![]() |
PHELIPE
ET MAVR OU LA
PROMESSE D’UNE
EAU D’OR SUR LA SPIRALE DE LUMIÈRE TROISIÈME
PARTIE SERPENT,
ROUELLE
ET MONDES ENGLOUTIS, OU
LES SECRETS DE
L’ÉTRANGE INSCRIPTION DE MAURON |
JANVIER 2016 |
![]() Par Michel
Barbot
Sociétés
Secrètes
|
Au cours des deux premières parties de ce dossier important, nous avons abordé l’étrange inscription visible en façade de la maison Bonamy à Mauron, en Bretagne, non loin de la forêt de Brocéliande. Notre ami Michel Barbot revient sur ce sujet, loin d’être épuisé, et aborde de nouvelles pistes qui vont renforcer la corrélation avec le Pilat. |
![]() Inscription
de Mauron À
gauche le relevé de Jean Dessus – à droite reconstitution
de l’inscription réelle (infographie de Patrick Berlier) Le coin supérieur droit de la
pierre semble
avoir disparu. Un motif semblable à la rouelle visible dans le
coin supérieur
gauche devait probablement y figurer Le
relevé de Jean Dessus, ainsi
que le démontre la reconstitution réelle effectuée
par Patrick Berlier, ne
retient pas la rouelle solaire et remplace le traditionnel sigle
christique IHS,
ainsi que le monogramme de la Vierge (AM entrelacés), par un LM
surmonté d’une
croix ou épée suivi d’un très étrange SAR. En
observant avec attention la
reconstitution réelle, on se rend compte que l’idée d’un
M semble déjà suggérée
dans le H graphiquement proche d’un M, avec la forme
particulière de sa barre
horizontale. Première
ligne de l’inscription À
gauche relevé de Jean Dessus – à droite reconstitution de
l’inscription réelle L’Égypte
M-SR ou la Route du Serpent sur le Roc Le
monogramme
de la Vierge développe quant à lui une forme des plus
insolites amorçant déjà l’idée
d’un R et du serpent/dragon suggérée par le point
peut-être double à l’origine.
Ce serpent, partie supérieure du M marial, dessine la traverse
du A, tout en
orientant sa reptation vers le S, ce qui permet de valider le
relevé de Jean
Dessus. Ce relevé se veut, bien que ceci ne soit pas
indiqué par son auteur,
comme un commentaire graphique de l’inscription originelle. Jean Dessus
par
l’inscription qu’il présente, valide un mot SAR annonçant
le retour d’un prince
ainsi que nous avons pu le voir précédemment. Jean
Dessus s’appuyant sur la
proximité graphique, quasi identique, voire identique, du I
majuscule et du l
minuscule, va transformer le I majuscule de l’IHS en
« L » majuscule.
De même il fera du H un M, et il décalera le S pour le
rapprocher de l’AM et en
faire un SAR. C’est ainsi qu’apparaissent, cachées dans cette
seconde lecture de
la première ligne, de nouvelles révélations : LM
SAR… La reconstitution
de Jean Dessus va au plus urgent : l’inscription dans
l’inscription… ou
peut-être la reconstitution, la révélation d’une
hypothétique mais possible
inscription invisible. Nous
pourrions
formuler l’existence dès l’origine de deux inscriptions !?
L’une visible
en façade, au-dessus de la porte de la maison Bonamy et l’autre invisible
connue seulement de rares personnes, les Invisibles, membres de
la
Rose+Croix et de la Fenderie évoqués
précédemment dans ce dossier. Le A
marial de
l’inscription n’est pas sans évoquer une montagne marquée
par un serpent. Nous
retrouvons peut-être ici l’idée d’une route, d’un col
serpentant dans la
montagne. Des notions qui ne sont pas sans évoquer une certaine
tradition
biblique et hébraïque. Le Livre des Proverbes,
chapitre 30, verset 19, évoque
« la route du serpent sur le roc », soit
en hébreu « Derekh
Nahash aleï Tsour ». Le mot derekh,
« chemin, route »,
est dans ce verset très souvent traduit par
« trace ». Le nahash,
« serpent », rampant sur le roc ne
révèle aucune trace de son passage
d’où la quasi impossibilité de découvrir Sa Route
et moins encore Son Nid. Quant
au mot Tsour, sa signification est « Roc, Rocher,
Falaise ». Mais
sur ce rocher, de tradition, est gravée la marque du serpent.
Cette
route, suivant le Sepher ha-Zohar ou Livre de la Splendeur,
passe par l’Égypte
et nous la retrouverions dans le Livre des Nombres 20-8,
lorsque Dieu
demande à Moïse de parler au rocher pour qu’il
déverse son eau. Mais
Moïse ne parle pas au rocher. Il prend son bâton, frappe
deux fois le rocher et
l’eau jaillit. « La pierre en question était
l’image du serpent ;
et c’est pour exprimer son horreur du serpent que Moïse frappa la
pierre, au
lieu de suivre le commandement de Dieu. » Zohar II 283a.
Le
bâton de
Moïse, ainsi que le rapporte le Zohar était d’origine un
serpent. Nous
retrouvons ici la symbolique d’Excalibur l’épée Dragon
des rois PenDragon. Sur
ce bâton étaient gravés d’un côté les
noms sacrés de Dieu et de l’autre un
serpent. Bâton unique mais composé semble-t-il de deux bâtons
unis l’un
dans l’autre. L’une des deux parties était « en
bois de cèdre, il avait
été créé durant les six jours de la
création du monde. » et la seconde
partie, le « Bâton de Dieu » était
de saphir – Zohar II 283b. Ce
fut lorsqu’il
frappa le Rocher (Tsour) autre nom de Dieu, que Moïse eut la
révélation de
Derekh Nahash, la Trace du Serpent. Pour Roger Sabbah qui s’appuie sur
le
Zohar, la Trace du Serpent ou Route du Serpent trouve son fondement
dans
l’Égypte pharaonique. L’auteur dans son livre « Le
Pharaon Juif – Le
Secret égyptien de la Kabbale » (Éditions JC
Lattès) ose un rapprochement
phonétique intéressant : « On peut
comparer Tzour aux racines
Tzar, Sar, Czar, César, Ouze, OSR, Osiris. Toutes
signifient "roi
", " prince ". » Le
mot Tsour
ou Tzour, transcriptions utilisées par Jean de Pauly dans sa
traduction française
du Zohar, s’initialise en hébreu par la lettre Tsadé
retranscrite en français
par un Ts ou Tz. Retrouver le mot SAR et les mots qu’il a
générés (on pourrait
ajouter le SIRE ou SIEUR français et le SIR anglais) dans une
lecture comparée
du mot Tsour devient au vu de l’inscription de Mauron, des plus
intéressants. La
Route du
Serpent et donc la Trace du Serpent passe assurément par
l’Égypte dont le nom
hébreu est Mitsraïm, soit les Deux Mitsarah. Ce nom
évoque par son pluriel,
ainsi qu’indiqué dans le Dictionnaire
hébreu/français Sander et Trenel
(Éditions Slatkine Reprints) : « la forme duel
de la haute et de
la basse Égypte ». Virya
dans son
livre « Le Grand Œuvre de Jonas »
(Éditions G. Lahy) présente pour
Mitsraïm l’étymologie suivante : « Littéralement,
Mitsraïm
(Egypte), signifie " bornes, limitations ", le peuple hébreu
était
donc en état de limitation en Egypte. » La
racine de
Mitsraïm est Tsar ou Tser : étroit… le même mot
prononcé Tsor signifie
Pierre ; il s’agit du mot Tsour écrit en défective,
soit sans le Vav
central qui donne dans ce cas le son « ou ». Bien
que le
mot princier SAR, évoqué par l’inscription de Mauron, ne
soit pas la syllabe
TSAR ou SAR des limitations et de l’Égypte, le M qui le
précède permet
de formuler par la phonétique, la racine hébraïque
M-SaR qui génère MitSRaïm le
nom hébraïque de l’Égypte. Dans l’inscription, M-SaR
est précédé d’un L. Dans
la langue hébraïque, ce L initial lorsqu’il
précède un mot peut marquer le but,
l’usage, ou bien encore la transformation (jusqu’à),
le passage d’un état à un autre
(de l’huile pour
l’éclairage – Exode 25-6). Autre
sens de
ce L assurément très intéressant, lorsqu’il
apparaît dans Isaïe 32-1, associé à
la justice, la droiture, avec le sens de : selon, pour :
« Voilà qu'un roi
régnera alors pour
la
justice et que
des princes gouverneront pour
le droit. » (Traduction
du Grand Rabbinat). Ce
verset prophétique,
évoquant la Royauté Messianique, a ceci de
particulier : dans le texte hébraïque,
les mots Mélekh (roi) et SARim (princes) apparaissent
deux fois, d’abord
en tant que noms communs et ensuite en tant que verbes. Le L ou Lamed,
prononcé
dans ce cas « Lé », apparait par trois
fois. Une fois avant les mots
hébreux, traduits en français par Justice et Droit, et
une autre fois avant le
mot SARIM : Vou-LéSarim (et quant
aux princes/et que
des princes). Ce dernier Lé (le
deuxième dans le verset), rarement traduit car alourdissant le
texte français,
désigne dans ce cas, suivant le Dictionnaire
Hébreu-Français de Sander et
Trenel, la conjonction « quant ». Nouvelle
lecture plus kabbalistique
de ce Lé princier, il pourrait s’agir du nombre 30 écrit
avec un Lamed. Nous
serions ici dans l’ésotérisme des 30 Kinouïm,
membres du Tribunal (Din) céleste
(le Droit et la Justice), liés au Nombril du monde : Sarekh
(SAR – initial
Samekh – = nombril en hébreu), thème sur lequel je me
suis arrêté dans de
précédents articles. Le
Sander et
Trenel donne aussi à Lé le sens de
« après », « après
que ».
Nous retrouvons ce sens dans cette traduction des Nombres 1-1 :
« après
qu’ils furent
sortis de la Terre de Mitsraïm ». L M
SAR peut
ainsi se traduire : « De (depuis) la
Limitation »,
« Jusqu’à la Limitation » ou bien encore
« Après la
Limitation ». Cette Limitation ou Borne, M SaR de
l’inscription, se veut
allusive à M SaRim : l’Égypte. Nous verrons plus
avant que le thème
inhérent à cette borne, à cette roche, est de
tradition bien antérieure à l’Égypte
(Jusqu’à)
et qu’elle semble se pérenniser dans cet « Après »…
le Mont Pilat. De
la rouelle solaire à la tarabara
bretonne – Le soleil a rendez-vous avec la lune… La
reconstitution infographique de
l’inscription réelle de la maison Bonamy réalisée
par Patrick Berlier, met en
relief une magnifique rouelle solaire. Nous pouvons raisonnablement
penser que
dans la partie opposée de l’inscription aujourd’hui manquante,
devait se
trouver un symbole de type lunaire, voire luni-solaire. Le soleil et la
lune
sont très souvent représentés de part et d’autre
du traditionnel INRI et, qui
plus est, dans une inscription trésoraire. Cette
rouelle solaire, symbole
d’origine celtique, comporte six rayons. Sur le pourtour de la jante en
intérieur,
apparaissent six globules ou cercles identiques par leur symbolique
à la pomme
héraldique. Pourrions-nous envisager dans la partie manquante de
l’inscription
une figure pareillement chargée de six globules ou pommes ? Nous
aurions deux
symboles, l’un solaire, l’autre lunaire, chargés de six globules
ou pommes
héraldiques, rappelant sur un plan héraldique la
célèbre croix de Toulouse. Nous
connaissons aujourd’hui, après les travaux d’un Gérard de
Sède et ceux d’un
Guy-René Doumayrou l’hermétisme associé à
cet important symbole. La
rouelle de l’inscription de Mauron (à gauche) – la
croix de Toulouse (à droite) : Nous
avions dans la seconde
partie de ce Dossier, déroulé une spirale,
véritable Jeu de l’Oie. L’une des
cases de cette spirale passe assurément par la
Tour-sur-Tinée. L’église de
cette commune possède une rouelle pareillement articulée
sur le nombre 6,
sculptée à la base de la colonne à gauche du
portail d’entrée. Patrick Berlier
au cours d’un voyage effectué en 1980 photographia la rouelle : La
rouelle de l’église de la Tour-sur-Tinée (photo P.
Berlier) Cette
rouelle s’associe à une
croix, pareillement sculptée à la base de la colonne de
droite, et pour
rappeler que ce village appartenait jadis au comté de Nice et
Savoie, c’est la
croix de Savoie. Elle nous montre Sa Voie… Une voie que nous allons
retrouver. Nous
remercions Patrick pour ces photos. La
croix de Savoie de l’église de la Tour-sur-Tinée (Photo
P. Berlier) Attribut
des dieux celtes Taramis (le tonnerre) et Bel (la lumière), la
rouelle solaire
représente la roue de la vie, symbole cosmique et symbole du
temps qui passe.
En breton, le temps ne s’écoule pas, il tourne.
Gwenc’hlan Le Scouëzec
dans « Le Guide de la Bretagne » (Beltan/Breizh)
écrit : « Nous
savons d’autre part, grâce aux traditions irlandaises et à
Christian
Guyonvarc’h qui en a traduit les textes en français, que les
prêtres
utilisaient la roue à des fins divinatoires. Parlant du druide
Mog Ruith, le
Co’ir Anman nous explique que son nom " veut dire Magus rotarum, parce
que
c’était avec des roues qu’il faisait des augures druidique ". Ce
Mog
Ruith, nous dit un autre texte, était allé jusqu’en
Judée apprendre le
druidisme chez Simon le Magicien (qualifié ici de " druide "), "
et c’est avec lui qu’il fit, l’année avant la querelle de Simon
avec Paul et
Pierre, la roue ramante qui arriva en Europe avant le Jugement
Dernier"’.
Nous ne savons malheureusement rien de plus sur ce bizarre objet qui
partageait, avec les auges de pierre de saints bretons, la
propriété de se
déplacer sur les eaux. » La
rouelle solaire Jean
Markale (Le Guide de la Bretagne mystérieuse – Éditions
Tchou) dans son
évocation de Mog Ruith le « serviteur de la
Roue » écrit : « La
roue, dont il est le " serviteur ", et dont sont ornées
certaines
divinités gauloises, est peut-être le symbole de la
connaissance du passé et de
l’avenir, la " roue de fortune ", que seuls les druides – et leurs
héritiers, les prêtres catholiques – sont capables de
maîtriser à cause de leur
état de " très voyants " (ce qui est la signification du
mot "
druides "). » Gw.
Le
Scouëzec rappelle : « Curieusement l’usage de
tourner une roue
dans un sanctuaire se retrouve à une époque et en un lieu
bien
différents : dans l’Égypte des Pharaons, au Ve
siècle avant
notre ère. Hérodote nous rapporte le fait. » La
« roue de fortune » visible dans les
églises de Bretagne est un instrument de musique de percussion,
de type idiophone
constitué de cloches
au
nombre variables mais produisant autant de notes
différentes. Dans
la chapelle
Notre-Dame du Ruellou, commune de Saint-Nicolas du Pélem, se
trouve une roue en
bois polychrome à douze rayons, seule roue ornée et
coloriée. Autrefois la
jante portait douze clochettes alternativement bleues, grises ou
jaunes. Le
support, orné aux extrémités de têtes de
chiens sculptées, qui permet de la
fixer au mur, est surmonté de deux têtes humaines. Roue
de fortune en couleurs – chapelle du Ruellou à
Saint-Nicolas-de-Pélem Cette
commune bretonne arbore d’intéressantes armoiries ainsi
blasonnées :
« D’Argent à la bande de gueules chargée de
trois macles d’or ». Les
armes de la commune reprennent celles des Pélem, premiers
seigneurs des lieux.
Ce blason, le lion excepté, est semblable à celui des
Plessis-Mauron, blason
qui deviendra aussi celui de la branche cadette, les
Plessis-de-Grénédan. On
retrouve au XVIIIème siècle à
Saint-Nicolas, les Saisy de Kerampuil
dont nous avons évoqué dans la première partie de
ce Dossier, la présence dans
la commune d’Illifaut, fief d’origine des
Plessis-de-Grénédan. Armes
de Saint-Nicolas (à gauche) - Armes des
Plessis-Mauron et des Plessis-de-Grénédan (à
droite) Michel
Renouard (Guide de la Bretagne – Éditions SECALIB) indique au
sujet de la roue
de fortune de Saint-Nicolas-du-Pélem : « mais il
s’agit peut-être d’une
copie de roues beaucoup plus anciennes liées au culte de
Bélen (dieu solaire)
que l’on célébrait peut-être sur le mont Bothoa
(292 m.), haut lieu
spirituel de la région. » Avant de porter le nom
de Saint-Nicolas-du-Pélem,
la commune était nommée Bothoa. Jean-Yves
Cordier dont il
convient assurément de découvrir le site, nous apporte de
précieux
renseignements sur ce curieux instrument de musique bretonne ;
instrument
qui n’est aucunement, il convient de l’indiquer, l’apanage de la seule
Bretagne : « Selon
l'inventaire
mené par
Charles Fabre (DRAC) et Eric Sutter en février 2011 pour la
Société Française
de Campanologie, il existe encore en France 77 roues à
carillons, dont sept en
Bretagne, 31 dans les Pyrénées Orientales , 17 en Savoie
et Haute-Savoie, 8 en
Bourgogne, 4 en Auvergne. Elles répondent aux noms locaux de
Rouet, rouet
liturgique, de rouelle ou treizain en Savoie, de rottler ou rodella en
Roussillon,
mais aussi de roue de Sainte-Catherine ou de roue de Saint-Martin,
cette
dernière appellation justifiée à Trémouille
" car elle aurait servi à
couvrir les cris de Saint-Martin de Tours lors de son martyr "
! » (http://www.lavieb-aile.com/article-la-roue-a-carillon-de-confort-meilars-124638866.html) De
telles roues ont eu au cours
des siècles dans les églises bretonnes des usages des
plus curieux. Le son
étrange joué par les clochettes pouvait
guérir les malades, permettre
aux enfants en bas âge de marcher rapidement sur leur deux pieds.
Le tarabara
pouvait donner la parole aux muets. Celui qui jusqu’à
présent bégayait, se
découvrait un véritable talent d’orateur ; tel est,
ainsi que nous l’avons
expliqué dans la seconde partie de ce Dossier, le thème
caché de la seconde
ligne de l’inscription de Mauron. Enfin, plus étrange encore, la
roue de la
fortune bretonne permettait de connaître l’avenir. …Mais
la lune a disparu La
reconstitution réelle de
l’inscription de Mauron faite par Patrick Berlier nous montre que le
symbole
lunaire a disparu. Françoise
Le Roux, spécialiste de
l’histoire des religions, et Christian-J. Guyonvarc’h, auteurs du livre
« Les Druides » (éditions Ouest-France
Université) vont peut-être
nous permettre de découvrir la nature de ce symbole lunaire
à la représentation
hélas incertaine. En fin d’ouvrage, dans le glossaire nous
trouvons le mot
TARABARA : « nom breton de la " Roue de Fortune ",
attestée à quelques exemplaires dans des églises
et des chapelles, et dont le
symbolisme est celui de l’évolution et l’involution humaine en
même temps que
l’expression du hasard, la Fortune étant l’ensemble des causes
secondes par l’intermédiaire
desquelles Dieu gouverne sans jamais s’y mêler. Le nom est
onomatopéique. » À
la page 148 de cet ouvrage est
évoquée : « La roue de fortune du
folklore moderne, avec ses deux
aspects, bénéfique et maléfique (…) Le tarabara
breton utilisé autrefois dans
quelques communes, pendant la période ou le calendrier
liturgique faisait taire
les cloches, était une sorte de crécelle, variante du
carillon circulaire dit Santig
ar Rod (" petit saint de la Roue "), qui est la forme populaire
de la Roue de Fortune telle que l’a décrite saint Thomas, et qui
est issue en
droite ligne des conceptions antiques, classiques ou
celtiques. » Deux
types d’instruments musicaux
bretons ont été nommés tarabara. Le tarabara des
églises fixé au mur dont nous
pouvons retenir l’aspect solaire et le tarabara, sorte de
crécelle présenté par
Jean-Yves Cordier comme : « une roue dont les
clochettes auraient
été remplacées par des dents qui viennent heurter
un butoir et qui s'utilisait
à l'église lorsque l'usage des cloches était
proscrit. » Cet
auteur cite Brigitte Alzieu
(Val d’Isère jadis et naguère) qui écrit au sujet
du treizain, nom de la roue
de fortune dans le Val d’Isère : «
... puis arrive la
Semaine Sainte, suivie de la grande fête de Pâques. Lors
des offices précédant
le dimanche, les cloches sont muettes. On sonne alors le treizain,
cette roue à
treize clochettes placée dans le chœur. Pour l'office des
Ténèbres, les enfants
apportent des crécelles (krezin) et des cornes de bouc. A la fin
des psaumes,
ils sont autorisés à user de leurs instruments
bruyamment. Ce brouhaha
rappellerait le tremblement de terre et le tonnerre qui suivirent la
mort du
Christ et servirait aussi à expulser les démons. Pour une
fois que l'on peut
faire du bruit à l'église, les enfants ne s'en privent
pas. » Le
tarabara lunaire, ou le
tarabara solaire, n’avaient-ils qu’un usage liturgique ? La
réponse semble
négative. Arrêtons-nous dans un premier temps sur ces
quelques vers du poème
« Éternelle royauté de Bretagne »,
œuvre du poète Breton Nominoë dont
le nom apparait comme un hommage au Père de la Patrie Bretonne,
le roi Nominoë : « Oui
! Oui !
Oui ! Nominoë est LE nom, celui
du juste retour de Royauté en
terre de Bretagne. L’état de gaste terre ne
saurait durer, tourne la Roue
de Fortune, tourne, tourne, passent, passent Lune et Soleil,
Soleil et
Lune. Nominoë, de la
Royauté le Sceau tu es le taureau, Sauvage
et beau, Nos Rois furent baptisés
du nom de Pried Preden, époux de
la Bretagne. Ils en furent bel et bien les mystiques époux. Ils
furent, eux,
Nos Rois, les Souverains époux de Letavia, de Pryden, la Large,
Porte de
l’Autre Monde. Ils furent, eux, oui, eux les monarques messagers et
récipiendaires de l’influence de l’Autre Monde. (…) Notre sainte Maison Ducale
honorait Saint Pierre, Lui
le détenteur des Clefs, Maître des liens, et Saint Ronan. Toujours
notre terre
fut sous la protection de la Roue Crucifère, de Tarabara et de
son fidèle
serviteur Santig Ar Rod, le petit Saint de la Roue ! Mais c’est
bien au
divin Ours Artus qu’il convient de faire remonter l’origine de
l’adoption de
l’Hermine pour emblème de nos Souverains. (…) Que revienne notre Royale
Vérité ! Que tourne, tourne, la bonne
Roue, Roue des Fortunes
Royales ! Carillonne ! Carillonne ! Petit Saint de la Roue,
Tonne ! Tonne ! » http://nominoerex.blogspot.fr/2005/12/lexpression-potique-de-leternelle.html Aucun
doute, le Tarabara est lié
à la Royauté Bretonne dont les racines ont pour nom
ARTHUR ! Ces Roues de
Fortunes Royales clamées par le poète Nominoë
renvoient au recueil « La
Roue des fortunes royales ou la Gloire d'Artus empereur de Bretagne
(éd.),
Paris, 1925 », œuvre du célèbre
médiéviste français, Albert Pauphilet
(1884-1948). Dans la nouvelle « La Roue de
Fortune » est annoncée la
fin du roi Arthur… nous comprenons combien Roue et Roi sont liés. Une
autre présence intéressante
de la Roue de la Fortune apparait dans le roman de Yann Yoro
« 2∞
SECONDES EN 2012 » (La Bourdonnaye Édition
numérique) et plus
précisément dans la Seconde 22,
période durant laquelle au
cœur de Brocéliande, univers légendaire du roi Arthur,
se déroule un méga cyber festoù-noz où
rivalisent les
musiciens expérimentés des Terres
Celtiques en cette fête de la Saint-Yves, patron de la Bretagne.
Des danseurs
s’agitent au son d’une musique ensorcelante produite par le biniou, la
cornemuse, la vielle à roue sans oublier la harpe ou la
bombarde. Au
cœur de la foule, Niniane
Kerantez, la belle héroïne « voyageait. Dans
sa tête, des cloches
tintaient et des orgues ronflaient. » Le dessin de
l’hermine noire de
Bretagne se matérialise soudain dans le texte. Pour Niniane le
festival de
Saint-Yves bascule dans une toute autre dimension : « Un
timbre carillonneur enchanta tout particulièrement Niniane
lorsqu’une jeune
musicienne à la chevelure
ondulée
châtain, vêtue d’une longue robe bordée de dentelle
et mouchetée d’hermines
noires, se mit à jouer du Tarabara. Elle resplendissait
tel un
ange : auréolée d’une couronne de fleur bleue azur
qui descendait en deux
tresses le long de son buste, évoquant les deux rivières
d’Ille-et-Vilaine,
elle tournait une antique roue de bois ornée de clochettes
argentées.
L’instrument s’utilisait encore dans de très rares
églises bretonnes au moment
de l’Élévation, au cours de la messe du dimanche. Il
trouvait son origine dans
la roue de fortune que les druides utilisaient lors de leurs
cérémonies
sacrées, bien avant que les chrétiens n’usurpent ce
symbole cérémonial
celtique. Archétype du Soleil, la roue permettait aux Saronides,
les
prêtres celtes, de prononcer leurs augures divinatoires en
fonction de la
rotation de cette reproduction symbolique de l’astre du
jour. » L’image
des Saronides, prêtres gaulois, prononçant leurs augures
divinatoires en
utilisant la roue de fortune devient intéressante au vu de
l’inscription de
Mauron, qui rassemble rouelle(s) et racine SAR. Grasset d’Orcet dans
ses écrits
évoquait ceux que l’on a qualifiés, assurément
à tort, d’espèces de druides.
Honoré d’Urfé, dans l’Astrée, évoque ces
ministres de la religion druidique. Le nom
de ces prêtres viendrait du grec ancien sarônis :
« vieux chêne ».
Dans les dictionnaires des XVIIème et XVIIIème
siècles
nous apprenons que les Saronides devaient
leur nom à Saro ou Saron, 3e roi des Celtes,
instituteur des Prêtres
Saronides, antérieurs aux Druides. Ce nom celtique Saron
signifie tout-puissant
ou maître de tout. » Pour La Borderie, Cercle III, v. 9-11,
Saron « fonda
le premier les Universitez ». Ce roi mythique est
présenté comme un
contemporain d’Isaac, patriarche biblique, fils d’Abraham et
père de Jacob et
d’Ésaü. Saron ou Saro précède dans la liste
des rois Gaulois, Druys, d’où
l’idée que les Saronides auraient précédé
les Druides, bien que certains
auteurs voient en ces deux classes une représentation unique du
druidisme. En 1608 Pierre Le Loyer dans son livre
« Discours des
spectres ou visions et apparitions d’esprits, comme les anges… »
(2e édition numérisée) prétend
que
le mot grec Saronides serait passé
dans la langue des Syriens sous la forme Sharounin (final en
« in » =
pluriel araméen) dont le sens serait cyprès ou sapin.
Il aurait
peut-être été plus logique de lire que le mot grec
Saron serait d’origine syrienne,
voir sémitique et non l’inverse. L’auteur écrit ce mot syrien
(solaire…)
en caractères hébraïques et de façon
plutôt curieuse :
Resh-Vav-Shin-Aleph-Noun-Yod-Noun final. Les Resh et Vav qui se lisent
RO ou
ROU sont curieusement placées en tête du mot. Vient
ensuite le Shin logiquement
initial du mot. Apparaît ensuite un Aleph bien qu’absent du mot
Sharounin. Soit
l’auteur c’est trompé et de belle façon, soit il
souhaitait faire passer un
message sous forme d’anagramme, au travers de cette écriture
syrienne
? Nous aurions le mot Rosh, « tête », en
écriture pleine (l’insertion
d’un Vav pour le son « O ») associé au mot
Anin, « les vaisseaux,
la flotte ». Rosh Anin apparaît comme la
« Tête de vaisseaux », la
« Tête de la flotte » ; un titre
caractéristique attribué aux
Sharounin ou Saronides ? Dans l’optique de l’inscription de Mauron, seul
LE Sharoun
ou Saronide primordial aurait de l’importance, il s’agirait de roi
Saron ou
Saro, nom grec et signifiant « chêne » ou
« vieux chêne »
mais que l’on peut aussi rapprocher de l’hébreu Sar :
« Prince »
et qui plus est, en ce qui concerne l’inscription, ainsi que nous
l’avons
formulé dans la seconde partie de ce Dossier, un Prince dont le
RETOUR est
annoncé. N’oublions pas que ce Saro, roi mythique de la
Gaule est
présenté comme un contemporain d’Isaac, père de
Jacob (Israël) et d’Ésaü
(Édom). Les auteurs de la Renaissance avaient pour
volonté de rattacher les rois
gaulois aux grands personnages bibliques. Nous lisons dans les
vieux
dictionnaires que Focadel avait rédigé une histoire du
« Prince
Saron ». Bien que cette histoire n’ait assurément
aucune vérité historique
il aurait été intéressant d’en connaître son
contenu pour en découvrir, son
possible message symbolique. Le SAR de l’inscription de Mauron est
associé aux lettres
LM. Ces deux lettres déjà analysées, peuvent aussi
se lire ÈLEM ou ALEM
(Ayin-Lamed-Mem) : « cacher, secret ». Le
même mot signifie
« éternité » ou « les
temps anciens ». Ce mot à donné
OLAM : « monde, pérennité,
éternité », nous le retrouvons dans
l’expression « Olam béOlam : « de
pérennité en pérennité »,
« de monde en monde »… Les directions sont
multiples, il convient de
rester principalement sur le sens de « cacher,
secret ». Ce sens se retrouve associé de
façon secrète dans le
toponyme biblique SARON du Cantique des Cantiques de Salomon, chapitre
2-1 dont
la lecture kabbalistique va s’avérer très importante pour
pénétrer le
« secret » de
l’inscription de Mauron. Dans ce premier verset du chapitre 2, est
évoqué
« Ani ‘havatséleth
haShârôn » : « Moi, le lys
de Saron,
la rose des profondeurs ». (Traduction André
Chouraqui dans son
commentaire du Cantique des Cantiques – PUF). Bien que différemment traduit (narcisse,
lys…), « ‘havatséleth »
désigne de tradition une « fleur unique »
et cette fleur pour les
Sages est aussi… la rose des profondeurs. Car bien que sujette
à
différentes interprétations, ces deux fleurs du verset
n’en feraient qu’une. Il
apparait que Saron désigne ici tout à la fois un toponyme
et un nom commun.
Cette même réflexion se retrouve avec le mot qu’A.
Chouraqui traduit par « profondeurs ». L’hébreu SARON ou SHARON signifie
« plaine,
pâturages ». Il s’agirait d’une abréviation de
Yashar : « être
droit, aller droit », racine que l’on retrouve dans le nom
hébreu
d’Israël. ‘Havatséleth dont nous
retiendrons la traduction par le mot
« lys », est un mot formé par deux racines
complémentaires : ‘Haba,
« cacher, se cacher, être mis dans une
cachette », « endroit
caché » (une caverne : Josué 10-17) et
Tséleth, « ombre »…
la fleur unique cachée dans l’ombre, dans les profondeurs.
André Chouraqui commente le mot SARON et
sa fleur unique en
ces termes : « Le Saron est la plaine
côtière où poussent les plus
belles fleurs du pays. Fille de la terre et parure des plaines et des
vallées
dont elle est le secret et la gloire (…). » Nous avons vu que Saron, le
« roi » gaulois,
fut présenté comme un contemporain du patriarche Isaac.
Le 12 mars 2007 Albert
Soued dans une conférence évoque Le Zohar et les
Fleurs. Au sujet du
verset du Cantique des Cantiques, il présente une explication
qu’il qualifie
d’ésotérique : « la rose
c'est Rébeccah, la femme
d'Isaac. Celui-ci est né sous le signe de la rigueur
(gvourah) ou jugement
(dine), et il est issu d'Abraham ou la miséricorde (h'essed).
Rébeccah devenue
douce et gracieuse était entourée par la rigueur d'Isaac
(épines). D(ieu)
associe des couples de nature différente de façon que le
monde garde son
équilibre. » Un
autre commentaire
d’intérêt est celui de Yehoshua Ra’hamim Dufour (http://www.modia.org) au
sujet de la
« Rose de Charone » et de la « Rose
des
Profondeurs » : « 'Havatséléte
hacharone,
la rose du Charone est la même chose que la rose, dit Rachi
(début du chapitre
2 du Cantique des Cantiques). Il y a cependant une différence de
degré ; la
rose c'est Israël qui est comme une rose parmi les peuples
épines qui tentent
de lui faire abandonner sa voie. « La
rose (chochana) est
nourrie de la rosée des vallées profondes, tandis que
('havatséléte) " la rose
du Charone " vit
dans un climat plus sec, où elle se dessèche, disent le
Gaone de Vilna et le
Radaq, sur le sable des conditions difficiles, ce qui fait allusion
à l'exil
; même alors, Israël reste fidèle comme si elle
était dans la meilleure des
vallées d'Israël où elle recevrait la
bénédiction qui est constitutive de ce
lieu, de cette terre du Saint, éréts
haqqodéche. » Vision
cinématographique du
mystère Saron et son implication dans les Monts du Pilat L’exil
d’Israël, rose ou lys
de Saron, apparait de tradition, comme le dernier exil, l’exil
d’Édom qui
caractérise l’Occident et qui prendra fin avec l’Ère
Messianique. Le profond mystère du Saron
évoqué par Salomon est révélé
dans le Sépher ha-Zohar ou Livre de la Splendeur : « "
Je
suis la fleur des champs et je suis le lis de la vallée " ;
or, le mot
" Sharon " (champs) désigne le grand Océan qui absorbe
toutes les
eaux du monde. » Zohar I, 29a. Cet Océan correspond à
l’Océan Atlantique. Nous voyons ici
combien il est difficile de traduire ce verset, le mot lis dans la
traduction
zoharique française de jean de Pauly correspond à la
seconde fleur. Il est
reconnu que Balzac pour le titre de son roman « Le Lys dans
la
Vallée » se serait inspiré de ce verset du
Cantique des Cantiques. Le mystère zoharique du Saron
entraîne le lecteur-chercheur
dans le grand Océan, qui devient le reflet ou le miroir
d’Élohim : « C’est
en absorbant toutes les lumières, pareil au grand Océan
vers lequel vont tous
les fleuves, qu’Élohim, établit ici-bas le règne
d’en haut. Avant la
manifestation d’Élohim, la lumière céleste
ressemblait à un océan
dont les eaux sont gelées ; toutes les eaux des fleuves
qui se jettent
dans un pareil océan gèlent également et ne
peuvent plus retourner dans leur
lit. C’est à un pareil océan que font allusion les
paroles de l’Écriture "
*Du sein de qui la glace est-elle sortie ? " Tant que
l’Océan
reste gelé, nul ne peut se servir de ses eaux ; et, quand
la mer du Nord
est gelée, ses glaces se fondent qu’à l’aide d’un vent du
Sud qui y apporte la
chaleur. (…) De même, en établissant ici-bas le
règne d’en haut, toutes les
glaces ont fondu, et toutes les voix d’ici-bas c’élèvent
alors vers le ciel,
pour lui rendre grâce de ce qu’il a délivré ce bas
monde par son règne. » Zohar
I, 29b. *Job 38-29. Le personnage de Job, bien que
plongé dans un
récit allégorique est majoritairement
considéré par l’exégèse juive comme un
personnage ayant véritablement existé. Le Talmud
présente Job comme l’un des
trois conseillers du Pharaon contemporain de Moïse. Certains
Midrashim ou commentaires
homilétiques, vont jusqu’à
l’identifier au Pharaon
lui-même bien que la première hypothèse
prévale. Les deux autres conseillers
que Pharaon consulta face à la multiplication des Enfants
d’Israël, sont Balaam
et Jéthro dit aussi Réouel, beau-père de
Moïse. La présence d’éléments
égyptiens
dans le Livre de Job permet de comprendre l’hypothèse
avancée par Levi
ben La'hma dans le
Talmud suivant laquelle ce livre aurait été écrit
par Moïse. Le verset glacial de se prolonge ainsi au verset 30 : « Pour que les eaux se cachent comme une pierre, Et
que la
surface de l'abîme soit enchaînée ? »
(Traduction Louis Second). Ces deux
versets du Livre de Job précèdent tout en
l’annonçant
celui du Cantique des Cantiques. Première partie du
verset : « les
eaux se cachent ». Le verbe ici utilisé n’est autre
que « ‘Haba »
qui initie
précisément le mot « ‘Havatséleth »
la fleur unique (lettre Beth prononcée
Bé dans le premier cas et
Vé dans le second cas). Deuxième
partie du verset : « l’abîme…
enchaînée », cet abîme, bien que
ne traduisant pas le même mot, doit être rapproché
de la seconde partie du
verset du Cantique des Cantiques qu’André Chouraqui dans son
commentaire
traduit : « la rose des profondeurs »,
d’où son
commentaire : « Elle est lys, elle est rose –
épouse mystique aux
profondeurs du val. Elle a la beauté et la fragrance de la
fleur – sa
fragilité aussi – sous les cèdres, les cyprès du
Temple d’Amour. » En
effet, le mot généralement traduit par
« vallées » signifie tout
d’abord « profondeurs ». Les vallées ou
ladite vallée n’est pas n’importe
quelle vallée ainsi que l’affirme son pluriel de majesté. La lumière céleste,
est-il dit dans le Zohar
ressemblait à un océan dont les eaux sont
gelées. Le
règne d’en haut, est-il affirmé, s’établira sur la
Terre, lorsque les glaces de
la mer du Nord auront fondu. Tout ceci n’est bien sûr que
symbolique, il s’agit
d’entendre que le Règne du Messie permettra à la
lumière céleste, semblable aux
eaux gelées du Nord de se répandre sur la surface de la
Terre. Il est évident
que la fonte des glaces du Nord… et du Sud, inonderait la
quasi-totalité de la
Terre. Et c’est bien ce qui arrive dans le film Lost City Raiders
dont
le titre français est Le Secret du Monde Englouti.
La
jaquette DVD Lost city raiders Ce film sorti le 7 juillet 2009 est une
coproduction américano-allemande
mise en scène par le réalisateur américain Jean de
Segonzac et interprété par un
casting majoritairement américain. Le film commence en
février 2048, désormais,
moins de 10% de la surface de la Terre demeure habitable. Ce
phénomène
climatique s'est vu attribuer le nom de « grand flux » car
il se poursuit. D’après
la légende, le Sceptre de Moïse pourrait endiguer ce
phénomène. L’archéologue John
Kubiak (prononcer Koubiak) et ses deux fils adoptifs, missionnés
par le Vatican,
partent à sa recherche. Mais ils réalisent très
vite qu'ils ne sont pas les
seuls à s'être lancés dans la course... Pour
retrouver cet artéfact dit aussi
dans le film Sceptre de Sobek, dieu crocodile du Nil, il leur faut tout
d’abord
retrouver un vieux livre. Les trois archéologues se rendent
à Los Angeles, la
Cité des Anges où ils retrouveront le livre enseveli sous
les eaux, au pied de
la colline d’Hollywood. La couverture en cuir du livre
représente deux croix en
sautoir, sommées d’une croix pattée. Nous apprendrons
plus tard que le sceptre
fut un temps détenu par les Templiers. John
Kubiak, ainsi que le cardinal Battaglia du Vatican, sont, tout comme
l’étaient les
véritables parents des fils Kubiak, des membres d’une
société secrète,
les Frères d’Origo, les Défenseurs de la Quête
du Sceptre. ORIGO est un
mot latin désignant le point de départ, l’origine. La
Quête du Sceptre de Moïse
est la Quête de l’Origine, de la lointaine origine, le pays
natal, la métropole :
Lost City. Dans le film le pays d’origine est la Pangée, le
super contient des
origines ; c’est Le Secret du Monde Englouti. Le mot Raiders,
apparaissant
dans le titre anglais, se veut un clin d’œil au titre anglais du film Raiders
of the Lost Ark, rapidement traduit par Les Aventuriers
de
l’Arche Perdue. Un raid évoque en anglais, une rafle, un
pillage, une
descente. Cette descente peut s’appliquer à nos
archéologues et plus
encore à leurs adversaires peu scrupuleux, mais elle peut aussi
se rapporter à
la descente sur Terre, d’après la Bible, le Livre
d’Énoch ou le Livre
des Géants, à une époque reculée, des
Néphilim (Nephilah : la Descente). Il
y a des zones d’ombre dans le film, notamment pour le final… Le
nom
Kubiak de cette famille d’archéologues est intéressant.
Nom de famille
polonais, ukrainienne ou russe, il est formé avec suffixe de
filiation sur
Kuba, dérivé par aphérèse de Jakub. Il
s’agit d’une forme rare du nom du
dernier des patriarches bibliques, Jacob (Yacov), fils d'Isaac et de
Rebecca. Cette
forme du nom biblique joue avec le mot polonais kubeczek :
« godet,
gobelet ». Retenons
l’origine biblique du nom et ainsi, la tradition juive qui veut que
Jacob détenteur
du bâton descendit en Égypte où Joseph son
fils exerçait les fonctions
de vice-roi. À la mort de Joseph le sceptre fut volé par
Pharaon. Il permettait
de réguler, ainsi qu’indiqué dans le film, les flux et
reflux des eaux du Nil. Suivant
la tradition, Réouel, conseiller du Pharaon contemporain de
Moïse, le substitua
et le planta au centre de son jardin. Il est dit dans le
Midrash qu’il
vit les lettres inscrites sur le sceptre mais ne put les lire.
Moïse qui épousa
sa fille, pénétra le sens secret de ces lettres et devint
le nouveau et
véritable détenteur de ce bâton/sceptre
nommé le Mateh ‘Oz, soit le Sceptre
d’Oz, de la Force, de la Puissance, de la Majesté mais aussi du
Lieu Fort (lieu-forteresse).
Serge Hutin aimait à rappeler l’origine kabbalistique du
Magicien d’Oz… Bien
que le mot OZ s’écrive Aïn-Zaïn, un jeu de mots est
retenu pour le Sceptre de
Moïse avec les lettres Vav et Zaïn. Nous découvrons
à la lecture du très
intéressant article « Le sceptre de Moïse ou
l’anti-pouvoir » de
Michel Attali (CAIRN.INFO), que le Mateh est lié de façon
très précise avec les
lettres hébraïques « et en particulier avec
la sixième et la septième d’entre
elles, à savoir la lettre Vav et la lettre Zaïn. ».
Ces deux lettres écrivent les nombres 6 et 7. Il paraît
intéressant de citer à
présent le titre d’un livre de Robert Graffin :
« CHARTRES I SIS
ET SEPT ET GAL TREIZE OR ».
Nous savons que Chartres fut après le Mont Pilat, aux temps des
Romains, le
nouveau lieu de rassemblement des Gaulois. Mais n’allons pas trop vite,
nous
retrouverons Robert Graffin et la cathédrale de Chartres. Poursuivons,
tels les Frères d’Origo, notre Quête du Sceptre divin… Il
est
indiqué dans le Targoum de Jérusalem, version
araméenne de la Bible utilisée à
l’époque de Jésus, dans les synagogues, que lorsque
Moïse pénétra dans le
jardin de Réouel, « Il aperçut le
bâton qui avait été créé au
crépuscule et sur lequel était gravé le Nom grand
et glorieux, grâce auquel il
était destiné à accomplir les merveilles en
Égypte et grâce auquel il était
destiné à fendre la mer des Roseaux et à faire
sortir l’eau du rocher. Il était
fiché au milieu du jardin. Aussitôt Moïse
étendit la main et le prit. »
(Tj I Ex 2,21) Le bâton fait partie des dix objets qui furent
créés avant la
création, ou, pour reprendre l’expression targoumique, entre
les deux
soleils. (http://www.interbible.org/interBible/ecritures/symboles/2005/sym_051202.htm)
Avions-nous
à l’origine sur l’inscription de Mauron mise en relief par
Patrick Berlier, deux
soleils… Bien que la logique voudrait qu’il y ait eu un soleil et
une lune ? Élie
Wiesel est l’auteur d’un recueil titré « Entre deux
soleils ». Nous
apprenons que ce terme hébreu : « Bein
Hashmashot,
signifie l’heure qui sépare le soleil du jour et le soleil de la
nuit. Mystique
entre toutes les heures, elle est consacrée chez le Hassidim aux
récits et aux
chants, car elle marque le moment où le sacré finit,
où le quotidien
commence : apogée du Shabbat. » Le Sceptre
de Moïse remonterait
donc suivant la tradition targoumique à une très haute
antiquité, au crépuscule
du monde, époque où l’homme né de la Terre ne
vivait pas encore... Le Midrash
raconte qu’il fut remit à Adam, puis à Énoch et
c’est ainsi qu’il arriva entre
les mains de Noé qui le plaça dans l’Arche. Plus tard
Abraham le remit à Isaac
qui le remit lui-même à Jacob et c’est ainsi qu’il
parviendra à Moïse… John
Kubiak
dont le nom résonne aussi, plutôt bien, avec celui de
Sobek, se présente de par
son nom, comme un lointain descendant de Jacob. Il apparait
assurément,
à la barre de son bateau, comme le digne détenteur – ou
mieux le Passeur – de
ce puissant artéfact. Le nom de son bateau apparait furtivement
dans le film,
notamment lorsque ses fils adoptifs mettent le cap sur l’ancienne
abbaye de
Fontevraud où le Templier Mercadier a caché le sceptre.
Le nom, ô combien intéressant,
de ce bateau est SARDINOPS.
Non il ne s’agit aucunement d’une pêche à la SARDINE… Ne
retrouverions-nous pas,
dans la première syllabe, l’étrange SAR invisible
de Mauron, le mot SAR,
« Prince » mais aussi
« Retour » ? Les trois lettres suivantes
mettent en relief le mot hébreu ou araméen, DIN dont la
signification est
« Jugement », « Tribunal ».
Ainsi que nous l’avons vu, le
roi SARO était présenté comme un contemporain
d’Isaac qui d’après la tradition
est né sous le Signe de Din (le Jugement). Les six
premières lettres ne sont
pas sans rappeler l’excellent sketch de Francis Blanche et Pierre
Dac : Le
Sâr Rabindranath du Val dans lequel nous entendons cette
phrase oiselée :
« … les Sârs dinent à l’huile ! »
Un enregistrement
mémorable de ce sketch fut fait en 1960 à Lyon
après un repas bien arrosé… À l’origine de ce
sketch il y avait cet autre sketch de Pierre Dac : Madame Arnica,
dont le nom
peut interroger… Il
convient ici de rappeler que les mots SAR et DIN, nous les avions
déjà
rencontré, tous deux associés dans la seconde partie de
ce Dossier avec le
mystérieux carré magique de 8 : Méi-Zahav
ou Eau d’Or. Lorsque j’écrivis cette seconde partie, je
ne connaissais pas
encore ce film d’aventures. La navigation du
SARDINOPS et celle du navire concurrent, le FILIMONOF, nous apparait
soudain
comme un jeu de bataille
navale se développant symboliquement sur la grille de ce
carré né de la
Kabbale hébraïque. L’Œil du Méridien ou le Clou de Lumière Le
nom du navire
de J. Kubiak (SAR DIN-) se termine par les lettres OPS. La
déesse romaine de
l’Abondance – la Terre (Cybèle) – portait ce nom. Mais
écoutons Laurence Talbot
nous entretenir des spécificités de ces trois lettres.
Pour cet auteur cette
syllabe est associée au nom EUROPE : « Europe
(…) c’est le mot Erébos
(l’érèbe), lequel désigne l’obscurité, la
nuit, et spécialement la nuit des
temps et des lieux infernaux, toujours, partout, situés à
l’occident de la
terre. Certains on fait naître Europe de Oreb, terme
hébreu signifiant "
obscur " et par extension : pays du couchant. Mais les Grecs et
les
Sémites ne tenaient-ils pas eux-mêmes ces noms et ces
notions des astronomes
chaldéens d’origine occidentale ? » Laurence
Talbot indique ensuite « que la racine d’Erébos et
d’Oreb est orb, qui
lui aussi a signalé " obscur " et de surcroit : courbe. »
Le mot Orbe en vieux français ainsi que l’indique l’auteur, « en
tant
que méridien, s’est doublé de hesper ou espère,
et aussi de arm
ou armille – d’où, comme je l’ai déjà
noté, l’expression passer l’arme à
gauche : franchir le méridien du Royaume des morts.) […]
Il est
certain par ailleurs que quand orbe devint Europe
(sans doute par
le chemin d’Erèbe), le terme dut se décomposer
dans la pensée des gens en eur et ope […]
La dernière
syllabe : ope, ops, opis a
désigné l’œil mythique tel que
l’entendaient les Anciens,
c’est-à-dire l’ombilic, le hile ou l’île – soit encore
l’étendue de terre
jouant le rôle de centre vital. » (Le mot de la
fin sur l’emplacement
de l’Atlantide – ATLANTIS N° 267.) Cet
OPS
final inscrit sur le navire de J. Kubiak, reformule l’œil
représenté dans
l’Antiquité sur les navires. À travers cet OPS, cet ŒIL
ou cette Île, nous
découvrons Le Méridien. Ce méridien nous renvoie
dans le film au Templier
MERCADIER qui cacha le Sceptre de Moïse. La tombe de ce Templier
est localisée
dans ce long-métrage à Dresde en Allemagne. Or, lorsque
nous découvrons cette
tombe immergée, surprise, le nom gravé n’est pas
MERCADIER mais MERCARDIER !
Le nom du Templier que nous
entendons à ce moment précis du film ne correspond plus
avec l’image proposée.
MERCADIER en vieux français, c’est le marchand. Dans la
réalité,
Mercadier, compagnon de Richard Cœur de Lion ne fut pas un Templier
mais un
Routier, un mercenaire. Il existe dans l’Histoire plusieurs Mercadier routiers.
Dans le langage populaire le mercadier/marchand va prendre en cette
période
médiévale un tout autre sens. Écoutons Germain
Laisnel de la Salle (Croyances
et légendes du Centre de la France… – préface de Georges
Sand, préambule de
Michel Quéré – éditions Lulu.com) évoquer
en 1875 ce sobriquet et de ses
synonymes : « Les sobriquets de Brabançon,
Cottereau,
Mercadier, etc., devenus, parmi nous, des noms de famille, rappellent
les
brigandages qui désolèrent la France, et
particulièrement le Berry, pendant les
douzième et treizième siècles. Voici ce que dit
à ce propos M. Pérémé, dans ses Recherches
sur la ville d’Issoudun : Les nom de
Mercadier […]
C’étaient, dans l’origine des sobriquets qui sont devenus des
noms propres.
Mercadier est le nom défiguré des Cottereaux, que les
chroniqueurs français
appellent tantôt Merchadier, tantôt Marchader… Le nom de
Marchader subsiste
aussi dans la mémoire du peuple sous la forme corrompue de
Marche-à-terre. » Le
Mercadier compagnon du roi Richard fut assurément un
Marche-à-terre, un
mercenaire aventurier… le Raider n’est pas loin ! Le
nom de
MERCARDIER inscrit sur la tombe transforme le Marche-à-terre en
un Marche-à-Mer
comme le fut Moïse lorsqu’il traversa le Mers de Joncs. Le
marchand s’affirme
comme un cardier, celui qui peigne et qui vend les laines. La carde, la
machine
ou le peigne du cardeur tire son nom du bas-latin cardo, instrument
à carder. Mais
cardo, c’est aussi en latin l’axe Nord/Sud. Mercadier le Templier
apparait
comme le Templier du Cardo… Il est le Templier de la Trame de laine ou
de l’N ;
une trame dont le fil est cardé suivant la Bible, depuis l’Égypte !
« Les eaux disparaitrons de la mer (…) les fleuves
d’Égypte baisseront
et tariront (…). Ils seront déçus ceux qui travaillent le
lin cardé et ceux qui
tissent des étoffes blanches ; ses tisserands seront
consternés ». Isaïe
19-9/10. L’assèchement du Nil (la mer), axe Nord/Sud de
l’Égypte ne peux
que ruiner la grande Égypte. Mais cet épisode biblique
prophétique trouve sa
finalité aux versets 19 et suivants de ce même
chapitre : « Ce
jour-là, il y aura un autel dédié à
Yahvé au milieu du pays d’Égypte… » Cet
autel correspond au Temple d’Éléphantine, miroir
égyptien d’un temple oublié du
Pilat antique. Dans
son
livre « BABEL Le langage du 21ème
siècle » (éditions
Eqev), Abraham A. Abehsera a mis en lumière quelques jeux
linguistiques d’importance
pour cette étude, relatives à la perception maritime
du merinos. « Les
bateaux à voile ont un tissu blanc qui les recouvre à
l’instar de la toison des
moutons. A distance, il est vrai que l’on distingue très mal les
voiliers des
crêtes d’écume blanche (les moutons) qui couronnent les
vagues. La voile est
ainsi la laine qui couvre le bateau/mouton. Ceci est
souligné par le
fait que le français voile est homonyme de l’anglais wool
(laine)
(…) Un homonyme intéressant de marine est l’espagnol merino. » Le
travail
de cet auteur relatif aux « invincibles
mérinos » se poursuit avec
SPAIN, l’Espagne, homonyme de l’anglais SPIN désignant le filage
de la laine et
l’hébreu SPINA (Sephina), « navire,
bateau », synonyme de ANYAH, mot
dont le pluriel, nous l’avons vu, apparait dans Rosh Anin, la
« Tête de
vaisseaux », ou « Tête de la
flotte » de ces « Deux Têtes »,
titre anagramme du nom hébreu Sharounin ou Saronides grecs,
disciples de Saron. Depuis
Louis Charpentier, plusieurs auteurs ont abordé l’énigme,
car il s’agit bien
d’une énigme, de la flotte du Temple. Les Templiers, ceci semble
bien établi
aujourd’hui, naviguaient jusqu’en Amérique. Au début du
film l’Équipe Kubiak
fait le chemin inverse, quittant Los Angeles, la Cité des Anges
pour le New-Vatican. Deux
navires œuvrent à la même quête mais avec des
objectifs différents. Le navire
de l’Équipe Kubiak et celui de l’Équipe Filiminov portent
respectivement le nom
de SARDINOPS et de… FILIMINOF. Que remarquons-nous ? SARDINOPS FILIMINOF Le
premier
commence et se termine par un S, tandis que le second commence et se
termine
par un F. Les lettres P et F sont en hébreu, une seule et
même lettre. Si OPS
ou OPIS signifie « abondance, opulence » en
latin, dans la même
langue INOPS signifie son contraire : « sans
ressources,
pauvre » : ærarium inops,
« trésor épuisé, vide ». Les
deux S
du premier navire et les deux F du second navire résonnent
à l’unisson d’une
étrange tonalité maçonnique. En effet, les sigles
SS.˙. et FF.˙. sont deux
abréviations maçonniques désignant les Sœurs et
les Frères. Nous retrouvons
avec les lettres FF, les initiales de la Fama Fraternitatis : la
Rose+Croix évoquée dans la seconde partie de ce Dossier.
Séparément elles
peuvent évoquer aussi chez les Fendeurs-Charbonniers, les mot
Franc(he) et
Fendeur. Dans la Franc-Maçonnerie S.S désigne aussi le
Sanctus Sanctorum ou
Saint des Saints… La lecture du livre de Jacques Brengues
« La
Franc-Maçonnerie du Bois » (Éditions
Véga) nous donne à penser que le
Sceptre ou Bâton de Moïse revêtait pour les Fendeurs
une certaine importance. Filiminof
– du grec Philémon : Ami de la Solitude ou Ami de la Lune –
suit au plus
près le Fil menant au Sceptre de Moïse, il est d’ailleurs
le premier à mettre
la main sur l’artéfact mais très vite le droit reprend
son cours et les
fils de J. Kubiak le récupèreront. En qualité
d’Ami de la Lune, Filimof n’est
pas sans rappeler les Chevaliers du Clair de Lune de Ponson du Terrail
derrière
lesquels, ainsi que nous l’avons vu dans la seconde partie de ce
Dossier, se
cachent les Fendeurs/Charbonniers. Les
héros
vont déclencher incidemment un processus d’utilisation de
l’artéfact. Le
cristal de saphir enchâssé dans le bois de cèdre du
bâton ou sceptre projette
soudain dans la cabine du Sardinops un hologramme en 3D. Voici
qu’apparaît le
continent primordial de la Pangée sur lequel se
matérialisent les points de
convergence d’énergie cosmique. Ces points cosmo-telluriques
permettraient de
stopper le « grand flux ». Ainsi
que
je l’indiquais dans la seconde partie de ce Dossier, le Déluge,
suivant la
tradition hébraïque, aurait été
provoqué, ainsi que formulé dans Genèse 7-11,
par l’ouverture des cataractes du ciel et par le jaillissement (Baqa’)
des
sources (Aïn-). Ce jaillissement ou ce lieu de
jaillissement
(Baqua’) bien que déclencheur du phénomène
inondation, pouvait, dans
l’hypothèse du repentir des Géants ou Néphilim,
opérer l’opération inverse, à
savoir le retour des eaux, dans les entrailles de la Terre. Or,
que
découvrent les héros du film « Le Secret du
Monde Englouti » dans la
représentation holographique de la carte de
Pangée ?... Ils découvrent… et
ceci me parut incroyable lorsque je visionnai le film et ce, plusieurs
semaines
après avoir rédigé la première et la
seconde partie de mon Dossier consacré à
l’inscription de Mauron… ils découvrent que le point majeur de
convergence
d’énergie cosmique sur la carte de la Pangée est : « SAINT-ÉTIENNE
ET SON COMPLEXE DE GROTTES SOUTERRAINES. SANS DOUTE UN POINT DE
CONVERGENCE. » Le
doute
n’est pas de mise, les archéologues de l’Équipe Kubiak
viennent de quitter
Fontevraud et le lieu vers lequel il se dirigent, le lieu figuré
sur la carte
de la Pangée et plus précisément sur ce qui sera
un jour la France – bien que
quelque peu différente à l’époque – est l’actuelle
Saint-Étienne dans la Loire et
assurément les Monts du Pilat baignés en cette
année 2048 par la mer. Patrick
Berlier fut aussi surpris que moi lorsqu’il regarda lui aussi le film
sur
Internet, mais il me fit remarquer que par « complexe de
grottes
souterraines » (mauvaise adaptation française de
l’anglais
originel ?) il fallait sans doute comprendre « complexe
de galeries
souterraines », puisque s’il n’y a pas de grottes à
Saint-Étienne il y a par
contre le complexe réseau des anciennes galeries des mines de
charbon, dont les
plus anciennes remonteraient, selon la légende, à
l’époque des Gaulois. Ces galeries
sont toujours présentes en sous-sol, bien que les entrées
en aient été
condamnées après la fermeture des Houillères dans
les années 60. Quoiqu’il
en soit, nous avons dans ce film écrit par Torsten Dewi, un
scénario proche de
celui présenté par F. Gabut lorsqu’il évoque le
Crêt de la Perdrix : « …c'est
une des montagnes sacrées sur lesquelles s'arrêtait
l'arche de Noé,
c'est-à-dire où hommes et animaux ont trouvé la
sécurité, alors que les plaines
étaient envahies par les eaux provenant de la fonte des
grands glaciers. » Ainsi
que je le notais dans la 2ème
partie de mon Dossier « Le Poisson Nourriture du
Monde » : « Les
propos de cet historien nous offrent la vision d’un Mont Pila(t), ou
Mont de
l’Éléphant(e), environné d’eau. De ces eaux
inondant la future Terre de France
surgit une Île Éléphantine… (…) cette
île surgie de l’abîme n’est pas sans
évoquer l’île Éléphantine située sur
la première cataracte le Nil… » Depuis
nous savons, grâce aux
recherches de Patrick Berlier publiées dans l’ouvrage collectif
« Pilat,
terre de grands secrets », que l’un des tableaux perdus de
Prarouet,
représentant des moines Chartreux autour d’une femme
éthérée – allégorie de la
générosité – était inspiré d’une
gravure d’Antoine Caron représentant des jeunes
filles dénudées – devenues des Chartreux ! – autour
de la Vénus
Éléphantine, la statue de Vénus du temple de la
célèbre île égyptienne. Les
héros du film vont aborder
l’île Éléphantine du Pilat où
subsiste, dans un réseau de souterrains, Le
Saint des Saints d’un sanctuaire antérieur à
l’humanité. Pour accéder à
cette île il faut symboliquement descendre le Méridien.
Sur quelles traditions
Torsten Dewi qui écrivit l’histoire racontée dans le
film, s’est-il appuyé ? L’idée
d’une mer baignant le Forez
repose sur des traditions orales, reprises notamment par Honoré
d’Urfé dans
L’Astrée. Nous trouvons une synthèse de ces traditions
dans « La légende
des siècles foréziens » du site
Forez-info : «
MARE NOSTRUM C’est
Honoré d’Urfé qui a
popularisé l’idée d’une mer forézienne qui
recouvrait les terres avant la
conquête romaine. " De toute ancienneté, cette
contrée que l’on nomme à
cette heure Forez fut couverte de grands abîmes d’eau, et il n’y
avait que les
hautes montagnes que l’on voit à l’entoure, qui fussent
découvertes, hormis
quelques pointes dans le milieu de la plaine, comme l’écueil du
bois d’Isoure
et de Montverdun. " Certains auteurs nous disent qu’on pouvait voir
autrefois, scellés dans la roche, à Saint-Romain-le-Puy,
des anneaux de fer qui
servaient à amarrer les barques. On retrouve cette tradition,
plus au sud, à la
Tour-en-Jarez dans les écrits de La Mure. Il évoque
l’existence d’une tour
marquée de figures solaires au sommet de laquelle était
érigée une pyramide. Un
feu servant à guider les nautes foréziens y était
entretenu. Un phare, s'il
vous plait, pour guider la barque des seigneurs de Saint-Priest vers
leur
château. Dans L’Astrée, d’Urfé nous dit encore que
c’est Jules César qui
assécha la plaine : " un étranger romain du nom de
Julius… fit rompre
quelques montagnes, par lesquelles ces eaux s’écoulèrent…
" » Bien
sûr on ne prête qu’aux
riches, César aurait connu le secret permettant
l’écoulement des eaux comme il
aurait connu d’après Maurice Leblanc le Secret de l’Aiguille
Creuse... Torsten
Dewi semble également
s’être appuyé sur le thème stéphanois
du Méridien. N’oublions-pas, ainsi
que le rapporte Noël Gardon dans son livre « Mon
Pilat Etymologies
Rêves et Légendes… et Réalités –
1983 » qu’une fois l’an, les tribus
de la Celtide avaient rendez-vous au sommet de l’Aralez pour la grande
Assemblée. Ce lieu de rendez-vous druidique fut à
l’époque romaine déplacé plus
au Nord à Autrikon, actuelle Chartres, oppida gaulois dont le
nom est tout à la
fois apparenté à l’autel et à l’Autura – la
rivière Eure. Ainsi que l’a
démontré Robert Graffin dans le livre cité plus
haut, le module géométrique de la
cathédrale de Chartres s’articule, tout comme le Sceptre de
Moïse, sur les
nombres 6 et 7. Et, ainsi que l’affirme le titre d’un chapitre de ce
livre :
« DU 6 au 7 : UN TREIZE OR ! » R.
Graffin annonce : « Le
rapport arithmétique des diamètres du cercle directeur et
des cercles du
décumanus est exactement proportionné à 7 et 6,
c’est-à-dire 7 unités pour le
cercle directeur, et 6 pour le cercle de DECUMANUS. Le rapport 6-7 se
retrouve
donc dans la cathédrale sous forme de 7 pour la largeur de la
nef, et 6 pour la
largeur du transept. » Portail
nord de la cathédrale de Chartres : Moïse
reconnaît la trace du serpent sur le roc Il
est peut-être dans la
cathédrale de Chartres un signe de piste menant au Pilat :
il s’agirait de
la Méridienne d’Estienne. Écoutons R. Graffin nous parler
de ce signe : « À
Chartres, chaque 21
juin, jour du solstice d’été ou "’ fête de la
Saint-Jean ", au midi
solaire, dans le bras Sud-Ouest de transept un rai de lumière
blanche venant du
vitrail St. Apollinaire passe sur un certain clou, planté dans
une dalle de
pierre de 56 cm sur 65 : ces deux chiffres sont les deux faces
d’une même
pièce, se regardent dans un miroir qui pourrait être celui
de Léonard De Vinci,
et sont en rapport l’un à l’autre de 1,1. (…) Ce
phénomène lumineux, appelé "
méridienne du chanoine Estienne ", fut mis en place par ce
dernier en 1701
(…) Le fait que ce soit un chanoine qui ait conçu cet
appareillage de la
lumière n’empêche pas qu’il puisse s’agir d’un
initié… » Il se
peut, ainsi que l’avance R.
Graffin que le chanoine Estienne fût un membre de la
célèbre famille
d’imprimeurs-éditeurs dont on peut noter la présence dans
la cité de Lyon. Les
Estienne ont d’ailleurs donné leur nom à un jeu de
caractères, ce que l’on
nomme aujourd’hui une police de lettres. R. Graffin insiste sur le
rapport 6/7 de
la cathédrale et indique que ces nombres reformulent le
« clou » soit la
lettre Vav (6) en hébreu et le nombre 7 du vitrail-Apollon-7
(st. Apollinaire). La
Méridienne d’Estienne et son
Clou apparaissent comme deux signes d’une piste qui va orienter le
pèlerin dans
la descente d’un méridien tout aussi énigmatique que
celui de Paris. Il s’agit du
Méridien de Bruxelles. L’article Wikipédia
consacré à ce méridien nous
apprend : « Le méridien de Bruxelles est un
méridien référence qui
passe par la Cathédrale Saint-Michel-et-Gudule de Bruxelles. Il
est situé à 4°
21’ 36, 8’’ ou 4° 22’ 4,71’’ à l’est de celui de Greenwich
selon les
sources. » Ce méridien « a
été défini le 22 février 1836 par le
mathématicien et astronome belge Adolphe Quetelet. Dans le
pavement de la
Cathédrale Saint-Michel-et-Gudule se trouve un fil de cuivre
témoin. Des clous
de cuivre indiquent l’emplacement où viennent frapper les rayons
du soleil aux
solstices. Un petit trou dans le vitrail de Marie de Hongrie (transept
sud),
juste sous la jambe du roi Louis II de Hongrie, laisse passer les
rayons du
soleil. » Sur
la page Wikipédia consacrée à
Saint-Étienne nous lisons d’importantes informations relatives
au Méridien de
Bruxelles : « Les quartiers ouest de la ville sont
situés sur le méridien de Bruxelles :
celui-ci
passe par les quartiers de Bel-Air, Côte-Chaude et
Michon. » Ces
informations d’importance
pour cette étude m’incitèrent à questionner sur le
sujet Patrick Berlier,
l’enfant du pays, car ces noms lui parlaient sans doute beaucoup plus
qu’à moi.
Voici la réponse qu’il m’apporta : « Les
quartiers de
Bel-Air, Côte-Chaude et Michon forment une partie des sept
collines sur
lesquelles s'étend la ville, selon une tradition quelque peu
journalistique. Et
ces quartiers ouest de la ville sont très riches en puits de
mines, tout
simplement parce que la houille du bassin stéphanois a d’abord
été exploitée à
l’ouest de la ville de Saint-Étienne, là où elle
effleurait naturellement.
Bel-Air est en fait le versant nord du Crêt de Montaud, où
se trouvait jadis le
puits Sainte-Marie, lequel a laissé la place à un grand
parc arboré. Michon et
Côte-Chaude forment le versant sud du même crêt.
C'est dans la partie basse de
Michon que se trouvait le puits Couriot, devenu aujourd'hui le
Musée de la Mine. » « Depuis
les années 90,
ce crêt de Montaud porte un autre nom : Crêt des Six
Soleils. Pourquoi
cette appellation étrange ? Tout simplement parce que
depuis cette époque
est installé au sommet de la colline un petit monument à
vocation astronomique,
réalisé par la Maison d’Animation du Parc de Montaud et
le Planétarium de Saint-Étienne.
Autour d’un point central, constitué par une petite pyramide
à degrés qui n’est
pas sans évoquer les pyramides mayas, six stèles,
surmontées chacun d’une rouelle
solaire à six branches, matérialisent sur l’horizon
les directions des
levers et couchers du soleil aux solstices et aux
équinoxes. » Sous
le soleil caniculaire de l’été 2015, le
monument solaire du Crêt des Six Soleils. À
l’arrière-plan, à droite, le massif du Pilat « Si
l'on suit le
méridien de Bruxelles
/ Saint-Étienne
vers le sud, on note qu’il traverse la partie ouest du Parc Naturel
Régional du
Pilat. Il passe précisément par les villages de
Saint-Romain-les-Atheux,
Jonzieux, et le méridien frise ensuite la commanderie des
Templiers de Marlhes. » Intéressants,
sont assurément les
propos de Patrick. Il évoque, notons-le, le méridien de Bruxelles
/ Saint-Étienne.
Suivant la tradition les Templiers de Marlhes auraient quitté
discrètement la
Commanderie par les souterrains emportant avec eux un fabuleux
trésor. Ils se
dirigèrent ensuite vers Sainte-Croix-en-Jarez. Ont-ils
caché leur trésor, ainsi
que certains auteurs en ont avancé l’hypothèse, à
Sainte-Croix ? Patrick
Berlier dans son article bien documenté « Les
Templiers et le Pilat »
(Les Regards du Pilat), après avoir rappelé que les
relations entre les
Templiers et les Chartreux étaient tendues, tient des propos
plus nuancés sur
le sujet : « La
chartreuse de
Sainte-Croix pouvait tout au plus fournir un camp de base très
provisoire, le
temps de mettre en lieu sûr aux environs les biens dont les
Templiers étaient
les dépositaires. Cet hypothétique endroit reste à
ce jour indéterminé... Un
détail important est à souligner : Sainte-Croix
était en 1307 dans le Lyonnais,
comté qui n’était pas encore rattaché au royaume
de France, et la chartreuse
pouvait offrir un lieu d’étape sécurisé sur la
route du Saint Empire romain
germanique. Lorsque la légende affirme que les Templiers se
dirigèrent sur
Sainte-Croix, peut-être faut-il comprendre qu’ils prirent la
route du Lyonnais,
tout comme leurs quelques homologues du Puy qui réussirent
dit-on à s’échapper
dans cette direction... » La
Commanderie de Marlhes sise
sur le Méridien de Bruxelles / Saint-Étienne ouvrait
peut-être l’ultime case de
ce Jeu de l’Oie révélé par l’inscription de
Mauron ? Une partie de la
réponse apparait peut-être au hameau du Rozet dans cette
pierre monumentale du
porche de la chapelle réemployée dans la construction
d’un mur, à l’envers…
Ainsi que l’indique Patrick : « Ce
fragment de linteau se compose
d’une accolade, ornée d’une rouelle, qui devait
surmonter un portillon,
et de la partie gauche d’une arcade qui coiffait le portail
central. » En
haut : linteau de la chapelle des Templiers
remployé dans le hameau du Rozet Au
centre : la même pierre retournée dans sa position
d’origine En
médaillon : détail de la rouelle (photos et montage
P. Berlier) Nous
retrouvons la rouelle à six
branches assurément très importante dans cette
énigme. Ainsi
que l’indique Patrick
Belier dans son dernier livre « Jules Verne,
Matériaux cryptographiques »
(ARQA Éditions), au XVIème siècle les
Verne originaires du Vivarais
s’installèrent dans le Pilat, d’abord dans l’ancienne
commanderie de Marlhes
puis au hameau du Sapt dans la commune voisine de
Saint-Genest-Malifaux. Antoine
Herrgott dans son livre « Le Château de la
Faÿe » indique que André
Verne s’établit fermier à la Commanderie du Temple de
Marlhes en 1585. Antoine
Verne, son arrière-petit-fils (1617-1701) fut un proche de
François de Bochosel
de Montgontier, chevalier Grand Croix de l’ordre de Saint-Jean de
Jérusalem,
grand bailli de Lyon et de Devesset dont dépendait
l’Hôpital de Marlhes. A.
Herrgott ajoute : « Antoine Verne devient membre
dépendant de la
Commanderie du Temple de Marlhes. » Il convient
peut-être de rappeler
ici que la troisième ligne de l’inscription de Mauron est
constituée par cette très
hermétique formule : ET
MAVRYE 9 VERNE Ce
qui est ici représenté par un
Y serait en fait un Aïn hébraïque dont la
signification est « source,
œil », ainsi qu’indiqué dans la seconde partie de ce
Dossier.
L’inscription reconstituée par Patrick Berlier comporte un S,
lettre finale de
VERNE mais ce S absent du relevé de Jean Dessus, devient
nécessaire lorsqu’on
associe véritablement le mot VERNES au nombre 9 qui se
veut aussi un Q
rétrograde… Troisième
ligne de l’inscription de Mauron, selon le
relevé de Jean Dessus (à gauche) En
1630, date indiquée sur
l’inscription, Antoine Verne n’avait que 13 ans. Mais c’est
peut-être autour de
cette famille installée dans la commune voisine de
Saint-Genest-Malifaux qu’il
convient de chercher. Les Verne ont-ils été connaissants
du mystère de la
source (Aïn) tel que nous avons pu l’évoquer
précédemment ? En cette année
1630, sévissait dans la région une peste noire
meurtrière. Néanmoins, les Verne
de ce siècle ont pu admirer et comprendre les inscriptions
énigmatiques de la
Font-Ria gravées en 1614 par L. Jacquemin et dont voici quelques
vers : JE
GLACE
DE PEVR EN
PERDANT MA
SŒUR Si le
film Le Secret du Monde
Englouti bénéficiait d’une sortie
cinématographique il pourrait-être
visionné au Cinéma Jules Verne de
Saint-Genest-Malifaux… La
présence des Verne dans la
région nantaise devient même étrange lorsque l’on
sait que le thème lié au
mystérieux Sceptre de Moïse réapparait au Sud de
Nantes… Mais ceci est une
autre histoire… Une
mystérieuse aura plane sur de
l’unique Commanderie templière du Pilat. Autour d’elle se sont
développées
différentes rumeurs. Deux des plus intéressantes,
présentées par le chercheur
André Douzet dans ses livres ou articles, est d’une part la
survivance de
l’Ordre du Temple dans le Pilat et d’autre part un aspect
prophétique formulé
peut-être, ainsi que l’indique ce chercheur, dans la 26ème
et
dernière des prophéties courtes, attribuées au
futur pape Jean XXIII. Cette prophétie
titrée MARLE n’est pas étrangère à la
symbolique MER et peut, tout à fait
révéler une survivance du Temple de Marlhes à
laquelle seraient liés les Verne
qui furent également des Ouvriers du Bois. Ceci fera
peut-être l’objet d’un
futur article. Poursuivons
et achevons à présent
notre décryptage du film Le Secret du Monde Englouti.
Retrouvons les
héros lorsqu’ils découvrent le réseau de grottes
souterraines de Saint-Étienne.
Ils accèdent à une salle de contrôle datant d’une
époque assurément méconnue
des hommes. Le cinéphile découvre une nouvelle fois la
carte de la Pangée sur
laquelle apparaissent des noms de lieux écrits dans un alphabet
inconnu. La
carte n’est que partiellement filmée et nous ne pouvons,
malheureusement, y reconnaître
ce qui beaucoup plus tard deviendra la France. Nous reconnaissons par
ailleurs sur
le mur, une spirale de type jeu de l’oie. Le dessin d’une croix est
associé à
cette spirale. Au centre de la pièce figure un socle
surélevé et hexagonal. Au
centre sera placée la clef, le Sceptre de Moïse qui va
permettre la descente
des eaux. Le
film
tenterait à nous démontrer en seconde lecture,
l’importance de la région stéphanoise
dans la lointaine Pangée. De ce très lointain
passé dépend la survie du monde,
quelques 300 millions d’années plus tard. Comment se
présentait cette région en
ces temps oubliés ? La réponse apparait dans
l’article « Le
Musée de la Mine de Saint-Étienne fête ses 20
ans ! » : « Il y a environ 300 millions
d’années,
le territoire qui deviendra Saint-Étienne et ses environs est
situé sous les
tropiques au cœur du continent unique appelé la Pangée.
Une forêt tropicale
luxuriante apporte d’énormes quantités
d’éléments organiques dans un lac
intérieur. » http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=1814 De ce
lac
intérieur bordé par une forêt tropicale, semble
être née la légendaire MARE
NOSTRUM antérieure au Forez. Le film Le Secret du Monde
Englouti mis en
scène par Jean de Segonzac comporte de nombreuses zones d’ombre.
Le metteur en
scène et les producteurs, peut-être limités par le
budget, vont au plus rapide. Nous
aurions aimé connaître le texte de base dont s’est servi
le metteur en scène.
L’histoire et sa conception sont l’œuvre de Torsten Dewi. Jean de
Segonzac,
ainsi que mentionné dans le making-of du DVD, en a tiré
le scénario final du
film. Torsten Dewi travailla pour les Américains sur des
productions cinématographiques
et télévisuelles d’importance. Auteur de romans, il a
notamment publié « L’Anneau
des Nibelungen » et « La Vengeance des
Nibelungen ». Torsten
Dewi, l’auteur du scénario À
partir
de quelles informations écrites ou orales, Torsten Dewi s’est
appuyé pour
entraîner le cinéphile près de Saint-Étienne
dans son réseau de grottes ou
mines ? Un tel lieu existe-t-il dans le Pilat ? La
réponse est
positive mais une autre question se pose : A-t-il existé,
existerait-il
encore, un lieu de jaillissement, une Baqa’ biblique ? Un
site
comme le hameau de Ban, ancien domaine chartreux, tout comme le
haut-lieu de
Sainte-Croix-en-Jarez où rayonnèrent ces mêmes
Chartreux, pourrait postuler
pour la Baqa’. Dans la symbolique des lieux pilatois, le Saut du Gier
avec sa
légende du Zicle, le serpent gardien des trésors,
pourrait pareillement être
retenu quant à cette localisation. Des
cailloux blancs menant à cette Baqa’ pilatoise semblent jalonner
la route.
L’une de ces pierres pourrait être l’énigmatique Pierre du
Serpent dont Patrick
Berlier nous entretient dans son DVD « LA ROUTE DES AIGLES
DU PILAT » : « Voici qu’apparait une
grosse pierre grise
arrondie qui pourrait
passer dans la pénombre du sous-bois pour un dôme d’une
tente ou une meule de
foin. On peut y remarquer l’affleurement d’une veine de roche plus
claire en
forme de serpent. Même si l’apparence de cette pierre ne doit
rien à la main de
l’homme, on peut imaginer quel émerveillement elle suscita chez
les premiers
habitants de la région. » Le 9
juin 2015,
date à laquelle je ne connaissais toujours pas le film Le
Secret du Monde
Englouti (je ne le découvrirai qu’une dizaine de jours plus
tard),
j’informais Patrick de mon intérêt pour cette Pierre du
Serpent dans le
rapprochement qu’elle pouvait avoir sur un plan purement symbolique
avec cette
autre Pierre du Serpent que Moise frappa de son sceptre, alors qu’il
aurait dû
suivant la parole Dieu, lui parler… Patrick m’apprit qu’il avait
découvert
cette pierre « il y a environ une quinzaine
d’années, au hasard d’un
balade ». Il devait en retrouver ensuite la date
précise : le jeudi
13 septembre 2001, deux jours après le tristement
célèbre attentat de New York.
Le hasard prend quelque fois de beaux sentiers ombragés.
Un grand merci
à Patrick qui m’envoya les deux photos que voici de la Pierre du
Serpent. La
Pierre du Serpent du Pilat, près de la Croix de
Chaubouret – détail du « Serpent » Le
trou
dans la pierre et cette fente verticale tout aussi naturels que le
serpent,
nous parlent néanmoins dans la symbolique de la frappe du
Sceptre de Moïse. Patrick
m’indique au sujet de cette pierre : « Elle ne fait
l'objet, à ma
connaissance, d'aucune tradition, légende ou croyance. C'est moi
qui l'ai
baptisée Pierre du Serpent. Lequel serpent est totalement
naturel, c'est une
veine de roche plus dure que l'érosion a
préservée. Quand on la frotte avec un
chiffon elle ressort plus claire. D'après les géologues,
le bassin est naturel
lui aussi, c'est l'œuvre du gel et dégel au niveau d'une
diaclase, qui a fait
éclater la roche, l'érosion l'a ensuite adouci et
arrondi. Mais j'imagine la
stupeur de nos ancêtres en voyant cette pierre bien curieuse par
sa forme. » Nous
pouvons effectivement penser
que nos ancêtres furent stupéfaits par cette pierre
bien curieuse par sa
forme. L’image du serpent bien que naturelle ne peut que les avoir
interrogés précisément par son aspect presque
surnaturel. On peut penser que
les anciens Saronides, disciple de SARO et successeurs en ces lieux des
Prêtres
du culte des Mégalithes, ont tout comme Patrick il y a quinze
ans, formulé
l’idée d’une Pierre du Serpent. Qu’ont fait les Druides du
Pilat… qu’a fait le
Druide du Pilat… ont-ils frappé la pierre, ont-ils
parlé à la pierre pour
qu’il en jaillisse de l’eau ? Le 5
janvier 1999, l’Observatore
romano, organe officiel du Vatican, reconnaissait la
validité du travail d’un
archéologue Italien Emmanuel Anati et l’encourageait à
poursuivre son travail. http://atheisme.free.fr/Contributions/Etude_bible_2.htm Pour
cet archéologue, le Mont
Sinaï biblique était situé non pas au Sud mais au
Nord de la péninsule du
Sinaï. Il s’agirait de la montagne Har Karkom, la Montagne du
Safran
anciennement Djebel Ideid, nom arabe signifiant « montagne
des
Célébrations » ou « montagne des
Multitudes ». E. Anati découvrit
dans la vallée un sanctuaire de 12 stèles dressées
rappelant les 12 tribus
d’Israël. Des gravures rupestres ont attiré l’attention de
l’archéologue. L’une
d’elle représente ce qui ressemble étrangement aux Tables
de la Loi reçues par
Moïse au sommet du Mont Sinaï. Une autre ô combien
intéressante dans le cadre
de cette étude représente un soleil et une lune. Pour
l’archéologue Italien,
cette lune représente Sin le dieu de la Lune qui donna son nom
au Mont Sinaï. Gravure
rupestre http://harkarkom.com/Gallery.php?image=52 Pour
le professeur Emmanuel
Anati, cette gravure représente le bâton de Moïse
à la fois serpent, à la fois
bâton. Le bâton sommé d’une tête cornue
évoquerait tout à la fois le Sceptre de
Moïse et Moïse lui-même lorsque celui-ci descendit du
Mont Sinaï le front
irradié de cornes de lumière. Dans
l’idée cette pierre au
serpent surmontée, après une rotation 90 horaire, du
soleil et de la lune, serait
symboliquement reformulée dans la première ligne de
l’inscription de Mauron. La
Route du Serpent initiée par
l’inscription de Mauron passe assurément par le Mont Pilat. Des
hommes tout au
long des millénaires et aujourd’hui encore, ont connu et
connaissent incontestablement
cet important mystère conservé dans la pierre. Ils
assurent la pérennité de cette trace
indélébile bien qu’invisible, du
serpent sur le roc. L’ingénieur
des Ponts et
Chaussées, Philibert Réocreux fut peut-être l’un de
ces hommes en 1830. Il fut
chargé de la construction de la future nationale 82 qui franchit
le col du
Grand-Bois ou col de la République. Ph. Réocreux portait
un nom plutôt courant
dans la région mais reconnaissons que son nom sonne
étrangement… Réau-Croix… Le
Serpent de Pierre découvert et magnifiquement installé
par l’ingénieur Philibert Réocreux En
direction de Bourg-Argental
l’ingénieur avait acheté, un peu en contrebas du col, un
petit terrain destiné
à devenir un parc arboré, qu’il voulut décorer
d’un oratoire dédié à sainte
Agnès, son épouse se prénommant ainsi. Lors du
percement de la route, on aurait
découvert des pierres aux formes curieuses, dont l’une, ainsi
que l’indique
Patrick Berlier, ressemble précisément à un long
serpent. Ce serpent semble
nous montrer la Route menant au Sanctuaire ou Saint des Saints du Mont
Pilat. Saisissons l’invitation et pénétrons dans le SAINT DES SAINTS… |
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