Lorsque l’on associe un château au village de Pélussin, on
pense bien souvent à celui de Virieu. Pourtant, jadis, un autre
château, domina aussi la vallée du Rhône dans cette
même commune. En se rendant à Roisey ou Maclas, par la
départementale,
aucun détail ne permet d’imaginer le monument disparu. Si on se
rapproche du hameau de la Valette, on découvre alors petit
à
petit un décor médiéval. Le chemin est
resté
le même, les fossés, autrefois remplis d’eau, sont
toujours
reconnaissables. Une tour, reconstruite au dix-neuvième
siècle,
annonce la grande demeure (troisième photo ci-dessous). Des
chevaux
vous accueillent sur le terrain même, où deux cent dix ans
auparavant, on démolit la merveille. Sur un côté de
l’immense pré, un arbre ornemental de plusieurs centaines
d’années,
reste sûrement le dernier témoin vivant de cette
époque,
tout à côté de la maison des locataires de la
propriété.
La même famille depuis 1792, possède les hectares de bois
et prairies alentours. Des kilomètres de murailles, ou leurs
restes,
entourent l’ensemble du bois du château. Impressionnant à
observer, si on imagine le travail titanesque que représente une
telle construction. Plus intéressant, la terrasse
enherbée
de l’ancien château, d’où se dégage un magnifique
panorama,
demeure dans sa construction souterraine, dans un état de
conservation
remarquable ; l'atmosphère est des plus
captivantes, particulièrement pour les imaginations en mal de
sensations médiévales : jugez vous-même sur
les photos...
Après la révolution de
1789, le château de la Valette, doit être vendu. Faute d’acquéreur
assez fortuné, on le rase en totalité pour le vendre. En
pièces détachées, pierre après pierre, mur
après mur, la colossale bâtisse disparaît. Impensable
aujourd’hui, mais pourtant aucune autre solution n’a été
trouvée à cette époque. Il a été rapporté
par les historiens que ce château était surnommé le
Fontainebleau du Forez ! On peut encore voir ici ou là dans le canton,
des voûtes et encadrements ayant appartenu au château de la
Valette. Modifié, amélioré au fil des siècles,
il n’a jamais été fortifié. La légende que
nous allons aborder existe certainement en raison de ce dernier
point... Le château de Virieu, fortifié, réputé
inviolable, s’impose comme la forteresse des environs. Un souterrain, mesurant
entre un
et
deux kilomètres, aurait ainsi été construit pour
relier
les deux châteaux ? Les sous-sols des terrains
intermédiaires
se composent exclusivement de granit. Cette roche demeure
particulièrement
robuste et ce n’est rien de l’écrire ; des puits relativement
profonds
réalisés pour tirer de l’eau, existent cependant ! Rien
n’empêche
donc de pouvoir descendre dans le rocher, mais tout reste bien
sûr
une question de proportion et de temps nécessaire pour arriver
à
ses fins, de plus, ici, nous nous trouvons en présence de
granit... Nous ne croyons donc absolument pas possible, au vu de la
configuration
très escarpée des lieux et également de la
présence de
deux ruisseaux à franchir, que la légende de ce
souterrain puisse se vérifier.
En revanche, à la Valette, il existait bien une véritable
galerie
souterraine. Aujourd’hui, elle est bouchée par une
quantité
impressionnante de pierres, comme nous pouvons le vérifier sur
une
des photos ci-dessus. Il est probable que ce soit elle qui influence
encore
la rumeur... Les caves du château trouvent leur entrée
sous
la terrasse, creusées en partie dans le rocher. Des glaces
retirées
d’étangs gelés, entreposées à la fin de
l’hiver,
ont servi paraît-il de frigidaire. Cette galerie d’environ
quatre-vingtà cent
mètres, relie l’ancienne maison des gardiens aux caves du
château.
Le fils d’un ancien Maire de Pélussin nous
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a précisé
que son père,au début
du vingtième siècle s’y serait aventuré. Le manque
d’oxygène, éteignant sa torche, lui aurait fait
rebrousser
chemin. Des livres anciens confirment complètement cette
explication...
Dans l'immédiat, nous en resterons là avec cet
hypothétique
souterrain de près de 2 kilomètres, en revanche, nous
reviendrons plus tard sur d'autres légendes
de souterrains, toujours dans le Pilat, car certaines de ces traditions
pilatoises impliquent pourtant bien, en de multiples lieux une
véracité ancestrale... Silence... Patience...
Thierry Rollat
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