LA BALADE DES REGARDS DU PILAT
DÉCEMBRE 2007 / NEUVIÈME ÉTAPE

LE MONT MONNET, VERS LE SOLEIL LEVANT…


Par PATRICK BERLIER
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Après le Col de Pavezin (652 m), il est possible de grimper jusqu’au Mont Ministre (765 m), pour accéder ensuite au Col de Grenouze (624 m). Le Mont Ministre a déjà fait l’objet de plusieurs articles sur le site « Regards du Pilat » : en particulier ceux consacrés à la Grotte des Fées et aux étranges liens entre le Pilat, le peuple des Pélasges et les mythiques Argonautes.

            Le Mont Monnet constitue le dernier sommet important de la longue ligne de crête du Pilat. Avec ses 781 m d’altitude, il domine tout le piémont rhodanien et offre un point de vue incomparable qui récompense le marcheur au terme de son ascension. Le chemin prend ici le nom un peu pompeux de « route des aigles ». Tout au long de la dure montée, on remarque à gauche un long alignement de pierres sèches, trop régulier pour être naturel. Il se perd ensuite dans la broussaille, gardant le secret de ses origines. La large piste tracée à flanc de coteau, pour les véhicules de lutte anti-incendie, permet de découvrir d’autres murailles semblables. Le temps, l’habitude, le manque de curiosité des hommes, ont recouvert tous ces vestiges d’une chape d’oubli. La présence d’un point d’eau, que l’on découvrait il n’y a pas si longtemps un peu avant le sommet, attirait pourtant l’attention. Le liquide ne jaillissait pas, il s’étalait, tranquille, dans une grande vasque où d’antiques canalisations en pierre recouvertes de joncs l’amenaient depuis une source oubliée. Ce point d’eau semble bien difficile à retrouver aujourd’hui.

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La « route des aigles » en direction du Mont Monnet (photo Daniel Bergero).

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     En 1872 une modeste chapelle dédiée à la Vierge est venue couronner les grandes roches déchiquetées qui marquent le sommet. Elle est due à la générosité de l’abbé Font, curé de la Chapelle-Villars, à qui l’on doit également l’église de ce village. À sa mort, deux ans plus tard, une Madone vint voisiner la chapelle.


La chapelle et la Madone du Mont Monnet (photo Daniel Bergero).

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       Le chemin continue, il se glisse dans une combe étroite et raide pour contourner le Crêt de Chassenoud (756 m) et atteindre le col du même nom. Les forêts laissent la place aux prairies. Par le Crêt de la Magdeleine (547 m), où s’élèvent les ruines impressionnantes d’une grande ferme, on atteint le Pilon (408 m), un col à peine marqué, à un carrefour de routes vieilles comme le monde.

            Mais avant la dernière descente il faut prendre le temps de faire un petit écart jusqu’aux ruines du château des Chances. Une tour perdue dans la verdure, quelques pans de murs, des boursouflures de terrain recouvertes de broussailles, voilà tout ce qu’il reste d’un château médiéval qui contrôlait l’antique carrefour. Un lièvre surpris sort de son gîte pour gagner en quelques bonds une retraite plus sûre. Le promeneur curieux écarte le rideau de ronces et découvre l’entrée à demi obstruée d’une grande salle souterraine. Ses murs semblent chuchoter les bribes d’une légende lointaine : un alchimiste, un trésor fabuleux, un temple romain dédié au dieu de la chance... Mais non, ce n’était que le bruit du vent dans les grands arbres... C’est aujourd’hui le seul maître des lieux.

            La Croix Régis marque le dernier col (501 m), c’est ici que le serpent minéral doit redresser la tête et ouvrir la gueule en tirant la langue pour saluer le jour naissant. Un géobiologue ardéchois affirme y avoir détecté d’extraordinaires effluves cosmo-telluriques. C’est ce que le promeneur médusé peut apprendre en découvrant les étranges monuments dressés à proximité de la croix.

            Par un dernier raidillon, la « route des aigles » se hisse au sommet du Pet du Loup (560 m), ultime croupe du Pilat. Comme beaucoup d’autres, ce « loup » n’est que l’altération du latin « lucus » (bois sacré) en « lupus » (loup), et « pet » une orthographe fantaisiste de « pey », variante du latin « podium » (colline). C’est ainsi qu’un cartographe ignorant transforma une « colline du bois sacré » en un incongru « pet du loup » !

            Le massif montagneux s’abaisse rapidement, les collines font place à un plateau entrecoupé de ruisseaux, qui par un dernier talus abrupt tombe au niveau du Rhône.

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        Ainsi s’achève cette chronique d’une balade en neuf étapes au long de la ligne de crête du Pilat. La rubrique « balade » sera prochainement remplacée en AVRIL 2008 par la rubrique :

« un coin sympa »
 
    Dans le même esprit, elle vous fera découvrir à travers le Pilat des petits « coins » tranquilles, insolites, méconnus, des lieux perdus où il fait bon flâner, où parfois vous aurez rendez-vous avec l’histoire, la grande, la petite, ou avec le mystère. Et toujours sous la plume de notre ami :

 Patrick Berlier

   On peut lui tirer ici un grand coup de chapeau avec maintenant ces neufs épisodes précis à notre disposition ; on pourra à présent consulter avec nostalgie cette rubrique en Archives des Regards du Pilat, en Balade bien évidemment.