La Grotte des Fées du Mont Ministre et la "Solitaire des Rochers" Par Patrick BERLIER À la fin du XVIIe siècle, les milieux dévots de la cour de Louis XIV à Versailles s’émurent à la lecture de lettres reçues par un curé des Yvelines, le père Luc de Bray. Pendant plusieurs années celui-ci prétendit recevoir assez régulièrement des nouvelles d’une femme qui vivait en ermite mystique et signait ses lettres : « solitaire des rochers ». Cette demoiselle de bonne éducation, qui ne révéla jamais son patronyme, disait avoir fui sa famille pour se réfugier dans une retraite secrète et y vivre en ermite. Ce prêtre étant dans le même temps le confesseur de Madame de Maintenon, ses récits finirent par intriguer la cour. Qui était la solitaire ? Avait-elle seulement une existence réelle ? Et où donc se situait son ermitage : dans les Pyrénées, comme on l’a dit le plus souvent, ou dans le Pilat ? Les lettres de la « solitaire des rochers » finirent par être publiées, cinquante ans plus tard. Elles soulevèrent de vives polémiques : on reprocha à cette correspondance d’entremêler traité de mystique et roman d’aventures. L’ermite se présentait comme une jeune fille issue de la plus haute noblesse, née vers 1649. Précisément, une famille noble et célèbre, les Montmorency, reconnaissait avoir perdu une fille de quinze ou seize ans, Jeanne-Marguerite, vers 1664 à l’époque où débuta l’affaire. Pour éviter tout scandale, ils n’avaient pas ébruité sa disparition et cessé rapidement les recherches, concluant à un enlèvement perpétré par un séducteur. Plusieurs versions circulèrent au sujet des causes réelles de la disparition de la descendante des Montmorency, on dit en particulier qu’elle se serait enfuie pour ne pas épouser le prétendant imposé par sa famille. Mais les mauvaises langues affirment qu’en réalité elle fut surprise dans les bras d’un aide-cuisinier ; son amant exécuté, elle aurait été bannie par les siens. Dans un cas comme dans l’autre, on comprend qu’une telle famille ait préféré étouffer le scandale. Même si les lettres que le père de Bray montra à Madame de Maintenon avaient sans doute été recopiées et « arrangées » par lui-même, surtout pour leur contenu mystique, l’histoire devenait malgré tout plausible.
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Dynamique, tenace et rigoureuse, Mme Faivre a oeuvré pendant près de vingt ans à la société culturelle Visages de Notre Pilat. Spécialement préposé à la revue Dan l'Tan, ce journal sorti une fois l'an, n'aurait pas été ce qu'il est aujourd'hui sans le colossal travail accompli toutes ces années durant par Odile Faivre. Les sentiers du Pilat ont pour ainsi dire usé les chaussures de cette marcheuse inépuisable. Rien n'arrêtait Mme Faivre, pas même les intempéries, sur les chemins, parfois escarpés, de notre belle montagne avant son déménagement et éloignement définitif voici quelques mois. Retiré à présent dans le Nord de la France, ce n'est pas sans une certaine nostalgie que nous avons réalisé cet entretien, car la compagnie de cette dame était fort appréciable ; elle soutenait activement notre équipe. Que son souvenir nous accompagne longtemps ! |
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RDP: Pouvez vous succinctement nous définir vos occupations favorites ?
OF : La première qui me vient à l'esprit s'avère incontestablement la marche. Je marche par plaisir chaque jour, par n'importe quel temps ; c'est à mes yeux très bon à la santé. J'ai longtemps fait partie du 'Club Vert' de Saint-Pierre de Boeuf(42) dont la devise est 'la santé par la plante des pieds'. Cette dernière résume assez bien ma philosophie. Très jeune je marchais déjà en haute montagne, sur les glaciers, c'est pourquoi aujourd'hui je fais pas mal de ski de fond, de balades en raquettes (les randonnées nordiques). J'ai même pour la petite histoire rencontré mon mari au C.A.F. Pour finir de répondre à votre question, j'ajouterai que j'apprécie également la cueillette des fleurs et des champignons, en particulier celle des morilles.
RDP: Vous qui avez quitté, sûrement définitivement, notre région, suite à votre déménagement, quels souvenirs marquants retiendrez vous de toutes vos recherches et excursions entreprises dans le Pilat ?
OF : Énormément de bons souvenirs, car je peux affirmer que j'ai parcouru le Pilat dans tous les sens et de multiples fois ; je connais ce bel environnement comme ma poche. J'ai particulièrement de bons souvenirs des sorties que j'entreprenais avec Claude Bonnard de Saint-Clair du Rhône (38) ; il m'a fait découvrir de nombreux sites mégalithiques. J'ai aussi souvenir de 14 juillet et de feux d'artifices observés du col de l'oeillon, où les nuits sont fraîches, même en plein mois de juillet. Sur ce dernier point, je peux affirmer que j'ai transmis ce virus à mes enfants, qui ont par la suite passé des nuits à la belle étoile, en plein Pilat, pour observer la vie des animaux la nuit.
RDP: Vous semblez intéressée, voir intriguée par la radiesthésie et l'utilisation du pendule. Qu'en est-il exactement ?
OF : J'ai là aussi de nombreux souvenirs en mémoire. Mon grand-père soignait les coliques des chevaux, avec des formules 'secrètes' ; le résultat était toujours garanti. J'étais vraiment impressionné. Mon père s'amusait quelque fois à trouver de l'eau avec des baguettes. Souvent le résultat était à la clef. Un jour sur un site, je tenais moi même les baguettes ; elles ne bougeaient pas. Claude Bonnard me posa la main sur l'épaule et comme par magie, ces mêmes baguettes se mirent en mouvement. Ce n'était bien sûr pas un hasard. Je crois donc sensiblement à la radiesthésie, mais je dis attention aux influences quant aux réponses attendues ; pour que la réponse soit fiable, le pendule doit répondre à un cerveau qui a fait le vide. Et puis là encore, attention aux vrais "faux utilisateurs".
RDP: Avez-vous une opinion sur un pré-passé à la Chartreuse de Sainte-Croix, précisément donc avant 1280 ?
OF : Certaines personnes prétendent qu'il aurait auparavant existé un château fort à l'emplacement même du monastère. Je ne suis pas forcément contre cette 'supposition', mais néanmoins je trouve cette position stratégique un peu basse en terme d'implantation.
RDP: Vous avez durant de longues années participé activement à la conception de très nombreux Dan l'Tan(revue annuelle de l'association Visages de Notre Pilat) et également collaboré à la réalisation de livres régionalistes ayant pour toile de fond le Pilat. Quels sont vos meilleurs souvenirs ?
OF : J'ai là aussi énormément de souvenirs, mais je mettrai sans hésiter à la première place le livre que j'ai moi même écrit sur les loups ; je précise que j'ai tout de même bénéficié de l'aide d'autres personnes. Moi qui ai peur des chiens, c'était à mon sens un paradoxe que d'écrire ce livre. J'ai pour cette occasion rencontré le journaliste Mr Menatory qui nous a fait visiter son parc de loups en Lozère. Je me suis donc retrouvée au milieu des loups et à ma grande surprise, je me suis sentie très à l'aise. C'est peut-être parce que le loup n'aboie pas, à la différence du chien. C'est un très bon souvenir. Mais j'ai aussi en mémoire un autre de mes livres, traitant des cloches du canton de Pélussin. Je suis montée dans tous les clochers de la région. Avec deux autres membres de Visages de notre Pilat, nous avons répertorié toutes les inscriptions gravées sur les cloches. C'était passionnant, mais il fallait être prudent pour deux raisons bien différentes. Tout d'abord, en raison du vide qui entoure les mouvements des cloches et nous empêchait de nous approcher trop près et en second lieu, en raison d'une quantité impressionnante de fientes de pigeons auxquelles nous devions faire face. J'en ri aujourd'hui.
RDP: Vous appréciez donc la marche et en l'occurrence vous avez déjà accompli de très nombreux kilomètres sur les traces des Pèlerins de Compostelle. Comment avez vous accueilli la sortie du livre de Patrick Berlier qui leur est consacré, à savoir 'Avec les pèlerins de Compostelle, en lyonnais, Pilat et Velay' ?
OF : Ce livre est particulièrement bien documenté et je pense qu'il faudrait l'emporter avec soi lors de promenades sur ces chemins si sympathiques. Personnellement, j'ai accompli les chemins de Saint Jacques jusqu'à Saint Jean de Pied de Port, tout proche de la frontière espagnole. Ce sont des moments privilégiés que l'on partage avec les autres marcheurs, et la communication se passe toujours bien.
RDP: Avez vous encore un autre souvenir du Pilat à nous mentionner ?
OF : Oui et il a pour cadre le menhir du Flat (1). C'est presque un phénomène que je vais vous mentionner là, à savoir que je ne me l'explique toujours pas aujourd'hui. Alors qu'il avait grêlé la veille sur toute la région, tous les grêlons avaient disparu au moment où je me suis rendue en visite au menhir du Flat, mais là, à ma grande surprise, le menhir était encore entouré de grêlons qui n'avaient pas fondu. Tout autour le chemin et les terrains de culture avaient retrouvé un visage normal, mais le menhir lui était toujours entouré par des grêlons intacts, sur une épaisseur d'environ 10 cm comme s'il les avait attirés en masse, assurant peut être ainsi la protection des cultures ?...
RDP: Mme Faivre, nous vous remercions, peut-être un de nos internautes pourra nous apporter un début de réponse à votre questionnement dans cet environnement mystérieux touchant au menhir du Flat.
En Mars prochain
un dossier fouillé, qui sera réalisé par notre ami
Eric Charpentier ; il s'intitulera :
"Girart de Roussillon
et les Roussillon du Dauphiné ... légende ou réalité
!"
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