REGARDS DU PILAT
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Octobre 2007

TRADUCTION DE L’OUVERTURE ET DE LA LECTURE

DU TESTAMENT DE GUILLAUME DE ROUSSILLON

Réalisée grâce à la patience, à la passion
et au financement de notre ami


Jean-Claude Ducouder

qui s'est rapproché d'un latiniste, doublé d'un paléographe et nous à ensuite amicalement et gracieusement remis ce document officiel, traduit par M.Panisset.

 
       Nous Pierre de Saint‑Germain, official de Vienne, savoir faisons à tous ceux qui ces présentes lettres examineront que comme de la part de noble dame Madame Béatrix dame d'Annonay, veuve de noble homme sieur Guillaume de Roussillon, feu seigneur d'Annonay, défunt, et de Arthaud son fils, nous aurions été requis de lever et faire rédiger en forme public les testament et codicille dudit feu sieur Guillaume, afin que le contenu ne s'en puisse perdre à l'avenir. Nous, considérant la justesse de cette demande, avons fait citer à comparaître par devant nous à Annonay avant la fête de l'Epiphanie de l'an du seigneur 1277 tous ceux qui y auront ou que l'on croit y avoir intérêt afin qu'ils comparaissent ce jour à Annonay par devant nous pour voir et entendre la présentation et publication des testament et codicille susdits. Auquel jour de lundi, nous étant retiré à Annonay au couvent des frères prêcheurs dudit lieu, les susdits mère et fils se seraient constitués là par devant nous, nous présentant deux chartes closes, scellées de plusieurs sceaux, souscrites et signées, à savoir l'une en laquelle ils nous ont affirmé être contenu le testament dudit sieur Guillaume scellée de neuf sceaux, et l'autre le codicille dudit sieur Guillaume scellée de sept sceaux, demandant que lesdites chartes soient par nous levées, rédigées en forme publique et scellées du sceau de notre cour afin que, la mémoire humaine étant glissante [sic], le souvenir n'en soit effacé. Or donc, nous, après avoir interrogé les témoins ci‑dessous écrits qui sont venus affirmer que lesdits testament et codicilles ont été dûment scellés, signés et souscrits, ayant au préalable reçu leur serment de dire la vérité au sujet desdits testament et codicille, serment prêté sur les saints évangiles de Dieu, nous avons fait rédiger en forme publique lesdits testament et codicille par Jordan de Bysiac, clerc, notaire juré de notre cour, ainsi qu'il est ci‑dessous contenu et les avons fait sceller du sceau de notre cour pour éternelle mémoire et perpétuel renforcement. Jordan Sybert, clerc, témoin à nous présenté, ayant prêté serment et interrogé par nous, a affirmé que le présent testament a été fait à Annonay et au château d'Annonay et dans le petit `fornel' dudit château et que lui témoin l'a scellé, souscrit et signé de sa propre main, lesquels sceau, souscription et signature il a reconnu par devant nous, et que Aymon chapelain d'Annonay, Pierre Pelet, Hugues chapelain d'Annonay, Estienne Forestier, Aymon alors prieur d'Annonay, à présent absent, Guillaume Trechins, à présent défunt, et Johan Mestral en avaient été les témoins avec ledit Jordan et l'avaient scellé, signé et souscrit de leur propre main avec lui, et étaient restés audit `fornel' jusqu'à ce que toute l'affaire soit achevée, et que ledit feu sieur Guillaume avait fait apposer son sceau audit testament et l'avait fait signer et souscrire par la main dudit Jordan Sybert et que ledit feu sieur Guillaume avait affirmé que cette charte contenait ses dernières volontés. De même Johan Mestral, prêtre, Aymon chapelain d'Annonay, Pierre Pelet, Hugues chapelain d'Annonay et Estienne Forestier s'étant présentés par devant nous, ayant prêté serment et interrogés par nous au sujet dudit testament, ont affirmé y avoir été présents à la demande dudit testateur, l'avoir scellé, signé, souscrit et le tout avoir été fait tant par eux que par ledit Jordan Sybert, tout ainsi que ledit Jordan en a ci‑dessus déposé et aussi que ledit Guillaume Trechin, défunt, et ledit prieur, absent, l'ont scellé, signé et souscrit avec eux et ledit Jordan Sybert et avaient été avec eux tout ce temps dans ledit `fornel' à la demande dudit feu sieur Guillaume. De même quant audit codicille en ont été témoins Ysmidon Radulphe prêtre de S..., maître Johan de Saint‑Andeol archiprêtre de Montbrison, Guillaume Chambars archiprêtre de Neyronde, Aymard Guichard chevalier, Falquet de La Roche et Fornier du Borget, auquel codicille est appendu le sceau dudit sieur Guillaume, lesquels susdits témoins, à savoir ledit maître Ysmidon, Guillaume Chambarz, Falquet de La Roche et ledit Fornier del Borget, présents par devant, ayant prêté serment et étant par nous interrogés, ont reconnu leurs seings, sceaux et souscriptions faits et mis à savoir lesdits maître Ysmidon et Falquet de leur propre main, et lesdits Fornier et Guillaume Chambars, ainsi qu'ils l'ont affirmé, l'ont fait souscrire par ledit Falquet, avec les seings, sceaux et souscriptions desdits Aymar, chevalier, et maître Johan de Saint‑Andeol, défunt, lesquels chevalier et maître Johan ont signé, scellé et fait souscrire ladite charte par ledit Falquet. A ce excepté que ledit Fornier a affirmé avoir apposé son pouce sur la cire et que ledit maître Ysmidon l'a fait sceller du sceau dudit Aymon, chevalier. De même lesdits quatre témoins, à savoir maître Ysmidon, Guillaume Chambars, Falquet et ledit Fornier, ayant prêté serment, ont reconnu les seings, sceaux et souscriptions dudit maître Johan et du chevalier. De même les dits témoins assermentés ont reconnus le sceau que ledit feu sieur Guillaume de Roussillon avait fait apposer à la présente charte en affirmant qu'elle contenait son codicille, charte qu'il avait signé et fait souscrire par ledit Falquet, et que tout cela avait été fait à la demande et sur l'ordre dudit sieur Guillaume qui avait affirmé que cette charte contenait bien son codicille et que tous y avaient assisté de bout en bout.

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         La teneur de ladite charte censée contenir le testament dudit sieur Guillaume de Rossillon est telle :
 

Au nom de notre seigneur Jésus Christ amen. Moi Guillaume de Roussillon, seigneur d'Annonay, par la grâce de Dieu sain d'esprit et de corps, souhaitant visiter la Terre Sainte, considérant qu'il n'est rien de plus certain que la mort, ni rien de si incertain que son heure, je dispose et ordonne de mes biens, choses et droits en la manière qui ensuit : je veux que tous mes procès soient assoupis, que toutes mes dettes et tous mes legs soient payés sur mes biens par mes exécuteurs ci‑dessous écrits, sans aucune contrainte de justice. De même s'il arrive que je meure outre‑mer, je veux et ordonne que mes os soient ramenés et ensevelis au cimetière de l'église sainte Marie d'Annonay. De même, je donne et lègue aux desservants de ladite église d'Annonay cent livres viennoises pour y célébrer cinq anniversaires au jour du décès du feu sieur Aymar, seigneur d 'Annonay, chaque année et à jamais ainsi qu'il est de coutume en ce lieu, et je veux et ordonne que mon héritier universel bas écrit paye et soit tenu de payer aux desservants de ladite église à savoir aux chanoines et clercs de ladite église chaque année cent sous pour lesdits cinq anniversaires jusqu'à ce que mondit héritier ait intégralement et parfaitement payé lesdites cent livres. De même j'institue mon héritier, donne et relaisse par droit d'institution à Albert, mon fils, la somme de cinquante livres de rente annuelle que mon dit héritier universel dotera et assignera en faveur dudit Albert sur certains `plans' à lever sur mes terres, hors mes forteresses, du conseil et assentiment toutefois de mes exécuteurs soit de la majeure partie d'entre eux, et de ce je veux que ledit Albert s'en contente. De même je veux que ledit Albert soit clerc et je veux que, s'il venait à mourir sans héritiers, tout ce qu'il délaissera soit dévolu à mon héritier universel soit à ses enfants. De même je donne et relaisse par droit d'institution à Guillaume, mon autre fils, cinquante livres viennoises de rente annuelle assignées sur mes terres, mais non sur mes châteaux soit forteresses et je veux de même qu'il se fasse clerc et, s'il venait à mourir, que ce qu'il délaissera soit dévolu à mon héritier universel soit à ses propres enfants. De même je donne et relaisse par droit d'institution à Guigonne ma fille mille livres viennoises et un bon et suffisant 'harnois', [i.e.trousseau], payables du temps où elle se mariera en cinq ans continus, à savoir chaque année deux cents livres viennoises et de ce je veux qu'elle se contente. Et si elle venait à mourir sans enfants, je veux que ce qu'elle délaissera soit dévolu à mon héritier soit à ses enfants. De même je donne et laisse par droit d'institution à Elionor ma fille mille livres viennoises et un bon et suffisant 'harnois' lesquelles mille livres j'ordonne lui être payées du temps où elle se mariera en cinq ans continus, à savoir chaque année deux cents livres viennoises et de ce je veux qu'elle se contente. Et j'ordonne que, si elle venait à mourir sans enfant, ceci soit restitué à mon héritier. De même je veux que mes deux autres filles, à savoir Arthaude et Katherine, soient faites moniales et que mon héritier universel soit tenu de les remettre et colloquer au monastère de Martineu les nonens et qu'il leurs fasse à chacune leur `harnois'et soit tenu de les pourvoir en vêtements et 'harnois' ainsi qu'il convient à des moniales. De même je leurs laisse à chacune par droit d'institution dix livres de rente leur vie durant et, après leur mort, lesdites dix livres seront dévolues à mon héritier universel. De même je donne et lègue à dame Béatrix mon épouse sa vie durant mon château de Châteauneuf avec ses appartenances et tout ce que j'ai, tiens et espère tenir en fief du seigneur comte de Forez au comté de Forez et je veux qu'à la mort de madite épouse, tout ce qu'elle délaissera soit dévolu à mondit héritier universel. De même je veux que mon épouse, sur les cens et revenus de ce que je lui laisse, puisse tester et ordonner à concurrence du montant de sa dot. De même je veux que mes exécuteurs bas écrits tiennent paisiblement et quiètement tous mes biens, lèvent et perçoivent tous les cens et revenus de mes terres jusqu'à ce que mon héritier universel soit âgé de vingt cinq ans accomplis, sur lesquelles rentes, cens et revenus mesdits exécuteurs devront payer, arrêter et amender mes procès. Et si le revenu de mesdites terres est suffisant pour faire taire ces procès et pour régler mes dettes et actions en justice avant que mondit héritier ait atteint l'âge de vingt cinq ans, je veux que madite épouse tienne, lève et perçoive ce qui restera dudit revenu une fois mes procès et dettes payés et ce jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de vingt cinq ans.

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De même je veux que mon héritier fasse et soit tenu de faire chaque année à jamais en faveur du couvent des frères mineurs d'Annonay deux jours de fête, à savoir la fête de sainte Marie‑Madeleine et la fête de saint Jean, devant la porte latine et qu'il soit tenu de pourvoir honnêtement ledit couvent auxdites deux fêtes. De même (je donne) à l'église de Moyssieu cinquante livres viennoises pour racheter les dégâts que moi et les hommes de ma terre lui avons causés, et je veux que mon héritier paye et soit tenu de payer chaque année au chapelain de ladite église qui exercera pour lors cinquante sous en la fête de saint André apôtre jusqu'à ce que les cinquante livres susdites soient rendues et payées, et je veux que mon héritier soit tenu pour le moins au paiement desdits cinquante sous. De même je donne et lègue à l'église saint Maurice de Vienne soixante livres viennoises pour y célébrer mon anniversaire c haque année à jamais. De même je donne et lègue au couvent de Bonneval quarante livres viennoises pour y célébrer mon anniversaire chaque année à jamais. De même je donne et lègue au couvent du Val de Breyssieu quarante livres viennoises pour y célébrer l'anniversaire de mes défunts père et mère chaque année à jamais. De même je donne et lègue au couvent des moniales de Claveyson trente livres viennoises pour y célébrer un anniversaire chaque année à jamais. De même je donne et lègue au couvent des moines de La Valbonne vingt livres pour y célébrer un anniversaire chaque année à jamais. De même je donne et lègue à l'église d'Alanchies dix livres pour y célébrer un anniversaire chaque année à jamais. De même je donne et lègue à l'église sainte Marie de Surieu dix livres pour y célébrer un anniversaire chaque année à jamais. De même je donne et lègue à l'église de Salegus vingt livres pour y célébrer deux anniversaires chaque année à jamais, l'un au jour du décès de ma mère, l'autre au jour de mon décès. De même je donne et lègue au chapelain de Herasio trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Thorrenc trente sous. De même je donne et lègue au chapelain d'Ay trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Quintenas trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Saint‑Alban trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Roiffieux trente sous. De même je donne et lègue au chapitre d'Annonay cent sous. De même je donne et lègue au chapelain de saint Denis d'Annonay trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de saint Jean de Jérusalem d'Annonay trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Saint Marcel sur Annonay trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Boyssieu trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de sainte Claire d'Annonay trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de saint Julien d'Engoya trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Davesieux trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Prologo (!) trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Pavaysi trente sous. De même je donne et lègue au chapelain Châteauneuf trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Tartaras trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Dargoire trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de saint Maurice sur Dargoire trente sous. De même je lègue au chapelain de saint Didier sur Riverie trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Mornant trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Rome en Jarez trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de `Blanche Espine', [Alba Spina], trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Calues trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Chagnon trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Saint Andeol trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de saint Jean de Touslas Sur Dalgoyri trente sous. De même je donne et lègue au chapelain d'Ampucheo trente sous. De même je donne et lègue au chapelain du Péage de Roussillon trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Saint Genis sur la rive du Rhône trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de saint Maurice en leschyli trente sous. De même je donne et lègue au chapelain d'Echalas trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de La Roiat trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Saint Simphorien le Château trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Longes trente sous. De même je donne et lègue au chapelain du Mont‑Dessus trente sous. De même je donne et lègue au chapelain du Mont‑Dessous trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de saint Nicolas sous Sivriac trente sous. De même je donne et lègue au chapelain du Valfleury trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Saint Genis en Terre Noire trente sous. De même je donne et lègue au chapelain des Les Ayes trente sous. De même je donne et lègue au chapelain de Cellieu vers Chagnon trente sous. Et je demande à tous lesdits chapelains desdites églises et chapellenies et à leurs fidèles d'avoir mémoire de mon âme et qu'ils soient tenus de célébrer trente messes par an pour mon âme. Et je veux et ordonne que mes exécuteurs lèvent sur mes biens soixante douzaines de pains de froment du temps de mon décès en trois ans, à savoir chaque année vingt douzaines que je lègue et relaisse pour les pauvres qui se présenteront. De même je veux qu'au cours des trois ans suivant mon décès soient faites chaque année durant l'octave de la fête de Toussaint des chemises pour quatre vingt pauvres et autant de tuniques qui seront distribuées au mode qui ensuit, à savoir pour les pauvres de la terre d'Annonay quatre vingt tuniques et autant de chemises la première année, tout autant la deuxième année pour les pauvres de la terre de Riviria (?), et la troisième année tout autant pour les pauvres de la terre de Rossillon et de Syvriac. Et ladite aumône devra être menée et distribuée par mesdits exécuteurs.

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Et en tous mes autres biens, châteaux, forteresses, fiefs, alleux, péages, biens, droits et usages j'institue Artaud mon fils premier né pour mon héritier universel, et je veux et ordonne que si ledit Artaud venait à décéder sans enfant, audit cas mon délaissé soit librement dévolue audit Albert mon fils et je substitue ledit Albert audit Artaud. De même (je veux) et ordonne que si ledit Albert venait à mourir sans enfants, ce qui lui sera relaissé soit librement dévolu à Guillaume mon fils et je substitue ledit Guillaume audit Albert. De même je veux et prohibe expressément audit Artaud mon fils et héritier de mettre la main sur mes terres pas plus que sur les rentes et revenus de mesdites terres, ni d'occuper ou usurper un quelconque de mes biens tant que mes procédures judiciaires ne seront pas réglées et que mes dettes et légats ne seront intégralement payés, et s'il s'y essayait et le tentait, audit cas je le déshérite totalement et j'institue alors pour héritier universel en tous mes biens, châteaux, seigneuries, droits et usages ledit Albert mon fils. De même je donne et relaisse par droit d'institution à Alesie ma fille les cinquante livres viennoises qu'elle a eues en dot et de ce je veux qu'elle se contente. Et si l'un, l'une ou l'autre de mes fils et filles ou plusieurs d'entre eux, venait à l'encontre de ce mien testament soit ultimes volontés, audit cas je donne, lègue et relaisse (leur part) à celui qui s'y tiendra et y obéira.

        Et de mondit testament soit disposition de dernière volonté, je fais et constitue pour mes exécuteurs le sieur Aymard Guichard, chevalier, maître Ysmidon Radulphe, Jordan Sybert, clerc, et Pierre Pelet, et révérends pères en le Christ le sieur Aymard archevêque de Lyon et le sieur Amédée abbé de Savigny mes frères, voulant et accordant que lesdits quatre (premiers exécuteurs soit) Aymon, maître Ysmidon, Jordan Sybert et Pierre Pelet, puissent lever et percevoir les cens et revenus de mes terres et ce deux fois l'an, soit en l'octave de la saint André apôtre et en la fête de Pentecôte, de quoi ils seront tenus de rendre compte et raison tant à mesdits deux frères qu'à madite épouse et de ce dont il leur sera rendu le compte que mesdits deux frères et madite épouse, soit deux ou un seul d'entre eux, leurs en donnent et octroient pleine quittance et absolution, sans qu'ils soient tenus d'en rendre raison à qui que ce soit. Et je leurs donne et lègue à chacun trente livres viennoises. Tel est mon testament soit disposition de dernières volontés que je veux valoir par droit de testament écrit, par droit de testament non écrit soit par droit de testament nuncupatif, et je veux qu'il vaille par droit de codicille, par droit de dernières volontés soit par droit de disposition à cause de mort ou par droit de testament chevaleresque, et s'il ne vaut suivant les lois, je veux qu'il vaille suivant les sanctions canoniques soit par tout autre droit et mode qu'il pourra et devra mieux valoir. Et s'il existait une autre disposition ou ordonnance testamentaire de mes biens par moi autrefois faite, je la casse et révoque totalement, voulant et confirmant la valeur du présent.
 

Fait le 3 des ides d'août l'an du Seigneur 1275.

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Telle est la teneur de la susdite charte en laquelle ledit sieur Guillaume a dicté son codicille.

Au nom de notre Seigneur Jésus Christ amen. Pour avoir mémoire de tout et parce que rien ne se peut concerner pour l'humain que le divin. C'est pourquoi, nous Guillaume de Roussillon, seigneur d'Annonay, chevalier, parce que la fragilité de notre mémoire nous a mis en défaut depuis le temps où nous avons fait notre testament, avons ordonné de ce présent codicille, voulant atteindre fermement et accomplir tout ce que dessous est écrit, et nous confirmons par ces présentes tout ce que nous avons fait en notredit testament. De même nous voulons et ordonnons quant à nos procès, dettes, aumônes et legs tant en faveur du sieur Aymard feu seigneur d'Annonay que de la dame Arthaude sa défunte épouse pour lesquels il apparaîtrait que nous, ou quiconque en notre nom, n'y aient entièrement satisfait, que nous exécuteurs les fassent et accomplissent entièrement, et pour ce nous astreignons et voulons que notre héritier universel soit astreint, et nous obligeons et voulons être expressément obligés à cet effet tous nos biens et en particulier les successions et biens que nous avons reçus dudit sieur Aymard. De même nous voulons et ordonnons que ladite succession et le château d'Annonay soient engagés envers les frères mineurs d'Annonay pour une somme de trois cents livres à eux léguée par ledit sieur Aymard, et que notre dit héritier soit tenu de fournir chaque année auxdits frères mineurs pour leur pitance et boisson la somme de quinze livres ainsi que ledit Aymard l'avait ordonné dans son testament jusqu'à ce que lesdits frères soient intégralement payés et satisfaits de ladite somme de trois cents livres et à ce nous voulons être expressément tenu et obligeons expressément toute la succession que nous avons reçue dudit Aymard. De même nous voulons et ordonnons que leurs soit payé chaque année à jamais du jour de `Parasceve', [i.e.le Vendredi Saint], en une semaine jusqu'à quinze livres viennoises que ledit seigneur Aymard leurs avait légué ainsi que ledit seigneur Aymard l'avait ordonné en son testament. De même comme ledit seigneur Aymard avait légué à la chapelle saint Jean d'Annonay dix livres annuelles assignées en faveur de ladite chapelle sur les revenus annuels de nous ledit Guillaume héritier dudit sieur Aymard et des nôtres, lesquelles dix livres nous n'avons pas assigné si ce n'est cent sous de rente annuelle, nous voulons et ordonnons que chaque année soit payé par notredit héritier en faveur de ladite chapelle saint Jean et du chapelain en icelle institué la somme de cent sous et ce jusqu'à ce que notre héritier ait acquis et assigné cent sous de rente annuelle ainsi que ledit seigneur Aymard l'avait ordonné en son testament, et à ce faire nous contraignons notredit héritier et voulons qu'il soit ainsi astreint, nous voulons être obligés et tenus à cet effet nos revenus d'Annonay et toute la succession que nous avons recueilli dudit sieur Aymard. De même nous voulons et ordonnons que tous les procès et dettes du sieur Arthaud, seigneur de Roussillon notre père, soient payés, entièrement et pacifiquement satisfaits et pour ce faire nous voulons et ordonnons tenir tous nos biens et spécialement les château et revenus de Roussillon. De même nous voulons et ordonnons que soient rendus et payés aux hommes du nommé Ros de Bellegarde quarante livres viennoises que nous avons injustement levées sur lui à titre de rançon. De même nous voulons et ordonnons que soient remboursés les dégâts et forestages par nous, soit par nos envoyés ayant cause de nous et par nos gens dans les châteaux, mandements et villages de Clerieux, Chantemerle, Saint‑Didier Elmares (!), Millou, Bosoncies, Revel, Bellegarde, Fayn, Saint Agripan et Tournon et ce à l'arbitrage des révérends pères le sieur Aymon par la grâce de Dieu archevêque de l'église de Lyon et sieur Amédée par la même grâce abbé de Savigny nos frères et par les gardiens des frères mineurs de Vienne et d'Annonay qui vivront pour lors et par nos exécuteurs nommés en notredit testament, de sorte que si aucun d'entre eux ne veut ou ne peut par lui‑même ou par autrui procéder ou vaquer à l'arbitrage desdits dédommagement, les autres cependant, soit même deux d'entre eux seulement, pourront les faire exécuter. De même nous voulons et ordonnons que la procédure contre Guillaume Rispauld soit achevée. De même nous voulons que soit rendu et restitué tout ce que nous ou quiconque entre notre nom avons eu et reçu à Rossillon tant par eau que par terre en levant le péage de La Roche d'Aiglun. De même nous voulons et ordonnons que soit rendu et restitué ce que nous avons levé sur le cens de Guiret qui appartient au prieur de Saint Sauveur. De même nous voulons que la procédure et dette de Péronet Duport soit effacée à nos frais. De même que tout ce que nous devions (au nommé) Bartholomé soit payé par ses héritiers. De même 40 sous à payer au prévôt du Bourg. De même quarante sous à payer au sieur Boson chapelain du comte de Savoie à qui nous les lui devons. De même à Bertrand Tinclafave (!) de La Voulte ce que nous lui devons et ce pourquoi il devra être crû par simple serment. De même tout ce que nous devons à Rivirieux et "Blanche Epine". De même nous voulons et ordonnons que soit remboursé à Estienne Charpinel ce que nous avons injustement perçu de lui et ce en quoi nous lui sommes redevable et ce à l'arbitrage de nosdits exécuteurs et gardiateurs. Et ce présent codicille nous voulons valoir par droit de codicille écrit soit nuncupatif et par tout droit de dernières volontés soit par tous autres droits que pourront et devront mieux valoir. Demandant aux témoins sus écrits au dos de signer, sceller et souscrire ce présent codicille, eux‑mêmes ou quiconque pour eux, et d'en porter tout témoignage en lieu et temps compétent.

 

Fait et daté du susdit jour lundi avant la fête de l'Epiphanie l'an du Seigneur susdit 1277.
 
          Notes du traducteur : 

Certains noms propres avec lesquels je ne suis pas forcément familiers ont été transcrits en italiques, et non traduits, ou traduits avec la transcription  entre parenthèses pour une éventuelle confirmation.

UN GRAND MERCI A NOTRE AMI JEAN-CLAUDE POUR SA CONFIANCE ET SA GÉNÉREUSE COLLABORATION


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