en apparence … Car il y a une sorte d’architecture invisible. Un, ou des, fil(s) d’Arianne qui traverse(nt) l’ouvrage. Seules les premières pages parlent clairement de l’affaire de Rennes-le-Château. Mais dans la suite de mon propos, de nombreux thèmes ou lieux y sont directement connectés. Non pas à l’abbé Saunière lui-même, mais au mythe que Pierre Plantard a créé autour de lui.

Ainsi, ce voyage dans la France Magique passe par Bourges, présenté dans de nombreux documents relatifs à l’affaire de Rennes comme le centre hermétique de la France. Je m’attarde également longuement sur la chapelle du Graal de Tréhorenteuc. Un lieu qui est l’écrin d’un réel mystère. D’un secret percé par un prêtre, l’abbé Gillard, dans les années 1940… Or Plantard, dès son adolescence, séjournait régulièrement à proximité de cette chapelle, dans le Manoir du Tertre… Et je ne doute pas qu’il y a un lien entre les deux histoires. Que l’abbé Gillard a inspiré Plantard dans sa façon de construire le mythe de Rennes-le-Château. Un exemple est particulièrement parlant, c’est celui du chemin de croix. Grâce à Gérard de Sède, Pierre Plantard a installé l’idée que le chemin de croix de l’église de Rennes était codé. Que l’abbé Saunière y avait glissé des allusions à des lieux précis situés à plus ou moins proche distance de Rennes-le-Château. Comme le « dé du Serbaïrou » par exemple. Or, il n’est rien de flagrant dans les stations du chemin de croix de Rennes-le-Château. Pour arriver à cette conclusion, il faut les « interpréter » symboliquement. Dès lors, nous ne sommes pas dans une réalité objective. Par contre, à Tréhorenteuc, nous avons bien un chemin de croix unique, peint à la demande de l’abbé Gillard. Qui a transposé les derniers instants de la vie du Christ à Tréhorenteuc et dans ses environs. Des rues du village, des roches remarquables sont identifiables. Il y a là un vrai codage toponymique. Plantard s’en est inspiré pour construire la légende de l’abbé Saunière.   

La « légende » ? Il n’y aurait donc pas de réel mystère à Rennes-le-Château ?

Ce n’est pas ce que j’ai dit, bien au contraire. Il s’est bien passé quelque chose, lié à une découverte, à Rennes-le-Château. Quelques rares documents nous en apportent la certitude. Cependant, il faut distinguer l’affaire Saunière (liée à une découverte archéologique) de la légende élaborée à partir des années 1960. Celle-ci est un Mythe initiatique. J’insiste sur ce terme d’initiation. Le mythe élaboré par Plantard, même s’il prend sa source dans la réalité d’une histoire occulte, ne doit pas nécessairement conduire à une découverte matérielle celui qui en suit le fil d’Ariane. Je dirais aussi, pour être plus précis, qu’avant d’arriver à ce terme « matériel », le pèlerinage doit être « intérieur. » Ce qui ne veut pas dire qu’il faille rester enfermé chez soi, bien au contraire.  

Quant à l’initiation, elle est ici, comme ailleurs, véhiculée par la langue symbolique. Plantard l’a dit : « Il est inutile à celui qui ne comprend  pas les symboles de Rennes qu’il y aille avec une pioche, une pelle, un détecteur. Ce qui est à découvrir, ou ce qui peut être découvert, ne le sera jamais par la pioche, par la pelle ou par quoi que ce soit… » La connaissance des symboles utilisés est donc essentielle.

Quels sont ces symboles ?

La vie de Pierre Plantard est la clé de cette langue symbolique. Il y a dans l’Œuvre cristallisée par Plantard autour de l’affaire Saunière de nombreuses références à cette langue perdue. Le mythe de Rennes pensé par Pierre Plantard est comme une carte codée. Sous son impulsion, Rennes-le-Château a été désignée comme « capitale secrète de l’Histoire de France. » C’est en fait la porte de la France véritable. De la France occulte, cachée sous le voile des apparences. Ce que Paul Le Cour appelait le « cristal de France. » Pour que ce cristal résonne, il faut le parcourir. En faire teinter les foyers ardents. Les lieux où souffle l’Autre-monde.  

Chacun de ces lieux répond à une partie de l’Énigme du Sphinx. Prodigue un enseignement. Je pourrais citer ici ce véritable temple ésotérique qu’est le château des Avenières, en Haute-Savoie. Les mosaïques de sa chapelle, œuvre aussi sublime qu’unique, laissent voir à notre regard extasié la voie que Plantard a suivie… D’autres lieux nous parlent de ce qui est à l’origine et à la fin de cette Quête. C’est le cas du temple du Hiéron du Val d’Or, à Paray le Monial, dont les fresques, réalisées dans les toutes premières années du XXe siècle, murmurent encore le Grand Secret de la France.

Ces lieux sont liés à Plantard et aux groupes occultes (dans le sens de cachés) qui, dans le secret, ont élaboré le mythe de Rennes-le-Château. Et chaque thème ou lieu abordé dans Voyage dans la France Magique est un jalon dans la Quête à laquelle invite le mythe castel-rennais.

Précisément, quel est le but de cette Quête ? Dans vos précédents ouvrages, vous avez souvent parlé de la présence de la tombe de Marie-Madeleine à proximité de Rennes-le-Château. Il n’en est pas question dans Voyage dans la France Magique     

Mes lecteurs sont, pour certains, assez déconcertés par le fait que je semble avoir oublié Marie-Madeleine. C’est loin d’être le cas… Marie-Madeleine est une des reines de ce royaume perdu où se déroule la Quête. Elle est d’ailleurs évoquée dans Voyage dans la France Magique lorsque je m’attarde sur l’intrigante vallée d’Ussat-les-Bains.

J’apporte d’ailleurs ici des éléments qui me semblent déterminants quant aux traditions et aux savoirs qui furent, à un moment donné, aux mains de certains groupes basés dans cette région. Là encore, c’est un jalon essentiel que je n’ai pas plus explicité dans mon propos. Mais les éléments auxquels je fais allusion dans ce passage sur Ussat-les-Bains permettent d’établir une filiation directe entre la manifestation publique de certains groupes dans la région, le catharisme, et la venue de Marie-Madeleine dans le sud de la France. Et plus particulièrement dans les contreforts pyrénéens…

Par ailleurs, je continue à m’intéresser de très près à Marie-Madeleine elle-même. C’est une figure essentielle, centrale… Un Arcane majeur du mystère. Simplement, il faut comprendre une chose : Marie-Madeleine est l’avatar d’une figure plus ancienne. Mes ouvrages relatent une quête. Or, le principe de la quête, c’est d’avancer. C’est un voyage. J’ai déjà écrit beaucoup sur Rennes-le-Château et sur Marie-Madeleine. Maintenant, il incombe de voir ce qu’il y a au-delà. Parce qu’il y a quelque chose au-delà. Le premier christianisme, dont on devine à présent assez bien les contours, est un jalon, un instant, sur un fil rouge qui a commencé à se dérouler bien avant. À travers Marie-Madeleine, on devine les traits d’une déesse bien plus ancienne. Dans son sang, coule quelque chose de plus ancestral…

Permettez-moi une comparaison : la quête a quelque chose du travail de l’archéologue. Il s’agit d’une plongée, strate après strate, vers l’origine…

Depuis Le Secret dévoilé, se devine en effet autre chose dans vos livres. Et ça devient très clair dans Voyage dans la France Magique… Cette autre chose, je dirais que c’est l’Atlantide. On sort ici du mystère chrétien qui paraissait avoir été jusque-là le cœur de votre démarche, du moins si l’on en juge par vos publications sur Marie-Madeleine, ou encore les hérésies gnostiques et cathares.

On en sort qu’en apparence. Là encore. Ce dont on sort, par contre, c’est d’une vision académique de l’Histoire. Parce que le christianisme primitif, du point de vue de l’histoire universitaire, c’est un sujet d’étude. Mais l’Atlantide, ça ne l’est plus. Les idéologies nihilistes ont pris le dessus sur les consciences. On peut étudier l’Atlantide en tant que mythe, plus en tant que réalité. Ce n’était pas le cas lorsque Paul Le Cour fonda le groupe Atlantis à la Sorbonne dans les années 1930.

Mais je reviens à votre remarque : s’intéresser à l’Atlantide, ce n’est pas s’éloigner du mystère chrétien, c’est au contraire remonter à sa source. Paul Le Cour parlait de cette nécessité de remonter à la source première. Dans Voyage dans la France Magique, je m’attarde longuement sur Paray-le-Monial et le Hiéron du Val d’Or. À l’aube du XXe un véritable mystère se manifeste au cœur de cette grande ville mariale. Créé par un père jésuite et un baron fortuné, le Hiéron du Val d’Or œuvre à retrouver le christianisme d’avant Jésus. La formule peut paraître singulière : elle reflète la pensée du Hiéron. Il a existé, il y a très longtemps, en Atlantide, une religion primordiale. La religion directement enseignée par Dieu. Une religion perdue, qui a néanmoins refait surface à travers certaines religions. Celle des Égyptiens, celle des Celtes, et bien sûr le christianisme… Pour ce groupe, la science spirituelle portée par Jésus contenait donc des bribes de la religion atlante. Quand on relit bien Serpent Rouge, le plus important « apocryphe » relatif à l’affaire de Rennes-le-Château, Pierre Plantard n’y dit pas autre chose. La reine endormie qui est au centre de ce récit hermétique c’est Marie-Madeleine, et, au-delà d’elle, la reine du royaume oublié de l’Atlantide. Plantard emprunte à Le Cour plusieurs images pour signifier cela.

Qui est cette reine ?

Il y a différentes façons de l’envisager. On peut la considérer comme un symbole : la reine de l’Atlantide, c’est la Tradition primordiale. Cette science spirituelle première que Paul Le Cour comparait à une belle princesse endormie. La reine du royaume oublié serait donc cette Connaissance. Cette connaissance de laquelle beaucoup d’autres découlent. Quand on s’intéresse de près au Hiéron du Val d’Or, il devient flagrant que l’Alchimie, par exemple, était envisagée par ce groupe comme un héritage atlantéen. Les dernières reliques d’une science perdue. Mais il y a aussi une autre façon, plus extraordinaire, et qui n’exclue pas la première, d’envisager cette reine. Elle ne serait pas une image, mais bien une réalité. Une femme de chair et de sang.

C’est ce que vous évoquez à travers le mystère pyrénéen qui clôt, en quelque sorte, votre Voyage dans la France Magique ?

Le mystère pyrénéen, oui, autrement dit : le mystère de Pyrène. Une déesse locale ancestrale qui aurait donné son nom à la chaîne de montagnes, et de laquelle on ignore tout. Elle n’a survécu qu’à travers des fragments de légende. Elle aurait, suite à son union (contrainte ou consentie selon les versions) avec Hercule, enfanté d’un Serpent. Puis, Hercule lui-même lui aurait érigé un tombeau. Un monument à son souvenir. Tombeau évidemment perdu. Mais qui a existé… On sait, par les auteurs antiques, qu’il existait à cette époque un grand temple dédié à Pyrène. Ce temple n’a jamais été retrouvé. Le culte de Pyrène a été effacé des livres d’Histoire, d’abord remplacé par celui de Vénus… Avant que celle-ci ne soit à son tour jetée dans l’oubli.

Toute cette vieille histoire pose une question : qui était cette déesse ? A-t-elle été inspirée par une femme, bien réelle ? Une femme « particulière » ? Qui tout en marchant parmi les hommes n’appartenait pas tout à fait à notre humanité ? Quand on s’intéresse à certaines traditions, une vieille histoire sort de l’oubli. C’est là le propre des légendes : véhiculer à travers les siècles le souvenir d’événements que l’Histoire officielle a oubliés… Les Pyrénées sont ainsi le cœur battant d’un profond Mystère.

Mais ne s’éloigne-t-on pas de Rennes-le-Château, même si les Pyrénées sont tout proches ? J’en reviens donc à ma question première !

J’ai parlé d’une architecture invisible structurant Voyage dans la France Magique. Il y a des liens que j’ai explicités dans mon livre. Il y en a d’autres que j’ai laissé invisibles. Au lecteur de les découvrir. En voici deux, cependant. Relatifs justement au lien entre le mythe créé par Plantard et le secret de Pyrène. Dans plusieurs textes, Plantard fait allusion à un événement bien réel advenu à Rennes-les-Bains alors qu’y officiait l’abbé Boudet : la découverte d’une antique statue de Vénus à l’occasion de travaux dans la cour d’un hôtel. Cela est bien arrivé : j’ai pu le vérifier dans des publications des sociétés savantes locales. L’abbé Boudet, effaré de cette femme nue sortie des âges païens, l’a fit aussitôt enterrer à nouveau ! En soit, l’événement n’a rien de mystérieux. Ce qui est intéressant c’est ce qu’en fait Plantard. 1. Il transforme Vénus en Isis. 2. Il affirme que Mérimée s’est inspiré de ce fait pour écrire sa Vénus d’Ille. Ce qui est absolument faux. Mais qui pose une question quand on sait que rien n’est anodin chez Plantard : pourquoi attire-t-il ainsi l’attention sur le court récit de Mérimée ? Est-ce parce que ce dernier a pour théâtre les flancs du Canigou, et que s’y devine sans cesse le spectre de Pyrène ? J’en suis certain…

Autre exemple : Plantard a amené dans le mythe de Rennes Les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin. Et a présenté ce tableau comme une des clés de l’Énigme qu’il a créée. Il y a eu, comme à propos de tous les éléments « cryptiques » de l’affaire de Rennes, de nombreuses interprétations de cette toile. Plusieurs relèvent bien entendu du délire interprétatif. Mais laissez-moi vous parler d’un élément tout à fait objectif : la posture du berger agenouillé devant le tombeau qui est le sujet du tableau. La posture de ce berger est calquée sur la constellation d’Hercule. Il suffit de se munir d’une carte stellaire pour le vérifier. Son doigt se pose d’ailleurs sur le R de la formule ET IN ARCADIA EGO gravée sur le tombeau. « R » comme « Hercule »… Et donc, nous avons Hercule agenouillé devant un tombeau… Et à côté de ce tombeau, une énigmatique femme, peut-être l’âme de la défunte, observe la scène. Plusieurs éléments du mythe élaboré par Plantard renvoient donc au mystère pyrénéen. Mystère au centre de La Vénus d’Ille et de sa mystérieuse évocation d’une statue vivante.        

Une « statue vivante »… Voyage dans la France Magique offre un curieux développement à ce sujet… Quelque chose qui nous fait basculer dans une dimension fantastique… Notamment par le biais de l’alchimie…

Absolument. Ce basculement dans le fantastique marque un seuil. Là, nous entrons véritablement dans le domaine des sciences maudites, des savoirs oubliés. De l’Histoire interdite. C’est le but de la Quête rapportée ici. Toucher à de vieux secrets qui jalonnent le sol de France. Réveiller ces anciens Mystères dont certains ont été conçus pour notre Temps…

Pourriez-vous être plus précis lorsque vous nous dites que ces « anciens Mystères » ont été  « conçus pour notre Temps »…?

Je pense ici aux mystérieux dépôts effectués par Apolonius de Thyane dans le sud de la France, et dont un rayonnerait à Perpignan… Apollonius de Thyane est un initié du Ier siècle. Une figure oubliée mais essentielle dès lors qu’on veut comprendre la force étrange qui émane de certains lieux. Il aurait acquis le savoir nécessaire pour charger des cristaux d’une énergie spirituelle. Ainsi « chargés » ces pierres rayonnent sur un large périmètre. Donnent aux terres qui les ont reçues en dépôt une capacité  particulière à toucher les âmes. Mélusine, ou le secret de la Solitude, qui est sans doute le plus bel ouvrage de Maurice Magre, évoque ce mystère. Au fil des siècles, et notamment dans les premières décennies du XXe, certains groupes, comme les mystérieux Polaires (que Magre a fréquentés), ont cherché à retrouver ces caches.

Ce dont je parle ici confine aussi aux mystères de la Rose-Croix. Au rite Rose-Croix d’inhumation du Maître avec l’ensemble de son Savoir. Une tombe de ce type, fermée depuis des siècles, se trouve quelque part en Gaule Narbonnaise. Cela est écrit noir sur blanc dans la Fama Fraternitatis.  

Ainsi, l’ombre de « ceux qui savent » accompagne-t-elle le Pèlerin. Au cours de son périple, celui-ci aura à méditer sur les mystères rosicruciens de Toulouse, à travers lesquels miroitent un Antique Mystère. Il croisera encore les Veilleurs, à travers lesquels se devine, à nouveau, l’idée qu’un petit groupe d’hommes a peut-être percé le Grand Secret.

En fait, à travers tout le territoire de France, on sent la présence, à travers les siècles, d’Initiés qui ont créé de véritables labyrinthes symboliques et exercé, en certains lieux, une action magique propre à transformer, ou si vous préférez réveiller, les âmes. Ce sont ces fameux « lieux où souffle l’esprit » évoqués par Barrès. Ces lieux-là ont une action véritablement magique.

D’où le titre « Voyage dans la France Magique » ?

Oui. C’est le sens, ici, du terme magique. Les lieux évoqués dans mon livre sont des lieux qui nous transforment de façon magique. Mais je voulais aussi mettre l’accent sur la terre de France. La France passe souvent pour être le pays de la rationalité. La philosophie des Lumières y est sans cesse glorifiée. Posée comme un dogme. Mais derrière cette image, se cache la France véritable. La France éternelle. Celle qui va à l’encontre des idéologies nihilistes véhiculées par une certaine conception de la « modernité ». Par ceux qui, aujourd’hui, et depuis des décennies, tiennent le pays. La terre de France est en effet traversée de Mystères. Il est plus que jamais nécessaire de les réveiller. De retrouver nos racines spirituelles. Qui sont chrétiennes et païennes. Ce double lignage est important. Comme il est important de comprendre la nécessité de réveiller aujourd’hui cette France-là. Les temps sont troubles. Le monde est aux mains du chaos. La lueur d’espoir qui existe là-dedans, c’est que, il y a des siècles, des initiés ont vu ces âges sombres arriver. Les dépôts sacrés réalisés au premier siècle par Apollonius de Tyane, que j’évoque dans les derniers chapitres de Voyage dans la France magique, ont été effectués en prévision de cet instant. C’est à l’écoute de cette magie ancestrale qu’il faut être à présent. Plus que jamais. Là est le véritable combat. Dans l’exhumation et la résurrection de ce chant des Origines.      

 

Christian DOUMERGUE, le lien qui mène à une commande sur Amazon <Voyage dans la France Magique, éditions de l’Opportun, Paris, 2016>.   







Quelques détails des stations du chemin de Croix de Tréhorenteuc (Morbihan). Pierre Plantard a affirmé que le chemin de croix de l’église de Rennes-le-Château était codé et qu’il comportait des anomalies renvoyant aux paysages alentours. Pourtant, il n’est rien de particulier à ce chemin de croix. Il existe pourtant bien un chemin de croix codé selon la méthode évoquée par Plantard : celui de Tréhorenteuc. Sans l’avoir jamais mentionné dans ses écrits, Pierre Plantard le connaissait. S’en est-il inspiré pour bâtir le mythe de Rennes-le-Château ? Ou bien a-t-il tracé à travers toute la France un véritable labyrinthe de glace, où chaque site réfléchit comme un miroir un autre lieu ? La réponse à cette question passe sans doute par le déchiffrage du chemin de Croix de Tréhorenteuc. Ici, de haut en bas et de gauche à droite : a. Détail de la station II. L’arrière-plan montre des maisons de Tréhorenteuc. L’œil familier des symboles s’attardera plus particulièrement sur l’équerre et le compas enchâssés dans l’Atelier. b. Détail de la station XII. Comme sur bien d’autres stations, le paysage de la Crucifixion évoque des rochers situés dans les environs du village. c. Détail de la station V. Simon aide Jésus à porter sa croix dans la forêt de Brocéliande. L’identification des bois traversés par le Christ aux environs du village est accentuée par la présence des bœufs et des brins de bruyères, plante très présente dans les landes bretonnes. d. Détail de la station III. Sainte Onenne et ses oies regardant le Christ passer renvoie une nouvelle fois aux environs de Tréhorenteuc. La scène se déroule au printemps. D’autres stations ont des couleurs automnales. Jeu esthétique ou jeu symbolique ?





Hiéron du Val d’Or, à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire). Détail de la scène figurant le Val d’Or à l’époque celtique. Un jalon important dans le circuit atlantéen qui traverse la France. La fresque étant en hauteur, l’œil ne remarque pas immédiatement les visages isiaques taillés dans la roche. Mais dès lors que le voile s’est levé sur ceux-ci, celui qui les contemple en silence et le regard extasié n’a plus qu’une obsession : retrouver le lieu ici dépeint. Il se demande si la fresque n’a pas été conçue comme une carte codée. Si elle n’indique pas, par une habile structuration, le point de départ du Chemin perdu… 




La chapelle dorée du Château des Avenières (Haute-Savoie). La Papesse. C’est la grande Initiée. Celle dont le visage se confond à Isis. Le livre ouvert signifie la révélation de l’intégralité de la Science cachée. Le déchirement total du voile qui occulte les Mystères du monde. Les deux clés que tient l’Initiée, l’une d’or l’autre d’argent, signifient que le myste ne peut achever sa Quête qu’en conjuguant la Raison (solaire) à l’Imagination intuitive (lunaire).





Le Massif du Canigou (Pyrénées-Orientales). Véritable montagne magique, vénérée depuis l’Aube des Temps, le Canigou est le sanctuaire du grand mystère « pyrénéen. »


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