REGARDS DU PILAT : LE DOSSIER
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Novembre 2005
La Grotte des Fées du Mont Ministre 
et la "Solitaire des Rochers"

Par Patrick BERLIER
   À la fin du XVIIe siècle, les milieux dévots de la cour de Louis XIV à Versailles s’émurent à la lecture de lettres reçues par un curé des Yvelines, le père Luc de Bray. Pendant plusieurs années celui-ci prétendit recevoir assez régulièrement des nouvelles d’une femme qui vivait en ermite mystique et signait ses lettres : « solitaire des rochers ». Cette demoiselle de bonne éducation, qui ne révéla jamais son patronyme, disait avoir fui sa famille pour se réfugier dans une retraite secrète et y vivre en ermite. Ce prêtre étant dans le même temps le confesseur de Madame de Maintenon, ses récits finirent par intriguer la cour. Qui était la solitaire ? Avait-elle seulement une existence réelle ? Et où donc se situait son ermitage : dans les Pyrénées, comme on l’a dit le plus souvent, ou dans le Pilat ? Les lettres de la « solitaire des rochers » finirent par être publiées, cinquante ans plus tard. Elles soulevèrent de vives polémiques : on reprocha à cette correspondance d’entremêler traité de mystique et roman d’aventures. L’ermite se présentait comme une jeune fille issue de la plus haute noblesse, née vers 1649. Précisément, une famille noble et célèbre, les Montmorency, reconnaissait avoir perdu une fille de quinze ou seize ans, Jeanne-Marguerite, vers 1664 à l’époque où débuta l’affaire. Pour éviter tout scandale, ils n’avaient pas ébruité sa disparition et cessé rapidement les recherches, concluant à un enlèvement perpétré par un séducteur. Plusieurs versions circulèrent au sujet des causes réelles de la disparition de la descendante des Montmorency, on dit en particulier qu’elle se serait enfuie pour ne pas épouser le prétendant imposé par sa famille. Mais les mauvaises langues affirment qu’en réalité elle fut surprise dans les bras d’un aide-cuisinier ; son amant exécuté, elle aurait été bannie par les siens. Dans un cas comme dans l’autre, on comprend qu’une telle famille ait préféré étouffer le scandale. Même si les lettres que le père de Bray montra à Madame de Maintenon avaient sans doute été recopiées et « arrangées » par lui-même, surtout pour leur contenu mystique, l’histoire devenait malgré tout plausible.
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Grotte des fées prise de l'intérieur

    L’abbé François-Xavier de Feller, auteur d’un monumental dictionnaire historique publié en 1818 à Lyon, racontait comment, dans sa fuite, Jeanne-Marguerite de Montmorency avait appris l’art de la sculpture sur bois chez un maître artisan d’Auxerre, où elle avait séjourné de longues années. Revenant ensuite à Paris, un jour elle sollicita l’aumône de la maîtresse d’une institution religieuse près de Versailles. Celle-ci, « frappée par l’air de vertu qui rayonnait sur son visage », lui proposa de l’emmener à la campagne. C’est là qu’elle fit la connaissance du père Luc de Bray, qui devait se charger de la conseiller et de la conduire vers la vie mystique qu’elle désirait tant. Recherchant une grotte isolée pour y mener sa vie d’ermite, c’est vers les Pyrénées qu’elle se serait tournée.
 Dans ses lettres, la « solitaire des rochers » ne donna jamais la localisation précise de son ermitage reculé. Elle décrivit par contre assez soigneusement son environnement d’accès difficile, composé de rochers superposés. Ce lieu n’était pas très éloigné de ses amis « de la grange ». Il y avait aussi un monastère à proximité, où elle trouvait une aide morale appréciable. Elle se nourrissait principalement de fruits : des cerises sauvages, des prunes noires, des nèfles, des pommes et des raisins. Elle les faisait sécher au soleil, sur des rochers « chauds comme l’entrée d’un four ».
   Un ouvrage publié en 1841, La solitaire inconnue, chez Jules Escoffier à Orange (auteur anonyme) prétendait que la « solitaire des rochers » aurait passé plusieurs années au Mont Pilat. Quelques décennies plus tard, Étienne Mulsant dans son Voyage au Mont Pilat crut devoir critiquer cette possibilité en affirmant bien audacieusement qu’il n’y avait sur les hauteurs du Pilat ni grotte, ni source, ni arbre fruitier ! En 1964, Jean Combe dans son Histoire du Mont Pilat faisait remarquer à juste titre que si plusieurs ermites avaient vécu dans l’isolement de la chapelle Sainte-Madeleine, subsistant grâce à ce que leur offrait la nature, il avait pu en être de même pour la solitaire. Restait à découvrir le lieu exact du refuge de Jeanne-Marguerite. On l’imagina pendant longtemps dans les environs du Crêt de la Perdrix, en raison de la proximité de la « Grange de Pilat », c’est à dire la Jasserie. Le lieu est effectivement propice à une vie érémitique, mais son climat rude ne concorde guère avec les descriptions de Jeanne-Marguerite. Il fallut attendre les dernières décennies du vingtième siècle pour relancer l’affaire, et l’orienter vers un refuge très possible, sur les pentes du Mont Ministre.

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Grotte des fées prise de l'extérieur

   En 1979, un groupe de personnes — qui devait peu après constituer l’embryon de l’association « Visages de notre Pilat » — avait invité les habitants de Chuyer à évoquer les vieux souvenirs de leur contrée. Plusieurs d’entre eux se rappelèrent alors que jadis on voyait une cavité dans les grands rochers dominant leur village. Ils précisèrent encore que leurs ancêtres prétendaient apercevoir dans cette antre une mystérieuse « dame », qui étendait son linge sur des buissons tous les lundis. Cette pratique rappelant celle des fées du Pilat, qui selon la légende correspondaient par ce moyen avec leurs consœurs du Dauphiné, les anciens avaient baptisé l’endroit « Grotte des Fées ». Quelques jours plus tard, la cavité était retrouvée, complètement obstruée par des broussailles.
   Aujourd’hui l’accès au site est balisé. Il faut partir du Col de Pavezin, par l’allée qui s’amorce sur le coté droit de l’auberge, et monter à gauche par le sentier en direction du Col de Grenouze. Un peu plus haut, à un carrefour de chemins, prendre la piste à droite. On grimpe sur la crête, et on arrive alors sur un replat. Il faut continuer jusqu’à ce que s’amorce une légère descente. Un panneau indique la direction de la grotte : il faut descendre à droite, suivre le sentier qui débouche d’abord sur une terrasse rocheuse, puis bifurque à gauche, et débouche au pied d’une petite falaise. La Grotte des Fées est là, grand trou noir à la base de la falaise.
   La grotte est parfaitement naturelle, elle est due selon l’avis des géologues à l’effondrement d’une partie des strates de micaschiste émergeant du sol à flanc de coteau. Elle a par contre été déblayée par l’homme, il y a sans doute fort longtemps. Cette grotte habitable — à condition de ne pas être trop regardant sur le confort — fut occupée à diverses époques, comme en témoignent d’abord ses parois noircies de fumée. Les traditions qui y sont attachées, ainsi que sa situation, mirent l’équipe sur la piste de la « solitaire des rochers ».
   Tout, en effet, coïncide avec les maigres indications de Jeanne-Marguerite, et tout laisse à penser qu’elle était bien la « dame » aperçue par les anciens de Chuyer. L’exposition plein sud du site, protégé du vent du nord par le Mont Ministre, et son altitude (700 m), le rendent agréable. On trouve en abondance dans les environs les fruits sauvages dont la solitaire se nourrissait, et même des nèfles puisque plusieurs néfliers poussent encore quelques centaines de mètres plus bas. Du raisin aussi : les vignes de Chuyer n’étaient pas si loin, elles produisaient il y a bien longtemps un vin réputé (Jules César lui-même en aurait bu, en passant sur la voie romaine qui longe le bas du coteau). Les grands bancs de pierre à coté de la grotte sont exposés au soleil toute la journée ; on y voit aussi des rochers superposés. Le hameau le plus proche se nomme la Grange, sur le flanc nord du Mont Ministre, et la chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez n’est pas loin. Autre coïncidence curieuse : Jeanne-Marguerite se disait amie avec une Madame de la Bâtie, et le bois où se situe la grotte est dit « de la Bâtie ». Enfin notre solitaire, que l’on disait experte dans l’art de sculpter les crucifix en bois, ne serait-elle pas à l’origine de ce rustique petit Christ en croix qui fut pendant longtemps fixé par un fil de fer sur la croix du Col de Pavezin ? Seule ombre au tableau : à priori, il n’y a aucune source à proximité immédiate de la grotte, mais seulement divers points d’eau en allant vers la Grange.
    En 1980 des recherches ont mis à jour dans la grotte plusieurs petits fragments de poterie noire, apparemment gallo-romaine. Ces fouilles sommaires devaient aussi valider la présence éventuelle en ces lieux de la « solitaire des rochers », puisque d’autres fragments étaient découverts à cette occasion : ceux d’une belle tasse en porcelaine de Sèvres !
 Après son séjour probable dans le Pilat, Jeanne-Marguerite se dirigea sans doute vers les Pyrénées. D’autres lettres font état de grottes « de la dimension d’une grande église », et d’ours aperçus non loin de son refuge. Il est bien évident que ces détails ne se rapportent pas à nos contrées ! Sa correspondance avec le père Luc de Bray s’arrêta à la mort de celui-ci, en 1699. Dans sa dernière lettre elle avouait son envie de se rendre à Rome, on suppose qu’elle mourut en route, ignorant tout des passions qu’elle avait déchaînées, sans se douter que son mythe ferait encore couler un peu d’encre, trois siècles plus tard, et surtout surfer quelques internautes !

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Pied de Samson

   La Grotte des Fées attire aussi l’attention des amateurs de mystères par l’énigmatique inscription visible à hauteur d’homme, sur la paroi verticale à droite de l’entrée. Il s’agit de trois lettres gravées de manière malhabile, la plus grande mesurant environ 5 cm de haut :

DAG
On pourrait penser à l’œuvre d’un berger, d’un chasseur, ou d’un randonneur. Ou bien peut-être est-ce la « solitaire des rochers » qui a gravé ces lettres ? Mais ce mot, si c’en est un, est curieux, car c’est apparemment un mélange de lettres latines et grecques. Le D appartient à notre alphabet (l’alphabet latin), le A peut être soit latin soit grec, et le G (Gamma majuscule) appartient à l’alphabet grec, c’est l’équivalent de notre G. Faut-il lire « DAG » ? On peut y voir un diminutif de Dagobert, ou de Dagôn. Dans la Bible (Livre des Juges, 16, 22 à 31), Samson fait s’écrouler le temple du dieu Dagôn. Or toujours sur le flanc sud du Mont Ministre, mais un peu plus bas, se trouvent les Pierres de Samson et leur bien connu Pied de Samson. Dag est aussi un mot hébreu, il signifie poisson. Mais dans le cas d’une lecture hébraïque de ces lettres DAG, il faudrait les prendre de droite à gauche, et lire Gad. Gad était le nom de la divinité cananéenne de la chance et de la bonne fortune. C’était aussi le nom du septième fils de Jacob, et le père de la septième tribu d’Israël (il est cité par la Genèse, 30, 11, et par le Deutéronome, 33, 20 – 21).
   Mais cette inscription est elle vraiment un mélange de latin et de grec ? M. Henri Panier a publié dans la revue Dan l’tan un article où il présentait ses réflexions à ce propos. Graphiste de profession, M. Panier consulta l’important recueil d’alphabets publié en 1768 par Fournier, fondeur de caractères. Selon cet ouvrage, une seule police utilisait à la fois le D, le A, et ce qui ressemble à un Gamma majuscule : il s’agit de l’écriture apparaissant sur ce que l’on nomme les « tables Eugubines », série de sept tables en bronze trouvées en Italie à Gubbio, ville d’Ombrie dans la province de Pérouse.
   Pérouse ? Il faut noter que le Mont Ministre portait sur la carte de Cassini l’appellation Côte des Pérouses, nom qui était encore en usage en 1946 comme en témoigne le Dictionnaire topographique du Forez. Curieuse coïncidence. Mais Pérouse est un toponyme très fréquent. Les tables Eugubines sont rédigées en langue ombrienne, appartenant aux langues italiques anciennes, parlées avant l’époque romaine. Selon le recueil de Fournier, les tables Eugubines « étoient l’ouvrage des Pélasges ». Qui étaient les Pélasges ? Tous les dictionnaires ou encyclopédies nous précisent que les écrivains grecs avaient donné ce nom aux premiers habitants de la Grèce antique. Il s’agissait probablement d’un peuple ancien, venu d’Asie mineure, dont les divers rameaux s’étaient installés un peu partout sur les rives de la Méditerranée. Certains historiens les voient apparentés aux Étrusques, les premiers habitants de l’Italie. L’une des tables Eugubines préciserait d’ailleurs qu’à leur arrivée en Italie les Pélasges eurent à souffrir de divers fléaux. C’est tout au moins la traduction que proposa un réfugié protestant, Louis Bourguet, dans l’une de ses publications éditées à Genève entre 1728 et 1734. Ceci explique pourquoi Fournier en 1768 attribuait les tables Eugubines, d’origine préromaine, aux Pélasges. Les Pélasges installèrent des comptoirs jusqu’en Égypte où on les nommait « Péluziens », un nom qui, il faut bien le dire, ressemble fort à Pélussin…
   On pourrait poursuivre l’enquête en notant les liens entre les Pélasges, les Égéens, les Argonautes, liens renforcés par les traditions ésotériques propres à certaines confréries opératives du Moyen-Âge ou de la Renaissance, telles que les Gouliards, les Gilpins, les Gaults ou encore les Fendeurs Charbonniers issus de la « maçonnerie du bois ». Liens qui nous conduiraient vers l’alchimie et sa voie humide symbolisée par le mythe de la Toison d’or, mais tout cela nous entraînerait trop loin du Pilat, et sur des chemins bien glissants qui plus est..
Alors restons-en là, et laissons encore une belle part au rêve…

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Inscription DAG

* Nous remercions Patrick pour ce superbe article visant un sujet généralement méconnu. A présent, nous allons retrouver notre invitée, enfin une dame ; il s'agit de Mme Odile Faivre.

Dynamique, tenace et rigoureuse, Mme Faivre a oeuvré pendant près de vingt ans à la société culturelle Visages de Notre Pilat. Spécialement préposé à la revue Dan l'Tan, ce journal sorti une fois l'an, n'aurait pas été ce qu'il est aujourd'hui sans le colossal travail accompli toutes ces années durant par Odile Faivre. Les sentiers du Pilat ont pour ainsi dire usé les chaussures de cette marcheuse inépuisable. Rien n'arrêtait Mme Faivre, pas même les intempéries, sur les chemins, parfois escarpés, de notre belle montagne avant son déménagement et éloignement définitif voici quelques mois. Retiré à présent dans le Nord de la France, ce n'est pas sans une certaine nostalgie que nous avons réalisé cet entretien, car la compagnie de cette dame était fort appréciable ; elle soutenait activement notre équipe. Que son souvenir nous accompagne longtemps ! 

RDP: Pouvez vous succinctement nous définir vos occupations favorites ?

OF : La première qui me vient à l'esprit s'avère incontestablement la marche. Je marche par plaisir chaque jour, par n'importe quel temps ; c'est à mes yeux très bon à la santé. J'ai longtemps fait partie du 'Club Vert' de Saint-Pierre de Boeuf(42) dont la devise est 'la santé par la plante des pieds'. Cette dernière résume assez bien ma philosophie. Très jeune je marchais déjà en haute montagne, sur les glaciers, c'est pourquoi aujourd'hui je fais pas mal de ski de fond, de balades en raquettes (les randonnées nordiques). J'ai même pour la petite histoire rencontré mon mari au C.A.F. Pour finir de répondre à votre question, j'ajouterai que j'apprécie également la cueillette des fleurs et des champignons, en particulier celle des morilles.

RDP: Vous qui avez quitté, sûrement définitivement, notre région, suite à votre déménagement, quels souvenirs marquants retiendrez vous de toutes vos recherches et excursions entreprises dans le Pilat ?

OF : Énormément de bons souvenirs, car je peux affirmer que j'ai parcouru le Pilat dans tous les sens et de multiples fois ; je connais ce bel environnement comme ma poche. J'ai particulièrement de bons souvenirs des sorties que j'entreprenais avec Claude Bonnard de Saint-Clair du Rhône (38) ; il m'a fait découvrir de nombreux sites mégalithiques. J'ai aussi souvenir de 14 juillet et de feux d'artifices observés du col de l'oeillon, où les nuits sont fraîches, même en plein mois de juillet. Sur ce dernier point, je peux affirmer que j'ai transmis ce virus à mes enfants, qui ont par la suite passé des nuits à la belle étoile, en plein Pilat, pour observer la vie des animaux la nuit.

RDP: Vous semblez intéressée, voir intriguée par la radiesthésie et l'utilisation du pendule. Qu'en est-il exactement ?

OF : J'ai là aussi de nombreux souvenirs en mémoire. Mon grand-père soignait les coliques des chevaux, avec des formules 'secrètes' ; le résultat était toujours garanti. J'étais vraiment impressionné. Mon père s'amusait quelque fois à trouver de l'eau avec des baguettes. Souvent le résultat était à la clef. Un jour sur un site, je tenais moi même les baguettes ; elles ne bougeaient pas. Claude Bonnard me posa la main sur l'épaule et comme par magie, ces mêmes baguettes se mirent en mouvement. Ce n'était bien sûr pas un hasard. Je crois donc sensiblement à la radiesthésie, mais je dis attention aux influences quant aux réponses attendues ; pour que la réponse soit fiable, le pendule doit répondre à un cerveau qui a fait le vide. Et puis là encore, attention aux vrais "faux utilisateurs".

RDP: Avez-vous une opinion sur un pré-passé à la Chartreuse de Sainte-Croix, précisément donc avant 1280 ?

OF :  Certaines personnes prétendent qu'il aurait auparavant existé un château fort à l'emplacement même du monastère. Je ne suis pas forcément contre cette 'supposition', mais néanmoins je trouve cette position stratégique un peu basse en terme d'implantation.

RDP: Vous avez durant de longues années participé activement à la conception de très nombreux Dan l'Tan(revue annuelle de l'association Visages de Notre Pilat) et également collaboré à la réalisation de livres régionalistes ayant pour toile de fond le Pilat. Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

OF : J'ai là aussi énormément de souvenirs, mais je mettrai sans hésiter à la première place le livre que j'ai moi même écrit sur les loups ; je précise que j'ai tout de même bénéficié de l'aide d'autres personnes. Moi qui ai peur des chiens, c'était à mon sens un paradoxe que d'écrire ce livre. J'ai pour cette occasion rencontré le journaliste Mr Menatory qui nous a fait visiter son parc de loups en Lozère. Je me suis donc retrouvée au milieu des loups et à ma grande surprise, je me suis sentie très à l'aise. C'est peut-être parce que le loup n'aboie pas, à la différence du chien. C'est un très bon souvenir. Mais j'ai aussi en mémoire un autre de mes livres, traitant des cloches du canton de Pélussin. Je suis montée dans tous les clochers de la région. Avec deux autres membres de Visages de notre Pilat, nous avons répertorié toutes les inscriptions gravées sur les cloches. C'était passionnant, mais il fallait être prudent pour deux raisons bien différentes. Tout d'abord, en raison du vide qui entoure les mouvements des cloches et nous empêchait de nous approcher trop près et en second lieu, en raison d'une quantité impressionnante de fientes de pigeons auxquelles nous devions faire face. J'en ri aujourd'hui.

RDP: Vous appréciez donc la marche et en l'occurrence vous avez déjà accompli de très nombreux kilomètres sur les traces des Pèlerins de Compostelle. Comment avez vous accueilli la sortie du livre de Patrick Berlier qui leur est consacré, à savoir 'Avec les pèlerins de Compostelle, en lyonnais, Pilat et Velay' ?

OF : Ce livre est particulièrement bien documenté et je pense qu'il faudrait l'emporter avec soi lors de promenades sur ces chemins si sympathiques. Personnellement, j'ai accompli les chemins de Saint Jacques jusqu'à Saint Jean de Pied de Port, tout proche de la frontière espagnole. Ce sont des moments privilégiés que l'on partage avec les autres marcheurs, et la communication se passe toujours bien.

RDP: Avez vous encore un autre souvenir du Pilat à nous mentionner ?

OF : Oui et il a pour cadre le menhir du Flat (1). C'est presque un phénomène que je vais vous mentionner là, à savoir que je ne me l'explique toujours pas aujourd'hui. Alors qu'il avait grêlé la veille sur toute la région, tous les grêlons avaient disparu au moment où je me suis rendue en visite au menhir du Flat, mais là, à ma grande surprise, le menhir était encore entouré de grêlons qui n'avaient pas fondu. Tout autour le chemin et les terrains de culture avaient retrouvé un visage normal, mais le menhir lui était toujours entouré par des grêlons intacts, sur une épaisseur d'environ 10 cm comme s'il les avait attirés en masse, assurant peut être ainsi la protection des cultures ?...

RDP: Mme Faivre, nous vous remercions, peut-être un de nos internautes pourra nous apporter un début de réponse à votre questionnement dans cet environnement mystérieux touchant au menhir du Flat.

(1) se rapprocher au besoin du reportage qui lui a été consacré par les Regards du Pilat ; vous le trouverez dans les 'archives reportages'.

En Mars prochain un dossier fouillé, qui sera réalisé par notre ami Eric Charpentier ; il s'intitulera :
"Girart de Roussillon et les Roussillon du Dauphiné ... légende ou réalité !"

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