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RUBRIQUE Mérovingiens Décembre
2008 |
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Michel Barbot |
UN TRÔNE
POUR UN ROI, LE RÊVE DES FILS DE MEROVÉE
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Des rois Mérovingiens aux évêques emblématiques
de la Bretagne, notre ami Michel Barbot nous entraîne - dans cette
véritable « queste » initiatique où il démontre
une fois de plus son érudition et sa parfaite connaissance des arcanes
secrets de son pays natal - vers la découverte d’un secret royal et
fabuleux, dont les indices semés ça et là sur le sol
breton, distillés par quelques initiés des siècles passés,
composent les éléments d’un puzzle ineffable et éthéré.
Comme j’aime à le répéter souvent : « Calez-vous
bien confortablement dans votre meilleur fauteuil », amis internautes,
et suivez Michel sur les terres embrumées des marais Guérandais.
Ne perdez pas le sentier, surtout, le fil d’Ariane est ténu mais
il vous mène vers la Révélation. Les portes de la Bretagne
sacrée s’ouvrent devant vous…
![]() Patrick Berlier
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À
MON PÈRE, L’ENFANT DES MARAIS…
![]() Michel Barbot
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En
383, Maxime, gouverneur romain de la Bretagne insulaire, reconnu empereur
par ses troupes, débarque sur le continent et affronte l’empereur
Gratien qu’il met en déroute près de Lutèce et poursuit
jusqu’à Lyon. Maître de Nantes et de Rennes il récompense
l’un de ses lieutenants, le Britanni Conan Meriadec, en lui donnant «
le gouvernement de la Bretagne armoricaine ». Conan sera le premier
roi de Bretagne. L’historien Jordanès écrit vers 551-552, dans
ses Gestica, que l’un de ses successeurs, Riotim ou Riothamus, « roi
des Bretons de la Loire », engagé par l’empereur Anthémius,
part de Nantes en 469 à la tête de 12000 Bretons, afin de stopper
l’avancée d’Euricus, roi des Wisigoths de Toulouse qui désirait
réunir sous sa puissance tous les pays compris entre la Loire, l'Océan,
la Méditerranée et le Rhône.
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Jean-Anne
Chalet dans son livre « Les Belles Heures du Comté Nantais »
(Edijac 1985) écrit : « (…) les Francs de Clovis ont pénétré
l’Armorique par le sud et se sont installés dans le pays, de manière
relativement pacifique, il est vrai. Les chefs francs s’entendent à
merveille avec l’Église, qui représente le véritable
pouvoir établi dans le pays nantais. » Si Clovis n’asservit
point la Bretagne, il se montre néanmoins très intéressé
par les comtés de Rennes et surtout de Nantes.
![]() Le vitrail de la basilique
Saint-Donatien
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Jean
Paul Lelu dans un article titré « Un Mont ‘’Gargarius’’ à
Nantes »’, publié dans le numéro 92 du Bulletin de la
Société de Mythologie Française, situe le campement
de Chillon sur le Mont Goguet… Mont du Géant : « Le Mont Goguet
est bien le seul point d'où l'on pût voir d'un même coup
d'oeil les églises de Saint-Similien et de Saint-Donatien. C'est donc
bien sur le Mont-Goguet qu'il faut placer Chillon et son armée. Il
faut voir dans ce récit davantage l'écho d'une tradition mythologique,
qu'un épisode proprement historique. Si c'est de l'histoire, c'est
de l'histoire pensée en termes de mythe. Chillon, campé sur
le Mont-Goguet (qui est sans doute un "Mont Tombe"), a vu des fantômes,
des représentants de l'Autre Monde. La vision de sainte Brigitte de
Suède au Monte Gargano de Pouilles exprime aussi d'une certaine façon
ce contact avec l'Autre Monde, puisqu'elle y a vu des anges. Mais les processions
nocturnes illuminées se retrouvent au Mont Gargan du Limousin : il
s'agissait là d'aller chercher le soleil au sommet du mont, de faire
renaître l'astre de vie. »
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(1) Certains historiens Nantais voient dans l’épisode « saint Émilien », la confirmation de l’hypothèse suivant laquelle, l’Église de Nantes reliée à la Métropole de Tours, dépendait primitivement de celle d’Autun. La bataille se déroula à Saint-Jean-de-Luze (actuelle commune de Saint-Émiland près d’Autun). Le 22 août, jour de la mort de l’évêque, a lieu un important pèlerinage autour du tombeau de saint Émilien ou Émiland, qu’un cantique de l’office du saint nomme : « incomparable trésor ». Dans le légendaire de la commune, lié à saint Émilien, apparaît en filigrane, le thème énigmatique de la cité de Luz biblique… de Bethel (la Maison de Dieu – la Pierre) qui se prolonge dans Bethléem (la Maison du Pain). Suivant Fernand Guériff (L’Église Saint-Nazaire – éd. Jean-Marie Pierre), des moines venus d’Autun au 6e siècle, auraient choisi le rocher de Saint-Nazaire pour y déposer les reliques du saint]. |
Suivant
l’ancienne tradition, remise en cause dès le 17ème siècle
par les historiens, mais entretenue aujourd’hui encore à Réguiny
dans le Morbihan où il a fini ses jours, c’est en l’an 69 que saint
Clair, le premier évêque de Nantes, reçoit du pape saint
Lin, successeur de Pierre, mission d’évangéliser la Corne de
la Gaule (la Bretagne), région où palpite le Druidisme. Le
Pontife lui remet comme insigne de sa mission, le « clou qui avait transpercé
la main droite de Saint Pierre crucifié à Rome ». Pour
sa mission, Clair est assisté du diacre Déodat (Dieudonné)
dont le nom, porté plus tard par des juifs de France, est considéré
comme la traduction de l’hébreu Elqana : « Don de Dieu »,
mais aussi… « Roseau de Dieu »…
Dès
son arrivée à Nantes, Clair édifie la première
église et envoie Déodat à Port Saliocan (2) afin d’y rencontrer Drennalus (Drennualus) missionné
depuis la Grande-Bretagne par Joseph d’Arimathie, le Porteur du Graal. Cette
rencontre sera le point de départ d’un long périple en Bretagne
au cours duquel ils vont œuvrer à la vigne du Seigneur.
(2)
Cette antique cité portuaire de Port Saliocan correspond à
Port-Liocan situé entre le Conquet et Saint-Matthieu dans le Finistère.
Le nom même de cette cité est ainsi compris : « Lio(u)
: couleur » et « Can : blanc », soit en vieux breton «
la Couleur Blanche ». Un jeu de mots est également possible
avec le vieux breton Lia : « mégalithe », « dolmen
», et « pierre tombale » en vieil irlandais. Le SA initial
que l’on oublie curieusement de traduire semble identique aux SA guérandais
évoquant une « saline ». La cité de Saliocan apparaît
curieusement associée et confondue avec la Liugonaus ou Leuconos,
actuelle Saint-Valery-sur-Somme, historiquement reliée à Montreuil-sur-Mer…
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Déodat
et Drennalus, de par le D qui initie leur nom, mettent en avant le sigle
DD signant le Donum Deï ou Don de Dieu, bien connu des hermétistes,
que Déodat personnifie par son nom même. Drennalus ou Drennualus
est un nom symbolique celte également à la double lecture,
composé du celtique Dren, « épine » et de Ali,
terme préceltique ayant le sens de « sacré » ou
de Ualus, « valeureux », « chef », « souverain
» (3).
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En
l’an 73, Drennalus s’établit définitivement à Lexobie,
la cité aux trésors… Bâtie de marbre, elle était,
raconte la légende, toute étincelante d’or. Des digues et
des murailles la protégeaient de ses ennemis et des assauts de l’Océan.
La cité dont l’existence est discutée, est localisée
dans les Côtes-d’Armor au Yaudet ou bien encore à Saint-Michel-en-Grèves.
(5) Évoquer le siège épiscopal de Drennalus reste infondé car il est historiquement reconnu que le tout premier évêché de la Corne de la Gaule, fut celui de saint Clair qui s’étendait sur la quasi-totalité de la Petite Bretagne. |
Piriac et le Nombril du Monde La
commune de Piriac est placée sous le patronage de Saint-Pierre-ès-Liens
et de Saint Clair, l’évangélisateur de la presqu’île.
La bannière paroissiale, œuvre d’un certain JEAN LALLEMENT (1820)
représente l’apôtre lié à la Pierre Noire. Cette
pierre marquait sur l’île Dumet le « point zéro »
du pôle des terres émergées du globe. André Douzet
dans un article intitulé « Les Pierres Noires » (6) affirme qu’elle fut dérobée vers
1941… et conservée par ailleurs.
(6) (Revue « L’INCONNU » N° 269. Lire également sur le sujet mon article : « Sarek : ou le nombril du monde » publié dans le N° 11 de Pégase). ![]() La bannière ecclésiale
de Piriac, et carte de la constellation d’Orion
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Le
premier Pontife est représenté sur la bannière, environné
de six étoiles (3 bleues et 3 d’or) figurants la constellation d’Orion
domiciliée dans le signe des Gémeaux. Si l’on relie de façon
bien précise les six étoiles entre-elles, un livre ouvert
se matérialise dans le sens de la largeur de la bannière.
Les deux étoiles centrales délimitent le fameux Baudrier d’Orion.
L’étoile centrale du Baudrier, Alnilam (« Rang de Perles »
en arabe), est cachée par l’apôtre. Ces trois étoiles
nommées aussi les Trois Rois ou les Trois Mages sont évoquées
dans le quatrain VIII-99 de Nostradamus :
Par la puissance des trois Roys temporels,
En autre lieu sera remis le sainct siege Où la substance de l’esprit corporel, Sera remis & receu pour vray siège André
Bouguenec s’intéressa aux mystères de l’île Dumet dans
son livre « L’Ultime Grand Secret » (éd. Opéra).
Bien qu’il n’évoque point la bannière piriacaise, il se réfère
à ce quatrain en associant le second vers à la cité
de Nantes. Le Siège de Pierre y apparaîtrait – symboliquement
(?) – déplacé.
Le
nom hébreu de la constellation d’Orion est Kessil, le « Fou
». Ce nom peut s’entendre aussi « Késs Il » : le
Siège ou le Trône divin ou de l’Enfantement. Il est indiqué
dans le Dictionnaire hébreu/français de Sander et Trenel, que
le nom chaldaïque ou araméen de Kessil est Néphila : le
« Géant ». Ce mot est le singulier du fameux Néphilim
dont la véritable signification est : les « Tombés »
(du Ciel) mentionnés en Genèse 6-4 : « Les Néphilîms
sont sur terre en ces jours et même après : quand les fils
des Élohims viennent vers les filles du glébeux (8) elles enfantent pour eux. Ce sont les héros
de la pérennité, les hommes du Nom (9).
» Traduction d’André Chouraqui.
(9)
Le Nom : bien que d’autres significations kabbalistiques soient avancées,
ce Nom fait référence au Nom imprononçable de Dieu
: Yod-Hé-Vav-Hé que la Bible de Jérusalem dans sa traduction
française vocalise Yahvé.
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Néphila,
père des Néphilim, porte dans la tradition juive le nom de
Shemyasa ou Samael. Le Livre d’Énoch le présente comme le chef
des anges descendus sur terre avant le Déluge. Rashi de Troyes, la
sommité médiévale en ce qui concerne les mystères
bibliques, affirme : « c’étaient des êtres célestes
accomplissant une mission divine. » Shemyasa et Azael (les Gémeaux)
«’’ tombèrent’’ du ciel au temps de la génération
d’Énoch. ». Rashi ajoute que les Néphilim et les Anaqim
sont leurs fils…
Les
légendes juives racontent que Shemyasa s’éprit d’une belle
mortelle nommée Ishtahar. Shemyasa, ainsi que son nom l’indique, connaissait
le Nom (Shem) imprononçable et Ishtahar déploya toute sa séduction
pour connaître le Secret. L’être céleste, connaissant
le châtiment qui lui serait réservé s’il révélait
le Nom, résista longtemps à la tentation. Mais tel Samson,
il révéla le Secret. Ishtahar à présent munie
telle les fils des Élohim de puissantes ailes, s’envola dans le ciel
et pu atteindre le trône de Dieu.
Shemyasa
repentant, fut, dit la légende, lié la tête en bas entre
ciel et la terre, dans la constellation d’Orion. Ishtahar restée
pure, fut placée à côté de Shemyasa et devint
la constellation des Pléiades. Telle est l’énigme voilée
que révèle le verset du Livre de Job et la bannière
de Piriac.
La
bannière pose néanmoins quelques interrogations. Pourquoi
fusionner les personnages de Pierre et de Shemyasa : l’homme de la terre
et l’homme/ange ? Le quatrain de Nostradamus évoque un déplacement
du « sainct siege » opéré « Par la puissance
des trois Roys temporels », c’est-à-dire sous l’égide
ésotérique du Baudrier d’Orion que le Livre de Job nomme «
les liens de Kessil », les « liens du Fou », ou les «
liens du Trône divin ». Le LIEU où serait « remis
& receu pour vray siège » serait pour certains exégètes
et notamment André Bouguenec, la ville de Nantes (10). L’idée d’une cité de Nantes
LIEU du Saint Siège est déjà très ancienne.
Michel
Lamy dans son livre « Les Templiers » aux éditions Auberon,
évoque le carnaval des Templiers qui débutait par les «
fêtes des fous » célébrées durant la Saint-Étienne,
la Saint-Jean et les Saints-Inocents pour se terminer au 22 février,
jour de la chaire de Saint-Pierre. Cette dernière fête était
d’importance, elle trouvait son prolongement dans la Saint-Pierre-ès-Liens
célébrée le 1er août, en lieu et place de la
Lugnasad des Celtes (fête de Lug, la Lumière).
La Chaire ou Siège de Pierre mentionnée par Nostradamus, est une et trois tels les trois Roys temporels. Suivant la Légende Dorée l’apôtre Pierre s’assit sur la première : la Chaire royale de David, parce qu’il fut « le premier de tous les rois », sur la seconde : la Chaire sacerdotale d’Héli, parce qu’il fut « pasteur de tous les clercs » et sur la troisième : la Chaire magistrale de Moïse, parce qu’il fut « le docteur de tous les chrétiens ». Bien
que la cité d’Antioche soit considérée comme la première
chaire de Pierre (en tant qu’évêque), c’est à Rome,
cité papale qu’elle fut véritablement dressée. La seconde
chaire devient Avignon et apparaît à l’origine de cette mystérieuse
Église Secrète, ou Église de Benoît du nom de
Benoît XIII (Pierre de Lune), pape d’Avignon, devenu pour Rome un anti-pape.
La troisième chaire de Pierre, nous est révélée
par Nostradamus. Il s’agirait de Nantes, bien que certains exégètes
préfèrent évoquer encore Avignon, hypothèse
que les trois Roys temporels du premier vers, viennent infirmer. Les trois
chaires de par l’initiale des trois cités : R. A. N., apparaissent
comme l’une des clefs menant à la RAN guérandaise.
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Les Nonnechii, évêques de Nantes Vers
462 Nonnechius 1er monte sur le siège épiscopal de Nantes.
Né à Bourges, il appartient à la célèbre
famille des Nonnechii dont l’un fut préfet du prétoire de l’empereur
Magnence en 350. Les Nonnechi, évêques ou comtes/évêques
de Nantes, occupent le siège épiscopal globalement de 462
à 599, année où décèdera Nonnechius II,
successeur de Saint Félix son oncle. Suivant M. Fauriel, cité
par Pitre-Chevalier (La Bretagne ancienne et moderne), le fameux concile
de Vannes en 465, réunissant outre les évêques Bretons,
l’évêque de Rennes et Nonnechius évêque de Nantes,
ainsi que l’archevêque métropolitain de Tours, avait lieu à
l’époque où Riothim régnait sur la Petite-Bretagne.
![]() De gauche à droite
: Nonnechius, Karmundus, Landranus
Galerie de la façade de la basilique Saint-Donatien |
Sur
la galerie des 10 personnages de la façade de la basilique Saint-Donatien
et Saint-Rogatien (11) de Nantes, Nonnechius
1er, puissant d’Aquitaine, est représenté sous les traits
d’un Gaulois Biturige, armé d’une hache et d’un bouclier. Ce saint
nantais, est l’homme à la hache ! Ce guerrier est un initié,
ainsi que l’indiquent ses pieds à l’équerre. Dans le «
Dictionnaire des symboles » de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant
(éd. Robert Laffont), on apprend que « la hache plantée
au sommet d’une pyramide ou d’une pierre cubique à pointe, comme de
nombreux documents maçonniques du XVIIe siècle en présentent
des modèles (…) se comprendrait très bien comme l’ouverture
du centre, du coffret, du secret, du ciel (…). Par son tranchant, la hache
de pierre a fait jaillir l’étincelle. »
La
hache symbolise l’axe central, d’où son nom anglais : axe. Il s’agit
d’un axe royal, symbolique bien connue du romancier américain Robert
E. Howard (père de Conan le Barbare). Il titrera l’une des nouvelles
du cycle « Kull l’Atlante » : « By this Axe I Rule ! »
: « Par cette hache, je règne ! ». Cette royauté
est une royauté toute celtique ainsi que le confirme cet autre récit
du cycle de Kull : « The King and the Oak » : « Le Roi
et le Chêne ».
Nonnechius
est un Biturige, un fils des anciens Rois du Monde ou Rois Perpétuels
(Bitu/rige en gaulois). La symbolique du Roi du Chêne, l’Empereur
Gaulois, se serait perpétuée au sein de certaines Maçonneries
forestières. Il s’agit ici de la Royauté Secrète de
la France. Thierry Guidet, journaliste à Ouest-France, publia en 1999
un roman atypique : « Une affaire de cœur » (éditions
joca seria), dans lequel il prétend que le cœur/reliquaire d’Anne
de Bretagne apparaît pour certains Bretons comme un véritable
Graal placé au centre d’une FORÊT : NANTES…
Sur
la galerie de l’église nantaise, au côté de Nonnechius,
figure son fils Karmundus qui lui succéda de 475 à 492. Karmundus
: la « Pierre du Monde » est aussi nommé Cariundus ou
Karvindus, nom dans lequel se reconnaît le gaulois Kar Vindos : la
« Pierre Blanche ». Cette « Pierre » biturige évoque
le centre mythique de la Gaule localisé près de Bourges, capitale
secrète de la France, suivant Gérard de Nerval. Les Nonnechius
de Bourges, la cité des Gémeaux, vont occuper le siège
épiscopal de Nantes, autre cité des Gémeaux. En tant
que Bituriges, héritiers des mystères liés à
l’ombilic de la Gaule, ils sont apparemment jugés aptes pour approcher
les mystères de l’ombilic du monde…
Avant
de succéder à son père, Karmundus aurait étudié
auprès de Sidoine Apollinaire, Lyonnais de naissance, oncle de Nonnechius
et évêque de Clermont en Auvergne. Curieusement, la tradition
nantaise va confondre, apparemment avec intention, Karmundus avec un certain
Promotus. L’évêque clermontois
adresse un courrier à son neveu Nonnechius : « Sidonius domino
papæ Nonechio salutem », soit : « Sidoine au Pape Nonnechius,
salut. ». Cette salutation adressée au papæ Nonechio,
semble avoir dérangé certains commentateurs qui ont voulu la
minimiser afin de gommer le gallicanisme que d’autres avaient doucement avancé
et qui va dans le sens du sainct siege nantais annoncé par Nostradamus.
Mais ceci n’est pas recevable en tant que preuve car il n’était pas
rare, à l’époque de nommer pape un personnage important de
l’Église ainsi que le démontre d’autres courriers de Sidoine.
Toujours est-il, Sidoine recommande à Nonnechius dans ce courrier,
un certain Promotus, porteur de lettres. « Il y a bien longtemps que
nous le connaissons ; mais grâce à vos prières, il est
devenu tout récemment notre coreligionnaire. Juif d’origine, il a
préféré être israélite par la foi que par
le sang. » Sidoine aime à s’entourer de juifs. En relation avec
eux, il utilise en tant que courrier, les services d’un juif nommé
Gozolas et mettra son crédit au service d’un autre.
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Tout
comme Promotus, Karmundus sera dit « natif d’Auvergne » et l’un
se fondant dans l’autre, il deviendront fils de Nonnechius. Voici que réapparaît
avec ces deux personnages le thème nantais de la gémellité
qui fait de Nantes, la sœur de Bourges… Ce fut Karmundus qui érigea
la première basilique consacrée aux Gémeaux Saints
Donatien et Rogatien. Il se ménagea lui-même une sépulture
dans ce nouveau sanctuaire dans lequel il fit reposer en 475 son père,
au pied de la tombe des saints patrons nantais.
Il
apparaît que Nonnechius, le « père » et Karvindus/Promotus,
le « fils », de par la signification respective de leurs noms
(Nonnechius : Nonnus-, « moine – père nourricier », Karvindus
: « Pierre Blanche » et Promotus « Candidat, élu
») ne soient pas sans évoquer la partie finale de la Lettre
adressée à l’Église de Pergame dans l’Apocalypse de
Jean : « au vainqueur, je donnerai de la manne cachée et je
lui donnerai aussi un caillou blanc, un caillou portant gravé un nom
nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit. »…
En
cette fin du 5e siècle, l’Empire se meurt. Les Wisigoths, qui occupent
la partie Sud de la Gaule, menacent la suprématie de l’Église
Romaine. Ils se sont convertis à l’Arianisme, doctrine qui nie la
divinité de Jésus, considéré subordonné
au Père. Sidoine Apollinaire lutte ardemment contre cette doctrine.
Il vouait une haine farouche à Dardanus, l’énigmatique fondateur
de la cité provençale de Théopolis, « l’accusant
d’avoir vendu la Gaule aux Wisigoths. (12) »
Cette cité, chère à Roger Corréard, se trouvait
sur la commune de Saint-Geniez près de Sisteron (13). L’église paroissiale de cette commune
comporte un énigmatique tableau : « Notre-Dame des Groseilles
», sur lequel est figuré outre la Vierge et l’Enfant, saint
Geniez et... l’évêque saint Clair de Nantes, unique évêque
de ce nom !
(13) Voir en archives de La Grande Affaire le dossier Théopolis présenté par notre ami Roger Corréard. Les
Francs occupent les contreforts de l’Empire vacillant. Sidoine Apollinaire
et son neveu Nonnechius composent, à n’en pas douter, les rangs de
ceux qui pensent que les Fils de Mérovée sont les plus appropriés
pour anéantir l’Arianisme et ainsi renforcer l’Église de Rome.
Approximativement,
de 502 à 518, Épiphane Épigone (nom lié à
l’Épiphanie et donc aux Trois Roys…) monte sur le Siège nantais
des Nonnechius. On le dit Grec, issu d’une famille d’Anjou (allusion au
Saint Graal… ?). Il semble qu’il étudia auprès de Promotus
le juif converti, les litterarum amenées par ce dernier à
Nantes. Avant d’occuper le siège épiscopal, Épiphane
fort de son instruction, visita les Lieux Saints et ramena de Jérusalem,
des reliques de Saint Étienne dont la principale – relique insigne
– fut dit-on la mâchoire supérieure du saint Lévite.
Lorsqu’il s’asseoit sur le siège épiscopal de Nantes, il construit
près de la primitive église St. Donatien et St. Rogatien, une
chapelle Saint-Étienne encore visible dans le cimetière de
Saint-Do, dans laquelle il entrepose les reliques. Son sarcophage placé
au pied de l’autel sera violé par quelques Nantais apparemment très
intéressés par son contenu…
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Les mystères de la RAN guérandaise Le
nom et l’origine de Guérande la cité de saint Aubin le «
Druide Blanc », demeurent aujourd’hui encore une énigme. Vers
570, le comte vannetais Waroc’h II en fait la capitale du Plou-Wen-Ran :
le Pays de Guérande. Wen Ran (Uuen Ran) signifiait en vieux-breton
: « la Part (le lot) blanche ». Dans son article « Guérande
et le Zodiaque » (Cahiers des Amis de Guérande N° 23),
Fernand Guériff affirme avec témérité : «
que Guérande n’était pas un nom de ville, mais un nom de pays.
» Ce pays fut matérialisé par trois points. Le point
nord sur la commune de Piriac-sur-Mer était Pen-Ar-Ran (la «
Tête de la Part » ou « Tête devant la Part »).
Le point sud-est était Wen-Ran (la « Part Blanche »),
actuelle Guérande. Et le point sud-ouest était Bas-Wen-Ran
(le « Bâton de la Part Blanche »), actuelle commune de
Batz-sur-Mer.
![]() Le triangle
des RAN
|
![]() Le Cœur de
la Ran
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Le centre du triangle se situe dans les marais salants, au sud-ouest de Guérande, aussi Patrick jugea intéressant de déterminer le « centre secret » (14) du triangle. Le point révélé se localise sur la pointe de Lan-Clis aujourd’hui orthographiée Lancly. Lan désigne en vieux-breton, une terre sacrée, mais aussi le monastère que les moines Celtes vont édifier sur cette terre. Clis serait une déformation du breton Clez (15) : « fossé », « retranchement », « fermeture » et par ordre d’idée : la « clef ». Lan-Clis « terre sacrée de la Clef » ou « monastère de la clef » est une pointe sur laquelle le prince breton Pascweten éleva au 9e siècle un château. Au 19e siècle Aristide Monnier (« Le Pays de Guérande », Angers 1897) s’intéressa aux ruines d’habitations qui laissaient deviner d’épaisses murailles ainsi que la porte d’une chapelle. Il s’agissait des vestiges d’un poste important que les Templiers (16) auraient établis à l’emplacement du château. Lan-Clis, « pointe de terre d’une qualité stratégique certaine » gardait l’accès du Coteau de Guérande. La tradition locale, selon Monnier, pour affirmer la puissance de cette position, rappelait qu’en 1342 Guérande fut brûlée par le condottiere Louis d’Espagne, redoutable soudard. Prévenu de ce raid destructeur, une personnalité du pays résidant à la campagne, d’abord sceptique, s’informa : « - Lan-Clis a-t-il été pris ? – Oui – Alors, Guérande a pu l’être ! » (14) Non pas le
centre déterminé par le croisement des bissectrices de chaque
angle, mais celui déterminé par le croisement des lignes unissant
les sommets au milieu de chaque côté opposé (note de
Patrick Berlier).
(15) Un jeu de mot apparaît avec les mots bretons Cleze : « épée » et Cleuz : « creux », « caverneux », ainsi qu’il sera démontré dans un prochain article. (16) L’aspect templier du Pays de Guérande, sera évoqué dans ce prochain article mentionné dans la note 15. Là
où Patrick Berlier situe le centre secret du Pays de la Ran, convergeaient
deux grands chemins romains : le « chemin du Reluisant » ou
du « Ruisant » arrivant de Trescalan (la trève de l’Échelle)
et le « grant chemin du Roy » qui descendait de Guérande
par la chapelle « Sainte-Catherine de Clys », édifice
dit-on, d’origine templière. La tradition reste muette sur l’identité
de ce Roy de la Ran. Élément d’importance, la Ran désigne
aussi en breton, la « grenouille », symbole de la Royauté
Mérovingienne. Cette association Ran/Roy se retrouve en Presqu’île
de Guérande hors triangle, avec le château hermétique
de Ranrouët (la Part du Roi) en la commune d’Assérac qui fut
de 1656 à 1658, propriété du surintendant des Finances,
Nicolas Fouquet...
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L’Itinerarium
Antoni (anonyme de la fin du IIIe siècle) décrit les voies
maritimes et terrestres du monde romain. Des îles gauloises et (grandes)
bretonnes de l’Océan sont citées. Querelle d’historiens et
d’étymologistes, les îles sœurs Siata et Arica ont fait couler
beaucoup d’encre. Pour les uns, Siata aurait donné le nom breton de
l’île de Houat, tandis qu’Arica (réécrite Atica) correspondrait
à l’île de Hoëdic, voir au Croisic/Batz ou à l’île
de Ré. Aristide Monnier, optant pour la thèse de Wesseling
(18e siècle), associait Siata à l’île de Batz et Arica
au Coteau de Guérande. Il serait tentant dans l’optique de cette étude
d’associer Arica au territoire Batz/Guérande et Siata à l’île
d’Yeu (17). L’origine de ces noms a été
discutée, gauloise pour les uns, grecque pour les autres, voir phénicienne.
Arica pourrait cacher un Ar Rica ou Ar Raka : la « Montagne du Roi
» en araméen. En hébreu et araméen, Arica désigne
aussi la « préparation » des pâtes, des métaux.
Dans la Bible, en tant que verbe, il signifie : « ranger »,
« disposer », « disposer une lampe » (18) pour quelle brille d’un grand éclat :
« (…) j’arrange une lampe pour mon messie » Psaume 132 – 17.
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Dès
l’Antiquité, les Hébreux sont présents dans la région.
Dans l’Anonyme de Ravenne (compilation du VIIe siècle) la cité
de Venitis (Vannes) est associée à celle d’Ébris-Chris.
Fernand Guériff (« L’énigme de Grannona » - Cahiers
des Amis de Guérande N° 25) évoquant l’interchangeabilité
dans la phonétique du R (de Chris) et du L, y reconnaît l’origine
de Clis et de Lan-Clis, lieu suivant la tradition, d’une antique cité.
L’identification de Clis avec Ébris-Chris donnerait raison à
Monnier lorsqu’il évoquait pour certains noms de lieux du Pays Guérandais,
une origine chananéenne. « Ébris » paraît
désigner les Hébreux. En langue hébraïque, ce
mot à le sens de « Passeur » et signifie en tant que
verbe : « féconder », « être enceinte »
mais aussi « verrouiller… ». « Chris » (racine
KRS) pourrait évoquer le mot « Karessé »
ou « Kressé », forme araméenne de l’hébreu
« Kess » ou « Kissé »… Ébris-Chris
: le « Trône de l’Enfantement …» !?
Si
Ébris-Chris fut le nom sémitique de la cité dressée
dans l’Antiquité sur le Coteau de Guérande, il apparaît
pour Aristide Monnier, dans son interprétation d’une partie des écrits
d’Ernold le Noir (19) qu’au même endroit
se trouvait la cité de Vénéda. Bien que les historiens
vannetais voient en Vénéda, la cité de Vannes, les
propos d’Ernold le Noir, infirment cette hypothèse : « Il y
a une ville sur la mer, là où l’onde fluviale de la Loire
sillonne au loin l’Océan en s’y précipitant. Le nom de Vénéda
fut donné par les anciens Gaulois. Le poisson y abonde et le sel la
rempli de richesses. » Le chroniqueur de l’empereur Louis le Pieux,
situe la cité « sur la mer », non loin de la Loire, ce
qui ne peut correspondre à la cité de Vannes. A. Monnier note
: « Le nom seul de Vénéda nous montre une capitale soit
politique, soit religieuse, le siège du gouvernement ou le collège
de Druides, la curie ou la ville sainte des Vénètes, c’est
la Sena des Senons. »
(19)
Ernold le Noir est l’auteur d’un poème historique évoquant
les campagnes de l’empereur Louis le Pieux (818) : Carm. Lud. Pii, vers 251,
liv. IV.
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La
cité sémitique ou (et) celtique, semble avoir perduré
dans la ville de Trénonant. Fernand Guériff dans sa monographie
« SAINT CLAIR ET LA ‘’VILLE’’ DE SAILLÉ » (1988 A.P.H.R.N.)
cite un « ensemble de ‘’villas’’ proches les unes des autres, que
l’on nommait encore au XVIIème siècle la Ville de TRENONANT,
bien que l’emplacement fut déjà désert. La Ville aux
9 tours ! Nombre symbolique attribué aux anciennes cités.
» Cette cité et ses mystères, seront évoqués
dans ce prochain article mentionné dans la note 15.
![]() Vitrail de la collégiale
Saint-Aubin de Guérande - le Crucifiement
Sur
la barre horizontale de la croix, à droite de l’auréole christique,
est gravée une inscription composée de quatre lettres :
![]() Crucifiement, détail
des quatre lettres
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Ces
quatre lettes – y x a y – plus ou moins visibles suivant l’heure de la journée,
cachent un mystère royal. L’initiale et la finale, un « y »,
transcrivent la lettre hébraïque Yod dont la signification est
la « Main ». Cette main est un thème majeur dans l’ésotérisme
local. Il y avait tout d’abord le Bourg Main ou Maing, faubourg templier
de Nantes, la girouette de l’ancienne église de la cité de
Saint-Nazaire qui, associée à la Clef (la Clef de la Loire),
forme un grand mystère, et l’île Dumet que d’aucuns nomment
l’île de la Main.
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Maurice
Garçon – spécialiste de l’œuvre de Nostradamus – développant
les travaux de P.V. Piobb et de Roger Frontenac, a démontré
que la clé des quatrains se trouverait matérialisée
sous la forme d’une phrase latine dans laquelle il est mentionné que
Nostradamus par le biais de la Kabbale « a caché ses calculs
sous une pierre ». Les calculs répondent au nombre 841316 correspondants
à la valeur de positon, dans notre alphabet, des lettres H.D.M.P.
La pierre en question correspond au mot latin SAXO. Gérald Scozzari
(« Apocalypses dans le Ciel – la Kabbale des Premiers et Dernier Temps
» éd. Tsédek) a démontré qu’il convenait
d’opérer ainsi :
S A
X O
H D M P ![]() Les deux vitraux de l’église
Saint-Clair de Réguigny
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Les 5 premières lettres, HETOI, pourraient se décomposer ainsi
: HET O I. Les 3 premières lettres évoquent la lettre hébraïque
HET qui désigne la barrière ou l’enclos sacré. Il s’agit
également du nombre 8, cher aux Templiers. Les lettres O et I, ont
pour origine respective, le Aïn et le Yod phénicien ou hébreu
– l’Œil et Main –, soit précisément les deux symboles de Saint
Clair. Ces deux lettres écrivent le mot AÏ : « ruine
», « cité en ruine ».
« Les deux mots ‘’hetoi’’ et ‘’macia’’ n’en formeraient qu’un seul « hetoimasia », qui serait la transcription latine d’un mot grec (etoimasia avec esprit rude sur le e initial) qui signifie ‘’préparation’’. Cela signifierait que les tables de la Loi (et la Loi en général) sont une préparation de l’évangile de la paix, mais ce n’est pas forcément la source du vitrail, qui reprend simplement, avec ce mot, l’idée de la ‘’préparatio évangélica’’ qui est la Loi de la première alliance. « Ce mot grec ne paraît pas spécialement attesté en cet emploi dans la littérature chrétienne. On le trouve cependant plusieurs fois dans les Psaumes de la Septante, par exemple Ps 88 (89) « Justice et droit sont la préparation (on traduit souvent : le marchepied ou l’appui de son trône ». |
Ces
informations du plus haut intérêt se virent complétées
quelques temps plus tard lorsque je fis l’acquisition de la réédition
par les éditions Albin Michel en 2006 de l’exceptionnel ouvrage de
Louis Charbonneau-Lassay : « LE BESTIAIRE DU CHRIST ». Il s’agit
d’un dictionnaire et comme tout dictionnaire, il ne se consulte que lorsque
l’occasion se présente. Et ce ne fut que récemment que j’ouvris
le 36e chapitre de la 5e partie de ce livre consacré à «
L’IVOIRE ». La troisième et dernière partie de ce chapitre
titrée « L’IVOIRE ET LE TRÔNE DE JUSTICE DU CHRIST ;
L’ETIMACIA », commence ainsi :
« Le roi Salomon, dit la Bible, se fit faire un trône digne de sa puissance et de sa gloire ; il était d’ivoire et d’or ; six degrés y donnaient accès, son dossier était arrondi, et douze lions étaient disposés en ordre ascendant du premier des degrés jusque sous les bras de ce siège royal. » Le
trône de Salomon qui symbolisait la sage justice et le gloire souveraine
du roi d’Israël « inspira l’ancienne emblématique de la
Grèce chrétienne qui représenta symboliquement la judicature
et la royauté divines du Christ par un trône magnifique (22) garni de coussins brodés et sur lequel
repose souvent le livre (23) des Évangiles
et parfois la colombe mystérieuse ou la croix glorifiée de
gemmes rutilantes, qu’accompagnent les instruments de la Passion du Rédempteur
».
(22) Ce trône est d’ordinaire blanc ou jaune : l’ivoire et l’or du trône de Salomon. (23) Sur le manuscrit de l’Hortus deliciarum réalisé entre 1159 et 1175 par Herrade de Landsberg et ses moniales au couvent de Hohenbgourg (Mont Sainte-Odile), le livre ouvert porte sur la première page : « liber justiciae ». L.
Charbonneau-Lassay indique que les symbolistes de la Grèce chrétienne
appelèrent ce sujet emblématique « l’Étimacie
», ETOIMACIA, c’est-à-dire « la préparation du
Trône ». En fait, ce sont les attributs de Christ en tant que
Juge qui viendra dans sa gloire, dit le Credo de Nicée, pour juger
les vivants et les morts.
Dans
la Collégiale Saint-Aubin de Guérande, les piliers, templiers
suivant Fernand Guériff, comportent chacun huit tableautins. La scène
6 du pilier III, figure l’un des sept péchés capitaux
: la gourmandise. Un homme coiffé d’un grand bonnet, porte sur le
dos une outre de vin et tient par le col deux oies qu’il présente
à un homme assis. Un lion pose ses pattes de devant sur les épaules
de cet homme.
![]() Pilier de l’église
Saint-Aubin de Guérande - la gourmandise
|
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Si
l’on retire des mots Gwaz et Gwin, les lettres communes G et W, il reste
les lettres AZIN, soit une phonétique qui nous renvoie aux formes
anciennes de mots évoquant pareillement l’oie ou l’âne. Ces
quatre lettres écrivent aussi le nom de la lettre hébraïque
Zaïn dont la signification est « Nourriture » et «
Arme » : l’épée. Cette dernière étant très
importante ainsi qu’il sera démontré dans un prochain article.
L’association
Lion, Oie et Vin, se retrouve à Saillé près de Guérande,
dans la symbolique de la Maison de la Compagnie des Indes. Cette demeure
ainsi que le révèle F. Guériff dans sa monographie «
Etranges sculptures et Demeures philosophales au Pays de Guérande
» (A.P.H.R.N 1986), comporte sur son toit, « D’un côté,
l’OIE, figuration évidente de notre ‘’Mère l’Oie’’ des contes
anciens et des alchimistes… (…) Sur l’autre corniche, un LION au poil frisé,
aux pattes énormes, à la gueule largement fendue, surmonte
une tête humaine barbue sortant du corbeau. »
L’auteur
reconnaît que « ces figures bizarres, au milieu de ce petit
village paludier, étonnent. Mais il faut se rappeler du temps où
l’on disait la ‘’ville de Saillé’’. Des seigneurs importants, comme
ce forban de Jehan de Cleuz, y habitaient au XVème siècle ».
Son
nom interpelle d’autant plus qu’aucun document ne vienne confirmer qu’elle
ait appartenue à la Compagnie des Indes. F. Guériff n’en rejette
néanmoins nullement la possibilité mais indique : «
Les actes anciens la nomment au contraire ‘’Maison de la Cave’’. N’était-ce
pas un entrepôt pour le vin du pays (dont s’approvisionnaient peut-être
la Compagnie des Indes, en même temps que le sel) ? »
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Il
convient ici de rappeler que des membres imminents de cette Compagnie des
Indes appartenaient à la Franc-Maçonnerie. La Maison de la
Cave pourrait également renvoyer au mot hébreu et araméen
Kav dont la signification est « fenêtre ». Ce mot apparaîtrait
dans l’inscription dite phénicienne de Clis sur laquelle j’avais
rédigé un article pour l’A.P.H.R.N, l’association fondée
par Fernand Guériff. N’oublions pas que la fenêtre, au travers
de la macle, est un thème important dans la Presqu’île de Guérande
ainsi que l’a démontré F. Guériff.
Faut-il
en déduire pour autant que le Trône du Roi Salomon fut caché
dans l’ancienne île de Saillé ?
Suivant
la tradition musulmane, le prophète Mahomet aurait affirmé
que le tombeau du roi Salomon serait caché au milieu d’une mer qui
fait partie de la grande mer (l’Océan Atlantique ?), dans un palais
creusé dans le roc. Dans cette île, douze gardiens veillent
sur le trône et sur le roi lui-même. Aucun homme (excepté
Offân et Beloukyâ…) ne peut découvrir le tombeau car il
lui faudrait rester deux mois en mer. Cinq juif auraient confirmé
à Mahomet ces faits qu’ils auraient découverts dans le Pentateuque…
Cette
« mer qui fait partie de la grande mer », dans l’optique guérandaise
pourrait correspondre à l’ancien Golfe de Guérande, aujourd’hui
pays de salines. Suivant le Cartulaire de Redon, se trouvait en 870 près
de Guérande la saline SAMOELIL, dont le nom évoque étrangement
celui de SAMAËL !? Aristide Monnier aimait dans ses livres à
mentionner les noms d’origine chananéenne de la presqu’île.
Ces noms furent très souvent bretonnisés par les émigrants
venus de Grande-Bretagne. Samaël ou Shemyasa est lié, ainsi qu’il
a été vu plus haut, au Trône divin. Sa présence
sur la bannière de l’église de Piriac, par le biais de saint
Pierre-ès-Liens n’est assurément pas anodine.
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![]() présentent
leurs félicitations
à leur très cher ami ![]() |