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À
vous, chers
internautes, qui nous suivez depuis le début, fidèles
parmi les fidèles, à vous
qui nous découvrez aujourd’hui, à vous qui venez en ces
pages glaner quelque
renseignement, à vous amis de France ou d’ailleurs, je vous
souhaite un
merveilleux Noël et une bonne année 2015. Que ce nouveau
millésime vous apporte
la joie, le bonheur, la santé, et une curiosité sans
cesse renouvelée, qui nous
vaudra le plaisir d’avoir à nouveau votre visite.
Pour vous j’ai
imaginé l’histoire que vous allez lire maintenant. Elle se
déroule entre Lyon
et Pilat, et sur trois époques à la fois, car c’est aussi
une histoire de
voyage dans le temps. J’ai choisi pour héros un personnage
étonnant sur lequel
je me suis penché durant ces deux années
écoulées, je veux nommer Monsieur
Philippe de Lyon, célèbre guérisseur et
thaumaturge qui vécut, soigna, et
enseigna, à la charnière des XIXe et XXe
siècle.
Personnage étonnant que l’on disait être capable de se
trouver en deux endroits
en même temps, j’ai imaginé qu’il était aussi
capable de vivre à deux époques
simultanément. Comment, dès lors, ne pas le faire
rencontrer les érudits et
humanistes de la Renaissance lyonnaise, regroupés autour du
magistrat Nicolas
de Lange et de sa Société Angélique, à
laquelle j’ai consacré plusieurs livres.
En me rendant à
Lyon dans les pas des uns et des autres, j’ai aussi été
frappé par
l’omniprésence de la Tour Part-Dieu, comme si elle avait
été édifiée pour
matérialiser certains axes sacrés. Pur fantasme de ma
part, sans doute, mais
auxquel j’ai voulu donner vie par ce petit conte mêlant
réalité et fantastique.
Bonne lecture, j’espère que vous prendrez autant de plaisir
à lire cette
histoire que j’en ai pris à l’écrire.
Que
cette
nouvelle année vous soit douce…
L’ÉTRANGE NOËL DE
MONSIEUR PHILIPPE
En
cette fin d’après-midi du 24 décembre 1898, l’hiver
s’était abattu sur la ville
de Lyon. Le vent du nord, glacial, soufflait sur les vieux quartiers du
cinquième arrondissement, et par la place du Petit
Collège il s’engouffrait,
comme dans un entonnoir, dans la rue du Bœuf. Des flocons de neige,
soufflés
par le blizzard, virevoltaient entre les façades Renaissance.
Dix-sept heures
venaient de sonner à l’horloge de Saint-Jean. Bien peu de
passants se
risquaient au-dehors. Les habitants, pour la plupart, restaient
calfeutrés chez
eux et préparaient déjà la veillée de
Noël. Quant à leurs invités, il était
beaucoup
trop tôt encore pour qu’ils vinssent frapper aux portes de leurs
hôtes. Seule leur
foi indéfectible ferait sortir les Lyonnais de leurs demeures,
un peu avant le
milieu de la nuit, pour aller, emmitouflés, assister à la
messe de minuit, qui
à la cathédrale Saint-Jean, qui à l’église
Saint-Georges, et qui à l’église Saint-Paul,
les trois pôles religieux du Vieux Lyon.
La
place du
Petit Collège aujourd’hui, un soir de Fête des
Lumières
La
nuit s’installait doucement. La porte du numéro 6 de la rue du
Bœuf, ancienne
annexe du Petit Collège des Jésuites, s’ouvrit pour
laisser passer la
silhouette replète d’un homme d’une cinquantaine
d’années, dont il émanait
naturellement une impression de générosité et de
bonhomie, soulignée sans doute
par son léger embonpoint et ses énormes moustaches,
assorties d’un petit toupet
de poils sous la lèvre inférieure. L’homme fit quelques
pas dans la rue. Les
cristaux de neige et de givre, propulsés par le vent, lui
piquaient la peau des
joues comme autant de fines aiguilles. Il enfonça son chapeau
sur les oreilles,
et releva le col de son pardessus, qu’il maintint fermé de sa
grosse main
gantée de cuir, se dirigeant vers la place du Petit
Collège.
La
porte du 6 de la rue du Bœuf s’ouvrit à nouveau, et dans
l’encadrement apparut
un homme, plus jeune, dont la longue barbe noire paraissait vouloir
compenser le
crâne dégarni, et qui héla le premier :
—
Père ! Vous n’allez pas trop loin, j’espère ?
Vous vous souvenez que
vous nous avez promis, à Victoire et à moi-même, de
passer le réveillon avec
nous ?
—
Je m’en souviens parfaitement et vous savez, mon cher gendre, que je
tiens
toujours mes promesses. Surtout celles que je fais à ma fille
chérie. Ne vous
inquiétez pas, je vais juste saluer quelques amis, et je serai
de retour dans
une heure, tout au plus, bien assez tôt pour aller ensemble
rejoindre Jeanne et
Victoire, qui doivent être affairées aux
préparatifs de la soirée. Et vous,
Emmanuel, vous m’avez promis de venir avec nous à la messe de
minuit…
—
Mais moi aussi je compte tenir ma promesse. J’irai avec joie assister
à
l’office de la Nativité en l’église Saint-Pothin. Je vous
attends donc ici vers
dix-huit heures. Vous allez voir vos amis « de l’autre
côté »,
j’imagine ? Je ne les connais que de nom, mais saluez-les quand
même pour
moi…
—
Ils y seront sensibles, certainement. Je sais que vous adoreriez les
rencontrer, mais je ne puis emmener personne avec moi dans ces voyages
étranges
que le Ciel me permet de faire. À tout à l’heure, cher
Emmanuel.
Tandis
que le gendre refermait sur lui la porte de ce numéro 6 de la
rue du Bœuf, sur
laquelle était simplement indiqué « Docteur
Emmanuel Lalande », le
beau-père poursuivit sa progression, à pas
mesurés, sur le pavé devenu
glissant. À peine avait-il parcouru quelques mètres
qu’une femme s’approcha de
lui. Son visage protégé par un pauvre châle
semblait marqué par le
désespoir : elle avait dû pleurer de toutes les
larmes de son corps, à tel
point que ses yeux rougis semblaient asséchés.
—
Maître, Maître, s’écria-t-elle, vous êtes mon
dernier espoir. Je suis bien
heureuse de vous trouver ainsi, près de votre laboratoire.
Puis,
se reprenant :
—
Vous êtes bien Maître Philippe, n’est-ce pas ?
—
Nizier Anthelme Philippe, pour vous servir.
« Maître » est superflu,
restons simples et humbles, je vous en prie ;
« Monsieur Philippe »
suffira amplement. Que puis-je pour vous, chère Madame ?
—
Mon fils unique, Maître… Heu… Monsieur Philippe. Il a fait une
sorte de
transport au cerveau hier, depuis il est paralysé, il ne peut
plus bouger, plus
parler, et même respirer lui devient difficile. J’ai peur que
cela empire
encore et notre médecin de famille ne sait plus que faire. Mon
pauvre enfant
gémit de douleur dès que l’on tente de le
déplacer, impossible de le
transporter à l’Hôtel-Dieu, cela le tuerait. Oui, Monsieur
Philippe, vous êtes
mon seul espoir. Vous voulez bien venir le voir, c’est à deux
pas, rue de
Gadagne…
—
Alors allons-y tout de suite, cela ne devrait pas trop me retarder…
Nizier
Anthelme Philippe, dit Maître Philippe
Si
cette femme faisait appel à lui, c’est que Monsieur Philippe
possédait une
solide réputation de guérisseur, mieux même, de
thaumaturge. Un don naturel, un
cadeau du Ciel disait-il, dont il faisait profiter ses semblables sans
en tirer
le moindre profit. En deux minutes – la rue de Gadagne étant en
effet à deux
pas, puisqu’il n’y avait qu’à traverser la place du Petit
Collège pour y
accéder – le guérisseur fut au chevet du jeune malade. Il
lui toucha le front
et aussitôt celui-ci donna des signes de meilleure santé.
Il retrouva la parole
et parvint à remuer un peu. Dès que sa mère
l’eût embrassé, il trouva la force
de se lever et de marcher.
—
Voyez, dit le thaumaturge à la femme éplorée,
c’est à travers vous, sa chère
Maman, et à travers l’amour que vous lui portez, que je vais
achever de
soulager votre fils. J’aurais pu le faire sans même me
déplacer, mais ma
présence vous rassurait, sans aucun doute. Je vais vous quitter
maintenant, j’ai
des amis qui doivent déjà m’attendre, ensuite avec mon
gendre nous allons
rejoindre ma femme et ma fille pour la veillée de Noël…
Il
devança sa question :
—
Non, vous ne me devez rien, rien d’autre qu’un serment :
promettez-moi de
ne pas dire du mal d’autrui, jusqu’à ce soir à minuit… En
particulier de votre
mari. S’il s’absente souvent, c’est qu’il travaille dur, pour vous
apporter un
peu de confort. Ne le soupçonnez pas à tort, il est peu
loquace sans doute,
mais c’est un bon mari et un bon père.
—
Je promets tout ce que vous voudrez, si cela peut me rendre mon enfant…
Je ne
calomnierai plus personne, pour le reste de ma vie si vous le souhaitez.
—
Ne promettez pas ce que vous ne pourriez pas tenir… Jusqu’à ce
soir à minuit,
cela suffira, et ensuite vous pourrez assister à la messe en
compagnie de votre
fils et de votre époux. N’oubliez pas de remercier le Seigneur
de la grâce
immense qu’il vous accorde.
Vue
nocturne
de la rue du Bœuf, à l’époque de Monsieur Philippe
(carte
postale ancienne)
Monsieur
Philippe repartit dans la nuit et le froid. Sous un
réverbère il sortit sa
montre de son gousset. Il n’était que 17 h 20. Rassuré,
il poursuivit son
chemin. De son côté, la mère bouleversée
s’appliqua à respecter sa promesse.
« Comment le Maître pouvait-il savoir, pour mon
mari ? », se
demandait-elle. De fait, elle fit un accueil chaleureux à son
époux lorsqu’il
rentra, et la guérison miraculeuse de leur enfant acheva de les
réconcilier.
Noël s’annonçait des plus heureux. Ce soir-là le
couple et leur fils bravèrent
le froid pour aller prier en la cathédrale Saint-Jean. Monsieur
Philippe avait
ramené leur enfant à la vie, comme il l’avait
déjà fait pour des centaines de
malades ou d’infirmes, comme il le faisait chaque jour en son
hôtel particulier
au 35 de la rue Tête d’Or, dans le sixième arrondissement.
Et la renommée de Nizier
Anthelme Philippe s’étendait bien au-delà de Lyon.
D’ailleurs, il savait déjà
que quelques mois plus tard il se rendrait à la Cour de Russie,
à la demande du
Tsar Nicolas II. Non que l’invitation lui fût déjà
parvenue, mais apparemment
il possédait aussi la faculté de connaître son
propre avenir. Il savait tout, également,
du passé de ceux qui venaient le consulter, même leurs
actes les mieux cachés
n’avaient aucun secret pour lui. On le disait encore doué de
bilocation,
capacité à se trouver en deux endroits en même
temps.
Présentement
Monsieur Philippe adressait une prière muette au Ciel pour que
le fils de cette
pauvre femme recouvre durablement la santé. Il eut aussi une
pensée pour son
gendre, ce médecin venu de Paris deux ans plus tôt et qui,
admis dans
l’intimité familiale du thaumaturge admiré, était
également tombé sous le
charme de sa fille unique, et l’avait épousée. Plus qu’un
gendre, il était
devenu pour le guérisseur un fils et un confident. Quel homme
étrange,
vraiment, ce Monsieur Philippe de Lyon, que d’aucuns appelaient
« Maître », et qui se disait rien de moins
que l’envoyé du Père. Une
vingtaine d’années plus tôt, il avait vu venir à
lui Jeanne Julie Landar, jeune
fille condamnée par la médecine, qu’il avait
guérie, avant de l’épouser. Jeanne
lui avait apporté l’aisance matérielle lui permettant
d’exercer son sacerdoce.
Plaque
commémorative apposée au 6 rue du Bœuf
Monsieur
Philippe revint vers la rue du Bœuf, et il s’arrêta devant le
numéro 1. Avant
d’y pénétrer il jeta un dernier coup d’œil vers le
numéro 6 quasiment en face, vers
cette échoppe acquise l’année précédente
par son beau-fils, et dont ils avaient
fait un laboratoire, où le thaumaturge mettait au point de
mystérieux remèdes.
L’espace d’un instant il eut la vision de ce que serait ce même
endroit un peu
plus d’un siècle plus tard, lorsque s’étalerait en
lettres d’or sur la façade
l’enseigne COUR DES LOGES. Le vieux bâtiment, où les
austères Jésuites
avaient éduqué des générations de
collégiens, allait devenir un hôtel cinq
étoiles et un restaurant gastronomique, un symbole de luxe et
d’opulence, qui
aurait au moins le mérite de redonner à la maison et
à sa magnifique cour
intérieure tout le charme suranné de la Renaissance,
comme à l’époque où les
riches marchands et banquiers florentins avaient fait de Lyon une
fastueuse
capitale européenne.
Le
6 rue du
Bœuf aujourd’hui
La
porte du 1 rue du Bœuf était un lourd panneau de chêne,
austère malgré ses
jolis ornements de caissons, dont Monsieur Philippe fit tourner le
loqueteau de
laiton. La porte s’ouvrit sur un couloir, qu’une modeste lampe
parvenait à
peine à éclairer, donnant accès à une cour
intérieure. Le thaumaturge avança
d’un pas lent, en habitué des lieux il savait qu’au bout du
couloir il lui
faudrait descendre quatre marches. Ces degrés franchis, il
traversa la cour où
brillaient là encore quelques lampes, une à chaque coin.
Sur le côté opposé de
la cour débouchait un autre couloir. Cette seconde allée
était celle du numéro
24 de la rue Saint-Jean. L’immeuble, ayant appartenu jadis à la
famille
Laurencin, avait donc deux entrées, l’une rue du Bœuf et l’autre
rue
Saint-Jean, formant un passage d’un côté à l’autre.
C’était l’une de ces
nombreuses « traboules » qui dans le Vieux Lyon
permettaient de
passer d’une rue à une autre sans avoir à faire le grand
détour imposé par le
manque de rues transversales entre les trois rues principales du
quartier,
disposées de façon parallèle.
Sombre
traboule
La
nuit noire s’était installée maintenant, la cour
était déserte. Monsieur
Philippe prit une profonde inspiration. Alors, inexplicablement, en
quelques
secondes tout se transforma, les lampes s’éteignirent et l’on
passa de la nuit
au jour. Le thaumaturge s’engagea dans le second couloir ;
arrivé au bout
il tira la porte pour sortir dans la rue Saint-Jean, où il fit
quelques pas. La
rue était animée et, à en juger d’après la
tenue vestimentaire des nombreux
passants, soit elle était devenue le cadre d’un bal
costumé, soit l’époque
aussi avait changé, aussi incroyable que cela pût
paraître. Des hommes en
pourpoint et hauts de chausses saluaient, d’un virevoltant mouvement de
leur
chapeau emplumé, des femmes élégamment
vêtues à la mode de la Renaissance. Si
les horloges lumineuses, qui ornent aujourd’hui certaines devantures,
avaient
existé, elles auraient affiché la date du 24
décembre 1556. On était toujours à
la veille de Noël, mais c’était un Noël
« au balcon » : le temps
était assez clément, presque ensoleillé, la
température douce. Le thaumaturge
se regarda : lui aussi avait changé d’aspect. Fini le
sempiternel costume
trois pièces, il portait une cape noire jetée par-dessus
un pourpoint indigo à
parements argentés, des hauts de chausses d’un bleu
céruléen sur des bas de
laine assortis, un chapeau plat à plume et une fraise blanche
autour du cou. Seul
son visage ne s’accordait pas vraiment avec la mode du temps :
alors que
tous les hommes portaient la barbe, lui continuait à arborer une
figure glabre,
seulement marquée par ses impressionnantes moustaches.
« Si
mon gendre me voyait, se dit-il. Et ma femme alors : elle me
dirait que je
suis en barboteuse ! » Alors très en vogue, ces
hauts de chausses,
culottes bouffantes allant de la taille jusqu’aux genoux, nous
paraîtraient
aujourd’hui totalement ridicules. Mais il faut bien vivre avec son
temps, et il
faut reconnaître que Maître Philippe avait fière
allure dans ce costume. Il
avait donc choisi de s’intégrer en plein seizième
siècle. Mais était-ce
vraiment lui qui avait ainsi remonté le temps ? Ou
seulement son
image ? Ou bien encore tout cela n’était-il que la
réminiscence de l’une
de ses vies antérieures, auxquelles Monsieur Philippe, fervent
chrétien
pourtant, croyait fermement ? Difficile de conclure…
Rue
Saint-Jean aujourd’hui : l’ancienne maison de Nicolas de Lange
Il
se dirigea vers l’immeuble situé presque en face de la maison
Laurencin, une demeure
possédée par le richissime magistrat Nicolas de Lange,
qui se situe aujourd’hui
au numéro 17 de la rue Saint-Jean. Demeure modeste en apparence,
mais comme
pour la plupart des maisons Renaissance sa vraie richesse était
à l’intérieur
et ne s’affichait pas côté rue. Le thaumaturge saisit le
heurtoir et toqua
plusieurs coups contre la porte de chêne à caissons et
moulures. Après quelques
secondes un domestique vint lui ouvrir, bientôt suivi du
maître des lieux. Celui-ci
frappait par sa haute stature et sa carrure d’athlète, sa longue
barbe lustrée,
mais ses yeux bleus exprimaient la douceur, la modestie et
l’humanité. Il
paraissait avoir une trentaine d’années.
—
Ah, Maître Philippéus, fit-il d’une voix forte, nous
n’attendions plus que
vous…
—
Je vous prie de me pardonner, Messire de Lange, j’ai été
quelque peu retenu en
route…
—
Ne vous excusez point mon ami, je sais dans quelle mesure vous
êtes sollicité.
Les
deux hommes pénétrèrent dans le couloir conduisant
vers la cour intérieure et
vers les escaliers desservant les étages. Un couloir clair,
à voûtes nervurées
élégantes, dont les croisées d’ogives
étaient ornées de blasons sculptés, vers
lesquels le thaumaturge leva les yeux.
Nicolas
de Lange devina son interrogation et lui précisa :
—
Vous reconnaissez bien sûr les blasons qui ornent aussi la
façade de la maison
Thomassin, sur la place du Change. Il y a l’écusson à
trois fleurs de lys,
emblème royal de la France, l’autre blason est le parti de France
et de
Bretagne composé pour moitié du blason
à trois fleurs de lys et pour
l’autre moitié de mouchetures d’hermines, emblème de la
Bretagne. Ces blasons
ont été mis en place à la fin du siècle
dernier (du quinzième siècle par
conséquent, rectifia en pensée Monsieur Philippe) en
l’honneur de notre bon roi
Charles VIII et de son épouse Anne de Bretagne, au moment
où le couple royal
résidait à Lyon. Le propriétaire de l’immeuble
à l’époque se nommait Claude Le
Charron. Ce sont ses héritiers qui l’ont revendu à mon
père.
Les
blasons
ornant le couloir, en haut France, en bas France & Bretagne
On
devinait la passion pour l’histoire et les choses anciennes qui animait
Nicolas
de Lange. Il aimait la faire partager, et sans être jamais
pédant il savait
passionner l’auditoire des érudits et humanistes qu’il
réunissait chez lui
régulièrement, depuis qu’il était revenu à
Lyon après de longues études. Il
reprit, en montrant les sculptures ornant les retombées de
voûtes :
—
Admirez aussi mes chers petits anges. Intéressants, n’est-ce
pas ? Un
souvenir de feu mon père, que je n’ai pas connu hélas.
—
En effet… Six anges, rangés en trois paires de part et d’autre
du couloir.
D’abord une paire d’anges défenseurs, chacun avec un bouclier,
puis la paire
d’anges dont chacun esquisse un geste de bénédiction ou
de prière, enfin la
paire d’anges montrant parchemin ou phylactère, les anges
enseignants. On passe
d’une paire à l’autre, d’un degré à l’autre :
Monsieur votre père a bien
fait les choses…
—
Je reconnais là votre érudition, qui n’a d’égal
que votre modestie. Vous êtes
digne d’être des nôtres. Mais montons à
l’étage, tous nos amis y sont déjà
réunis.
Deux
des
anges sculptés dans le couloir de la maison de Nicolas de Lange
Maître
Philippéus, puisque c’est ainsi qu’il se laissait nommer en ce
temps-là, suivit
son hôte dans la montée d’escaliers en vis, formant sur la
cour une tour
polygonale. Au premier palier ils empruntèrent la galerie
à voûtes nervurées,
ouverte sur la cour, donnant accès à l’étage noble
et à son grand appartement,
où étaient réunis les invités, autour d’une
longue table dressée dans la salle d’apparat,
éclairée par trois grandes fenêtres à
meneaux. Une clameur de satisfaction les
accueillit.
Nicolas
de Lange s’adressa aux convives :
—
Mes amis, il est inutile je pense de vous présenter Maître
Philippéus, qui a
été précédé par sa
réputation. Mais il est peut-être bon que je vous
présente à
lui, car il ne vous connaît point tous encore. Politesse oblige,
je commencerai
par les dames. Voici donc, mon cher Maître, notre
célèbre poétesse Louise Labé,
dont vous avez sûrement lu les sonnets récemment parus.
Le
thaumaturge acquiesça sans mot dire, troublé par la
beauté et par le regard de
braise de celle que l’on nommait « la Belle
Cordière. » Comment
aurait-il pu oublier ces vers torrides où éclatait toute
la passion amoureuse
de la femme ? Nicolas de Lange continuait les
présentations :
—
Voici Jacqueline Stuart, qui tient toujours un salon très
prisé en sa demeure place
du Change, il faudra que vous vous y rendiez un jour prochain. Et puis
Jeanne
Fournier, ma cousine, qui est aussi l’épouse de Mathieu de
Vauzelles, ici
présent. Enfin mon épouse Louise de Vinols, petite fille
du Seigneur d’Arginy
en Beaujolais. Je poursuis par les messieurs… D’abord nos trois princes
de la
Renaissance lyonnaise, le poète Maurice Scève, le recteur
Barthélemy Anneau, et
leur compère le peintre Bernard Salomon. Je continue par Mathieu
de Vauzelles
que je viens de citer, et son frère Jean, grâce à
qui notre pays possède
désormais le fameux Discours du songe de Poliphile.
Voici encore l’historien
Guillaume Paradin, Jean Grolier, Guillaume du Choul, grand connaisseur
des
anciens Romains, son fils Jean, grand botaniste devant
l’Éternel, puis l’écrivain
Benoît Court, qui lui aussi s’intéresse aux jardins et aux
arbres. Et je
terminerai par mon très cher oncle Claude Bellièvre, qui
bien qu’âgé et souffrant
a tenu à se déplacer pour vous rencontrer.
Maître
Philippéus avait compté mentalement : ils
étaient dix-sept. La tradition
était respectée, depuis le temps où les
cénacles qui avaient précédé la
Société
de Nicolas de Lange réunissaient rituellement dix-sept membres
pour monter le
soir venu sur la colline de Fourvière. Dix-sept, neuf et huit,
soit l’addition
du nombre de chœurs des anges et du nombre d’anges dans chaque chœur.
—
Mes amis, annonça Nicolas de Lange, j’ai plusieurs nouvelles
à vous annoncer.
Mais avant tout, ayons naturellement une pensée pour ceux qui
nous ont quitté
récemment : le grand typographe Sébastien Gryphius,
et ma chère mère
Françoise Bellièvre. Que Dieu ait leur âme…
Après
un instant de recueillement, il reprit sur un ton joyeux :
—
Eh bien… Je vous invite à me suivre jusqu’au dernier
étage de ma demeure, juste
pour admirer la vue…
Intrigués,
les invités suivirent le maître des lieux jusqu’au
troisième et dernier étage
de la maison. Claude Bellièvre arriva le dernier, soutenu par
Maître Philippéus,
qui était intervenu pour le soulager. Au second étage,
ils s’étaient arrêtés
quelques instants. Le vieux savant antiquaire avait
confié dans un
souffle au thaumaturge :
—
Je sais que vous pouvez apaiser mes douleurs, et je vous en remercie,
mais je
ne vous demande pas de prolonger ma vie. Elle a été
heureuse et m’a apporté
tout ce que souhaitais, je peux me présenter sans crainte devant
le Créateur.
—
Qu’il en soit alors selon votre désir. Vous avez encore quelques
mois à vivre
avant que Dieu ne vous rappelle à lui. Je veillerai à
atténuer vos souffrances
physiques, votre âme pourra ainsi se préparer en toute
tranquillité, et je sais
que le Royaume des Cieux vous est ouvert. Allez en paix maintenant.
Maison
de
Nicolas de Lange, cour intérieure
Par
la fenêtre de la tour abritant la montée d’escaliers
Nicolas de Lange montrait
à ses amis, par-dessus les toits, le sommet de la colline de
Fourvière. Puis il
poursuivit ses explications :
—
Comme vous le savez, je suis en train d’acquérir plusieurs
lopins de terre sur
le flanc septentrional de la colline. Il y a cinq ans j’ai
acheté au chapitre
de Fourvière la vieille masure de Crocte-Ronde, avec les
terrains
autour. J’ai bon espoir d’acheter encore le territoire des
Hermières, composé
d’une vigne et de la maison attenante. Cela me fera au total un terrain
d’une
dizaine d’arpents. Je me ferai alors construire, au sommet de mon
domaine, une « maison
des champs » où je pourrai vous recevoir et ainsi
renouer avec la tradition
de mes ancêtres maternels, les frères Fournier, qui
tenaient à Fourvière les
réunions de leur Académie. Je compte donner à mon
domaine le nom de L’Angélique ;
cela sonnera bien je crois… Pour en revenir à la Crocte-Ronde,
notre ami
Guillaume du Choul connaît bien cette ruine, n’est-ce-pas ?
—
Absolument, c’est un ancien réservoir, précisa le savant.
Il date de l’époque
où les Romains avaient construit des aqueducs pour alimenter
notre cité en eau,
laquelle était stockée dans des réservoirs avant
d’être redistribuée vers les
thermes et les fontaines. Le plus long de ces aqueducs allait capter
les eaux
de la rivière le Gier, dans les Monts du Pilat, dont mon fils
Jean a publié l’an
passé une description.
—
Nous avons tous lu cet ouvrage savant, qui ne peut que nous donner
l’envie
d’aller visiter ce Mont Pilat. D’ailleurs j’en viens à la
seconde nouvelle que
je voulais vous annoncer : suite au décès de ma
chère mère, à l’automne
dernier, je possède désormais en légitime et
pleine propriété différents biens
qu’elle tenait de mon défunt père en usufruit. Il y a les
deux immeubles
attenants à celui-ci, qui ouvrent sur la petite place voisine,
que l’on nomme
aujourd’hui place Pandalaix.
L’historien
Guillaume Paradin intervint :
—
Tout de même ! Quel nom peu élégant ce
Pandalaix, j’espère que nous lui en
donnerons rapidement un autre. Le commun a déformé ainsi,
par ignorance,
l’ancienne appellation place du Grand Palais. L’ignorance, mes amis,
est un mal
à combattre par tous les moyens, et c’est
précisément l’un des buts de notre
modeste société que de maintenir et de propager un haut
niveau de
connaissances.
—
Je puis vous rassurer, au sujet de la place Pandalaix, précisa
Nicolas de Lange.
Le peuple qui se moque de ce nom, et en a fait une injure, commence
à la nommer
place de la Baleine, à cause d’une enseigne, représentant
en réalité un
dauphin. Gageons que cette baleine fera couler beaucoup d’encre… et de
salive.
Mais j’en reviens à mon sujet. Parmi les biens dont je viens
d’hériter, il y a
aussi la maison forte de la Bernardière, qui appartenait
à ma grand-mère
paternelle. Elle est située sur la paroisse de Longes, au pied
de ces Monts du
Pilat dont nous parlait Guillaume du Choul. …
—
Par Dieu, nous serons donc voisins, s’exclama celui-ci. Vous savez que
nous
possédons deux maisons fortes proches de la vôtre, sur la
même paroisse :
la Jurarie et le Grand Torrépane.
—
Je voulais suggérer de nous y rendre tous ensemble, aux beaux
jours, pour
profiter de la campagne et de la vue sur les Monts du Pilat. Et puis
Longes
est, de mon point de vue, une paroisse des plus intéressantes.
Elle semble
avoir été fondée par le centurion Longinus, qui
lors de la crucifixion de Notre
Seigneur Jésus-Christ perça de sa lance le flanc du
Sauveur pour abréger ses
souffrances, ainsi qu’avaient coutume de faire les soldats romains.
Cette lance
toute imprégnée du Sang Divin est à mes yeux aussi
importante que le Graal
lui-même. Nous avons là une raison supplémentaire
et captivante de nous rendre
à Longes, et nous irons vous visiter par la même occasion,
mon cher Guillaume
du Choul.
—
Mon fils et moi aurons le plaisir de vous recevoir dans nos maisons et
de vous
y offrir le gîte et le couvert. D’ailleurs, cela me rappellera le
bon vieux
temps où, dans ma jeunesse, j’invitais les membres du cercle Sodalitum.
—
Grand merci pour votre invitation. Alors c’est décidé,
n’est-ce-pas ? Vous
seriez des nôtres, Maître Philippéus ?
—
Par ma foi, je pense que cela doit pouvoir se faire. Oui, j’accepte
avec joie
de participer à cette réunion champêtre. Vous me
ferez connaître la date et les
modalités ?
Ainsi
fut décidée cette promenade à la campagne, qui
devait avoir bien des
conséquences, comme le pressentait Monsieur Philippe alors qu’il
était en train
de regagner son époque et son laboratoire. Il retrouva la nuit,
l’hiver et le
froid en débouchant rue du Bœuf, vers les dix-huit heures. Son
escapade au seizième
siècle avait duré bien plus que la quarantaine de minutes
de son absence, mais
lors de ces « voyages étranges », comme il
disait, il avait aussi la
possibilité de contracter le temps. À moins bien
sûr qu’il n’ait rêvé tout
cela…
Le
même soir, en sortant de la messe de minuit à
l’église Saint-Pothin, dans le
sixième arrondissement, les couples Philippe et Lalande
notèrent avec
satisfaction que le ciel s’était éclairci. De fait, ils
ne purent que remarquer
face à eux, entre les colonnes du péristyle qui donnaient
à l’église un air de
temple antique, pile dans l’axe, le « phare
républicain » qui
tournait au faîte de la tour métallique, construite depuis
peu au sommet de la
colline de Fourvière. Ce pylône se voulait une
réponse laïque à la basilique
qui s’élevait à peu de distance, et venait de s’ouvrir au
culte. « Si
Messire de Lange voyait cela, pensait le thaumaturge, que dirait-il de
cette espèce
de Tour Eiffel qui s’élève en lieu et place de sa belle
maison des
champs ? Moi j’aimerais construire une colonne, mieux une Tour Philippe,
autrement plus élégante, qui servirait à localiser
l’ancien domaine de
l’Angélique, où nous avons passé tant d’heures
heureuses. Dans une prochaine
vie, peut-être ? » Tout en regagnant son
domicile, Monsieur Philippe
se remémorait à présent de d’autres moments
passés avec ses amis « de
l’autre côté », comme disait son gendre…
La
tour
métallique de Fourvière et son phare, à
l’emplacement de l’ancien domaine de
l’Angélique
(carte
postale publicitaire ancienne)
Le
24 juin 1557 fut une belle journée d’été,
ensoleillée à souhait. Tous les
membres de la société de Nicolas de Lange, qui allait
bientôt prendre le nom de
son domaine, L’Angélique, se retrouvèrent très
tôt sur le parvis de la
cathédrale Saint-Jean. Généreux comme à son
habitude, le riche magistrat avait
affrété trois carrioles avec leurs cochers.
Tractées par de puissants chevaux,
ces véhicules rapides les conduisirent en moins de deux heures
jusqu’au
confluent du Gier et du Rhône, où s’étalait le
village de Givors, blotti au
pied de son château Saint-Gérald. Il ne restait plus
qu’à le gravir le gradin
naturel, séparant le Rhône des premières montagnes
du Pilat, sur lequel était
bâti le village de Longes. La découverte de cette
région commença par la maison
forte de la Bernardière, austère et basse demeure de
pierres brunes, défendue
par plusieurs massives tours carrées. Nicolas de Lange montra
à ses amis la clé
de voûte au-dessus du portail d’entrée, ornée du
blason de la famille de la
Bernardière à laquelle appartenait l’épouse de son
grand-père.
La
Bernardière (carte postale ancienne)
Puis
toute la joyeuse compagnie se rendit ensuite à la Jurarie,
maison forte de la
famille Du Choul, où le repas de midi lui fut servi.
C’était une grande et
robuste maison, toute en longueur, joliment exposée, dont
l’entrée était
défendue par deux tours rondes. Jean du Choul expliqua l’origine
du nom
Jurarie, composé à partir des mots latins juris
et aria, ce qui
pouvait se traduire par « autel du droit », en
rappel des charges
juridiques exercées de père en fils par les maîtres
de ce lieu.
La
Jurarie
(carte postale ancienne)
Les
Choul entraînèrent ensuite leurs amis vers leur seconde
maison forte, le
château du Grand Torrépane, ainsi nommé non parce
que sa vue déclenchait une
« terreur panique », ainsi que l’affirmait Jean
du Choul en guise de
boutade, mais parce qu’il était pourvu d’une « tour
à pans »,
c’est-à-dire de plan hexagonal. Jean du Choul tint à ce
qu’ils montassent
jusqu’au troisième étage de la tour, pour y admirer la
vue qu’elle offrait.
Serrés derrière l’unique fenêtre, ils
s’extasièrent en effet devant la campagne
pilatoise qui s’étendait à leurs pieds, d’autant que l’on
apercevait au loin
leur chère ville de Lyon. On distinguait en particulier la
chapelle de
Fourvière.
Le
château du
Grand Torrépane – tour à pans à gauche
(carte
postale ancienne)
Maître
Philippéus restait songeur. Lui qui connaissait l’avenir,
puisqu’il venait du
futur, savait que cette chapelle n’avait plus que quelques
années devant elle,
avant d’être détruite par les protestants, lors des
guerres de religion qui
n’allaient pas tarder à se déclencher. Cinq ans encore
à savourer la paix, et
le pays serait déchiré pendant plusieurs
décennies. Il faudrait attendre bien longtemps
pour voir une nouvelle et grande basilique se dresser sur la colline
chérie des
Lyonnais. « Avec sa couleur blanche éclatante, on la
verra bien d’ici, par
temps clair, se disait le thaumaturge. Mais il sera nécessaire
que la ville de
Lyon, dans son expansion grandissante, se dote d’un autre amer, tout
aussi
visible de loin. Oui, il faudra vraiment que j’y travaille… Dans une
prochaine
vie… »
Huit
ans avaient passé. La guerre entre catholiques et protestants
s’était estompée,
pour un temps. Le 7 janvier 1565, c’était un dimanche, Nicolas
de Lange, veuf
depuis peu, épousait en secondes noces Louise Grolier, une
petite cousine de
Jean Grolier, célèbre collectionneur qui avait fait
partie, en son temps, des
amis du magistrat. Louise avait pour sœur Anne, épouse de Claude
Camus,
Seigneur d’Arginy, invité bien évidemment à la
noce. C’était un cousin de
Louise de Vinols, première épouse de Nicolas de Lange,
qui restait ainsi lié,
pour quelque obscure raison, aux possesseurs du château d’Arginy.
Parmi les
convives se trouvait aussi Maître Philippéus. En fin
d’après-midi, renouant
avec l’antique tradition, les membres de la société
montèrent à Fourvière pour
y accompagner leur Amphitryon et sa jeune épouse. La nuit
tombait mais des
torches éclairaient la façade de L’Angélique,
la belle maison de
plaisance que leur hôte venait de construire. Des colonnes
encadraient le
portail d’entrée et la lumière dansante des flammes
semblait donner vie à leurs
chapiteaux sculptés.
—
Ne sont-ils pas beaux, mes hermès et mes moustachus ? fit
Nicolas de
Lange, en montrant le chapiteau de gauche.
À
chacun de ses angles, des petits personnages émergeant de gaines
végétales,
qu’en architecture on nomme des hermès, tendaient les bras en
arrière pour
tirer les énormes moustaches des têtes centrales, dont la
surprise se lisait
sur leurs visages aux yeux écarquillés et aux bouches
bées.
—
Vos hermès sont fort hermétiques, observa Jean du Choul.
Et ces têtes donc,
avec leurs longues moustaches que s’amusent à tirer les
hermès, comme s’ils
leur tiraient les vers du nez. Tout cela est très bachique…
N’empêche !
Ces moustaches démesurées me font penser à celles
de Maître Philippéus.
Monsieur
Philippe et l’un des « moustachus » de
l’Angélique
La
remarque fit sourire tout le monde, mais Nicolas de Lange signala :
—
J’avoue que je me suis un peu inspiré de vous, cher
Maître, lorsque j’ai fait
réaliser ces sculptures. Vous n’êtes point choqué,
j’espère ?
—
J’en suis flatté, au contraire ! Je suis digne de Bacchus
le Brumeux, car
voici mes bacchantes figées pour l’éternité… Quant
au chapiteau de droite, ne
dirait-on pas que ses quatre petites têtes, bouches ouvertes,
sont en train de
crier les quatre syllabes de mon nom : Phi
– li – ppé – us ?
Tous
rirent de cette répartie, et la soirée se poursuivit par
les traditionnelles
agapes fraternelles. La joie régnait dans les cœurs en ce jour
de fête. Mais
Maître Phillippéus semblait absorbé par quelque
pensée sombre. Une vision de
l’avenir, peut-être…
En
ce samedi 5 août 1905, l’église Saint-Paul de Lyon
était trop petite pour
contenir la foule des fidèles venus rendre un dernier hommage
à Monsieur
Philippe. Littéralement crucifié par le
décès brutal de sa fille Victoire,
l’année précédente, le thaumaturge s’était
éteint le 2 août au Clos Landar,
le beau domaine que son épouse possédait dans la petite
ville de L’Arbresle, où
il aimait tant aller se reposer. Après une première
cérémonie dans l’église de
cette bourgade, le matin, une seconde messe était
célébrée en début
d’après-midi en l’église Saint-Paul. Le convoi
funèbre se dirigea ensuite vers la
« ficelle », terme lyonnais désignant
familièrement un funiculaire, qui
depuis la place Saint-Paul permettait de monter à
Fourvière. En passant devant
la gare, grand bâtiment formant l’un des côtés de la
place, le disciple de
Monsieur Philippe, Jean Chapas, ne put retenir son chagrin. Il se
souvenait
avoir été photographié, en ce même endroit,
en compagnie de son Maître bien aimé.
Seuls les proches allaient assister à l’inhumation,
néanmoins le funiculaire
fut presque trop petit pour contenir tout le monde. On dut se serrer,
la montée
étant courte heureusement. À Fourvière, au
débouché du tunnel, un quai servait à
passer du funiculaire au tramway assurant le transfert vers le
cimetière de
Loyasse. Ironie du sort, à quelques mètres de là
s’élevait l’ancienne maison de
L’Angélique, devenue magasin
de piété, mais toujours ornée de ses
chapiteaux et de leurs têtes moustachues. À quinze heures
tout était fini, le
corps de Nizier Anthelme Philippe reposait pour
l’éternité dans sa dernière
demeure. Son corps seulement…
Arrivée
du
funiculaire se Saint-Paul à Fourvière (à droite)
et
départ du
tramway de Loyasse (à gauche)
(carte
postale ancienne)
Un
nouveau Noël étrange… En ce début
d’après-midi du vendredi 24 décembre 1971, le
conseiller municipal Philippe de Saint-Nizier, un homme d’une
quarantaine
d’années, grand et athlétique, descendait à pied
depuis les pentes de la
Croix-Rousse. Il se rendait à la réunion de la commission
urbanisme qui se devait
se tenir en l’Hôtel de Ville de Lyon, dans le bureau de son maire
Louis Pradel.
L’urbanisme était le dada de ce maire sans étiquette, en
poste depuis 1957, que
l’on qualifiait volontiers de
« bétonneur. » Tandis que le jeune
conseiller marchait d’un pas assuré, des souvenirs affluaient
à sa mémoire,
venus des mêmes lieux mais d’un autre temps. Souvenirs de
l’époque où il
résidait place Croix-Pâquet, ou encore montée du
Griffon. Lui ou plutôt un de
ses avatars, car né dans le Dauphiné il y avait
passé toute sa jeunesse et ne
résidait à Lyon que depuis une quinzaine d’années.
Nizier Anthelme Philippe,
tel était, lui semblait-il, le nom qu’il portait dans cette
autre vie, ou dans
cet autre univers. Il en avait gardé un certain goût pour
le port des
moustaches, même si elles étaient désormais courtes
et fines. Il se souvenait de
son désir de construire un amer pour la ville de Lyon, projet
qu’il n’avait pu
réaliser dans cette vie précédente, mais qui
allait enfin se concrétiser. Il
pressa le pas pour ne point arriver en retard.
Louis
Pradel prit la parole :
—
Mes chers amis, tout d’abord je vous remercie de votre présence
en cette veille
de Noël ; nous essaierons d’aller vite en besogne pour vous
libérer au
plus tôt. Notre réunion d’aujourd’hui, comme vous le
savez, a pour but de
finaliser notre grand projet de réhabilitation du quartier de la
Part-Dieu. À
la place de l’ancienne caserne de cavalerie nous allons construire un
vaste
ensemble administratif, culturel et commercial. Il y aura des bureaux,
la
nouvelle bibliothèque municipale, un auditorium, une gare
internationale, un
centre commercial qui sera le plus vaste d’Europe. Mais j’ai voulu que
s’y
élève aussi une construction qui devra avoir pour
ambition de devenir l’emblème
de Lyon. Je veux parler d’une tour, l’une des plus hautes de France,
dont les
plans ont déjà été tracés par les
architectes en charge du projet, et qui sont
présents parmi nous aujourd’hui.
Le
maire observa une courte pause, puis reprit :
—
Mesdames et Messieurs, j’ai l’honneur de vous présenter Monsieur
Araldo
Cossutta, du cabinet d’architecture new-yorkais Araldo Cossutta
&
associates, qui va construire la tour proprement dite, et Monsieur
Stéphane
du Château, architecte franco-polonais spécialiste des
structures pyramidales,
qui se chargera de la pyramide de verre et d’acier destinée
à coiffer notre
tour. Le cabinet Cossutta a bien voulu réaliser pour nous une
maquette de ce
building, je vais vous la dévoiler maintenant.
Louis
Pradel, dans un geste théâtral, tira le drap de soie
blanche recouvrant la
maquette. Apparut alors le modèle réduit d’une haute tour
cylindrique, terminée
en pointe par une pyramide.
—
On dirait un gros crayon, fit observer un conseiller hilare.
—
Va pour le crayon si vous voulez, je ne doute pas en effet que ce sera
le
surnom que les Lyonnais lui donneront. Monsieur Cossutta va vous
fournir
quelques détails techniques.
L’architecte
prit la parole. Il s’exprimait en français mais avec un
léger accent
italo-américain.
—
La tour aura quarante niveaux, elle mesurera cent soixante cinq
mètres de haut.
Son sommet sera donc sensiblement à la même altitude que
l’esplanade de la
basilique de Fourvière. Nous l’avons conçu comme si
c’était une troisième
colline pour Lyon. Sa couleur rouge brique est destinée à
se confondre avec
celle des toits de la ville. L’immeuble sera essentiellement
occupé par le
Crédit Lyonnais, qui cofinance le projet, mais les derniers
étages seront
réservés pour un hôtel, qui deviendra le plus haut
d’Europe. Au trentième étage
sera un bar panoramique. Quant à la pyramide sommitale, c’est en
fait une
verrière destinée à éclairer le puits
central des étages supérieurs, au niveau
de l’hôtel.
—
Notre volonté, reprit le maire, est de marquer l’axe d’ouest en
est selon
lequel se développe désormais notre ville. Il nous reste
juste un point de
détail à décider aujourd’hui : le quartier de
la Part-Dieu est vaste, il
nous faut déterminer à quel endroit
précisément sera construite la tour. Mes
chers amis, qui a une idée ?
La
Tour
Part-Dieu, vue de Fourvière
Depuis
un moment, Philippe de Saint-Nizier examinait le grand plan de Lyon
occupant
tout un mur du bureau. Plan qui avait été rectifié
pour intégrer la future
configuration urbaine du quartier de la Part-Dieu. Il mesurait certains
axes à
l’aide d’une règle et d’un rapporteur de maître
d’école, posés en permanence
sur une tablette. Voyant l’hésitation des autres conseillers, il
demanda la
parole, en montrant du doigt un point précis sur la carte.
—
Si je puis me permettre, Monsieur le Maire, vous comme l’avez dit cette
tour
sera un symbole, il sera essentiel qu’elle apparaisse aux voyageurs
dès leur
sortie de la gare. Aussi je serais d’avis de la construire ici, en
bordure de
la rue Servient. Mais cette tour emblématique devrait aussi
matérialiser
certains axes, des lignes de visée.
Parcourant
du doigt une longue rue, presque nord – sud, le conseiller reprit :
—
Voyez, elle serait dans le prolongement de cette rue-là, ce qui
ouvrirait une
perspective saisissante sur la tour depuis les abords du Parc de la
Tête
d’Or ; c’est la rue du même nom, justement. De plus, puisque
Monsieur
Cossutta évoquait Fourvière, vue depuis cette colline, et
je viens de le
calculer rapidement, la tour indiquerait le lever du soleil au 10
octobre, jour
anniversaire de la fondation de notre ville. Vous ne l’ignorez pas,
Monsieur le
Maire, vous qui avez inauguré le 10 octobre 1958 la stèle
commémorative, à
l’endroit même où Lucius Munatius Plancus s’était
livré aux rites de fondation,
deux mille ans plus tôt. Oui, répéta-t-il, pour moi
c’est le meilleur
emplacement.
L’acquiescement
fut général, et tous admirèrent les connaissances
de leur collègue. Louis
Pradel paraissait enchanté par cette idée.
—
Eh bien mon ami, fit-il d’un ton joyeux, cette tour de la Part-Dieu
sera donc
une véritable Tour Philippe !
—
Ma modestie en souffrirait, Monsieur le Maire. Disons que ce sera pour
Lyon un
point remarquable, un « amer » comme disent les
marins.
Ainsi
fut-il décidé. La construction menée rondement, la
tour fut inaugurée en 1977.
Louis Pradel, décédé en 1976, ne la vit pas
achevée. S’il inaugura le centre
commercial de la Part-Dieu, c’est son successeur Francisque Collomb qui
coupa
le ruban tricolore de la tour.
L’histoire
que je viens de vous conter est imaginaire bien sûr, ce n’est
qu’un conte de
Noël, même si les lieux sont réels, ainsi que la
plupart des protagonistes, et aussi
certains évènements ; j’ai juste voulu rendre
hommage, à ma façon, à ce
personnage étonnant qu’était Monsieur Philippe. Encore
que, selon les principes
de la physique quantique, le fait d’avoir imaginé cette histoire
l’ait rendue tangible
dans un univers parallèle.
La
tombe de
Monsieur Philippe dans le cimetière de Loyasse
En
ce 8 décembre, jour de la Fête des Lumières, je
déambule dans les rues de Lyon.
Ce matin je suis monté à Fourvière, avant que le
funiculaire ne soit pris
d’assaut par les touristes. Je suis allé jusqu’au
cimetière de Loyasse pour déposer
un bouquet sur la tombe de Monsieur Philippe, et sur celle, voisine, de
Jean
Chapas. Puis je suis descendu à pied par la montée
Nicolas de Lange, qui longe
l’ancien domaine de L’Angélique. Sa maison n’est plus que souvenir. La
propriétaire actuelle m’a gentiment ouvert les portes. C’est une
dame discrète,
mais qui n’ignore rien du passé de sa demeure. Il flotte encore
en ce lieu une « atmosphère »,
comme les effluves d’un temps révolu. Parvenu en bas, au niveau
de la montée
des Carmes Déchaussés, je n’ai pu que remarquer
« le crayon », la Tour
Part-Dieu comme on la nomme
aujourd’hui, pile entre les deux clochers
jumeaux de l’église Saint-Nizier. Ce qui signifie qu’à
l’inverse, pour les
privilégiés allant boire un verre au bar du
trentième étage de la tour, les
clochers de Saint-Nizier désignent le domaine de L’Angélique.
La
Tour
Part-Dieu, entre les clochers de Saint-Nizier,
vue
de la
Montée des Carmes Déchaussés
Et
cet après-midi, devant le numéro 35 de la rue Tête
d’Or où Maître Philippe
exerça ses talents, j’ai observé, fasciné, que
cette même tour s’élève pile
dans l’axe de la rue. Comme un signe de piste voulu par le
thaumaturge :
« montez dans la tour, et Nizier vous montrera la voie
angélique. »
La
rue Tête
d’Or et, dans l’axe, la Tour Part-Dieu
À gauche, emplacement de l’hôtel particulier où Monsieur Philippe a vécu, soigné, enseigné
Chers
Amis Internautes,
c’est avec un réel plaisir que je viens vous présenter
pour 2015 mes meilleurs
vœux, pour vous et votre famille.
C’est
en 2006, il y a quelques
huit années que Thierry m’ouvre les portes des Regards du Pilat.
Nous avons
fait depuis un beau voyage. Ce voyage se poursuit grâce aux
remerciements ou encouragements
renouvelés de Thierry et de Patrick Berlier. Je puis dire
aujourd’hui que j’ai
intégré une bonne équipe.
Je
ne puis que remercier Thierry
ainsi que Patrick qui aime collaborer, à sa façon,
à mes Dossiers. Il n’est pas
rare que je découvre après la mise en ligne de mon
article, une photo inconnue
que l’ami Patrick a glissé dans le texte pour affirmer plus
encore mes propos.
Très souvent je découvre pareillement un montage dont
Patrick a le secret. Il
m’est arrivé de demander à Patrick d’ajouter son nom sous
la photo, voir le
montage, mais non, le Stéphanois ne ressent pas le besoin de le
faire. Je ne
peux bien, au travers de ces vœux adressés aux Internautes que
le remercier. Puissions-nous
continuer encore cette collaboration dès plus enrichissante.
Merci
enfin, à vous, Chers Amis
Internautes, car je vous sais de plus en plus nombreux à faire
une pause sur
les Dossiers mis en ligne dans Les Regards du Pilat.
L’année
2015 se veut pour Les
Regards du Pilat mais aussi pour le second site, La Grande Affaire, une
année
pleine car les projets sont toujours bien présent. Le second
site quelque peu
mis en sommeil va, tel le Phénix, renaître de ses cendres
et nous ne pouvons
que nous en réjouir.
Le
conte de Noël qui va suivre,
reprend et prolonge d’une certaine façon, ce petit conte
rédigé en 2007 pour
Les Regards du Pilat. Dans ce court récit, j’évoquais
notamment le récit
d’Arthur Machen « Le Grand Retour ». J’indiquais
pour cet évènement
l’année 1917. Je commettais une erreur, me basant sur un texte
de Jacques
Bergier. Dans le conte qui suit, je rectifie cette erreur que je n’ai
d’ailleurs découverte que très récemment en
préparant cette suite. L’édition
française de ce conte que je possède,
ne comporte curieusement aucune date de parution pour ce texte et ceux
qui
l’accompagne.
Je vous
souhaite une bonne
lecture dans laquelle vous aurez, je l’espère, plaisir à
suivre les
« aventures » de nos amis Thierry et Patrick, ou
Pat et T… Enfin, je
ne sais plus… Tout simplement bon voyage et surtout bonne année
2015.
ET
MELCHIOR CHANTA
24
décembre 2014 – Sept
années se sont passées depuis la Rencontre… Patrick
Berlier et Thierry Rollat
se souviennent avec émotion de ce réveillon fantastique,
sans nul doute le plus
étrange auquel il leur fut donné de participer. Plus
jamais ils ne regarderont
le Crêt de la Perdrix de la même façon.
Leurs
souvenirs, très précis et les
photos prises par Patrick avec son appareil numérique affirment
la réalité de
cet évènement. Les journaux locaux n’avaient-ils pas
évoqué cette étrange rencontre.
LE PROGRÈS affirmait qu’il s’agissait,
assurément, d’une fête organisée
par quelque magnat du pétrole. Dans les hautes sphères de
l’état, on enquêta.
Le résultat de ces investigations est resté à ce
jour TOP SECRET. Bien que les
noms du Stéphanois et du Pélussinois apparaissent dans
ces enquêtes, jamais ils
ne furent interrogés par quelque commission que ce soit.
Cet
incroyable réveillon avait
remis en lumière l’étrange évènement de
Llantrisant relaté par Arthur Machen.
Les Trois Prêtres Rouges de l’Ordre de Melchisédech
avaient célébré dans cette
petite cité du Pays de Galle, la Messe du Saint-Graal. Jacques
Bergier dans son
livre « Les maîtres secrets du Temps »
situait cet évènement en
l’année 1917. Le célèbre ingénieur chimiste
et espion, se trompait. Il apparaît
que « Le Grand Retour », titre du récit
d’Arthur Machen, est paru en fin
d’année 1915… L’évènement relaté par le
romancier et journaliste Gallois, se
passe au mois de juin pendant la Grande Guerre. L’assassinat de
l’archiduc
François-Ferdinand, héritier du trône
austro-hongrois, le 28 juin 1914, permet
d’affirmer que les évènements de Llantrisant se
déroulèrent en juin 1915, soit
deux années avant la date formulée par Jacques Bergier.
24 décembre 1919
– Quatre
années et six mois se sont passés, la petite cité
galloise de Llantrisant sise dans
le Comté de Rhondda
Cynon Taf
n’en finit pas de se remettre des évènements
extraordinaires dont elle fut
le théâtre, quatre années plus tôt.
St
lltyd, St Gwynno et St Dyfodwg
(L'église
paroissiale,
Llantrisant)
http://parishofllantrisant.org.uk/_churches.html
Les
Trois pêcheurs dans l’église
des Trois Saints ont fait tinter la cloche d’argent, fragment de
paradis,
venue de Sion. Des miracles eurent lieu dans la région de
Llantrisant.
L’évènement annonçait le Temps des Grands Chants.
ET
MELCHIOR CHANTA !
En cette matinée de
veille de
Noël, le train venant de Cardiff rentre en gare. Les auberges de
Llantrisant
annoncent complet pour la Nativité. Les évènements
survenus en juin 15 sont en
grande partie responsables de cet afflux. Chacun veut comprendre ce qui
s’est
véritablement passé dans la petite cité. Dans
cette foule où se mêlent anonymes
et célébrités, deux silhouettes remontent la rue
principale de la cité et se
dirigent vers l’Hôtellerie des Trois Saints. L’imposant Pat
McBerling, venu
tout droit de son Irlande natale n’est plus à présenter.
Le Druide, ainsi qu’on
le surnomme, est connu et reconnu comme un expert dans les domaines
touchant au
mystérieux inconnu. Muni de son chevalet, il
réussi à traduire par le
pinceau ou le crayon, l’autre côté du miroir. Armé
de sa plume il prolonge dans
ses livres ce décryptage laborieux des brumes ancestrales. La
colline de Tara,
capitale mythique et centre de l’Irlande (la Cinquième province)
n’a aucun
secret pour lui. Il pourrait parler des heures durant des Hauts Rois de
l’île
dont la Souveraineté était affirmée par la Lia
Fail ou Pierre du Destin.
D'après la légende, si un homme digne de la
royauté suprême s'assoit dessus, la
Pierre crie. Pat McBerling, de par ses origines, aurait pu, c’est
certain faire
crier ou chanter la pierre… En effet, l’illustre ancêtre venu du
Royaume de
France en cette Verte Érin, avait pris pour femme, la fille du Ard
rí.
La Pierre du Destin
Le
Druide dans la rue principale
de Llantrisant marche de concert avec son vieil ami le fougueux Terry
FitzRollingSt.
Terry revendique ses origines écossaises. À l’aise dans
son kilt, il est descendu
tout droit de ses Highlands natales et réside à
Édimbourg. À ses heures
perdues, il arpente les chemins mystérieux perdus dans les
brumes épaisses montant
des ténébreux marais. On le connait comme un libraire et
éditeur de livres… ce
genre d’ouvrages vendus sous le manteau ou dans l’enfer
d’une
librairie. Les ouvrages de Pat McBerling figurent en bonne et due place
sur les
étagères de sa librairie d’Édimbourg que d’aucuns
nomment L’Officine.
Nul ne connaît véritablement la vie de Terry
FitzRollingSt, le fougueux Highlander
ô combien mystérieux. Il s’est offert la coquetterie
d’ajouter à son nom un « St »
bien intriguant. Quand on le questionne sur le sujet, il répond
invariablement : « J’ai les pieds bien
plantés et j’aime la
musique des pierres qui chantent… » Comprenne
qui peut !
Noël
Premier – An -6
C’est
par une belle journée de printemps
que Melchior arrive à Bethléem, la Maison du Pain. Les
bergers faisaient paitre
les moutons dans les champs de Judée. L’étoile tant
attendue s’était levée et
Melchior, le Roi Mage avait suivi la Route de l’Étoile. C’est
dans l’ultime étape
de ce très long périple, qu’il rencontra deux autres Rois
Mages : Gaspard
et Balthazar partis eux aussi pour adorer l’Enfant.
C’était
la période du recensement,
les habitants de Judée, de Samarie et de Galilée
montaient à Jérusalem. Il n’y
avait plus de place à l’hôtellerie de Bethléem mais
Melchior et ses honorables
confrères n’en avaient cure. Soudain… l’étoile descendit
au-dessus d’une étable.
Se pouvait-il, ainsi que le pensait, Melchior, qu’un Fils de Dieu,
puisse
naître dans une étable ? Le murmure d’un chant
accueilli les trois Rois
Mages. C’était le chant des Anges descendus des cieux pour
adorer le divin Enfant.
Émus, Melchior et ses compagnons s’approchèrent de la
crèche où reposait le
Messie tant attendu. Marie sa mère et Josèphe
l’époux de sa mère, le servaient.
Un âne et un bœuf soufflaient sur l’Enfant et le
réchauffaient de leur haleine.
D’angéliques
Alléluias
furent entonnés autour de la crèche. Melchior le Grand
Druide de la Celtide se
sentait comme dans un rêve. L’antique prophétie transmise
par les Druides dans
le secret de l’épaisse forêt gauloise devenait
réalité. La Virgo Paritura :
la Vierge qui doit enfanter… venait d’enfanter l’Enfant-Roi !
Melchior
était heureux, des
larmes de joie coulaient sur son visage. De son sac il sortit l’Or des
Gaules
qu’il offrit à l’Enfant. Par cet acte, Melchior affirmait la
Royauté
messianique de Yéshouah.
Melchior
s’écria : « Loué
soit le Dieu de mes ancêtres, par cet Enfant, le Monde est
sauvé ! Les
Fils des Ténèbres sont contraints aujourd’hui à
entamer le recul face à
l’avancée des Fils de la Lumière. »
Incliné
devant l’Enfant, Melchior
prophétisa : « Ô toi mon Maître, un
jour… des jours… nous nous
retrouverons ! »
ET MELCHIOR CHANTA !
Le Nouveau Soleil
(Noël)
environ -2000 ans avant la naissance du Messie – Ce jour Abram qui
bientôt
prendra le nom d’Abraham va rencontrer Melchisédech le
Roi-Prêtre de Salem, la
futur Jérusalem. Celui qui deviendra le Père des Nations
est béni par le prêtre
d’El-Elyon, le Dieu très-Haut. Plus tard le Psalmiste
clamera : « Tu
es prêtre pour toujours selon l’Ordre de
Melchisédech », phrase que
les Chrétiens vont reporter à Jésus. Cet
épisode biblique riche de seulement trois
petits versets apparait curieusement placardé entre deux versets
évoquant la
rencontre d’Abram avec le roi de Sodome. La rencontre du Patriarche et
du
Roi-Prêtre aurait eu lieu sur le Mont Moryah ou plus tard le roi
Salomon édifia
le Temple. L’épisode Melchisédech ne semble à
première vue, pas à la place qu’il
devrait occuper dans le Livre de la Genèse, si tant est, qu’une
place pourrait
lui convenir... Mais ainsi que l’indiquent les Maîtres du
Rabbinisme, la triple
bénédiction de Melchisédech consacre
spirituellement la victoire d’Abram sur
les rois du Nord commandés par le roi Amraphel.
Amraphel
Brockhaus_and_Efron_Jewish_Encyclopedia_e2_336-0.jpg
Suivant
les exégètes juifs, Amraphel
procède tout à la fois d’Hammourabi et de Nimrod
souverains babyloniens
contemporains d’Abraham. Son nom biblique aurait pour origine le
sumérien
Amar-Pil, « Splendeur du Feu », mais il
acquiert en langue
hébraïque deux sens complémentaires.
Le
premier sens est « annonceur
de ténèbres » ou « celui qui
parle d'une manière sombre ».
Les secrets de ce diseur de ténèbres
appartiennent au monde de la nuit. La
tradition voit dans celui qui parle des choses des
ténèbres, un
destructeur qui apporte les ténèbres sur le monde.
Le
second sens retenu dans son
nom le rapproche tout d’abord par la première partie :
« Am », du
terrible Amalek, le mal absolu. Am signifie
« Peuple ». Raphel, la
seconde partie de son nom a été rapprochée de
Rapha : « apparition »,
« fantôme » dont le pluriel Rephaïm
évoque des êtres fantomatiques
ayant vécus sur Terre dans les marais primordiaux. Les
Rephaïm désignent aussi
les créatures angéliques ou les enfants de ces derniers,
nés des Filles de
l’Adam. Ils sont frères des Néphilim, les
tombés du ciel.
24
décembre 1919 – Ce soir
Pat McBerling et Terry FitzRollingSt iront à la messe de minuit.
Après les
évènements de juin 15, le sermon du
Révérend Protestant de Llantrisant aura, à
n’en pas douter, une saveur toute particulière.
En
attendant, un bon déjeuner
s’impose. Terry aurai aimé manger le haggis, la panse de brebis
farcie, son
plat préféré. Servi avec une purée de pomme
de terre et une purée de rutabaga,
le tout accompagné d’un verre de whisky, le top du top pour
notre Scottish.
Mais non l’Auberge des Trois Saints ne propose pas le plat favori de
l’Écossais. Pat quant à lui est ouvert à toutes
les cuisines et le plat du jour
lui sied parfaitement. Aujourd’hui l’auberge affiche saucisse galloise,
servie
avec une sauce gravy. Le dessert se compose de Welsh Cakes, sortes de
pancakes
en plus sucrés et avec des raisins secs. Le repas fut copieux,
nos deux amis
sortirent de table rassasiés et joyeux.
La
pendule en bois de chêne de la
grande salle de l’Auberge des Trois Saints égrenait plutôt
rapidement les
heures. L’heure du Rendez-vous approchait à grand pas. Car oui,
si l’Irlandais
et l’Écossais sont venus pour assister à la messe de
minuit du Révérend ils
sont venus aussi et principalement pour la Rencontre de 17 heures. Une
heure pour
prendre un thé, certes, un thé qui sera le bien venu
après ce copieux repas de
la mi-journée, mais une heure pour une rencontre très
spéciale avec un hôte ô
combien spécial. Cet hôte n’est autre que le
célèbre et tout à la fois méconnu :
Melchior le Roi Mage. Cette rencontre pourrait paraître
improbable. Ce peut-il
qu’un Druide ayant vécu dans l’ancienne Gaule, puisse voyager
physiquement dans
le Pays-de-Galle du XXème siècle ?
Le
rendez-vous, tout comme le lieu
précis du rendez-vous doivent rester secret. Les deux amis,
à 17 heures
tapantes, pénètrent dans un living-room où se
tient le Roi Mage. La tenue du
Mage n’évoque en rien le Druide ou le Mage qu’il était et
qu’il est toujours. Pat
et Terry ont devant eux Monsieur tout-le-monde, vêtu du dernier
cri, à la mode
de ces années 20 qui se profilent.
Melchior
se présente comme un membre
de l’Ordre de Melchisédech. « L’Ordre,
dit-il, travaille dans le
temps. » Avant d’ajouter :
« Nostradamus l’avait bien compris,
et pour cause, lorsqu’il composa le quatrain VIII-99 et tout
particulièrement
le premier vers : Par la puissance des trois Rois Temporels. »
« J’ai intégré l’Ordre,
poursuivi
Melchior, dans la lointaine Canaan où je suis né. Mon
Maître Melchisédech me
donna un nouveau nom. Je devins Melchior, soit en hébreu Melchi-Or :
Mon Roi est Lumière.
« Mon Roi,
en hébreu Melchi ouvre le nom de Melchisédech
Roi de Salem. Mon
Maître m’envoya dans ce pays qui plus tard, fut appelé la
Gaule. Lorsque les
Celtes pénétrèrent ces contrées de l’Ouest,
j’intégrais le Collège Druidique
qui, une fois l’an se réunissait au sommet du Crêt de
l’Aralez ainsi que vous
le savez. Très vite, le Mage Melchior fit place en Gaule au
Druide
Mael-Korr : le ‘’ Prince des Nains ‘’,
référence aux mystérieux
Korrigans, gardiens de trésors aurifères. Quelques 120
années avant l’incarnation
de Jésus le Messie, le lieu annuel des rencontres celtes fut
déplacé. Ce fut en
territoire Carnute, dans la future cité de Chartres, sur le
Tertre où se dresse
aujourd’hui la célèbre cathédrale, que le Grand
Collège officia.
« Les
Druides attendaient
et préparaient dans la crypte secrète du Tertre, ainsi
qu’ils le faisaient déjà
dans la crypte secrète de l’Aralez, la naissance de l’Enfant
mais aussi sa
venue sur le Tertre même… Ainsi que vous le savez, Jésus
est venu en Gaule mais
aussi en Grande-Bretagne et ce au moins à deux reprises. Je l’ai
rencontré en
terres celtes, pour la première fois dans cette région-ci
au Pays-de-Galles.
Enfant, il voyageait avec son oncle Joseph d’Arimathie qui venait
jusqu’à Glastonbury
chercher l’étain de la contrée. Des traditions bien
affirmées que nul ne
conteste, existent dans cette terre galloise depuis le Haut
Moyen-Âge. Ces
traditions sont confirmées en maints endroits par des noms
hébreux qui marquent
les visites de Jésus enfant.
« Le
témoignage le plus
ésotérique, parce que codé, relatant certains
mystères liés à la venue du
membre influent du Sanhédrin et de son neveu, reste la
Prophétie de Melkin ou
Melchini datée de 540. Le Druide Melkin intégra sa
prophétie rédigée en latin
dans le Livre de Melkin jadis présent sur la bibliothèque
de l’abbaye de
Glastonbury. On voit généralement dans Melkin un nom
remontant au
moyen-anglais. Ce nom est bien sûr apparenté à
celui de Mon Maître,
Melchisédech, et au nom de votre serviteur : Melchior. Il
peut signifier
en hébreu : ‘’ la Plénitude du Nid ‘’ mais
aussi : ‘’ Mon
Roi chantera ‘’. Du Nid d’Oiseau, suivant la tradition doit venir et
même
revenir – pour les Chrétiens – aux Temps des Grands Chants, le
Roi-Messie.
Melkin, membre de l’Ordre de Melchisédech, vivait à
Glastonbury entouré
d’élèves avec lesquels il élabora certains de ces
textes aujourd’hui disparus. Dans
sa Prophétie il fait allusion au Dieu Très Haut mais
aussi à Salem au travers
d’un curieux jeu de mots : Iudioalem. L’ombre de
Melchisédech, roi de
Salem plane dans son poème. La phrase la plus énigmatique
de la prophétie reste
assurément celle-ci : ‘’ Abbadare,
potens dans
Saphat, nobilissimus paganorum, cum centum et quatuor Milibus
domiicionem ibi
accepit. ‘’, soit : ‘’ Abbadare,
puissant dans le jugement, la plus noble des païens, est endormi
là avec
104.000 autres (ou 104 chevaliers) ‘’ Abbadare : le Serviteur de
Ara : la Lumière est puissant dans Saphat : Jugement.
Jeu de mots sur
Josaphat, la Vallée de Josaphat du Jugement dernier et sur
Tsarphat, nom hébreu
de la France. L’heure, le temps n’est pas encore venu pour que l’on
puisse
totalement révéler le contenu crypté de cette
prophétie.
« Je voudrais à présent
revenir aux
signes annonciateurs de la naissance du Dieu-vivant. Lorsqu’ils se
mirent en
place, l’Ordre de Melchisédech et le Grand Collège
Druidique, décidèrent que je
serai auprès l’Enfant-Roi et de La Virgo Paritura le
représentant de
l’Occident et puis, ne l’oublions-pas, mes racines se trouvaient dans
cette
terre d’Orient.
« Taliesin,
‘’ Front
brillant ‘’, le Penn-Bardd Gallois du VIème
siècle, évoqua sous
forme d’énigme, dans son poème « LES VIES
ANTÉRIEURES », ma présence
à Bethléem :
J’étais
avec Mon
Roi
Dans
la mangeoire
de l’Anesse.
« Oui Mes
Frères, ainsi
que certains Maîtres, tout au long des siècles, aiment
à le rappeler :
ET
MELCHIOR CHANTA !
24 décembre 2014
– Dans un
Hôtel historique du vieux Saint-Étienne dont nous tairons
le nom, Patrick
Berlier et Thierry Rollat ont rendez-vous avec Melchior.
Le représentant de l’Ordre de Melchisédech
les reçoit dans salle ornée de riches tapisseries. Un feu
vivifiant, crépite dans
la cheminée géante surmontée d’hermétiques
armoiries rappelant qu’il fut un
temps ou les Adeptes de l’Art d’Hermès y travaillaient le
métal.
Un hôtel historique du vieux
Saint-Étienne…
Melchior
expliqua à nos deux amis
que La mission cosmique de l’Ordre de Melchisédech fut en partie
révélée par
les Esséniens. Les fameux manuscrits de Qumram ont fait couler
et font encore
couler, avec raison, beaucoup d’encre. Dans la liste des manuscrits de
la Mer
Morte, l’un des moins connus, reste assurément le
mystérieux Testament
d’Amram ou Visions d’Amram.
« Les
exemplaires de ce
rouleau de Qumram, indique Melchior, sont hélas bien
incomplets, mais
l’Ordre possède un exemplaire complet. Amram est
considéré comme le père
de Moïse, Aaron et Myriam. Mais derrière ce nom se cache
ceux que les Esséniens
nomment les Fils de la Lumière dont la mission est de combattre
et d’anéantir
les Fils des Ténèbres. Le nom Amram apparait comme un
prolongement de celui
d’Abram… Ou plus précisément Ab-Ram,
« Père Élevé» se prolonge, se
développe, pourrions-nous dire, dans Am-Ram, « Peuple
Élevé ». Ramim,
le pluriel de Ram « Élevé »
désigne une catégorie d’Anges. Le peuple
de Ram, les Ramim, combat les Fils des Ténèbres.
Noël le Nouveau Soleil,
affirme pour nous la victoire future tant espérée.
« Dans
Le Testament
d’Amram le père de Moïse, à l’approche de sa mort en
sa 136ème
année, l’an 152 de l’exil d’Israël en Égypte,
raconta la vision qu’il
avait eu bien des années auparavant : ‘’ Voici que deux
faisaient un
jugement sur moi […] et ils engageaient à mon sujet une grande
dispute. Je les
interrogeais : < Depuis quand avez-vous pouvoir sur moi de
cette manière ?
> Et ils me répondirent et me dirent : < Nous avons
reçu pouvoir et
nous avons pouvoir sur tous les hommes. > Et ils me dirent :
<
Lequel d’entre-nous choisis-tu ? > Je levais mais yeux et
regardais : l’un d’entre eux avait l’aspect terrifiant, comme un
serpent,
et son habit était teint de couleurs, et sombre de
ténèbres […]
« L’homme
serpent était
aussi sombre que ses habits, tandis que l’autre personnage était
souriant de
visage. Et savez-vous mes chers amis qui était, suivant le Testament
d’Amram,
le personnage souriant de visage ? Et bien je vais vous le dire.
Il
s’agissait de Mon Maître, de Notre Maître
Melchisédech qui se présentait ici en
qualité de Roi de l’Armée de Lumière.
Les
deux amis interrogèrent de
suite Melchior pour connaître l’identité de l’homme
serpent. Le Mage
répondit : « Il s’agissait de Melchiresha,
le Roi de l’Armée des
Ténèbres. Il est surprenant, je vous le concède
que cet être néfaste porte un
nom commençant, tel celui de Notre Maître et tel le mien
par le titre pourtant
honorifique « Melchi » : Mon Roi.
Mais ce roi est roi de
Resha : la Méchanceté. Il
vit pour
et par les Ténèbres. Dans la symbolique mais une
symbolique ô combien réelle,
Amram est celui qui a choisi son Maître :
Melchisédech. Amram lutte contre
Amraphel, celui qui parle des choses des ténèbres et ne
vit que par et pour les
ténèbres. Pour les
anglo-saxons,
Amraphel l’ennemi de Abram et de Amram, désigne le Peuple Spawn.
Ce dernier mot
évoque en anglais un œuf de poisson, voir de serpent, le frai
mais aussi une
engeance des ténèbres, de l’enfer :
« Hell Spawn ». Cette armée
de ténèbres, les Spawns seraient descendus sur Terre
avant que l’homme ne sorte
du limon. Certains chercheurs pensent qu’il s’agit des
démoniaques créatures
hantant les récits d’Howard Phillips Lovecraft. Cet auteur de la
Nouvelle-Angleterre assimila ces créatures démoniaques
aux Fomoire de la
tradition irlandaise qui occupaient les marais des premiers âges.
Cette théorie
fut d’ailleurs partagée par deux de nos membres,
l’Écossais Terry FitzRolling
plus connu sous le nom à rallonge de Terry FitzRollingSt et
l’Irlandais Pat
McBerling. Ces deux noms ne vous rappellent-ils pas deux autres
noms ? »
Bien sûr les deux amis avaient immédiatement réagis
en entendant le Mage
prononcer ces deux noms. « Oui bien sûr, ces noms
ne sont qu’une
transposition de vos propres noms. Ces deux anciens membres de l’Ordre
étaient
vos cousins. » Patrick et Thierry se regardèrent
en souriant, mais
d’un sourire qui accusait une certaine perplexité. Ils n’avaient
l’un comme l’autre,
jamais entendu parler durant toute leur existence d’une telle
parenté. Le
moment était venu pour Melchior d’expliquer cette bien curieuse
parenté : « Terry
et Pat – ces deux prénoms ne vous rappellent-ils pas deux autres
prénoms… les
vôtres ?! – Terry et Pat sont vos cousins à la mode
de Bretagne, où
devrais-je dire, à la mode celtique, ce qui est du pareil au
même. Terry ou
Thierry c’est étymologiquement le Roi du Peuple et Pat, c’est le
Père, allusif
à saint Patrick, patron d’Irlande : le Druide. Un titre qui
vous sied
bien, je pense, Mon Cher Patrick ? Terry et Pat – que Dieu ait
leur âme –
sont venus par le passé à Saint-Étienne avant de
gravir les Monts du Pilat...
Telle la fée Clochette ils ont soufflé sur votre
berceau, aussi ne soyez
plus surpris du destin qui est le vôtre. La cloche de saint
Télo venue de Sion,
le fragment de paradis, a résonné pour vous. Le
son qu’elle émet, ainsi
que le révèle Arthur Machen, dans The great return,
était comme le cœur
éternel des ANGES.
« Sept années
se sont
passées depuis la Rencontre du Crêt de la Perdrix. Ce
merveilleux Noël fut pour
vous le Rendez-vous Premier. Vos pas vous ont amené à
différentes reprises dans
les Hôtels du vieux Saint-Étienne, tout comme aujourd’hui,
ou dans la pénombre
des mystérieuses traboules du vieux Lyon où rugissent
encore les crinières des
12 lions de Juda. Ces sept années ont fait de vous des membres
de l’Ordre de
Melchisédech. Je devrais même ajouter que vous l’avez
toujours été car on ne
devient pas membre de l’Ordre on l’est de haut lignage.
Lion dans une traboule lyonnaise
Ces
dernières paroles surprirent une
fois encore Patrick et Thierry qui ne revendiquaient dans leur
ascendance,
aucunement de haut lignage.
« Ce
haut lignage,
poursuivit Melchior, n’évoque pas précisément un
quelconque sang bleu
même si certains de nos membres, pourraient le revendiquer. Si
votre ascendance
privilégie assurément votre appartenance à
l’Ordre, elle ne la rend pas
légitime pour autant. La vie que vous menez, les voies que vous
suivez, sont
primordiales. Si vous eussiez été des bandits de grands
chemins, vous seriez
resté des bandits et nous ne nous serions jamais
rencontré.
« Ce
haut lignage apparait
dans le nom que vous portez ! » Et se tournant
vers Thierry
Rollat, Melchior, l’interrogea sur la signification de son nom. Thierry
c’était
intéressé à l’origine de son mon, aussi ne fut-il
pas en peine pour répondre :
« Deux théories s’affrontent : la
première veut que les Rollat, bien
présents dans la région lyonnaise et les
Pyrénées-Orientales, viendraient du
Bourbonnais et ce nom désignerait celui qui est originaire de la
localité, ou
région, appelée Rollat, nom que l’on retrouve dans les
communes de
Saint-Rémy-en-Rollat et Saint-Didier-en-Rollat (aujourd'hui
Saint-Didier-la-Forêt). La seconde théorie fait venir mon
nom du vieux-français
rollet, roulet, roulat ou role dont la
signification est ‘’ rouleau de papier ‘’. À titre d’exemple, on
parlait au Moyen-Âge
du Roulet de Salomon… Rollat serait le surnom de scribe et j’ai le
désir de penser
que cette hypothèse est celle qu’il me faut retenir. »
Melchior
reprit la parole et
confirma les propos de Thierry. « Mon Cher Thierry votre
choix, est le
bon. Savez-vous quelle était la profession de votre cousin Terry
FitzRollingSt ? » Non bien sûr, Thierry ne
pouvait le savoir et
c’était bien naturel. Aussi Melchior poursuivit : « Il
était
libraire et éditeur à Édimbourg. Vous-même
n’êtes-vos à votre façon…
éditeur ? Vos ancêtres médiévaux
exerçaient, vous le savez, le métier de
scribe avec tout ce que cela comportait à l’époque… les
Rollat venus dans le
Pilat, tout comme les FitzRolling, la branche cadette, partie dans les
Highlands, étaient des scribes de l’Ordre. Au XVIème
siècle votre
lointain aïeul Anselme Rollat était
imprimeur-éditeur ici-même à Saint-Étienne.
Ami de Gryphe le ‘’ prince des libraires
lyonnais ’’ il
était membre actif de la Confrérie des Griffarins qui se
réclamait de Griffon
et donc de Sébastien Gryphe. »
Thierry, qui
avait de bonnes raisons de penser que Melchior évoquerait la
mémoire d’Anselme
Rollat l’illustre ancêtre, avait glissé dans une sacoche
quelques documents
dont une reproduction sans doute assez fidèle à
l’original aujourd’hui perdu
de la griffe, le monogramme de son
ancêtre.
La griffe d’Anselme Rollat
Thierry
profita de l’occasion
pour commenter le monogramme, les armes de
l’aïeul
Lyonnais : « Anselme Rollat était
propriétaire, rue de la Ville,
ici à Saint-Étienne, de la librairie-imprimerie ‘’ Au
Rollat d’Or ‘’. Ce lieu
était un lieu de rencontre. De hauts personnage aimaient
à s’y arrêter,
certains même y trouvaient le gîte et le couvert : ‘’
Au Relais on
dort ‘’… Les lettre A. R. sont bien sûr les initiales de
Maître Anselme Rollat
mais elles évoquaient aussi pour le personnage un vieux mot
d’origine sémitique :
AR qui désignait la ‘’ lumière ‘’ ou le ‘’ feu ‘’.
Patrick en parlera assurément
tout à l’heure. Le 4 évoquait tout à la fois le
Chiffre de Quatre, emblème
notamment de la Société Angélique née
à Lyon. Mais c’était aussi une allusion
que peu d’hommes étaient en mesure de comprendre, au signe de la
planète
Jupiter qui se nomme en hébreu Tsédeq ou Sédech,
nom dans lequel certains
Maîtres ont reconnu Melchisédech ! »
Melchior
reprit la parole en apportant quelques développements
appropriés puis se tourna
à présent vers Patrick et lui demanda, tout comme il
l’avait fait précédemment
à Thierry d’évoquer pour lui l’origine du nom de famille
qui était le sien ;
ce que le Stéphanois fit avec un réel plaisir :
« Le
nom Berlier était à l’origine un nom de métier, ‘’
cultivateur de berle ‘’, le
mot berle – en latin berula – venant du gaulois et signifiant ‘’
cresson
‘’. Cela dit la berle n’a rien du
cresson, c’est une ombellifère qui ressemble au céleri,
et qui était cultivée
pour sa racine nourrissante.
« Dans
le Dossier « DOIZIEU UN VILLAGE SINGULIER… &
PLURIEL » publié par
Thierry, je consacre quelques lignes à la légende de la
Roche du Suaire à
Doizieu. Au XIIIème siècle, le seigneur Roger
Plantevelu part avec
son host en croisade contre les Albigeois. Durant son absence, sa
fille, la
belle Blanche est séquestrée dans une geôle de bas
étage du donjon du château
par le félon sire de Saint-Paul, seigneur de Farnanches. S’en
revenant de
croisade, le seigneur Plantevelu fait une mauvaise chute de cheval. La
providence veille sur lui, un solide gaillard du crû va lui
sauver la vie.
Plantevelu, escorté de son host, rentre à Doizieu. Averti
des très fâcheux
évènements survenus durant son absence, lui et ses hommes
délivrent le château.
Blanche retrouve ainsi la liberté. Plantevelu n’oublie pas son
sauveur, qui a
pris une part ardente à la bataille. Pour le remercier il
l’installe sur ses
terres, lui donnant en mariage une suivante de sa fille. Dans son
lointain pas,
l’homme cultivait une plante comestible, la berle, il exerçait
donc le métier
de berlier. Ce nom deviendra son patronyme. C’est ainsi que les Berlier
on fait
souche à Doizieu, en un lieu toujours nommé la
Berlière. Ils ont depuis bien
essaimé dans la région…
« La
légende est belle, les Berlier dont je suis ici le
représentant, sont les ‘’
fils ‘’ de Plantevelu et de Blanche… Une tradition présente
Plantevelu,
seigneur de Doizeu, comme un homme réputé ‘’ planter velu
‘’, c’est-à-dire
celui qui ‘’ engendre des enfants velus », autrement-dit…
Plantevelu est un
Mérovingien !
Doizieu,
l’ancien donjon restauré
« Blanche, la blanche lumière,
fut
enfermée dans une geôle de bas étage du donjon.
Cette geôle était une crypte
aujourd’hui oubliée. Pendant plusieurs décennies,
l’ancien donjon servit de
mairie et Doizieu offrit la particularité d’être la seule
commune de France
dont le cachet officiel ne représentait pas la République, mais
un chirat planté de sept pins, droits comme des cierges. L’image
du chandelier
à sept branches, la Ménorah, visible sur un vitrail
pilatois de Véranne, s’y
décalquerait parfaitement… Sous le chirat de grosses pierres
entassées,
apparaissait la mention « Le Mont
Pila ». Sans T final… La commune finit par rentrer
dans le rang, et
adopta comme tout le monde le tampon républicain. L’ancien
cachet est cependant
précieusement conservé par la mairie, et je me permets
d’en montrer ici
l’image, témoin d’un temps révolu :
L’ancien cachet de la commune de Doizieu
Melchior
n’interrompait pas ce long et pertinent exposé de Patrick car
ils servaient totalement
ses propos. Aussi Patrick poursuivit :
« Mes
ancêtres, égard aux fonctions
mystérieuses qui étaient les leurs, ont porté un
blason présentant un pal
chargé d’un croissant. J’ai bien sûr apporté si une
représentation de ces
armoiries :
Armoiries des Berlier et lettre arabe Ba
B~RELIE EST A L’OURE RELIE
«
– D’Argent au Pal de Sinople
chargé d’un croissant d’argent. Devise :
B~RELIÉ EST À L’OURE RELIÉ. Bien
que non présents sur cette représentation du
blason : Cimier – un buste d'homme barbu.
Soutiens – Deux branches de berle.
« De
tradition
familiale, le croissant représente la lettre arabe B, et
le pal exprime
l'idée d'une liaison du ciel à la terre, ce pouvait
être un blason parlant, en
langue des oiseaux : B relié, soit Berlier. Dans la symbolique
arabe, Ba, la
lettre correspondant à notre B désigne la vache, animal
lunaire. Cette origine
symbolique remonte à Sumer où la lune était
ornée de deux cornes de vache, et
ou la vache était représentée comme un croissant
de lune. Un texte sumérien disait :
‘’ La blancheur de la Vache, un clair de lune qui monte… ‘’ Je me suis
longtemps posé la question : ‘’ Roger Plantevelu, parti en
pays lointain,
faisait-il réellement croisade en Pays Albigeois ? Et cet
autochtone, le
grand ancêtre, qui l’aurait suivit jusqu’à Doizieux,
était-il un homme du Pays
Albigeois ? ‘’ J’ai bien une idée sur le sujet, notamment
en ce qui
concerne la lecture de la devise des Berlier mais j’aimerai que, vous
Maître
Melchior, m’apportiez quelques lumières sur le sujet.
Melchior
qui jusqu’à présent
écoutait avec intérêt le long discours de Patrick,
reprit la parole : « Tout
d’abord, je voudrais saluer le savoir dont venez de nous gratifiez car
ce
savoir est capitale à la lumière de notre combat que nous
menons depuis des
millénaires contre les Fils des Ténèbres.
« Les
armoiries de vos
ancêtres tournent autour des mots berle, berlier et relier… Votre lointain ancêtre venait de Terre
Sainte
où il vécut auprès du grand Abraham. Berlier
n’était pas véritablement son nom,
où justement il le deviendra pour ses lointains descendants
vivant dans la
France médiévale. BERLIER 1er, si je puis
m’exprimer ainsi, tout au
moins présentement, vivait dans la cité d’Ur que l’on
prononce Our, dans le
Pays de Sumer et appartenait à la caste des Kasdim. Ce mot qui
apparait dans la
Bible est associé à Our : Our Kasdim et non Our en
Kaldée, expression
absente du texte hébraïque. Au centre de la cité se
trouvait ‘’ la Montagne des
Gradins ‘’, la ziggurat d’Our. Cinq temples étaient
placés en demi-cercle autour
de la ziggurat du roi Ur-Nannu. ‘’ Notre Lumière ‘’ ou ‘’ Notre
Feu ‘’, telle
était la signification du nom de ce mythique roi
sumérien. Cette lumière, Our,
donna son nom à la cité ‘’ Our-Kasdim ‘’, le ‘’
Feu des Magiciens ‘’.
Ces magiciens, les Kasdim n’étaient pas de simple magiciens, le
nom ne
correspond aucunement à celui donné aux simples
magiciens. Ceux d’Our-Kasdim
avaient des fonctions très diverses dont
la plus étrange était celle de savants,
des savants d’Our : le Feu/Lumière dont la couleur
était verte, d’où la
couleur du pal du blason des Berlier. Dans les temples d’Our
étaient vénérés le
dieu de la Lune ainsi que la déesse Lune : Nin Gal dont le
nom, ainsi que
l’a noté Robert Graffin dans son livre ‘’ Les Fils de Ram
et les Fils
d’Abraham (les Gallos-Galiléens) ‘’ signifie, notamment ‘’
Descendant du tas de
pierres ‘’ et pour ma part, j’ajouterai : ‘’ du chirat ‘’… Car
oui, la
lumière du ‘’ chirat ‘’ est OUR ! Le Feu des Magiciens.
‘’
Le grand ancêtre des
Berlier était un Kasdi. Il travaillait, utilisait, vivait avec
Our le
Feu/Lumiière que l’on qualifiait de lunaire, bien que ce ne soit
pas totalement
vrai. Le Livre de Job évoque la venue des Kasdim et la mort
qu’ils apportèrent
dans la Maison de Job. Un ‘’ feu de Dieu ‘’ le Esh Élohim, tomba
(Naphéla)
du ciel et détruisit les brebis et les serviteurs. Le verbe ‘’
tomber ‘’ ici
utilisé, est de grande importante. Ce mot hébreu est
apparenté à néphila,
la ‘’ chute ‘’ et à ‘’ Néphilim ‘’, nom que la Bible
donne aux anges
descendus sur Terre avant le Déluge, les Fils d’Élohim…
« BERLIER 1er
citoyen
d’Ur-Kasdim parlait tout comme son compagnon Abram, l’araméen,
la langue que
parlait Jésus. Le nom qu’il portait était un nom
araméen : Ber-Léor,
variante de Bar-LéOur : le Fils de la Lumière ou le
Fils d’Our. Le temps
passa et Ber-Léor à la
demande d’Abram
et de Melchisédech monta à bord d’un navire
phénicien qui l’amena au-delà de
Tarshish, la Tartessos d’Espagne, jusque dans le Pays des Druides
où arriveront
plus tard les Gals nommés également Kaldes. Un nom
très proche, n’en doutez
pas, de celui des Kaldéens dont la forme première et
véritable est Kasdim ?
« Le
blason des Berlier
et la devise d’Our aux couleurs blanche et verte, pérennisent ce
lointain passé
de la riche cité du Croissant fertile, jadis baignée par
les eaux du Golf
Persique.
« Oui,
B~RELIÉ EST
À L’OURE RELIÉ. Il faut savoir qu’au Moyen-Âge,
RELIER ou RELIEF était un droit
payé par un vassal pour relever son fief. Et vous
pouvez le croire, les Berlier du Pilat ont bien relevé leur
fief, leur primitif
fief. Sur cette Terre de France, ils ont pérennisé l’OUR
dans le B~RELIÉ.
L’Oure, le temps, l’heure – en ancien-français – était
venu. ‘’ Relief et serment ‘’,
disait-on jadis dans la
Vieille-France, lorsque l’on parlait d’un serment. Les Berlier ont bien
rempli
le rôle qui leur incombait. « relief de
fief » : foi et hommage.
Le grand
Hiéronymus Berlier, contemporain du non moins grand Anselme
Rollat s’en vient
avec quelques chevaliers portant bannières et penons devant le
mystérieux roi
Plantevelu. LA CHRONIQUE À L’OURE
RELIÉ écrite et
imprimée par son vieil ami de Saint-Étienne, indique
que le descendant de Ber-Léor ‘’ Fit son relief
‘’ au Roi
Plantevelu, puis s’en retourna en son lieu.
« Un
dernier mot sur le cimier du blason qui ainsi que vous nous l’avez
rappelé, Mon
Cher Patrick était un buste. Hors savez-vous, Mes Chers Amis,
que ce buste d’homme
barbu couronnant les armoiries des Berlier, n’était
pas un quelconque buste, il s’agissait
d’un Relief de marbre. D’aucuns prétendaient que ces ‘’
reliefs ‘’
possédaient une vie. Ne les a-t-on pas comparés aux
téraphim bibliques dont le
nom serait araméen ? Les Rabbins prétendent qu’ils
rendaient des oracles
et découvraient l’avenir. Le Rabbin David de Pomire dit qu’elles
avaient la
forme humaine, et que, quand elles étaient
élevées, elles parlaient et
rendaient des réponses à certaines heures
et sous certaines
constellations, par l'influence des corps célestes, et cette
influence leur
était communiquée par l'art de celui qui les faisait d'un
certain métal, avec
certains caractères, et sous certain aspect des astres.
« Hiéronymus
Berlier
était un curieux personnage. Il vivait au XVIème
siècle mais la
science qu’il affirmait détenir les secrets, remontait aux
Kasdim de l’antique
cité d’Ur. Son ami Anselme Rollat écrivit dans la CHRONIQUE À
L’OURE RELIÉ que le Maître Hiéronymus
Berlier avait relié l’Our(e) à la recherche du
Téraph. Courageux il était, car
l’époque choisit pour sa destination, par delà les
couleurs du temps, ou devrais-je dire les couloirs du temps,
était
celle durant laquelle la cité d’Our était dirigée
par le roi Nemrod, le ‘’ Diseur
de Ténèbres ‘’. Un auteur du XXème siècle,
Jacques Attali,
n’a-t-il pas écrit dans « La Vie Éternel,
Roman », en parlant du jour
libérateur, jour que l’on peut raisonnablement rapprocher du
grand jour de
la victoire des Fils de la Lumière, sur les Fils des
Ténèbres, oui n’a-t-il pas
écrit : ‘’ Cet évènement sera nommé
l’UR jusqu’à la fin des temps… ‘’.
Maître Hiéronymus Berlier savait assurément ce
qu’il faisait ainsi que son
retour pourrait nous le démontrer…
« Mes
Chers Frères, je
vous le dis, vous le savez, nous rentrons dans l’UR, l’Ur est
relié :
le B~RELIÉ.
« Nous
venons, Chers
Amis de passer, un bon, un très bon après-midi. Mais
l’heure est venue de se
quitter. Il n’y a si bons amis qui ne se quittent, aussi je vous invite
à
présent à retourner chacun en son lieu. Le mien n’est pas
d’ici et il me tarde
en cette veille de Noël d’y retourner. Puisse Dieu nous permettre
un jour de
nous réunir une fois encore. L’Ordre décide et je suis
son serviteur… Je vous
souhaite un bon et joyeux Noël.
« Il
est de coutume de
dire depuis que Brid’oison le chanta en 1784 à la toute fin de
la pièce ‘’ Le
Mariage de Figaro ‘’ de Beaumarchais : ‘’ Tout finit par des chansons
‘’. Permettez,
Amis très Chers que je vous chante un très vieux chant de
Noël.
ET
MELCHIOR CHANTA !
Les
deux amis Patrick et Thierry quittèrent presque à
contrecœur cet Hôtel du
vieux-Saint-Étienne car ils savaient avoir vécu, une fois
encore un moment
unique.
Thierry
allait reprendre le chemin de Pélussin. Il proposa à
Patrick de prendre place
dans sa voiture et de passer le réveillon avec sa femme et ses
deux enfants.
Mais Patrick déclina l’offre, bien qu’il lui ait
été agréable de prolonger
durant ces fêtes de Noël la troublante aventure dont ils
avaient été les
acteurs. Patrick était, ainsi qu’il l’indiqua à son ami,
invité chez les
cousins. Mais Thierry, qui lui aussi aurait aimé prolonger ces
instants
magiques, proposa à Patrick de monter à Pélussin
pour la Saint Sylvestre. Le Druide, fils
des Kasdim accepta
l’invitation du petit-petit fillot
de Maître Anselme Rollat. Les deux amis
s’échangèrent un Joyeux Noël, concédant que
ce Noël 2014 avait commencé de bien
belle façon !