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PHELIPE
ET MAVR OU
LA PROMESSE
D’UNE EAU D’OR SUR LA SPIRALE DE LUMIÈRE |
PREMIÈRE
PARTIE
|
Nous
débutons aujourd’hui la
publication d’une étude, passionnante et très
fouillée, de notre ami Michel
Barbot sur une étrange inscription visible dans un pittoresque
village breton,
à l’orée de la forêt de Brocéliande. Michel
a travaillé à partir d’un relevé de
cette pierre gravée, réalisé et publié par
M. Jean Dessus il y a une vingtaine
d’années. Ce premier volet se prolongera par un second, et
peut-être par un
troisième en raison d’un détail non
représenté par le relevé. Les Regards du Pilat |
Il y a de cela
plus de vingt ans, je me suis pris d’intérêt pour les
propos d’ordre
généalogiques répétés par deux
frères. Ces deux amis se souvenaient, enfants,
lors des réunions de famille, de discussions animées
entre leur père et le
frère de ce dernier. Ces débats tournaient autour d’une
parenté avec une noble
famille les Plessis-de-Grénédan. Ces derniers
possédaient une résidence à La
Bernerie, station balnéaire du Pays de Retz, sise non loin de
Pornic.
Curieusement cette discussion d’adultes, associant deux, voir quatre
personnes,
si l’on y adjoint les épouses, ne fut pas partagée au
cours des années, avec
mes deux amis et leur sœur. D’autres personnes, aujourd’hui disparues,
connaissaient
le fin mot de l’histoire mais avec le temps le fin mot disparut
à tout
jamais. Les deux
enfants, devenus
adultes, gardaient le souvenir de ces discussions, aussi connaissant
mon intérêt
pour les énigmes, ils me firent part de leurs souvenirs
hélas bien ténus. Quelque peu
intrigué,
je notais le nom de cette noble famille et me rendis sans en informer
mes amis
à la médiathèque de Nantes. Je consultais
principalement le Grand Armorial de
Bretagne et j’y découvris que les
Plessis-de-Grénédan, dits aussi
Plessis-Mauron-de-Grénédan, étaient d’origine
établis dans une commune nommée Illifaut.
L’armorial présentait cette famille bretonne comme la branche
cadette des
Plessis-Mauron dont le château se trouvait dans la commune de
Mauron. Cette
noble famille m’apparaissait à présent bien
réelle. Je la localisais dans le
temps mais, je dois l’avouer, beaucoup moins dans l’espace. Les
communes d’Illifaut
et de Mauron m’étaient à l’époque, totalement
inconnues. Tout juste
rentré à l’appartement, j’ouvris mon Répertoire
des communes, avant de déplier
ma carte de Bretagne où je découvris non sans une
certaine excitation qu’elles
se trouvaient toutes deux, au Nord de la mythique forêt de
Brocéliande. J’en
informais rapidement mes deux amis qui furent bien entendu tout
à la fois
étonnés et plutôt ravis. Vue aérienne du village d’Illifaut (carte
postale ancienne) Nous
décidâmes
de retourner à la médiathèque tout les trois… au
final nous nous retrouvâmes à
quatre, le père de mes amis vint avec nous. Par sa
présence, notre recherche dévia
quelque peu car il orienta celle-ci vers d’autres familles nobles du
Pays de
Retz, familles qui n’étaient assurément pas en lien avec
ce qui intéressait ses
deux fils. Quelque temps plus tard, accompagnés de la
mère de mes deux amis,
nous rencontrâmes à la Bernerie l’oncle paternel. Nous
avions, à cette époque,
pas mal avancé dans notre recherche, et nous pouvions argumenter
sur ces nobles
familles. L’oncle semblait bien au fait du sujet mais il se contenta
avec son
plus grand sourire, de nous évoquer certains aspects bien connus
du légendaire
de Brocéliande. Familles nobles
du Pays de Retz
pour le père, légendaire arthurien de la forêt de
Brocéliande pour l’oncle… non,
les deux frères n’avaient aucunement le désir que leurs
enfants ou neveux connaissent
le fin mot de l’histoire. L’épouse de
l’oncle, qui n’avait assurément nulle envie d’aborder le sujet,
se montra
plutôt distante. Peu avant de nous séparer, elle me
présenta – ce qui me gêna
quelque peu… je n’étais que l’ami de ses neveux – un document
notarié affirmant
que la maison où ils résidaient était un don fait
par les Plessis-de-Grénédan. Cette
maison, qui appartint antérieurement à cette noble
famille, affirmait qu’il y
eut par le passé une certaine proximité entre la famille
de mes amis et celle
des Plessis-de-Grénédan. La famille de mes amis avant de
s’installer dans le
Pays de Retz vivait à Rennes et dans le Pays Rennais. Cette
proximité pourrait
dater de cette époque sur laquelle je ne m’étendrais
aucunement car il ne
m’appartient pas d’évoquer des faits que l’on souhaita cacher
à une certaine
époque. Le portail de l’église de Mauron (carte
postale ancienne) Peu de temps
avant de rencontrer l’oncle, j’avais préparé une
excursion en Brocéliande et
nous pûmes ainsi découvrir les lieux marqués du
sceau des Chevaliers de la
Table Ronde. Nous découvrîmes tout d’abord l’église
Saint-Pierre de Mauron avec
ses deux exceptionnels vantaux datés de 1505. Les
mystères graaliens de la
pierre tombée du front de Lucifer font de Mauron la Porte Nord
de Brocéliande
ainsi que l’indiquait Jean Markale. Dans la commune d’Illifaut nous
nous
enfonçâmes dans ce bois peu aisé d’accès
où se dressent encore les ruines du vieux
château des Plessis-de-Grénédan. Pan de mur de l’ancien château du XVIème
siècle http://cc-mauron-broceliande.com/wiki/index.php5?title=Du_Plessis_de_Gr%C3%A9n%C3%A9dan Une femme
âgée
résidant à proximité du petit bois, nous apprit
qu’au fond du puits depuis
longtemps disparu sous des tonnes de terre et de
végétation, se trouvait suivant
la tradition, quilles et boule d’or. Ce type de trésor,
réel ou spirituel, apparait
très souvent de nature alchimique. Lors de ce
premier voyage en Brocéliande, nous fûmes reçus par
le comte de Saisy de
Kerampuil dans son château d’Illifaut. L’homme muni de sa canne
est vif. Il
parle beaucoup ce qui n’est pas pour déplaire. Il connait bien
les
Plessis-de-Grénédan auxquels il est apparenté par
son aïeul Paul de Saisy qui
épousa en 1870 à Rennes, Marie-Élisabeth du
Plessis-de-Grénédan. Nous restons
un moment autour de la grande table de bois discutant avec lui et
surtout
l’écoutant parler. L’un de ses sujets de prédilection –
tout au moins durant
notre visite – est l’étymologie des noms de lieu. Il me demande
ce que je pense
du nom même de la commune d’Illifaut. Je lui réponds que
j’y reconnais le
toponyme Fau(t) autre nom du hêtre. J’avance pour Illi le nom
breton de
l’église : « Iliz »… c’est tout
à fait ce qu’il attendait !
L’idée d’une Église des Hêtres ou Église des
Fous (variante de Faus) peut
effectivement séduire. J’y
retrouvais, bien que je n’en parlais pas à notre hôte, le
souvenir de ces
moines Kuldées venus de Grande-Bretagne. Successeurs des
Druides, ils privilégiaient
à l’origine l’Église du bois. Je me souviens que
le comte insista sur
des toponymes évoquant précisément le bois. Les
marais salants et le sel récolté
par les sauniers l’intéressaient tout autant. Avant de le
rencontrer nous avions visité l’église Saint-Samson
d’Illifaut. L’une des
femmes faisant le ménage, nous incita à rendre visite au
comte qui se ferait un
plaisir de nous recevoir. Nous avons suivi son conseil après
avoir admiré les
magnifiques vitraux de l’église. Les verrières avaient
été récemment rénovées mais
le conte de Saisy ne semblait pas en avoir été
informé ou pour le moins, ne
semblait pas avoir été sollicité sur le
sujet. Il souhaita découvrir le
résultat, aussi sommes-nous retournés dans
l’église. Le conte étonnement
dynamique malgré son âge, évoluait dans
l’édifice religieux comme chez lui. Il
commenta certaines particularités des vitraux et insista tout
particulièrement
sur le vitrail représentant le comte Paul de Saisy et la
comtesse
Marie-Élisabeth du Plessis-de-Grénédan. Parmi les
vitraux les plus
énigmatiques, outre la verrière représentant
l’apôtre Pierre arborant les deux
clefs marquant telles les aiguilles d’une horloge : 11h30…, nous
avions
admiré avec l’intérêt qu’il convenait cet autre
vitrail représentant une
colombe apportant dans son bec une sainte ampoule… La Sainte Ampoule d’Illifaut Photo de Christian
Lelièvre Nous eûmes
quelques
deux ans plus tard, le plaisir de revoir le conte dans son
château. Toujours
aussi alerte et toujours aussi désireux de discuter
étymologie forestière… Inscription
de Mauron L’aventure
Plessis-de-Grénédan se doubla très vite d’une
aventure Plessis-Mauron. Dans
cette aventure nous découvrîmes une énigme qui je
dois l’avouer m’intrigua au
plus haut point (voir même À plus haut sens…)
et m’intrigue
toujours. Il s’agit d’une inscription gravée sur une pierre
scellée au-dessus
d’un motif servant de clef de voute à la porte d’une maison du
bourg de Mauron.
C’est ainsi qu’elle nous fut présentée, bien que nous ne
l’avions pas encore découverte.
Le dessin de l’inscription présenté par Monsieur Jean
Dessus dans son livre « MAURON
et ses 6 communes REGARDS SUR SON PASSÉ à travers les
cartes postales de 1870 à
nos jours » (Imprimerie de Brocéliande à
Saint-Léry 1991) nous confirma l’importance
de cette inscription. La gravure
originale comportait déjà quelques anomalies (N et Q
inversés), or le relevé de
Jean Dessus diffère curieusement de l’inscription d’origine, en
rajoutant
d’autres anomalies. Fils de Jean Dessus, célèbre
maquisard de Saint-Marcel en
1944, l’auteur est né le 1er mai 1940 au
Pont-Ruelland en Mauron. Il
vécut avec sa mère et son frère Bernard dans une
maison de Mauron. Son livre consacré
à l’histoire de Mauron reste le fruit de nombreuses
années de recherche et de
collecte. Professeur de dessin industriel, décédé
le 8 mars 2014, il travailla
et habita à Dinan, ainsi qu’il est indiqué dans l’article
du journal
Ouest-France du 11 mars 2014. Il conservait une maison à Mauron. Une question
se pose : Pour quelle raison, Jean Dessus, qui des années
durant rechercha
et collecta le passé méconnu du Mauron qu’il aimait tant…
oui pour quelle
raison, a-t-il modifié l’inscription ? Car il ne peut
s’agir d’erreurs de
la part d’un personnage dont le métier était
précisément d’enseigner le dessin
industriel, discipline rigoureuse s’il en est. Son relevé
reste assurément, une référence indiscutable. Jean
Dessus tout au long de ces
années, recherche et collecte des éléments
historiques méconnus pour beaucoup
de Mauronnais. Il n’est pas hasardeux de penser qu’au cours de ces
rencontres,
il eut l’occasion d’évoquer cette énigmatique
inscription. Quelle fut la nature
des entretiens qu’il put avoir avec quelque(s) érudit(s) locaux
au sujet de
l’inscription ? L’auteur n’en dit rien dans son livre mais il
apparaît
vraisemblable de penser que son relevé résume ces
discutions de nature
discrète. Le relevé de Jean Dessus comporte une telle
richesse d’enseignements
symboliques qu’il apparaît comme un relevé de
référence ayant indiscutablement
sa place dans le Dossier Histoire de Mauron. Et c’est relevé que
nous
utiliserons pour ce dossier. Plusieurs
pierres de réemploi provenant de l’ancien château des
Plessis-Mauron (la
branche aînée) apparaissent sur les façades de
maisons proches de l’église
paroissiale. L’ancien château des Plessis-Mauron (Carte
postale ancienne) La pierre
scellée provient-elle de l’ancien château ? La
réponse est négative mais
il est certain qu’elle y renvoie… L’inscription apparaît sur une
maison située
au N° 3 de la place de l’Église (appellation actuelle).
Cette maison aurait été
construite par Phelipe Bonamy et Marie Quernée en 1630. L’ancienne
maison Bonamy au début du
XXe siècle (carte postale ancienne). L’inscription
est en façade,
au-dessus de la porte. Le dessin de l’inscription
réalisé par Monsieur Jean
Dessus montre que le nom de ces deux personnages a été
quelque peu modifié. En fait, si le nom
Quernée était déjà
écrit 9VERNE, l’auteur a en plus transformé le nom Bonamy. Inscription
réelle : BOИИAMI Relevé J.
Dessus : BCKИAM Alors,
PHELIPE BCKИAM ET
MAVRYE 9 VERNE nous apparaissent soudain comme un couple de nature
alchimique
ou hermétique. La famille Bonamy ou Bonami fut, du XVIème
au XIXème
siècle, l’une des plus importantes et des plus influentes de
Mauron. Madame Magalie
Laurent dans l’article « L'origine du nom ‘’ Mauron
‘’ » (en ligne
sur Internet) nous apprend : « Plusieurs de ses
membres occupent,
de père en fils, les postes les plus hauts de la paroisse
(Sénéchal, Procureur
fiscal, etc. » L’ancienne
maison Bonamy aujourd’hui Quelle
était l’origine de
cette famille bretonne ? Qui était ce PHELIPE BONAMY qui se
dédoubla en un
PHELIPE BCKИAM plus intemporel ? L’histoire du Duché de
Bretagne connaît
une importante famille Bonamy d’origine italienne exilée par les
Gibelins. Une
branche de cette famille s’installa à Nantes et occupa une place
importante
auprès des Ducs de Bretagne. Les Bonamy de Mauron sont-ils
membres de cette
famille patricienne ayant participé aux guerres florentines
durant les XIVème
et XVème siècles ? La signification
première de PHELIPE – nous
en retrouverons une seconde – est grecque et signifie « Ami
du cheval ».
Cette notion d’Ami se double dans le nom même de ce
personnage : le Bon
Amy. Des familles juives de France ont pareillement adopté ce
nom pour des
raisons ayant trait à la nature divine. L’inscription
de Mauron (relevé
de Jean Dessus) L’inscription
de Mauron, dans sa version du relevé de
Jean Dessus,
porte le sceau de la Rose+Croix et du Compagnonnage bien secret des
Fendeurs-Charbonniers. Il émane de cette inscription toute une
symbolique
d’inspiration celtique et kabbalistique hébraïque. En
première ligne il
faudrait lire IHS, suivi sans doute d’un monogramme de la Vierge (A M
entrelacés), le relevé transforme ces signes en LM suivi
d’un étrange SAR. La
dernière ligne de
l’inscription présente quelques particularités permettant
de situer l’inscription.
Nous trouvons les mots MFFET-FERE qu’il convient de lire : M’A FET
FERE, écriture
correcte à l’époque. Le A – verbe avoir – est
curieusement remplacé par un F :
MFFET-FERE.
Il convient de noter le retrait bien à gauche de la lettre
initiale M,
retrait semblable à celui de la lettre P, initiale de la seconde
ligne (tout au
moins dans la version J. Dessus, en réalité le P est plus
décalé à droite). Ces
deux lettres, dans un premier temps rappellent les initiales des Plessis-Mauron.
Plus secrètement, elles évoquent le double sceau de la
Rose+Croix et de la
Fenderie Forestière ou Charbonnière.
Reconstitution
de l’inscription réelle Le coin supérieur droit
de la pierre semble
avoir disparu. Un motif semblable à la
rouelle visible
dans le coin supérieur gauche devait probablement y être
visible (Infographie
de Patrick Berlier) Chez les
Rose+Croix MP
évoque le Maître Peintre de la FF
(MFFET-FERE)
ou Fama Fraternitatis.
Dans le livre rosicrucien « Fama Fraternitatis »
édité en 1614, sont
référenciés les MP formant cercle autour de
Christian Rose+croix. Nous trouvons
MPC, MPA (Peintre et Architecte) et MPI (peintre et
cabaliste).
La signature de ces Maîtres apparait dans le Tombeau du fondateur
de la
R. + C. À
l’intérieur de ce
« Tombeau » et de d’autres
« Tombeaux », éclairés par des
lampes perpétuelles, se trouve un trésor royal.
Le trésor se
compose notamment de livres mythiques… « Certains
livres, parmi
lesquels se trouve M. (livres qui furent faits au lieu de
livres
d’économie domestique par M.P., homme digne de
louanges.) » Le Livre
M de la R. + C.
est le Liber Mundi ou Livre du Monde. Ce livre est-il
évoqué dans
l’inscription de Mauron ? La réponse semble positive. Le LM
initial nous
le confirmerait. Les
initiales PM
sont aussi celles du Père-Maître ou
P.·.M.·., le Grand-Maître des
F.·.C.·.C.·. (les Fendeurs-Charbonniers), ou F.·.F.·.
(les Fendeurs)
pour qui le Bois de VERNE présent dans l’inscription, n’avait
pas de secret, ni
même le SAR, variante de SART : lieu inculte, couvert de
broussailles,
lieu à défricher. La vieille langue française
associait le SAR aux EVES :
les eaux, thèmes important dans l’inscription. L’ombre des Chartreux Le mot
SAR ou SART est une
clef permettant de décrypter quelque mystère
codifié par les Chartreux. Dans
l’ancienne Chartreuse de Neuville-sous-Montreuil, bâtie au pied
de la colline
sacrée de Montreuil, était gravé en lettres
gothiques, l’énigmatique carré
SARTATRAS. Philippe Valcq, romancier et historien de Montreuil, s’est
attardé
sur certains aspects cachés de ce carré. La lecture de
son roman ésotérique
« La troublante et très étrange aventure de
Maître Pasquier Alard –
Chroniques d’une ville magique Montreuil-sur-Mer »
apparaît comme un
ravissement. L’auteur développe autour de ce carré, toute
une étude très
prenante nous plongeant dans les mystères montreuillois de
l’Ordre du Temple. Dans le
journal « La
Voix du Nord », édition de Montreuil du 29 août
2010, est évoquée l’étude
de 200 pages inédite à ce jour de Jean Leroy, correspond
du journal et
historien de Montreuil. Dans cet article titré
« SARTATRAS, une énigme
autour des chiffres et des lettres », nous apprenons que ce
carré dans
lequel l’historien Montreuillois Roger Rodière reconnaissait un
« faux
air d’abracadabra, ou une forme cabalistique », n’est
autre qu’un « cryptogramme
possédant un sens mystique chrétien de grande
profondeur ». Œuvre du
moine Chartreux Nicolae Allou (1735-40), ce carré doit
être suivant Jean Leroy,
interprété en latin, la langue de l’Église, le
tout dissimulé dans la valeur
des lettres de notre alphabet : A=1, B=2… L’historien note : « SART,
le début du mot SARTATRAS, évoque un champ de friche,
comme une énigme
précisément à défricher ! »
Pour poursuivre en ce sens, j’ajouterai
que ATRAS cache peut-être l’ancien mot ATRE, au pluriel,
désignant suivant le
dictionnaire Godefroy, un « portique, porche, parvis de
l’église et
terrain près d’une église jouissant de droit d’asile… par
extens., cimetière,
autrefois annexé à l’église. ». Le
même mot dans le Forez désigne un
auvent, balcon, galerie d’un chalet. La variante ASTRE peut
s’avérer
enseignante. Pour conclure sur ce point, ainsi que j’ai pu le
mentionner dans
quelques articles, SARTATRAS comporte également une lecture
hébraïque… Le carré SARTATRAS Hypothèse
très
intéressante, Philippe Valcq dans le livre
précité, évoque dans le labyrinthe
souterrain de la Chartreuse, la crypte aux trésors, où
seraient cachés des
livres mystérieux. Nous retrouvons ici l’idée du Tombeau,
véritable
bibliothèque, où dorment outre des livres de la
Rose+Croix, des livres
que Rabelais dans le Tiers Livre Pentagruel, nomme
« livres dignes
de haulte fustaye », ouvrages reconnus
assurément par les Fendeurs.
Pour Rabelais ces livres possèdent certaines
propriétés occultes. Le plus
important de ces livres de haulte fustaye, suivant le
contemporain et
ami de Nostradamus, n’est autre que ladite chronique Gargantuine dont il ressort pour le lecteur :
emolument
et utilité. Rabelais affirme que, de cette chronique il
en a
esté plus vendu par les imprimeurs en deux moys, qu’il ne sera
acheté de Bibles
en neuf ans. Ne faut-il pas prendre ici à
contre-pieds, ce que
nous dit Rabelais et penser qu’au contraire, la Bible apparait et reste
LE
livre de haulte fustaye le plus important de la fustaye ?
Les
deux mots « neuf ans » sous la plume de Rabelais s’appliquent au
Livre des Livres : la
Bible. Sachant que l’inscription de Mauron contient en elle une liste
des
livres de haulte fustaye, il devient
intéressant
d’évoquer 9
sous cet angle… Ponson du Terrail : une clef
pour un mystère Ponson
du Terrail fut l’auteur de nombreux
romans parmi lesquels émerge le
cycle de Rocambole, aventurier et justicier. De 1860 à 1862,
l’auteur populaire
publie « Les Chevaliers du Clair de Lune » qui
comprend « Le
Manuscrit du Domino et La Dernière Incarnation de
Rocambole » (58
épisodes, La Patrie) ainsi que le « Testament du
Grain de Sel et Le
Château de Belle-Ombre » (74 épisodes, La
Patrie). Ponson du
Terrail Une
mystérieuse femme, « Domino »,
de sa véritable identité Danielle de Main-Hardye, a
été privée de son héritage suite à
l’assassinat de ses parents par un
diabolique personnage nommé Ambroise de Mortefontaine. Quatre
hommes, Gontran de
Neubourg, Lord Blackstone de Galwy, Arthur de Chenevières et
Albert de Verne
décident d’unir leurs forces pour secourir
« Domino ».
G. de Neubourg
présente à ses trois amis, une fort belle idée :
« Voyons !
‘’ Nous sommes quatre, quatre amis, quatre hommes d’honneur, dont le
seul crime
est de s’ennuyer profondément ; je vous propose de fonder
à nous quatre
l’association des nouveaux chevaliers de la Table Ronde. Nous serons,
en plein
dix-neuvième siècle, de mystérieux redresseurs de
torts, de pieux chevaliers de
l’infortune, d’implacables ennemis de l’injustice… »
Ce nouvel
ordre de la Table Ronde fut celui des « Chevaliers du Clair
de Lune. »
Deux autres personnages apparaissent dans le récit : le
capitaine Charles
de Kerdrel, surnommé Grain-de-Sel, un semi-invalide de guerre et
la courtisane
Saphir. Nous
apprenons au cours du récit qu’à la tête des
Chevaliers du Clair de Lune, se
trouve le justicier Rocambole. Sur le
site internet http://theudericus.pagesperso-orange.fr/Donnery/Donnery.htm
nous trouvons une pertinente étude consacrée
à la cité de Donnery. Ce
haut-lieu situé dans l’ancienne forêt Carnute, fut
une cité royale sur laquelle planait l’ombre de Dionysos puis de
saint Denis, forme
christianisée de Bacchus/Dionysos. Une variante ancienne du nom
de la cité de
Donnery, affirmerait et confirmerait la présence de Danois ou
Dannes dans ce
haut-lieu. Nous retrouvons le Dan final de Grénédan,
attestant pareillement semble-t-il,
une présence danoise à proximité du cœur de la
forêt de Brocéliande. Nous
pouvons également signaler la présence de Bck (Bek),
variante du nom Bacchus
dans l’inscription de Mauron, bien que ce BCK comporte
assurément d’autres
entrées. L’auteur
de l’étude
affirme la présence des Fendeurs/Charbonniers à Donnery.
L’un d’eux ne serait
autre que Ponson du Terrail qui épousa en juin 1860 Louise
Lucille, fille de Monsieur
Jarry, maire de Donnery. Les Jarry-Morand étaient une
respectable famille
Orléanaise et Donnerysienne d’origine Lyonnaise. Couverture de l’un des nombreux
romans de la série
Rocambole L'œuvre
populaire de
Ponson du Terrail dissimule de manière ésotérique
des secrets forestiers.
Ainsi, suivant l’auteur de cette étude consacrée à
Donnery : « L'attribut de ‘’
Pleine Lune ‘’ qui
caractérise cette société chevaleresque, rappelle
bien évidemment la période
nocturne pendant laquelle se déroulait les Rites Forestiers de
la Charbonnerie.
Les hôtes des bois et leurs rites donnaient naissance à de
nombreuses légendes mais
aussi de nombreux préjugés… » L’auteur
analyse avec pertinence,
les patronymes des chevaliers : « Le nom de Neubourg,
étymologiquement, indique la ‘’ Nouvelle Cité ‘’
spirituelle que voulait
créer les Bons Cousins l’Ordre des Fendeurs. Neubourg
symbolise le monde
nouveau en construction, la Cité Sainte des Roses+Croix. « Le patronyme
Blackstone de Galwy peut se
traduire littéralement la ‘’ Pierre Noire des Gaëls ‘’,
rappelant que Donnery
est un des deux centres sacrés, un des deux omphalos
Gaulois de la Forêt
des Carnutes. « Blackstone, rappelle
la Pierre Noire
rejetée par Chronos-Saturne qui est de fait la ‘’ Prima
Materia ‘’ Alchimique
mais également le symbole du ‘’ Charbon de Bois ‘’,
matière alchimique de
la Charbonnerie. « La Pierre Noire
rejetée par Chronos est un Omphalos,
mais aussi un bétyle c’est-à-dire un Beith-El
i.e. une ‘’ demeure
divine ‘’ ou ‘’ Maison de Dieu ‘’. Considérée comme une
pierre de Foudre, cette
pierre noire, est donc semblable au ‘’ charbon de bois ‘’, pierre noire
issue
des feux de la Forge. « Cette Pierre
située au cœur de la Cité
Sainte, est le Centre du Monde. « Si Neubourg
représente la finalité
spirituelle de la Charbonnerie, le vocable de Blackstone
rappelle en
deuxième lieu également la matière Chaotique du
commencement qui doit être
travaillée spirituellement... « Les deux autres
patronymes des ‘’
Chevaliers de la Pleine Lune ‘’ rappellent les racines des rituels
forestiers de la Charbonnerie à savoir deux
végétaux. « Chenevières
rappelle le Chanvre symbole de
l’initiation, de l’illumination, de la communion avec la
Divinité, mais
également par cabale phonétique le ‘’ Chêne
Vert ‘’ représentant du
renouveau et ‘’ Charbon de Bois ‘’ en puissance. « Le chêne qui
dans l’Ars Magna,
symbolise l’Athanor ou four alchimique, représente de
manière analogue la Forge
dans la Maçonnerie Forestière. « Enfin le patronyme Verne
(ou Vergne
ou Aulne), arbre sacré des Celtes, provient du Gaëlique gwern
(en breton
gwern) terme qui signifie également ‘’ marais ‘’, car cet arbre
pousse dans des
lieux humides. Cet arbre symbolise les lieux secrets forestiers ou se
réunissent les Ventes de la Charbonnerie, mais aussi
l’univers
entier : Traditionnellement, de l’aulne sont extraites trois
teintes : le rouge de son écorce, la verte de ses
inflorescences, la brune
de ses rameaux. Les mythologies Celtes et Scandinaves y voient les
symboles du
feu, de l’eau et de la terre. « (…) En
résumé les patronymes des quatre
chevaliers exposent la finalité, l’origine, les moyens
(spirituels et
opératifs) et l’univers de la philosophie hermétique de
la Charbonnerie. « De plus ces
Chevaliers Initiés (Cabale) ne
sont-ils pas référence aux Adeptes de l’Art Alchimique
appelés ‘’ Baphus-Mete
‘’, traduit par Gérard de Sède par l’expression les ‘’
Teinturiers de la
Lune’’. » Du Neubourg ou Bourg-Neuf à
Lan 9 Cette lecture
charbonnière des Chevaliers de la Lune de Ponson du Terrail,
éclaire
étrangement l’inscription de Mauron où nous retrouvons
outre le mot VERNE, le Neubourg identique à la Neuville
des
Chartreux… L’auteur de
l’étude consacrée à Donnery présente le
Neubourg comme la « Nouvelle
Cité » que voulaient créer les Bons Cousins de
l’Ordre des Fendeurs. Il
ajoute : « Neubourg symbolise le monde nouveau en
construction, la
Cité Sainte Des Roses+Croix. » Neubourg, c’est le
Bourg-Neuf que l’on
peut telle l’oie, ouïr Bourg-9. Dans l’inscription
de Mauron nous
trouvons le mot LAN surmonté du nombre 9. Ce nombre va
s’associer au VERNE,
ainsi que nous le verrons mais il s’associe assurément, dans l’esprit
rosicrucien, au mot LAN. Si ce mot doit se lire en première
lecture :
L’AN ou l’année, il évoque en seconde lecture, le
toponyme vieux-breton LAN qui
désigne une « terre sacrée » puis
un « monastère » de type
celte. Derrière le LAN 9 de l’inscription de Mauron semble se
cacher ou se
révéler le TRÉ-NONANT ou TRÉ-9 du Pays de
Guérande. Fernand
Guériff, historien
du Pays de Guérande, publia en 1988 la monographie
« Saint Clair et la ‘’
Ville de Saillé ‘’ » (Association
Préhistorique et Historique de la Région
Nazairienne). Dans le chapitre
« Légendes… », l’ancien collaborateur
d’Atlantis et de la Société de Mythologie
Française, évoque le souvenir
nébuleux d’une Ville de Trénonant dressée sur le
coteau de Guérande. Un
ensemble de « villas », proches les unes des
autres, était encore
ainsi nommé au XVIIème siècle, bien que
l’emplacement fût déjà
désert. Trénonant :
la
« Ville des Neuf », n’est pas sans évoquer
par son nom la Ville des
Huit, l’Hermopolis de l’Égypte ancienne. Et c’est bien
Toth/Hermès qui initie suivant
F. Guériff le chemin tracé par les piliers templiers de
la Collégiale
Saint-Aubin de Guérande. Le
nombre huit, ainsi que
le démontre le chercheur Didier Coilhac, apparait comme le
nombre clef du règne
de François Ier. Le roi fit venir Léonard de
Vinci en 1516 à
Romorantin (Donnery n’est pas très loin…) pour
l’édification d’une nouvelle
capitale ! Nous sommes au Centre de la France dans les marais de
la
Sologne, l’idée peut surprendre et pourtant Léonard dans
les « Codex
Arundel et Atlanticus », dresse les plans de la cité
avec son Palais et
son pavillon de chasse octogonal. Les maquettes aujourd’hui
réalisées, alliées
aux techniques de 3D, révèlent l’importance de la
cité. Ces travaux devaient se
conjuguer avec le grand projet Loire/Rhône, soit le ralliement de
la
Méditerranée à l’Atlantique. De gigantesques
travaux prennent forme mais ils
vont brusquement s’arrêter, suite à la mort de
Léonard de Vinci en 1519 au Clos
Lucé. Le Maître italien n’étant plus là, ses
élèves n’eurent pas la compétence
nécessaire pour réaliser son œuvre. Cette Cité
idéale,
la ‘’ Nouvelle Cité ‘’ aurait été
assurément placée sous le sceau du
double F (8e lettre de l’alphabet) de François Ier,
signe
orienté tout à la fois vers la gauche et vers la droite.
Nous retrouvons, bien
que de graphie différente, ce double F de la Rose+Croix et de la
Fenderie,
présent dans l’inscription de Mauron. N’oublions pas que
François Ier
fut initié dans la Fenderie. Le
projet de la Cité
idéale rêvée par le roi
François Ier et par Léonard de Vinci ne put
voir le jour. En ce qui
concerne la Ville des Neuf nous ne savons quel monarque Breton
conçut l’idée de
cette Cité aux Neuf Tours évoquée par Fernand
Guériff. Cette ville mythique,
idéalisée, aura, ou aurait été, à la
Bretagne, ce que la Ville Huit de Romorantin
aurait été à la France. Au cours
de l’année 1499, la
peste décime la cité de Blois où résident
Louis XII et Anne de Bretagne. Les
deux monarques sont accueillis à Romorantin par Louise de
Savoie, veuve de
Charles d’Angoulême. Durant ce séjour, le 13 octobre, la
reine de France et
duchesse de Bretagne met au monde une fille nommée Claude de
France qui
épousera en 1515 François Ier… Claude de
France Le
Duché de Bretagne sera
définitivement réuni au Royaume de France. Romorantin
restera l’une des
résidences, si ce n’est la résidence
préférée, du roi et de la reine.
La
cité de Trénonant, par
ses 9 Tours symboliques, conjugue toute une symbolique royale
liée aux 9 Preux :
Josué, David, Judas Macchabée, Alexandre, Hector,
César, Arthur,
Charlemagne, et Godefroy de Bouillon. La réunion
tripartite des Neuf Preux apparaît pour la première fois
sous la plume de
Jacques de Longuyon en 1312, dans « Les Vœux du
Paon », œuvre rédigée
pour Thiébaud de Bar évêque de Liège.
Symbole de la naissance, le nombre 9 est
aussi celui des sphères célestes et des cœurs
angéliques. Roger Facon et
Jean-Marie Parent dans le livre « Château forts
magiques de France » (éditions
Robert Laffont), notent au sujet de la symbolique de ce nombre
attribué aux
Preux : « Il symbolise aussi l’amour, d’où
son importance dans les
œuvres de Dante, dernier maître secret de l’ordre du
Temple. » Anne Salamon
de l’université Paris IV - Sorbonne, dans son étude
« Les Neuf
Preux : entre édification et glorification »
(Questes, N° 13),
apporte de précieux éléments sur ce thème.
À l’occasion de la mort de Philippe
le Bon en 1467, Jean Molinet rédige un prosimètre
« Le Trosne
d’Honneur » dans lequel il raconte le dernier voyage du roi
défunt : « Pour
parvenir au trône, Philippe doit passer par neuf cieux où
sont inscrites les
neuf lettres qui composent son nom, Philippus. Il est accueilli par une
dame,
allégorie d’une vertu qu’il a manifestée pendant sa vie
et dont l’initiale
correspond à chacune de ces lettres, et celui des Neuf Preux
dont les actes ont
le mieux illustré cette vertu. » Phelipe Bonamy
et peut-être Marie Quernée, bâtisseurs de la maison
et commanditaires de l’énigmatique
inscription de Mauron, furent assurément maîtres dans
l’enseignement philippin. L’histoire mythique du Royaume Breton
plonge ses
racines dans l’épopée des 7 Saints Fondateurs de la
Bretagne. De vielles
légendes bretonnes ajoutent deux autres saints, portant ainsi le
nombre de 7 à
9. Aux sept évêchés bretons de la Bretagne
historique viennent se greffer les
deux évêchés francs : Rennes et Nantes. Ces 9
saints pérennisent les 9
druides primordiaux. Autour de ces 9 druides se dessine toute une
géographie
sacrée de la Bretagne. La
neuvième vague ou
neuvième flot, apparait dans la tradition celtique comme le lieu
de tous les
possibles, limite des eaux territoriales ayant une valeur spirituelle
et
magique. Cette ville sacrée, ville du miracle, n’est pas sans
évoquer l’au-delà
des trois-neuf terres, ou des trois-neuf mers, voir des trois-neuf
montagnes, séjour des êtres d’exception
évoqué dans les légendes slaves. La symbolique de cette mythique
cité bretonne se
retrouve dans le thème bardique de la Ville du Neuvième
Flot chantée par le barde
Gallois Taliésin dans son poème « La Ville
Sacrée » : « Une ville
sacrée est sur le neuvième
flot… » Les
Fendeurs-Charbonniers
Bretons sont les héritiers des Bardes Celtes dont le prince
fut Taliésin,
auteur du célèbre Combat des Arbres. Dans
la « La Ville
Sacrée », Taliésin, Front brillant,
clame ces quelques vers : « Une
ville sacrée est sur le rivage du golfe « où tous
les habitants sont cousins et possèdent leurs demeures. « (…) « Celui
qui n’est pas initié n’est pas admis aux fêtes du Nouvel
An. « (…) « et
puisse la postérité d’Owein venir en ce pays. « Les
Grands Bardes
Gallois » (éditions
Jean Picollec) – Traduction et notes de Jean Markale. Cette
ville de
« Cousins » pouvait assurément parler aux
Bons Cousins Fendeurs-Charbonniers
dont le roi François Ier fut parmi ses Cousins,
un haut
dignitaire. Quant à Owein et à sa postérité
digne de venir en ce pays, elle
nous ramène aux PM ou Plessis-Mauron qui arboraient sur leur
blason un Lion de
Gueules. Ce Lion de Gueules fut de tradition, celui que le chevalier de
la
Table Ronde Owein ou Yvain arborait sur son blason lorsqu’i vint
affronter le Chevalier Noir en forêt de Brocéliande
à la fontaine de Barenton. Suivant
une tradition,
c’est dans cette cité du Neuvième Flot que fut
cachée l’épée Excalibur. Or, il
semble bien que cette mystérieuse épée soit
évoquée dans l’inscription de
Mauron. Le M
fermant la deuxième ligne
de cette inscription rappelle
par sa forme le Mem hébraïque, marqué d’un point en
son pied. Ce point, sur lequel
nous reviendrons, rappelle par sa position, le point-voyelle vocalisant
le son
« i » dans l’écriture
hébraïque. Ce M ou Mem donne à penser que le M
de la première ligne doit être lu comme un Mem dont la
signification hébraïque est :
les Eaux. De ce M, de ces Eaux, surgit la croix… ou
l’épée. Dans la tradition
celtique, Excalibur, l’épée Dragon des Pen-Dragons
émerge des eaux. Le
serpent-dragon n’est-il pas présent sur cette même ligne,
mettant en relief le
mot SAR aux significations enseignantes ? Cet autre livre (LM)
évoqué ici pourrait-être
le mystérieux Livre d’Excalibur dont les liens avec la
Royauté et à ses Secrets
ont été évoqués. L’énigmatique
nombre 9,
qui est en fait la lettre Q de QVERNE, mais inversée,
émerge dans l’inscription
au-dessus du mot LAN (formant ainsi l’expression Au Gui l’An Neuf ou
9…) entre
MAVRYE et VERNE. Il révèle tout à la fois une date
et un lieu. Très présent
dans la toponymie bretonne, le mot LAN se retrouve près de
Guérande dans
LANCLIS. La seconde partie de ce nom serait suivant Fernand
Guériff une
« déformation du breton Clez qui signifie
‘’fossé’’, ‘’retranchement’’ ».
Cette fermeture (autre sens de Clez) joue avec les mots bretons
Cleus,
« creux » (se déclinant en Cleuser
« creuset »,
« lampe à huile » et Cleuzenn,
« caverneux » ou
« arbre creux »), et Cleze,
« épée », clef d’importance dans
cette énigme. Ancien site
gallo-romain, Lan-Clis est une pointe sur laquelle le prince breton
Pascweten
éleva au IXème siècle un château.
Au XIXème siècle
Aristide Monnier ou P.-A. Monnier, de Nantes, publie le livre
« Le
Pays de Guérande » (Angers 1897). Il y évoque
notamment les ruines
d’habitations de Lan-Clis qui laissaient deviner d’épaisses
murailles ainsi que
la porte d’une chapelle ; vestiges suivant l’auteur d’un poste
important
que les Templiers auraient établis à l’emplacement du
château. Lan-Clis, « pointe
de terre d’une qualité stratégique certaine »
ainsi que l’écrivit
Fernand Guériff, gardait l’accès du Coteau de
Guérande. F. Guériff
dans ses écrits cite très souvent, avec réserve
d’usage, son devancier Aristide
Monnier. Des recherches à la médiathèque de Nantes
me permirent de découvrir
que cet auteur de la fin du XIXème siècle qui
usait, dans la
signature de ses ouvrages, d’initiales propres aux Rose+Croix, fut
aussi le
véritable auteur du livre hermétique « Clef
des œuvres de Saint Jean et de
Michel de Notredame » (31 août - jour de la saint
Aristide ! -1871)
réédité par les éditions ARMA ARTIS. Il
signa ce livre sous le pseudonyme M. A.
de NANTES, soit le Maître Anonyme de NANTES ou bien
encore le Maître
Artiste – au sens rosicrucien du terme. Il fut également
l’auteur d’un
second livre se référant à Nostradamus. Dans la
« Clef… », Monnier écrit : « Les
Nantais ne peuvent
manquer de recevoir bientôt celui en qui doivent revivre le
caractère et les
vertus d’Henri IV et de saint Louis. » Nous retrouvons
ici le mythe du
Grand Monarque. Il convient à
présent de rappeler que, suivant la Philippide de Guillaume le
Breton, et les
consuls de Toulouse, le roi Philippe Auguste, dit Dieudonné,
fut avant
même sa naissance, annoncé comme le Verbe né de
la chair de Louis VII. Il
préfigure dans la vision symbolique médiévale, le
thème de ce Grand Monarque
aux qualités messianiques. Les spécialistes ont longtemps
pensé que la
Philippide de Guillaume le Breton avait notamment inspiré le
Livre des faits
d’Arthur mais les recherches de Gwenaël Le Duc ont
démontré que ce dernier
ouvrage était antérieur au premier... L’hypothèse
inverse devient donc
pareillement plausible. Aussi n’est-il guère surprenant de
retrouver de façon
voilée dans l’inscription de Mauron, quelques
références aux Mystères Philippiens
et à l’univers du roi Arthur que nous retrouverons plus avant. Mystères
Philippiens de
l’inscription de Mauron PHELIPE
BCKИAM :
Ce nom et ce prénom occupant toute la seconde ligne sont, de
nature assurément philipienne. Le
prénom PHELIPE évoque
l’apôtre Philippe. Une tradition veut que le disciple de
Jésus ait évangélisé
la Gaule. Sa mission gauloise, reconnue par certains Pères de
l’Église, trouvait
son prolongement dans celle de Joseph d’Arimathie qui de tradition
serait venu
en forêt de Brocéliande et finit ses jours en
Grande-Bretagne. Saint Clair,
premier évêque de Nantes aurait été
missionné par le pape saint Lin auprès de
Philippe. L’apôtre de Nantes assisté de son diacre
Déodat ou Dieudonné, Don
de Dieu, rencontre en Bretagne Drennalus, disciple de Joseph
d’Arimathie. À
Saillé, cité médiévale voisine de
Trénonant, Clair fonde de tradition un
monastère. Il reste le grand évangélisateur de la
Presqu’île de Guérande. La
présence de l’apôtre
Philippe en Gaule est attestée par Julien de Tolède et
par Isidore de Séville.
Ce dernier dans « le Livre de la Vie, de la naissance et de
la mort des
saints » écrivit : Philippus
Gallis prœdicat
Christum. De vieux historiens reconnurent dans Gallis la Gaule,
mais
beaucoup plus nombreux furent ceux qui rapportèrent cette
prédication aux
Galates. Pour Isidore, Philippe
prêche JÉSUS-CHRIST aux Gaulois ; les nations
barbares voisines, qui
habitaient dans les ténèbres, sur les bords de
l’océan furieux. Il les
conduit à la lumière de la science et au port de la foi.
Sa mission
gauloise achevée, Philippe s’en retourna en
Grèce, puis chez les Scythes
au nord de la Mer Noire. Il fut crucifié à
Hiérapolis en Phrygie vers l'an 60. Le nom
de l’apôtre est
d’origine grecque et signifie « ami du cheval »
mais Jacques de
Voragine dans la Légende Dorée met en avant la
signification : « Bouche
de Lampe » dans laquelle il convient de retrouver la
traduction de
l’hébreu Phé Lapid. Le mot Phé ou Pé, la
« bouche » donne son nom à une
lettre et cette lettre, cette bouche est Lapid :
« flamme »,
« flambeau », « torche ».
La « Bouche de lampe » qui
met en relief la « parole dorée »
expression médiévale
évoquant l’éloquence, se rapporte assurément,
à la lumière de l’inscription de
Mauron, à Dion Bouche d’Or, thème
hermétique apparaissant dans le Manuscrit
de DION BOUCHE D’OR dont l’auteur est le célèbre
Chartreux Dom Polycarpe de
la Rivière que nous retrouverons dans le deuxième volet
de ce dossier. Une
symbolique toute buccale
ou oraculaire de nature fuégienne, semble
pénétrer cet
énigmatique PHELIPE BCKИAM. Si l’on décompose de
façon cabalistique
(cabalos : le cheval) le nom PHELIPE, nous découvrons outre
le mot PHÉ ou
PÉ : la bouche en hébreu,
l’ancien-français « lipe » ou
« lippe » : la lèvre. Vient
ensuite le nom BCKИAM qu’il
convient pareillement de lire en chevauchant la cabale. Nous
trouvons
tout d’abord dans les trois lettres BCK, le mot BEK ou BEC issu du
gaulois
bocca, la « bouche ». Il convient de rappeler que
BEK apparaît aussi
comme une variante de BACCHUS, soit Dionysos ou Dion… Bouche
d’Or ! Voici
qu’apparait ensuite l’hébreu NAM ou plus justement NAAM :
« parler –
annoncer - prophétiser » - NAOUM :
« parole - oracle »…
l’Oracle de Dion ou… l’Oracle Bade-Bec ! À suivre |