REPORTAGE REGARDS DU PILAT
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Des roches glissantes


 Voilà curieusement un lieu chargé par une histoire maintes fois millénaire qui possède plusieurs noms. On entendra effectivement tantôt simplement parler des Roches de Triolet, tantôt des Grandes Roches ou encore, mais moins fréquemment des Roches Longues ou des Roches des Druides. Peu importe, au fond ce qui compte c'est que ces rochers continuent de ne pas passer inaperçus pour les amateurs de vieilles pierres et pourtant, il y a environ deux décennies, EDF devait installer un gros pilonne au beau milieu de ce site entouré de bruyères qui était avant tout incontestablement mégalithique. Nous pouvons du reste rendre ici hommage à Claude Bonnard, aujourd'hui disparu, qui a permis de faire déplacer cet horrible "mastodonte" de l'ère moderne, à quelques centaines de mètres de là. Les Roches de Triolet se situent sur les hauteurs de la commune de Chavanay, tout bonnement à proximité du hameau de Triolet. Un écrit de l'an 902, mentionne déjà ce lieu ; on y célébrait alors les "feux de la St-Jean", par conséquent au jour précis du solstice d'été. Henri Panier voyait d'ailleurs un probable lien entre le soleil et ces roches ; d'après lui ces dernières qui marquent de leur empreinte visuelle le paysage, se trouveraient sur une ligne imaginaire qui correspondrait aux mouvements progressif du soleil levant, justement au solstice ici en question. Ce chercheur local poursuit son analyse en voyant aligné sur ce même tracé fictif plusieurs autres sites mégalithiques significatifs des environs. Non sans jeu de mot nous ne pouvons mettre d'huile à ce feu ! Malgré qu'il semble bien qu'il y ait la présence caractérisée de bassins non naturels sur place, vous pouvez en observer un sur la photo numéro deux, nous n'oublions pas que ces roches, avant d'avoir été
apprivoisées par l'homme, demeurent évidemment naturelles et ne sont bien sur pas apparut ici grâce à une quelconque intervention humaine. Les théories souvent liées au soleil ou encore aux constellations, sont sûrement trop souvent facilement évoquées. Néanmoins il persiste ici une vraie énigme, dans cet environnement mystérieux, elle s'avère particulièrement pointue. Ces grands ensembles de roches qui sortent de terres, car il y a deux groupes, possèdent chacun d'eux ce que l'on pourrait qualifier comme étant des "glissières artificielles". On peut observer sur la photo numéro un, une bande rose-rougeatre qui descend du haut de la roche jusqu'en bas de sa largeur. Patrick Berlier a longuement observé les Roches de Triolet et il a sans doute raison de mettre en avant la présence de ces glissières. Comment, même par temps sec l'homme a t-il pu rendre hyper glissantes ces roches granitiques, devenues polies ? Il y aurait qu'une glissière on pourrait peut être alors penser qu'elle soit naturelle, mais là ce n'est pas le cas, chaque groupe de roches possède la sienne. L'homme est donc incontestablement l'artisan de ces parties de roches rendues glissantes on ne sait trop comment, mais à quelle époque ?  Il serait également intéressant de chercher à répondre à la question, pourquoi donc ce même homme aura t-il voulu rendre glissante ces roches. Il n'y a pas si longtemps encore une coutume ancestrale avait pour cadre ces glissières, que de futures mariées "testaient". Si la descente se déroulait sans encombre jusqu'en bas, les heureuses élues étaient parait-il quitte pour recevoir la bague au doigt dans l'année qui suivait. Indépendamment, notons un dernier détail géologique concernant ces grandes roches. Elles sont certainement une suite ou un début selon comment on se place, en un mot un prolongement d'autres roches forts ressemblantes qui se trouvent non loin de là, mais à plusieurs kilomètres à vol d'oiseau, précisément dans le bois de la Valette ; sur ce point nous rejoignons la théorie d'Henri Panier sur le rapprochement des deux sites, mais là par leurs constitutions de couches géologiques sûrement identiques et non par un choix délibéré de l'homme d'avoir comme sélectionné volontairement des sites alignés.

Thierry Rollat
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