MICHEL BARBOT présente
OCTOBRE 2007
le Pentagramme(*) de Champailler


    Il est connu à une échelle géographique significative, depuis maintenant de très nombreuses années. Des visiteurs, au final nombreux, viennent chroniquement, parfois de très loin, pour inopinément lui rendre une visite, souvent "symbolique". Ce pentagramme, nous le présentons ici sans attacher d'importance forte à l'environnement. Ce regard neuf, détaché, ouvrira, soyons en sûr, une beaucoup plus large analyse encore. Michel l'étudie depuis longtemps, il nous livre la primeur de ses travaux.  TR


(*) On devrait normalement le réajuster le nom de cette figure de la géométrie sacrée, nommée ici "pentagramme", mais par "coutume" nous le laissons ...  TR

À Champailler, une maison cossue attire le regard intéressé des touristes. Fut-elle, ainsi que le pensent certains chercheurs, le lieu de rendez-vous de membres de sociétés secrètes ? D’étranges sculptures que le temps a fait disparaître plongent les érudits dans des questions hélas sans réponse.

Sur le rebord d’une fenêtre subsiste encore le « pentagramme » rappelant par sa forme une maison. À l’intérieur apparaît une silhouette cruciforme rappelant l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci. À droite, agenouillée, une femme en attitude de vénération et assurément d’incompréhension, touche la croix anthropoïde. À gauche, un ange, mains sur les hanches, affiche quant à lui une certaine superbe qui semble démontrer qu’il détient les réponses aux questions que semble se poser le personnage féminin.

La silhouette cruciforme évoque Jésus mort sur la croix mais plus encore sa résurrection. Jésus apparaît ici sous les traits du Christos grec, le Verbe créateur. Le personnage féminin ne comprend pas, elle ne parvient pas à ressentir la véritable nature de son Maître. Pour y parvenir, il lui faudra dans un premier temps se redresser, puis se retourner dans la position de l’ange qui, le moment venu lui apportera la Lumière.

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   Soleil sur Champ-paillé :
ou l’identité des deux personnages

   Par sa position au pied de la
croix, le personnage féminin se révèle sous les traits de Marie-Madeleine. Sa présence sur le « pentagramme » de Champ-paillé
semble trouver quelque origine dans le poème ésotérique du barde Taliesin (1) (Front brillant) intitulé « LES VIES ANTÉRIEURES (2) » :

 
« J’ai été au firmament

« avec Marie de Magdalène

 
« J’ai été doué de génie

«  par le chaudron de Keridwen.

 

    Taliesin fut à l’origine d’une école galloise qui pérennisa la sagesse druidique au sein de l’Église Celtique naissante. Son enseignement se retrouve à la même époque sur le continent au sein des Confréries de Saint-Front. Robert Graves dans son livre « LA DÉSSE BLANCHE » tenta de percer les énigmes proposées par le prince des bardes. Il avance, sans doute à tort, de séparer le vers évoquant Marie-Madeleine de celui évoquant le firmament. Pour lui, l’énigme « Qui a été présent… avec Marie-Madeleine » se rapporte à deux vers apparaissant plus haut dans le poème et ainsi traduits par J. Markale :

 
« J’ai été sur le lieu de la crucifixion


« du fils du Dieu de merci,

    La réponse pour l’auteur ne peut-être que SALOMÉ car, ainsi que l’indique l’évangéliste Marc (15 – 40), Salomé fut présente à l’endroit de la crucifixion. R. Graves ajoute que selon le protévangile de saint Jacques, Salomé aurait été la première personne à pouvoir porter témoignage de la parthénogenèse de Jésus. Salomé serait donc en mesure d’éclairer Marie-Madeleine. Il faut malgré tout reconnaître que Salomé brille par son absence sur le « pentagramme ». Elle n’en est pas moins présente, mais de façon toute symbolique. Salomé apparaît comme le féminin de Salomon.

(1) Taliesin le Penn-bardd, vécut au VIe  siècle au Pays de Galles.

(2) Jean Markale : « LES GRANDS BARDES GALLOIS » - éditions Jean Picollec. Les traductions proposées par J. Markale, semble-t-il plus précises que celles apparaissants dans la traduction du livre de R. Graves, expliquent leur présence dans ce présent article.
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Grasset d’Orcet nous apprend que SALOMON – et donc SALOMÉ ? – fut pour les Templiers, ainsi que pour les membres de la Société Angélique, entendu, de par la langue des oiseaux, comme le sol-mont ou soleil montant ou soleil sur le mont.

Pour Grasset d’Orcet, le Salomon de la franc-maçonnerie correspond au dieu Bélénos des Celtes. Le solaire Lug/Bélénos fut supplanté dans le christianisme primitif par l’archange solaire Michel. Une hypothèse peut à présent apparaître quant à l’identité de l’ange du « pentacle ». Ne s’agirait-il pas de l’archange Michel ?

L’ange est représenté les mains posées sur ses hanches. Ce geste rappelle étrangement la macle héraldique ou le losange. Ce dernier mot peut s’entendre los ange, soit en français ancien : la « louange de l’ange » mais il peut aussi par retournement du los, se lire sol ange, soit « ange du soleil » ! Terme héraldique, losange a pour origine le gaulois lausink, issu du gaulois laus (pierre plate, dalle), origine du nom de la ville de Lausanne. Les étymologistes estiment que ce mot gaulois subit également pour sa forme définitive, l’influence du mot arabe lawzinag, emprunté au pehlevi lawzenak, de lawz (amande).

La macle héraldique désignait à l’origine la maille d’un filet. L’historien guérandais, Fernand Guériff, dans le N° 302 de la revue ATLANTIS, publia en 1979 un article particulièrement intéressant : « La macle… et la fenêtre » dans lequel il écrit :

    « La macle, carré inanimé ou losange idéal, est un des ‘’meubles’’ très anciens de l’héraldisme. C’est à la fois, nous explique Laurence Talbot
(3) l’image de l’algue cellule primitive ou cristal originel, et par extension, de l’œil, du hile ou île primordiale.

« On appelle toujours macle : un cristal naturel losangé (Dict. Larousse) […].

« C’est une des premières manifestations de la Vie. Et ne découvre-t-on pas avec stupéfaction que le vieux mot ‘’losenger’’ eut autrefois le sens d’attraire et d’aimer. Ce sont là les miracles du Verbe.

Plus loin l’auteur ajoute :

 « Enfin, dans l’hermétisme, la macle est un symbole d’irradiation des forces cosmiques. C’est l’occasion de préciser que l’ancien nom géométrique du losange est le rhombe ; et que ce dernier mot désigne aussi un instrument de musique remontant à la préhistoire. Par le vrombissement strident que produit cet engin, s’exprimait la voix des ancêtres ou celle du Dieu suprême. Il s’agit d’un phénomène vibratoire d’ondes et de sons, qui correspondent bien aux propriétés cosmiques de la macle.

    L’auteur démontre ensuite que la macle apparaît très souvent – notamment dans la Presqu’île de Guérande – sculptée sur beaucoup de lucarnes ou frontons de fenêtre. Cette fenêtre est la fenêtre de la maison, le « pentacle » du Champ-paillé… F. Guériff démontre ensuite que la macle des fenêtres apparaît dans la majorité des cas, associée au cercle soleil, au soleil levant. Il évoque ensuite le mont Saint-Michel de Guéhenno (Morbihan) couronnée d’une chapelle dont le fronton de la porte latérale révèle une sculpture représentant l’archange terrassant le dragon avec une épée. Par « un habile jeu de lignes, cette croix aplatie devient une macle », à la forme « animée », cellulaire.
(3) Laurence Talbot : « La couronne est au fond des eaux ».

    Il convient d’ajouter que sur les calvaires bretons, ainsi que sur la fresque de la Crucifixion de Jésus dans la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez, les anges placés sous la croix, recueillent le Sang du Christ. Cette image angélique du Graal se trouve associée à la macle et à l’oculus solaire sur une lucarne de ferme à Trénué-en-Arzal (Morbihan) ainsi que le révèle cette représentation visible dans l’article de F. Guériff ainsi que dans sa monographie « Étranges Sculptures et Demeures philosophales du Pays de Guérande » :



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Dans cette œuvre d’art se perçoit en filigrane l’histoire du Graal telle qu’elle se trouve narrée dans le « Parzival » du Templier Wolfram von Escenbach. Le Graal – Feu créateur, suivant Fulcanelli - reçoit son énergie créatrice de l’oculus solaire et vivifie à son tour les 9 losanges placés au bas de la fenêtre. Telles sont également les mystères du Chaudron de Keridwen que le barde Taliesin évoquait dans son poème sitôt avoir évoqué Marie-Madeleine et à travers elle, Salomé.

Le moment est venu de s’arrêter sur ce Champ-paillé héraldique et hermétique. Il devient ici analogue au Campus stellae ou Champ de l’étoile (Compostelle). Le pèlerin Jacquet suivait la « Voie lactée » : « J’ai été au firmament avec Marie de Magdalène ».

Le « paillé » est un terme héraldique que le Père Ménestrier de la Compagnie de Jésus, dit être « le même que diapré (4) »« se dit des pièces bigarrées de diverses couleurs ». Il s’agissait à l’origine d’un riche drap d’or ou de soie, généralement rayé. La paille roé évoquait une étoffe à dessins circulaires. C’est aussi le pallium, manteau ecclésiastique porté par les archevêques. Le diapré était étymologiquement une pierre de jade. Il évoquait au Moyen Âge un drap de soie à fleurs ou arabesques pour vêtements d’apparat. Les peintres ont très souvent représenté Marie-Madeleine au pied de la croix, revêtu d’un tel vêtement.

Les exemples donnés par le Père Ménestrier pour le « paillé » et le « diapré » font apparaître dans les deux cas un « Azur paillé (diapré) d’Or ».

(4) C. F. Ménestrier : « La Méthode du Blason » - Guy Trédaniel éd. de la Maisnie.

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Le blason hermétique de Champ-paillé

    La présence révélée de la macle héraldique dans le « pentagramme » de Champailler nous invite à présent à découvrir le blason de ce hameau hermétique. Le « paillé » apparaît à même le champ de l’écu ainsi que le démontre le nom du hameau. Sur ce champ va apparaître à dextre une macle. Ce meuble sur champ d’Azur, apparaît généralement d’Argent. Un exemple donné par Pierre Joubert (5) vient pleinement solutionner notre problème car les 3 macles de l’écu sont associées à un Soleil d’Or, or, il apparaît suivant les recherches de Fernand Guériff que la macle héraldique soit très souvent associée au soleil ce que la lecture ésotérique du « pentacle » semble confirmer. Le soleil d’or va apparaître à senestre où se positionne Marie-Madeleine. Un problème subsiste néanmoins, si le « pentagramme » représente la crucifixion de Jésus, la croix est absente. Faut-il malgré tout la faire apparaître sur le blason ? La réponse me semble positive. Cette croix ne couvrirait pas l’ensemble de l’écu, l’idée d’un écartelé ne semble pas apparaître. Le Christ tel qu’il apparaît est un Christ ressuscité, un Christ cosmique, d’où l’idée d’une croix verte et particulièrement d’un Tau (6) vert, couleur que l’on retrouve dans la grande rosace de Chartres, évoquant non plus la mort mais la résurrection.  

(5) Pierre Joubert : « Les Armes, initiation à l’Héraldique » - éd. ouest france.

(6) Le Tau est la croix de Saint Antoine fêté le 17 janvier, date clef. Le nombre 17 au symbolisme très important, est intimement lié au nombre 22 qui dans le calendrier renvoie au 22 juillet, jour de la Sainte Marie-Madeleine…


Le blason de Champailler pourrait donc se lire ainsi :

« D’Azur paillé d’Or au Tau de Sinople,

« adextrée d’une Macle d’Argent et senestrée d’un Soleil d’Or.



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Calendrier hagiographique de Champailler

    La présence dans le « pentagramme », de Marie-Madeleine et de l’archange Michel, permet d’envisager pour le moins deux fêtes religieuses du calendrier. Marie-Madeleine est fêtée le 22 juillet, et l’archange Michel le 29 septembre, bien que le 8 mai – fête traditionnelle de grande importance – corresponde à la Saint Michel du printemps. Une étude du calendrier permet d’envisager la date du 29 septembre. Le jour de la Ste. Marie-Madeleine ouvre un cycle de 70 jours qui va se clôturer avec la St. Michel. Ce cycle va se diviser en deux demi cycles de 35 jours. Le premier demi cycle se clôture le 25 août, jour de la St. Louis.

Ste. Marie-Madeleine : 22 juillet St. Louis : 25 août St. Michel : 29 septembre

             La St. Louis – détail assurément d’importance – est intercalée entre St. Ouen et St. Adon (24 août et 34e jour) et la St. Césaire d’Arles (26 août et 36e jour).

St. Ouen, le conseiller des rois et des reines, assista notamment le roi Dagobert en qualité de conseiller référendaire. Évêque de Rouen, il appartint à la mouvance celtique, ainsi que son frère Adon fondateur de l’abbaye de Jouarre. Est-ce en souvenir de ce dernier qu’un archevêque de Vienne (875) en Dauphiné prit le nom d’Adon ? St. Césaire d’Arles, évêque de cette cité en 503 et Primat des Gaules fut un personnage clef de ce siècle. Sa rencontre avec St. Aubin évêque d’Angers, originaire suivant une tradition de Guérande, rendit visite à St. Césaire en compagnie de St. Lubin. Quelle fut la nature de leurs entretiens ? Si la réponse est sans aucun doute, d’intérêt, elle sort néanmoins (?) du cadre de cette étude.

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St. Césaire et St. Adon ou le mystère des 36 Justes

Pères et Frères des 36 Chevaliers de St. Louis

    Dans le calendrier hagiographique révélé par le « pentagramme » de Champailler, St. Césaire est associé au 36ème jour. Le Primat des Gaules voisine St. Louis (35ème jour) qui lui-même succède à St. Ouen (34ème jour). La position centrale de St. Louis, le place ainsi à mi-chemin de St. Michel. St. Louis apparaît, face à St. Michel, Protecteur de la France, comme le saint patron des 18 rois Louis de France. L’association de ces deux saints reformule l’Ordre de Saint-Michel fondé par le roi Louis XI au château d’Ambroise le 13 août 1469. Cet ordre régi par un collège dont la grande maîtrise revint de droit au souverain, se compose de 36 Chevaliers formant « une sorte de conseil secret du roi »(7). Ioan Dionysios spécifie que Louis XI transforma en ordre chevaleresque « l’Aimable confrérie de Saint-Michel » fondée en 1220, six ans après Bouvines, par Philippe Auguste. Le roi, « avait groupé sous l’égide de l’Archange, une poignée de nobles chevaliers, qui se dévouaient charitablement à apporter réconfort moral et subsides matériels aux gens accablés de malheurs. »

La maison de Champailler est datée approximativement du XVe ou du XVIe siècle. Le roi François 1er mort en 1547, fut armé chevalier, ainsi que le révèle Paul Le Cour (ATLANTIS N° 96), par Bayard sur le champ de bataille de Marignan, à l’âge de 21 ans. Le fondateur d’ATLANTIS insiste sur le fait que le roi chevalier François 1er portait « le collier de l’ordre de Saint-Michel fondé par Louis XI, dont il faisait partie, et qui ne comprenait que trente-six chevaliers ».

Ioan Dionysios, compagnon de Paul Le Cour, rappelle que l’ordre fut aboli en 1789 mais qu’il resta l’apanage de la maison royale de France. Puis il ajoute : « Quant à la ‘’Confraire’’ primitive fondée par Philippe Auguste, elle fut rénovée en 1953 par le baron du Genièbre, ex-chancelier de S.A.R., le duc de Normandie, sous le titre d’Archicompagnie chevaleresque Michaëlite, œuvre pie et sociale pour la visite et le réconfort spirituel des immobilisés, prisonniers, vieillards, malades (…). J’en suis devenu le ‘’Régent’’ depuis le vendredi saint 1965, par suite du décès, à 81 ans de son rénovateur, dont j’étais le coadjuteur. »

Ioan Dionysios révèle, que « comme au temps de Philippe Auguste et Louis XI, nous portons au bout d’une chaîne, le médaillon à l’effigie de M. Saint-Michel, debout sur un roc, et revêtons en nos chapitres, le manteau de serge blanche à parmenture de velours rouge, avec la croix michaëlite brodée sur l’épaule gauche ».

Saint-Michel debout sur un roc, rappelle bien entendu le célèbre Mont-Saint-Michel qui stylise avec son village et sa Merveille, un triangle dont le reflet dans les eaux révèle le losange ou la macle michaëlite…

Une tradition qu’aimait à rappeler dans ses articles, Paul Le Cour le fondateur d’Atlantis et ami de Ioan Dionysios, stipule que le Mont-Saint-Michel est appelé à constituer le Grand Prieuré des Gaules quand sera restauré l’Ordre des Chevaliers appelé à régénérer notre civilisation.

Les 36 Chevaliers de l’Ordre de Saint-Michel, puisent leurs origines secrètes dans la tradition hébraïque, laquelle mentionne les 36 Justes sans lequel le monde ne peut subsister. Un best-seller récent (2007) de Karen Tintori et Jill Gregory : « les 36 Justes » (édition française, Michel Lafon) révèle au grand public cette étonnante tradition. Ils ont pour nom les Lamed Vav, rapport à la valeur des lettres hébraïques L et V : 30 et 6, qui écrivent en hébreu ce nombre. Les Lamed Vav sont « le cœur multiple du monde ». Si un seul d’entre eux vient à manquer, la terre souffre. Le Lamed-Vav est intimement lié à l’horloge du temps, et ainsi au Jugement dernier. Sa destinée est de reculer l’échéance : il tisse du temps

Les 36 Justes ou Lamed Vav veillent à ce que le rocher d’où coule une source, soit aperçu en permanence par le cœur du monde qui maintient le monde en vie.

       La tradition enseigne que les Lamed Vav ignorent généralement leur état de Lamed Vav et surtout, ils ne sont pas obligatoirement Fils d’Abraham. Le calendrier de Champailler semble mettre en relief l’existence de ces 36 Justes. Leur intégration au sein du nombre 70 rappelle que dans la tradition biblique, ce nombre correspond aux 70 nations symbolisant l’ensemble des peuples de la terre. Les Lamed Vav apparaissent ainsi intimement liés à la race humaine dans son ensemble. St. Césaire versé dans les Écritures, avait sans doute une connaissance des Lamed Vav, ce qui expliquerait dans ce calendrier, sa 36e place. St. Louis, cabalise la « Lumière », St. Ouen est celui qui est « messié », c’est-à-dire le « Oint » en français moderne. Cette onction rappelle l’onction des prophètes et rois d’Israël. St. Ouen, de son vrai nom Dodon est le Douzième (nom grec hautement symbolique), est frère de Radon et de St. Adon. Si l’on reconnaît que ces trois noms riment, curieusement, seul celui de St. Adon est reconnu comme étant d’origine hébraïque.

Adon signifie : « Piédestal – Socle – Fondement » mais aussi « Seigneur – Maître ». Le nom divin Adonaï se substitue généralement au Nom imprononçable : Yahvé. La racine de ce mot : « Don » (présente dans le nom des trois frères unys…), signifie : « Juger – Rendre justice ».

    St. Adon fêté, ainsi que son frère St. Ouen, le 24 août (34e jour) n’apparaît-il pas comme l’un des Lamed Vav de sa génération ? Un second St. Adon, le glorieux archevêque de Vienne du IXe siècle semble par son nom, avoir perpétué le souvenir de son illustre homonyme.

(7) Lire sur le sujet : ATLANTIS N° 89 « Siegfried et Perceval » de Paul Le Cour, ainsi que l’article de Ioan Dionysios, « L’Ordre de Saint-Michel » - Atlantis N° 236.

Je remercie particulièrement Bernard Maligne de l’Association ATLANTIS pour son aide…

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ADON ~ 34 : De Champailler à la MELENCOLIA§I de DÜRER

    La célèbre gravure d’Albrecht Dürer : la MELENCOLIA§I est nommée par certains : « L’Ange à la Fenêtre », titre non sans rapport avec le célèbre roman ésotérique de Gustav Meyrink « L’Ange à la Fenêtre d’Occident ». Une première énigme ouvre le roman : le cristal, escarboucle en forme de dodécaèdre régulier : « Lapis sacer sanctificatus et praecipuus manifestationis », soit en latin : « Pierre sacrée sanctifiée principielle de la manifestation ».

   Chacune des douze faces pentagonales régulières du dodécaèdre ressemble curieusement au « pentagramme » de Champailler ! Sur la gravure de Dürer, un autre solide capte toute l’attention. Il s’agit d’un rhomboèdre, solide dont toutes les faces sont des losanges. Mais celui de Dürer apparaît comme une véritable interrogation sur laquelle deux anges planchent. Le grand ange (MELENCOLIA) ne parvient pas solutionner le problème, contrairement au petit ange, le putto ou chérubin, qui lui a su résoudre l’énigme. Cet ange ressemble étrangement, par le message qu’il délivre, à l’ange de Champailler. Le second ange ressemble à Marie-Madeleine aux pieds du Christ. Il ne comprend pas. Diverses études, souvent très intéressantes ont été consacrées à la gravure de Dürer.


Emmanuel Chabrery, dans son livre « DÜRER PROPHÈTE » tente à démontrer que le personnage cosmique de MELENCOLIE, cache en fait Marie-Madeleine, bien que le trousseau de clefs pourrait pareillement évoquer sa sœur : Marthe. Pour parvenir à solutionner le problème du rhomboèdre, MELENCOLIE devra effectuer telle Marie-Madeleine devant le Saint-Sépulcre au matin de Pâques, un double retournement.

Au-dessus du Chérubin se trouve la Balance, emblème de l’archange solaire Michel. Et puis il y a le fameux carré de quatre surmonté d’une cloche et accosté à gauche, d’un sablier :


Les lignes, colonnes et diagonales du carré donnent pour résultat 34. A. Dürer a fait ressortir en clair la date de son œuvre : 1514, dans les deux cases médianes de la dernière ligne. En plaçant cette date entre le 4 et le 1, il associe l’œuvre à son nom : 4 – 1, chiffres qui transposés en lettres font apparaître le D et le A, 4ème et 1ème de notre alphabet et initiales de Durer et d’Albrecht. L’ensemble, ainsi que le note Run Futthark (André Lécossois) dans son livre « Comment interpréter la Kabbale », transposé en lettres, révèle les lettres DONA :

4  15  14  1

D  O   N  A

      Il apparaît ainsi que DONA (le DON A) dans notre alphabet a une valeur numérique égale à 34. DONA – 34 – est anagramme de… ADON ! Or, St. ADON n’est-il pas dans le calendrier de Champailler lié au nombre 34 ? Il apparaît également, ainsi qu’indiqué plus haut, que les Lamed Vav (les 36 Justes) soient les métronomes du temps. Or, Albrecht Dürer n’a-t-il pas associé dans sa gravure, le carré lié au nombre 34, au sablier et à la cloche, symboles liés au temps !?

Les Kabbalistes juifs ont utilisé ce carré. Pour eux, le nombre 34 révélé par ce carré était synonyme de DAL « pauvreté » et « porte ». Ces deux mots, en effet, s’écrivent avec un Daleth et un Lamed, soit un 4 et un 30.

Et c’est au seuil de cette PORTE symboliquement gardée par les 36 Justes ou les 36 Chevaliers de l’Ordre de Saint-Michel que se terminera ce périple au travers du « pentacle » de Champailler.



MICHEL BARBOT

... UNE AFFAIRE TRÈS POINTUE, A SUIVRE ÉVIDEMMENT ...