TRADUCTION DE L’OUVERTURE ET DE
DU TESTAMENT DE GUILLAUME DE ROUSSILLON
Nous
Pierre de Saint‑Germain, official de Vienne, savoir
faisons à tous ceux qui ces présentes lettres examineront
que comme de la part
de noble dame Madame Béatrix dame d'Annonay, veuve de noble
homme sieur
Guillaume de Roussillon, feu seigneur d'Annonay, défunt, et de
Arthaud son
fils, nous aurions été requis de lever et faire
rédiger en forme public les
testament et codicille dudit feu sieur Guillaume, afin que le contenu
ne s'en
puisse perdre à l'avenir. Nous, considérant la justesse
de cette demande, avons
fait citer à comparaître par devant nous à Annonay
avant la fête de l'Epiphanie
de l'an du seigneur 1277 tous ceux qui y auront ou que l'on croit y
avoir
intérêt afin qu'ils comparaissent ce jour à Annonay
par devant nous pour voir
et entendre la présentation et publication des testament et
codicille susdits.
Auquel jour de lundi, nous étant retiré à Annonay
au couvent des frères
prêcheurs dudit lieu, les susdits mère et fils se seraient
constitués là par
devant nous, nous présentant deux chartes closes,
scellées de plusieurs sceaux,
souscrites et signées, à savoir l'une en laquelle ils
nous ont affirmé être
contenu le testament dudit sieur Guillaume scellée de neuf
sceaux, et l'autre
le codicille dudit sieur Guillaume scellée de sept sceaux,
demandant que
lesdites chartes soient par nous levées, rédigées
en forme publique et scellées
du sceau de notre cour afin que, la mémoire humaine étant
glissante [sic], le
souvenir n'en soit effacé. Or donc, nous, après avoir
interrogé les témoins ci‑dessous
écrits qui sont venus affirmer que lesdits testament et
codicilles ont été
dûment scellés, signés et souscrits, ayant au
préalable reçu leur serment de
dire la vérité au sujet desdits testament et codicille,
serment prêté sur les
saints évangiles de Dieu, nous avons fait rédiger en
forme publique lesdits
testament et codicille par Jordan de Bysiac, clerc, notaire juré
de notre cour,
ainsi qu'il est ci‑dessous contenu et les avons fait sceller du sceau
de notre
cour pour éternelle mémoire et perpétuel
renforcement. Jordan Sybert, clerc,
témoin à nous présenté, ayant
prêté serment et interrogé par nous, a
affirmé
que le présent testament a été fait à
Annonay et au château d'Annonay et dans
le petit `fornel' dudit château et que lui témoin l'a
scellé, souscrit et signé
de sa propre main, lesquels sceau, souscription et signature il a
reconnu par
devant nous, et que Aymon chapelain d'Annonay, Pierre Pelet, Hugues
chapelain
d'Annonay, Estienne Forestier, Aymon alors prieur d'Annonay, à
présent absent,
Guillaume Trechins, à présent défunt, et Johan
Mestral en avaient été les
témoins avec ledit Jordan et l'avaient scellé,
signé et souscrit de leur propre
main avec lui, et étaient restés audit `fornel'
jusqu'à ce que toute l'affaire
soit achevée, et que ledit feu sieur Guillaume avait fait
apposer son sceau
audit testament et l'avait fait signer et souscrire par la main dudit
Jordan
Sybert et que ledit feu sieur Guillaume avait affirmé que cette
charte
contenait ses dernières volontés. De même Johan
Mestral, prêtre, Aymon
chapelain d'Annonay, Pierre Pelet, Hugues chapelain d'Annonay et
Estienne
Forestier s'étant présentés par devant nous, ayant
prêté serment et interrogés
par nous au sujet dudit testament, ont affirmé y avoir
été présents à la
demande dudit testateur, l'avoir scellé, signé, souscrit
et le tout avoir été
fait tant par eux que par ledit Jordan Sybert, tout ainsi que ledit
Jordan en a
ci‑dessus déposé et aussi que ledit Guillaume Trechin,
défunt, et ledit prieur,
absent, l'ont scellé, signé et souscrit avec eux et ledit
Jordan Sybert et
avaient été avec eux tout ce temps dans ledit `fornel'
à la demande dudit feu
sieur Guillaume. De même quant audit codicille en ont
été témoins Ysmidon
Radulphe prêtre de S..., maître Johan de Saint‑Andeol
archiprêtre de
Montbrison, Guillaume Chambars archiprêtre de Neyronde, Aymard
Guichard
chevalier, Falquet de
La teneur de ladite charte censée contenir le testament dudit sieur
Guillaume de Rossillon est telle :
Au nom de notre seigneur Jésus Christ amen. Moi Guillaume
de Roussillon, seigneur d'Annonay, par la grâce de Dieu sain d'esprit et de
corps, souhaitant visiter
De même je veux que mon héritier fasse et soit tenu de
faire chaque année à jamais en faveur du couvent des frères mineurs d'Annonay
deux jours de fête, à savoir la fête de sainte Marie‑Madeleine et la fête de
saint Jean, devant la porte latine et qu'il soit tenu de pourvoir honnêtement
ledit couvent auxdites deux fêtes. De même (je donne) à l'église de Moyssieu
cinquante livres viennoises pour racheter les dégâts que moi et les hommes de
ma terre lui avons causés, et je veux que mon héritier paye et soit tenu de
payer chaque année au chapelain de ladite église qui exercera pour lors
cinquante sous en la fête de saint André apôtre jusqu'à ce que les cinquante
livres susdites soient rendues et payées, et je veux que mon héritier soit tenu
pour le moins au paiement desdits cinquante sous. De même je donne et lègue à
l'église saint Maurice de Vienne soixante livres viennoises pour y célébrer mon
anniversaire c haque année à jamais. De même je donne et lègue au couvent de
Bonneval quarante livres viennoises pour y célébrer mon anniversaire chaque
année à jamais. De même je donne et lègue au couvent du Val de Breyssieu
quarante livres viennoises pour y célébrer l'anniversaire de mes défunts père
et mère chaque année à jamais. De même je donne et lègue au couvent des
moniales de Claveyson trente livres viennoises pour y célébrer un anniversaire
chaque année à jamais. De même je donne et lègue au couvent des moines de
Et en tous mes autres biens, châteaux, forteresses,
fiefs, alleux, péages, biens, droits et usages j'institue Artaud mon fils
premier né pour mon héritier universel, et je veux et ordonne que si ledit
Artaud venait à décéder sans enfant, audit cas mon délaissé soit librement
dévolue audit Albert mon fils et je substitue ledit Albert audit Artaud. De
même (je veux) et ordonne que si ledit Albert venait à mourir sans enfants, ce
qui lui sera relaissé soit librement dévolu à Guillaume mon fils et je
substitue ledit Guillaume audit Albert. De même je veux et prohibe expressément
audit Artaud mon fils et héritier de mettre la main sur mes terres pas plus que
sur les rentes et revenus de mesdites terres, ni d'occuper ou usurper un
quelconque de mes biens tant que mes procédures judiciaires ne seront pas
réglées et que mes dettes et légats ne seront intégralement payés, et s'il s'y
essayait et le tentait, audit cas je le déshérite totalement et j'institue
alors pour héritier universel en tous mes biens, châteaux, seigneuries, droits
et usages ledit Albert mon fils. De même je donne et relaisse par droit
d'institution à Alesie ma fille les cinquante livres viennoises qu'elle a eues
en dot et de ce je veux qu'elle se contente. Et si l'un, l'une ou l'autre de
mes fils et filles ou plusieurs d'entre eux, venait à l'encontre de ce mien
testament soit ultimes volontés, audit cas je donne, lègue et relaisse (leur
part) à celui qui s'y tiendra et y obéira.
Et de mondit testament soit disposition de dernière
volonté, je fais et constitue pour mes exécuteurs le sieur Aymard Guichard,
chevalier, maître Ysmidon Radulphe, Jordan Sybert, clerc, et Pierre Pelet, et
révérends pères en le Christ le sieur Aymard archevêque de Lyon et le sieur
Amédée abbé de Savigny mes frères, voulant et accordant que lesdits quatre
(premiers exécuteurs soit) Aymon, maître Ysmidon, Jordan Sybert et Pierre
Pelet, puissent lever et percevoir les cens et revenus de mes terres et ce deux
fois l'an, soit en l'octave de la saint André apôtre et en la fête de
Pentecôte, de quoi ils seront tenus de rendre compte et raison tant à mesdits
deux frères qu'à madite épouse et de ce dont il leur sera rendu le compte que
mesdits deux frères et madite épouse, soit deux ou un seul d'entre eux, leurs
en donnent et octroient pleine quittance et absolution, sans qu'ils soient
tenus d'en rendre raison à qui que ce soit. Et je leurs donne et lègue à chacun
trente livres viennoises. Tel est mon testament soit disposition de dernières
volontés que je veux valoir par droit de testament écrit, par droit de testament
non écrit soit par droit de testament nuncupatif, et je veux qu'il vaille par
droit de codicille, par droit de dernières volontés soit par droit de
disposition à cause de mort ou par droit de testament chevaleresque, et s'il ne
vaut suivant les lois, je veux qu'il vaille suivant les sanctions canoniques
soit par tout autre droit et mode qu'il pourra et devra mieux valoir. Et s'il
existait une autre disposition ou ordonnance testamentaire de mes biens par moi
autrefois faite, je la casse et révoque totalement, voulant et confirmant la
valeur du présent.
Fait le 3 des ides d'août l'an du Seigneur 1275.
Telle est la teneur de la susdite charte en laquelle
ledit sieur Guillaume a dicté son codicille.
Au nom de notre Seigneur Jésus Christ amen. Pour avoir mémoire
de tout et parce que rien ne se peut concerner pour l'humain que le divin.
C'est pourquoi, nous Guillaume de Roussillon, seigneur d'Annonay, chevalier,
parce que la fragilité de notre mémoire nous a mis en défaut depuis le temps où
nous avons fait notre testament, avons ordonné de ce présent codicille, voulant
atteindre fermement et accomplir tout ce que dessous est écrit, et nous
confirmons par ces présentes tout ce que nous avons fait en notredit testament.
De même nous voulons et ordonnons quant à nos procès, dettes, aumônes et legs
tant en faveur du sieur Aymard feu seigneur d'Annonay que de la dame Arthaude
sa défunte épouse pour lesquels il apparaîtrait que nous, ou quiconque en notre
nom, n'y aient entièrement satisfait, que nous exécuteurs les fassent et
accomplissent entièrement, et pour ce nous astreignons et voulons que notre
héritier universel soit astreint, et nous obligeons et voulons être
expressément obligés à cet effet tous nos biens et en particulier les
successions et biens que nous avons reçus dudit sieur Aymard. De même nous
voulons et ordonnons que ladite succession et le château d'Annonay soient
engagés envers les frères mineurs d'Annonay pour une somme de trois cents
livres à eux léguée par ledit sieur Aymard, et que notre dit héritier soit tenu
de fournir chaque année auxdits frères mineurs pour leur pitance et boisson la
somme de quinze livres ainsi que ledit Aymard l'avait ordonné dans son
testament jusqu'à ce que lesdits frères soient intégralement payés et
satisfaits de ladite somme de trois cents livres et à ce nous voulons être
expressément tenu et obligeons expressément toute la succession que nous avons
reçue dudit Aymard. De même nous voulons et ordonnons que leurs soit payé
chaque année à jamais du jour de `Parasceve', [i.e.le Vendredi Saint], en une
semaine jusqu'à quinze livres viennoises que ledit seigneur Aymard leurs avait
légué ainsi que ledit seigneur Aymard l'avait ordonné en son testament. De même
comme ledit seigneur Aymard avait légué à la chapelle saint Jean d'Annonay dix
livres annuelles assignées en faveur de ladite chapelle sur les revenus annuels
de nous ledit Guillaume héritier dudit sieur Aymard et des nôtres, lesquelles
dix livres nous n'avons pas assigné si ce n'est cent sous de rente annuelle,
nous voulons et ordonnons que chaque année soit payé par notredit héritier en
faveur de ladite chapelle saint Jean et du chapelain en icelle institué la
somme de cent sous et ce jusqu'à ce que notre héritier ait acquis et assigné
cent sous de rente annuelle ainsi que ledit seigneur Aymard l'avait ordonné en
son testament, et à ce faire nous contraignons notredit héritier et voulons
qu'il soit ainsi astreint, nous voulons être obligés et tenus à cet effet nos
revenus d'Annonay et toute la succession que nous avons recueilli dudit sieur
Aymard. De même nous voulons et ordonnons que tous les procès et dettes du
sieur Arthaud, seigneur de Roussillon notre père, soient payés, entièrement et
pacifiquement satisfaits et pour ce faire nous voulons et ordonnons tenir tous
nos biens et spécialement les château et revenus de Roussillon. De même nous
voulons et ordonnons que soient rendus et payés aux hommes du nommé Ros de
Bellegarde quarante livres viennoises que nous avons injustement levées sur lui
à titre de rançon. De même nous voulons et ordonnons que soient remboursés les
dégâts et forestages par nous, soit par nos envoyés ayant cause de nous et par
nos gens dans les châteaux, mandements et villages de Clerieux, Chantemerle,
Saint‑Didier Elmares (!), Millou, Bosoncies, Revel,
Bellegarde, Fayn, Saint Agripan et Tournon et ce à l'arbitrage
des révérends pères le sieur Aymon par la grâce de Dieu archevêque de l'église
de Lyon et sieur Amédée par la même grâce abbé de Savigny nos frères et par les
gardiens des frères mineurs de Vienne et d'Annonay qui vivront pour lors et par
nos exécuteurs nommés en notredit testament, de sorte que si aucun d'entre eux
ne veut ou ne peut par lui‑même ou par autrui procéder ou vaquer à l'arbitrage
desdits dédommagement, les autres cependant, soit même deux d'entre eux
seulement, pourront les faire exécuter. De même nous voulons et ordonnons que
la procédure contre Guillaume Rispauld soit achevée. De même nous voulons que
soit rendu et restitué tout ce que nous ou quiconque entre notre nom avons eu
et reçu à Rossillon tant par eau que par terre en levant le péage de
Fait et daté du susdit jour lundi avant la fête de
l'Epiphanie l'an du Seigneur susdit 1277.
Notes du traducteur :
Certains noms propres avec lesquels je ne suis pas
forcément familiers ont été transcrits en italiques, et non traduits, ou
traduits avec la transcription entre
parenthèses pour une éventuelle confirmation.
UN GRAND MERCI A NOTRE AMI JEAN-CLAUDE POUR SA CONFIANCE ET SA GÉNÉREUSE COLLABORATION
Vous pouvez retrouver jean-Claude DUCOUDER sur son site personnel
pour cela, rendez-vous à l'adresse suivante : < Les Echos du passé >
|