Notre chaleureuse amie, Mireille Cronie, présente
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Les Saintes-Maries-de-la-Mer ?
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Nous
sommes entre 42 et 48 après Jésus-Christ.
Jérusalem
opprime les Chrétiens par des mesures tyranniques et cruelles. Parmi
eux se trouvent les témoins de la Crucifixion de Jésus et de sa résurrection,
ce Jésus dit le Nazaréen qui aurait vécu une bonne partie de sa vie en Galilée. Mais
c’est à Jérusalem (ville du Temple que l’on retrouvera dans la Bible) que Jésus
fut crucifié sous Ponce Pilate. Ponce
Pilate marié à Claudia qui venait, disait-on, de la Gaule Narbonnaise et tenta
de plaider la cause du Seigneur auprès de son époux. Jérusalem
fut assiégée dans les années 70 par Titus. Il fallut attendre l’an 312 pour que
les honneurs soient rendus aux lieux Saints par l’Empereur Constantin. Mais
revenons aux environs de 42 à 48 après Jésus-Christ. Au milieu des persécutés
nous allons retrouver ceux et celles qui durent quitter ce pays certainement
sous la contrainte : -
Marie Salomé mère des apôtres Jacques et Jean. -
Marie Jacobé sœur de la Vierge. -
Marie-Madeleine, Marthe sa sœur, Lazare son frère, et bien d’autres. Capturés
à Joppé (Jaffa en Hébreu ou Yafo), ils furent transportés sur une barque sans
voiles ni rames, amenés au large et largués au hasard des jours et des nuits à
venir. Ce
fut certainement une manière des plus efficaces de les emprisonner et de s’en
débarrasser, car voués à une mort certaine. Ils
durent vivre l’horreur, l’enfer, sur cette Méditerranée pas toujours clémente.
Connaître la tempête, la pluie, ou une mer d’huile sous un soleil cuisant. D’autres
diront que tout ce petit monde fut embarqué sur un bateau de marchandises,
faisant régulièrement la navette entre Jérusalem et Massillia, et débarqué au
hasard d’un rivage. L’une
des légendes, retenue aux Saintes-Maries-de-la-Mer, nous dit qu’ils mirent pied
à terre effectivement sur une plage, non loin du détroit du Rhône. |
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Il
put être Néolithique, occupé par les Ligures, qui firent ditons, obstacle à
Hercule. Les
Ligures seraient venus du N.E de l’Europe vers 1800-1200 avant Jésus-Christ et
dont les colonies de peuplement en Gaule seraient antérieures à la présence des
Celtes. Pour d’autres les Ligures sont des anciens habitants de l’E.O
descendants des Chasséens (peuples des statues menhirs) ou Ibériens. L’historien
Camille Julian situe l’Oppidum à l’endroit des Saintes-Maries-de-la-Mer.
Toutefois tout laisse à penser que l’îlot a disparu avalé par la mer. Certains
Saintois vous diront que les Saintes étaient accompagnées de leur servante,
Sarah la noire, dans leur périlleux voyage. Pour
d’autres et pour les tziganes, Sarah vivait en Camargue. Elle était de haute
naissance et avait sa tribu au bord du Rhône. Cette tribu pratiquait le
Polythéisme, c’est à dire qu’ils vivaient dans la coexistence de plusieurs
Dieux. Le terme vient du grec Poly (nombreux) et theoi (Dieu). Terme qui nous
viendrait de l’auteur Juif Philon d’Alexandrie. Sarah
la noire, avertie qu’une barque avait échoué sur la plage, alla à la rencontre
des naufragés et leur porta secours. Peut
après leur arrivée à l’Oppidum Râ les Saintes se séparèrent. Ne restèrent que
Marie Salomé et Marie Jacobé. Les
Saintes apportèrent la bonne parole et édifièrent un autel que mentionne
Gervais de Tilbury, Maréchal de la cour Impériale du Royaume d’Arles aux
environ de 1495 (voir Otia Imperii, livre 2) et Guillaume Durand Evêque de
Mende (Rationale Divinorum fin du XIII siècle). La
tradition concernant l’arrivée des Saintes nous viendrait d’un manuscrit
attribué à Raban Maur, évêque de Mayence au VIIIè siècle, conservé à
l’Université d’Oxford et découvert en 1842 par l’abbé Faillon. Cet
autel aurait été de terre pétrie avec, au milieu, un petit pilier en marbre et
par-dessus une table également de marbre. Se trouvaient à proximité un puits et
sa source. Nous
retrouvons à la Médiathèque d’ Arles un texte de Philipon Vincent datant de
1521 qui nous parle de la légende des Saintes, où Sarah parcourait avec les
siens la Camargue, sollicitant et recueillant des offrandes. Elle participait
ainsi aux nécessités de vie de ce peuple devenu Chrétien. Il
faut penser qu’Arles fut assiégée à plusieurs reprises par les barbares et
ensuite les Wisigoths. Vinrent les fils de Clovis qui l’assiégèrent pendant
deux ans, repoussés eux-mêmes par Théodoric III roi des Ostrogoths. En
537 Arles passe aux Francs mais sera assiégée de nouveau vers 585 par les
Wisigoths qui en deviennent les maîtres. En
734 Youssouf gouverneur de Narbonne s’en empare et ne laisse derrière lui que
ruines et désolation après avoir été chassé par Charlemagne. Arles
en 400 ans fut assiégée près de dix fois, prise et pillée à plusieurs reprises,
les villes et villages d’alentours subirent le même sort. Les
Saintes-Maries-de-la-Mer, à disons Que
reste t-il du passé de la Camargue après ces invasions, quasiment rien, sinon
quelques rares morceaux d’archives, terres et villes dépeuplées que le Rhône va
recouvrir de près d’un mètre d’alluvions. Nous
tenons du Chanoine A. Mazel, auteur de notes sur la Camargue, que la chapelle
fut nommée Notre-Dame de Ratis ou du bateau pendant plusieurs siècles. Puis en
1838 elle devint Notre-Dame de la Mer et enfin les Saintes-Maries. Il
écrit que, devant la chapelle, s’élevait une croix de fer engloutie par la mer.
Elle était encore visible en 1935 par les plongeurs. La mer à cette époque
aurait rejeté des fragments de poterie Grecques, Romaines, ainsi que de la
monnaie. Ces fragments de poterie appartenaient à la même catégorie que nous
retrouvons dans le calèu Provençal : le trèfle, le cœur à 3 lobes, l’étoile
aux 3 pointes égales qui symbolise la Trinité. Ces
fragments ressortirent en quantité au Vaccarès et en terre de Camargue. |
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Si
l’on en croit l’historien Josephe, dans tous les ports de la Méditerranée on
pouvait supposer un important trafic entre l’Oppidum Râ et l’Orient parmi une
population Juive. Tout
laisse à penser pourtant, grâce aux rejets des fragments du Vaccarès et de la
terre Camarguaise lors de sa remise en fertilisation, à une vie Chrétienne du
IIe au VIe siècle. Comment
prouver par des documents officiels ce qu’était la Camargue à cette
époque ? On la reconstitue de 600 ans avant Jésus Christ à 400 après Jésus
Christ par des monnaies de l’époque Constantinienne issues des Offices d’
Arles, des restes de céramique et des dolias pouvant contenir jusqu’à cinq
hectolitres de vin et bien plus. Il
est certain que les terres de Camargue étaient très fertiles, j'ose même dire
très actives à en croire les ruines de certains mas et vestiges du passé. Mais
elles subirent ainsi que les habitats des destructions aux passages des
invasions Barbares. Le
Roi René d’Anjou connu comme grand bâtisseur, artiste et amateur de culture,
obtint du Pape Nicolas V l’autorisation de fouilles. Les écrits de l’époque
révèlent la présence d’une église datant du premier siècle du Christianisme,
d’un puits et de sa source, d’une petite grotte supposée être le lieu où
vécurent les Saintes, de quelques fragments d’objets et, au chœur, de chaque
côté de l’Autel, reposait le corps des Saintes sous des lauses. Combien
vécurent les Saintes, nul ne peut le dire, sinon que Saint Trophime leur
rendait visite et leur donna les derniers sacrements. Saint
Trophime serait arrivé à Arles vers 46 après Jésus Christ. Comment
prouver la véracité de la légende des Saintes ? Quels évènements eurent
lieu pour qu’il reste une telle intensité de nos jours à revivre régulièrement
aux Saintes-Maries-de-la-Mer le pèlerinage où Gitans, Tziganes, Roms,
Manouches viennent de toute l’Europe chaque année porter Sarah après la
descente des chasses ? Elle
est emmenée vers la mer symbolisant Sarah accueillant les Saintes venant de
Palestine. Par leurs prières, leurs actions de saintetés, elles convertirent
les Païens. Leur foi si profonde vivra à jamais aux travers des siècles. Légende………..Réalité…….. Merveilleuse
histoire que revivent les Saintes-Maries-de-la-Mer par ses traditions. Mais
comme beaucoup de légendes et de traditions elles gardent leurs secrets et
leurs mystères. Mireille
Cronie |
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Je
remercie les Médiathèques de Arles, Orange, Port-Saint-Louis-du-Rhône et Ouest
Provence, qui m’ont permis de prendre connaissance de livres rares et
parchemins, ainsi que les Saintois de souche, particulièrement Marlène et Roger
qui ne furent pas avares de précieux éléments qu’ils m’ont rapportés, ainsi que
la ville des Saintes-Maries-de-la-Mer, notamment l’Office de Tourisme. |
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Les Saintes-Maries-de-la-Mer ! Le périple gaulois de la Sainte
Marie-Madeleine pourrait ainsi commencer là-bas ? Certes, on
peut parler d'une tradition, et même solide ou populaire,
popularisée au travers d'un magique récit,
extrêmement bien résumé ici par Mireille. Merci
à toi, toi qui connais si bien cette région du Sud et qui
t'es penchée plus avant sur ce sujet, une certaine base ou
devrais-je dire une base certaine de supports religieux,
chrétiens en l'occurrence, et qui traverse les siècles
avec persévérance.
Les Saintes-Maries-de-la-Mer "une" pièce intime d'un puzzle
complexe ? Certainement. Alors prenons donc la peine de
mettre au devant de cette scène historique
particulièrement lointaine, des éléments et des
arguments forcément indissociables dans ce déroulement
antique qui deviendra ainsi plus affiné dans son
authenticité, favorisant peut-être à partir de
là un meilleur positionnement d'indices qui eux
éclaireront davantage ce même puzzle, des images de
vérités, au moins partiellement, reconstituées ?
Thierry Rollat |