Ponce Pilate Avril 2008 |
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Thierry Rollat |
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Le Grand Romain,
Pontius Pilatus
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Ponce Pilate, devrait-il à la
"seule" condamnation à mort de Jésus qu'il
aura dû prononcer, que son nom ne soit pas oublié pour l'éternel, autant par le Christianisme que par la Grande Histoire, celle portée par la mémoire
collective, l'humanité toute entière ? Oui probablement, si on ne s'en
tenait qu'aux faits, des données tenacement
colportées et parvenues jusqu'à nous. Mais voilà,
transformées,
bien souvent erronnées, près de 2000 ans après le
passage sur terre de ce sombre et à la fois toujours
célèbre dignitaire Romain.
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Le titre de cet article n'est bien entendu pas innocent. Pour
autant, il n'est point question de pouvoir traiter ici,
indépendamment ou non, en de trop rapides
développements cette curieuse notion DU Grand Romain. Oui
j'entends apposée par Nostradamus, mais très incertaine
sur le QUI se
retrouvait derrière le
personnage évoqué sous ce patronyme finalement très vague
et évoquant très probablement dans le même temps un puissant dignitaire. Certes les hypothèses ne
manquent pas, alors pourquoi écarterions-nous si vite et dès à présent Pilate de celles-ci ?
Ponce Pilate, son existence historique est
avérée indiscutable, seulement officiellement
depuis 1961, pourrait-on croire un peu, ou même beaucoup trop
naïvement, suite à la découverte d'une gravure
retrouvée à Césarée, la seule et unique
connue à ce jour portant jusqu'à son nom ? Ce point
renforce paradoxalement sa
présence extremement sérieuse et la
crédibilité assez criante qui l'accompagne dans les
Évangiles, où là, il fut évoqué dans des textes,
depuis les
presques débuts de l'ère chrétienne, pour être clair et même catégorique ?
On lui prête une destinée connue, comme un dernier point
fixe, qui
pousse jusqu'à
la fin 36, date à laquelle il sera relevé de ses
fonctions suite à des exactions, des abus
répétés sur le peuple juif qu'il administrait avec
mépris en
Judée. C'est à Rome qu'il se sera rendu pour être
entendu par Tibère et c'est Caligula qui l'accueillera ! Rien
que ce point aura produit et sème du reste toujours, des
troubles, des doutes, un flou
parfois fantasmagorique, des désaccords interprétatifs et
aussi chroniquement bien trop audacieux, à travers le temps,
les époques et leurs érudits.
Les historiens, les écrivains, à l'origine et durablement
souvent religieux, ne se mettront pas d'accord sur le cheminement
qu'aura suivi Pilate se rendant
auprès de tel ou tel empereur, entre Tibère qui
était déjà en poste lorsque survint la condamnation suivie de la
mort de Jésus ou
Caligula qui lui succéda entre la fin 36 et mars 37,
très
vraisemblablement. Ces dates
somme toute, ne resteraient qu'approximatives ? Non, car la
période s'avère suffisamment affinée pour retenir avec justesse l'arrivée de Pilate à Rome, devant le nouvel empereur, un tyran ! |
Malgré
des écrits crédibles, comme ceux des
Dictionnaires,
des Encyclopédies, on peut admettre prudemment
que l'ancien préfet entre concrètement
dans La
Légende et officiellement dès son retour en la capitale de l'Empire.
Effectivement, il s'écrira tellement de
contre-vérités, qu'il ne resta pas simple pour nous, pour moi, d'y faire quelques
lumières, si tant est, que volonté il y eu
jadis d'éclairer cette situation si confuse ? Son passé, les responsabilités exercées, où
et comment auparavant, avant que n'approche l'an 33, n'ont jamais
été sérieusement tranchées !
Oui, il se serait bien
retrouvé en Judée vers l'an 26, mais comme préfet
alors que la fonction le définissant fut durablement
spécifiée comme ayant été celle d'un
procurateur et là à tort en l'occurrence. A-t-il été nommé en ces lieux à titre
disciplinaire, comme une punition qu'on lui aurait donc
infligée, ou tout au contraire parce qu'une plutôt
très grande confiance s'est
portée sur lui à un moment donné, pour
gérer un territoire délicat, le besoin d'une main ferme,
voire ici impitoyable ? Les
deux versions circulent ou ont circulé, la vérité
étant peut-être ailleurs ?
Ce passé plus ancien, ne
serait pas capital ? Au moins au premier abord alors ? Il refait parfois
surface cet avant présumé, lors d'arguments loin d'être intempestifs, portés dans des
ébauches, plus ou moins fiables ou mûries. Ce puissant Romain,
pourrait avoir connu Joseph d'Arimathie, lui à qui il accordera le Corps du Christ défunt. Ponce
Pilate aurait un passé militaire
supposé glorieux, et il pourrait avoir eu jadis sous ses ordres Joseph d'Armathie, un protagoniste notoire,
difficilement cerné ou cernable, sur le fond comme sur la forme, ses rôles et ses actes...
Sa femme, celle de Ponce Pilate, Claudia Procula, acceptée sous l'orthographe de
Procla, demeure une influence
à prendre en compte dans une
approche globale, dès
qu'est prononcé le nom de ce célèbre dignitaire
romain, finalement au bout du compte fort mal connu. Oui,
elle s'impose bien à plusieurs titres comme une clef
précieuse et qui ouvre des voies, pas forcément toutes
romaines, si vous m'acceptez ce brin d'humour. Ses origines, autant
géographiques que familiales, ses interventions et écrits, la propulsent au devant de la grande scène
historique.
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Il n'est point envisageable que la condamnation de Jésus, puis sa mort, ne puisse pas avoir eu une influence, en aucun cas traumatisante pour la conscience d'un coupable, mais bien une réelle importance indiquant clairement à Pilate, qu'il vivait alors des moments historiques et qu'il enregistrait dans le même temps, une véritable impuissance sur cette triste décision finale. Beaucoup laisse à penser que Pilate ne voulait pas voir mourir Jésus à l'issue du jugement de sa vie, procès obligatoirement placé sous tensions caractérisées, attisées par une foule hystérique. |
En l'an 33, Jésus est crucifié et Ponce Pilate restera les
3 années à venir, préfet de Judée. Ces
données ne font l'objet d'aucune contestation notons le bien au
passage. Fin 36, ce dignitaire romain a perdu un certain
contrôle de la situation, son pouvoir se retrouve affaibli, en
ayant répété des abus sur le peuple juif qu'il
avait en charge et qui lui valent d'être destitué, puis
convoqué devant l'empereur à Rome. Riches, orgueilleux,
vaniteux, il ne s'avère pas moins fort probable que
durant ce voyage retour, il dut se poser un grand nombre de questions "difficiles".
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Qu'est réellement devenu Ponce Pilate après la fin 36, ou
en
dernier ressort mars 37 ? Voilà une bonne question,
celle que se posa plus d'un citoyen, qu'il soit de plus, romain ou pas.
On ne pourra jamais suffisamment revenir en arrière et
connaître les vraies réponses que donnaient les
initiés, si initiés ils étaient toujours et
sérieusement ? L'interminable millénaire médieval
va ardemment lancer et
activer des certitudes auprès de populations, en grande partie
crédules, si elles acceptaient et surtout croyaient
vraiment, aux fonds et à la forme des discours officiels.
Puis,
les explications vont radicalement s'agrémenter de
détails géographiques, accréditer et
véhiculer par l'Église, par l'un de ses membres ; quand
même pourrait-on dire, à la fin du 9ème
siècle ! L'archevêque de Vienne, Adon (860/875), fixe pour
la première fois dans l'Histoire du Christianisme la
région qui aura vu mourir Ponce Pilate, au travers de
développements et de beaucoup de certitudes, en les mettant
ainsi en avant. Il complète en mentionnant que son corps aura
à jamais été absorbé par une montagne dont
le descriptif indique : LE PILAT.
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Non
les pistes et les indices, n'ont pas tous été
définitivement brouillés, gommés et rendus sans
intérêt. Ponce Pilate représenta des
siècles durant un enjeu. Il est certain que de son vivant il
n'aura jamais pu mesurer ce que deviendrait beaucoup plus tard sa marionnette.
A ce stade des présentations il convient bien d'être sans
réserve. Le hasard comme souvent dans la recherche, n'a que peu
de place en ce qui concerne la vie, ou les vies successivement
accordées à Ponce Pilate durant près de deux
mille ans. C'est une Légende, nous glisse-t-on au creux de
l'oreille ? Oui, mais pas n'importe laquelle. Celle-là, et sur des siècles, il fut nécessaire de la contrôler, à un moment donné elle échappa aux contrôles ou plutôt aux contrôleurs ? Vienne, Le Pilat, puis plus tard un ancien archevêque de Vienne qui occupa la fonction durant trois décennies, rien que ces données, engendrent des éléments qui livrent des explications et des reconstitutions, loin elles, d'échapper à la rigueur, entre autres, de Pourquoi ou de Comment. Ponce Pilate un Grand Romain, appartient à l'Histoire Secrète. On vous le dévoilera sans trop tarder. Thierry Rollat
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